Si la série de toiles Great Cristism de Wang Guangyi, valeur montante de l’art contemporain, est le miroir d’une Chine où cohabitent capitalisme et communisme, elle indique aussi que deux modèles de société transformés en idéologie de l’extrême finissent par produire le même effet de ruine sur l’identité humaine.
Une cote soutenue
Lors de la vente d’art contemporain à l’Espace Tajan le 24 mai dernier, deux œuvres de Wang Guangyi de sa série Great Critiscim ont largement dépassé leur estimation. Cartier, une huile sur toile de 2005 (120 cm x 150 cm), a été payée 116.910 euros sur une estimation de 70.000/80.000 euros et Dior, une huile sur toile de 2006 (60cm x 70 cm), a produit 53.259 euros sur la base d’une estimation de 25.000/30.000 euros. En juin 2006, une huile sur toile de la même série, Chanel N°5, avait été payée 135.000 euros chez Artcurial à Paris. Le record absolu pour une œuvre de Wang Guangyi a été atteint à Hong Kong en 2006, chez Christie’s, avec Rolex, facturée 506.185 dollars.
Influence du Pop Art pour les cadrages et les couleurs
Dans les toiles de la série Great Criticism, Wang Guangyi utilise les cadrages et les couleurs du Pop Art pour des représentations où l’iconographie de propagande maoïste cohabite avec les symboles du capitalisme décomplexé que sont les noms et logos de grandes marques de luxe internationales. Une suite de numéros semblable à un matricule envahit systématiquement l’espace autour des éléments de la composition.
Des œuvres-miroirs de la réalité contemporaine de la Chine
Les œuvres de Wan Guangyi de la série Great Cristicism sont le miroir de la réalité sociale contemporaine chinoise. On abandonnera d’emblée l’idée d’une évocation du tiraillement entre passé et modernité, car ici le communisme serait une tradition et le capitalisme un progrès, au profit de celle de la représentation d’une Chine où cohabitent étrangement un système politique dans la pure tradition communiste et un modèle économique ultra libéral.
Au-delà de la représentation d’un antagonisme
Au-delà de la représentation d’un antagonisme, Wang Guangyi nous montre que deux systèmes apparemment opposés, mais dont chacun est poussé à l’extrême, finissent par produire le même effet de ruine sur l’identitié humaine. Les séries de numéros répétées sur la toile sont à la fois le matricule du code-barre et celui du prisonnier politique. Wang Guangyi n’est pas un simple artiste de la figuration narrative, son travail dépasse le cadre d’une actualité temporelle, il interroge l’humanité.
Pierrick Moritz
Avertissement : l’auteur de ce texte n’a pas rencontré l’artiste. Cette analyse est donc subjective et non exhaustive, elle constitue un éclairage possible sur son travail. Elle n’a la prétention de porter à la connaissance du public les véritables intentions du créateur. Les extraits de ce texte doivent donc être repris en citant l’auteur et le support de publication de manière à ne pas porter préjudice à l’artiste.
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