Investir dans l’art (marché de l’art)

Publié le 3 octobre 2007 parPierrick Moritz

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Anticiper 

Des manettes entières de verrerie Art nouveau se vendaient pour rien dans les années 1950 ; le beau mobilier art déco était accessible pour quelques milliers de francs dans les années 1970 ; le marché de la photographie ancienne ou d’artistes était quasiment inexistant dans les années 1980 et des établissements publics envoyaient au dépotoir leur mobilier Prouvé ou Perriand au début des années 1990. Evidemment, ceux qui se sont intéressés à ces marchés pendant ces décennies se sont enrichis de façon considérable.

Le marché de l’art est sain en ce moment ?

Oui, si l’on prend en considération le fait que les acheteurs n’opèrent pas à crédit. Encore faut-il identifer les sources de revenus qui permettent de tels achats. Si demain elles se tarissent, le marché de l’art en subira les conséquences. Cela peut vouloir dire que les œuvres majeures seront moins présentes sur le marché.

Les jeunes artistes

Une des nouveautés dans le marché de l’art est que les  »découvertes » des grandes galeries (parfois dénichées chez des galéristes moins riches) sont aujourd’hui proposées d’emblée à des prix très élevés. Le nombre d’artistes âgés de 30 à 50 ans et vendant à des prix records dans les salles des ventes ou les galeries a explosé ces dernières années.

La cote des artistes

Toutes les publications spécialisées dans les cotes d’artistes sont de simples indicateurs. La cote d’un peintre peut baisser simplement parce qu’à époque et format égaux, des toiles de moindre qualité sont présentées simultanément sur le marché. Il suffit qu’une succession de toiles de meilleure qualité soit mise en vente pour que sa cote remonte ou semble exploser.

N’importe qui peut faire monter ou maintenir artificiellement  une cote dans laquelle il a des intérêts en rachetant à des prix supérieurs ou égaux à ceux réalisés lors de ventes précédentes. L’idéal serait de connaître le nom ou la qualité de l’acheteur, un genre d’informations qui est rarement communiqué.

C’est bien connu, il faut acheter ce que l’on aime.

Provenance et authenticité 

Il faudra toujours retracer l’historique et le parcours d »une œuvre d’art importante et en faire confirmer l’authenticité par un expert ou les ayants-droits. Cela peut-être long et compliqué. Que se passe-t-il si l’apparition d’une œuvre médiocre s’avère à même de nuire à la réputation d’un artiste ?

Trouver un trésor 

Statistiquement, vous avez plus de chances de gagner au loto que de découvrir un Rembrandt.

Des artistes comme Picasso étaient conscients de leur génie et de redoutables hommes d’affaires : les chances de retrouver des œuvres oubliées de tels créateurs sont très faibles.

Les trop bonnes affaires

Les procès donnant raison au vendeur qui ignorait la valeur de ce qu’il possédait se sont multipliés comme dans le cas de cette boulangère qui avait vendu un bronze de Camille Claudel pour quelques dizaines de milliers de francs.

Un autre exemple est celui d’une femme qui s’était séparée d’un ensemble de fauteuils d’Eileen Gray auprès d’un brocanteur pour quelques milliers de francs. Le commerçant, ignorant la valeur de ces meubles, les avait revendus pour environ dix sept mille francs à un acheteur qui les avait identifiés.

Ces fauteuils se sont finalement vendus 7,87 millions d’euros en vente publique. Le deuxième acheteur a écopé d’une amende de 275 000 euros pour avoir tenter de les exporter illégalement.

La notion d’inventeur ne semble jamais reconnue.

Se méfier

Les sommes importantes générées par le marché de l’art attirent la criminalité et les trafics en tout genre.

©10/2007/Pierrick Moritz

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