Quand Amy Winehouse passe au Zénith

Publié le 30 octobre 2007 parPierrick Moritz

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Article  »spécial groupie »  

Dans la file d’attente, hier soir devant le Zénith de Paris pour le concert d’Amy Winehouse, on pouvait lire une inscription sur une barrière  : « Ici, les fans de Jenifer ont attendu dans le calme ». Le message laissé probablement par de jeunes adolescents était  en quelque sorte prémonitoire car il faudra patienter une heure après la fin de la première partie avant qu’Amy Winehouse fasse son entrée.

 Pendant ce temps, les plaisanteries du genre « Si ça se trouve, elle est à l’Olympia! » (salle où était initialement prévu le spectacle) circulent. En fait, tout le monde se demande si le concert va bien avoir lieu et l’inquiétude plombe l’ambiance.

Mais l’évènement tant espéré finit par commencer. Ambiance feutré d’un club de jazz américain des années 1950 pour ce décor cramoisi qui semble un peu rétréci car initialement prévu pour une scène plus petite. Amy Winehouse diffèrera encore son entrée de quelques minutes, faisant se prolonger les roulements de tambour annonçant son arrivée sur scène. Bienvenue chez Amy Winehouse et sa formation !

Car Amy Winehouse est indissociable des musiciens et choristes de premier plan avec lesquels elle fait corps et qui la soutiennent vaille que vaille. L’imprévisible chanteuse, qui a parfois l’air de se demander ce qu’elle fait là, va d’ailleurs souvent discuter à voix basse avec l’un d’eux comme pour se renseigner sur la suite à donner aux évènements.

 Amy Winehouse semble aussi avoir du mal à faire deux choses à la fois – la première étant de chanter - quand, sans cesse, elle tapote son impressionnant chignon, tire sur le bas de sa robe courte ou paraît hésiter entre ses deux verres et son micro. Et puis Amy se rend près des coulisses pour fumer sa clope. Amy se met à se déhancher puis s’arrête subitement. Amy s’équipe et se débarrasse vingt fois de sa guitare (opération très délicate quand il s’agit de passer la bandouillière de l’instrument par-dessus l’énorme chignon) dont elle n’est visiblement pas d’humeur à jouer. Amy arrange son petit foulard vert autour de son cou. Amy est capable de s’arrêter net en plein milieu d’une chanson. Amy nous fait Rehab en version accélérée. Et surtout Amy à l’air de se moquer complètement des réactions possibles du public devant son comportement instable.

Au final, ces gesticulations hors cadre finissent par faire partie du spectacle et Amy Winehouse, par son attitude désinvolte, semble dire que  »les choses sont ainsi et pas autrement ! ». Après une première partie un peu hésitante, la chanteuse nous livre le meilleur de sa voix d’une puissance et d’une maturité émotionnelle incroyables sur certaines chansons. Et là, on est bien content d’être venu.

Parce qu’Amy Winhouse n’est pas une étoile filante, parce qu’elle est unique, il va falloir probablement se faire à ses concerts peut-être inégaux mais qui valent le déplacement pour les titres parfaitement interprétés quand elle passe au firmament de son talent. Par son côté écorché vif et sa fragilité palpables, la chanteuse de 24 ans peut faire penser à Marilyn Monroe. Une artiste dont Billy Wilder disait en substance  » qu’il préferait une star comme elle, assez ingérable et qui arrivait notamment en retard mais qui crevait l’écran, à une actrice très professionnelle et qui, finalement, ressemblait à toutes les autres ». Tout le monde est prévenu, Amy Winehouse est à prendre ou à laisser. Sa prestation au Zénith de Paris aura duré quasiment une heure et demie.

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Publié dans : Paris, musique