Les 15 et 16 septembre prochains, chez Sotheby’s Londres, Damien Hirst vendra aux enchères un grand nombre de ses créations récentes. Sous l’intitulé Beautiful Inside My Head Forever, il s’agira de deux vacations qualifiées “d’historiques” par la maison de ventes. On peut également y voir une opération destinée à redynamiser la cote d’un artiste dont les œuvres se vendent beaucoup plus difficilement dans les ventes publiques.
Damien Hirst n’y va décidément pas avec le dos de la cuillère pour s’approprier les symboles du sacré : l’œuvre vedette de ces ventes est très modestement intitulée Le Veau d’Or. Ce titre digne d’une superproduction va de pair avec une estimation de 10 à 15 millions d’euros.
Ce Veau d’or se présente sous le concept d’un véritable cadavre de veau aux cornes en or. L’animal, également coiffé d’un disque en or, baigne dans une solution au formol. Le tout est contenu dans un aquarium géant à l’encadrement plaqué d’or.
Lors d’une transaction privée en 2007, un crâne en platine incrusté de diamants réalisé par Hirst et intitulé Pour l’amour de Dieu aurait été payé entre 48 millions d’euros et 63 millions d’euros selon les sources. D’autres, aussi sérieuses que le The Art Newspaper et le New York Times, ont rapporté que l’œuvre aurait été en définitive vendue à un groupe d’investisseurs composé du marchand, de Damien Hirst et de son business manager.
En 2002, chez Sotheby’s, Lullaby Spring du même Damien Hirst, soit une immense armoire à pharmacie en acier inoxydable dont les vitres laissent voir des milliers de pilules ordonnées avec maniaquerie, avait été payée l’équivalent d’un peu plus de 12 millions d’euros.
Aujourd’hui, si certaines des œuvres de l’artiste continuent à bien se vendre lors de vacations publiques (300.000 euros/2 millions d’euros pour les toiles), on remarque des invendus de taille comme L-Tyrosine-15n, une toile pour laquelle 2,53/3,79 millions d’euros étaient attendus en juin chez Sotheby’s.
“L’affaire” du crâne en platine est peut être pour quelque chose dans ce début de désintérêt, avec le soupçon d’un coup marketing à même de survitaminer la cote de l’artiste et de lui permettre d’écouler à prix d’or ses multiples, comme les sérigraphies dont il inonde le marché.
On peut voir actuellement en galerie des centaines de références de multiples de Damien Hirst avec des prix inversement proportionnels à l’importance du tirage (comme toujours, mais chez Hirst le tarif est très exagéré).
Par exemple, la Stoned Contemporary Art de Twyford propose en ce moment une sérigraphie de Pour l’amour de Dieu signée par l’artiste et tirée à 1.700 exemplaire pour 2.500 euros. Même dans la logique absurde où le prix astronomique de l’œuvre originale serait censé justifier celui de chaque sérigraphie, la somme demandée est démesurée pour un tirage aussi important.
La galerie Opus Art de New Castel propose quant à elle une sérigraphie signée de Damien Hirst et intitulée Beautiful, galactic, exploding screenprint. Tirée à 500 exemplaires, elle est proposée pour la bagatelle de 13.200 euros.
Pierrick Moritz
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