Hong Kong, moitié moins riche ?

La semaine de ventes organisée par Sotheby’s à Hong Kong et qui s’est clôturée hier affiche le chiffre d’affaires de 1,097 milliards de Dollars Hong Kong (102,70 millions d’euros), soit moitié moins qu’en mai dernier pour une opération similaire réalisée par la maison de ventes aux enchères dans cette “région adminitrative spéciale” de la Chine. Si un record a été battu avec un sceau impérial chinois parti à 5,96 millions d’euros, le nombre d’invendus toutes spécialités confondues est impressionnant. 

 

La peinture traditionnelle plus disputée que l’art contemporain     

La vente d’art moderne et contemporain asiatique qui ouvrait cette série de vacations a engrangé l’équivalent de 10,95 millions d’euros avec 19 lots sur les 47 présentés qui ne se sont pas vendus. 

L’œuvre qui a atteint l’enchère la plus haute est une création de Zhang Xiaogang échangée, conformément à son estimation, contre 2,15 millions d’euros. Toujours dans la fourchette de leur estimation, une peinture de Liu Ye a été payée 1,21 millions d’euros et une autre de Yue Minjun 452.460 euros.

11 lots sur les 47 vendus sont partis au-dessus de leur estimation. Une technique mixte de Ronald Ventura a produit 200.000 euros (dix fois son estimation haute) et une acrylique de Handiwirman Saputra est montée à 125.579 euros alors qu’elle était estimée quatre fois moins.

La vente d’Art chinois du XXème siècle (peintures, sculptures) du lendemain devait produire avant tout…des invendus :  pas moins de 73 œuvres sur les 110 présentés pour un produit de 3,28 millions d’euros. La toile la plus chère  est une œuvre de Zao Wou-Ki, laissée en dessous de son estimation basse de 442.491 euros sans les frais à 397.000 euros avec les frais.

La vacation d’art contemporain chinois qui suivait le même jour a généré 8,51 millions d’euros et “seulement” 43 lots invendus sur les 187 présentés : la toile la plus chère, une œuvre de Yue Minjun, est partie au ras de son estimation basse de 564.000 euros sans les frais en se vendant 622.000 euros avec les frais. Certaines œuvres se sont quand même vendues au-dessus de leur estimation.

Une autre vente, plus modeste, qui proposait des toiles contemporaines sur le thème du sport, a écoulé un peu moins de la moitié d’une série de 46 lots  dont les estimations ne dépassaient pas 75.000 euros (le lot le plus cher est un diptyque de Wei Ja parti à 69.625 euros sur la base d’une estimation maximale de 19.000 euros).

La vente d’art moderne et contemporain du sud-est asiatique qui ouvrait les “festivités” du lendemain devait générer 6,73 millions d’euros avec une baisse très nette du niveau des invendus : 25 sur les 163 lots présentés.

La toile la plus chère de la vacation est une œuvre de Walter Spies vendue 882.000 euros avec les frais sur une estimation maximale de 705.000 euros sans les frais.  Une création de I Nyoman Masriadi a créé la surprise en montant à 734.900 euros sur la base d’une estimation maximale de 141.000 euros.

La vacation suivante de peintures traditionnelles chinoises (généralement des œuvres sur papier, en rouleau, du XVIIe au XXe siècles, comprenant aussi la calligraphie) produisait quasiment 11 millions d’euros et seulement 27 invendus sur les 241 lots présentés.

L’enchère la plus élevée  revient à un rouleau de Wu Guanzhong vendu pour 1,43 millions d’euros avec les frais. Le second prix le plus important va à une œuvre de Chang Dai Chien, partie selon son estimation haute à 588.000 euros avec les frais.

Des signes extérieurs de richesse qui n’ont pas eu la cote 

Une vente consacrée aux montres de prestige a produit 4,48 millions d’euros. 61 lots sur les 228 présentés ne se sont pas vendus.

Un coffret en édition limitée de la marque Oméga comprenant 35 montres a atteint le prix le plus élevé de la vente : 905.000 euros, une somme tout de suite suivie par l’enchère d’une montre de marque Patek Philippe partie à 182.528 euros. Les deux lots se sont vendus conformément à leur estimation.

La vente de bijoux et jadéites du lendemain a rapportée 15,48 millions d’euros avec…..la moitié des lots qui n’a pas trouvé preneur. 

Le prix le plus élevé de la vente revient à un diamants monté en bague, travail de Jacob & Co. Ce “bouchon de carafe” de 34,07 carats a été laissé sous son estimation basse de 4,42/4,99 millions d’euros sans les frais à 4,22 millions avec les frais.   

Un cachet qui ne fera pas passer la pilule   

Le lendemain, les 8 sceaux de la période Qianlong de la Chine Impériale provenant la succession Ernest Guimet se sont tous très bien vendus. La vacation a rapporté 15,50 millions d’euros.

Un record a même été atteint pour un sceau en jade blanc, cachet de l’empereur Qianlong, parti à 5,96 millions d’euros. Il s’agit du prix le plus cher jamais payé en vente publique pour un objet de ce type, battant le précédent record de 4,7 millions d’euros.

Les enchères pour un autre sceau en jade blanc (dynastie Qing, période Qianlong), sont montées jusqu’à 3,58 millions d’euros à partir d’une estimation haute de 658.000 euros. 

Un troisième sceau en jade vert (toujours dynastie Qing, période Qianlong) s’est vendu 1,77 million d’euros.  

Beaucoup moins d’argent pour le passé impérial chinois

Toujours dans le domaine de la Chine Impériale, deux précieux rouleaux Qianlong faisaient l’objet d’une vacation spéciale : un seul a été vendu pour la somme de 6,39 millions d’euros.

Le même jour, ainsi que pour les époques de la Chine impériale, 19 objets d’art aux estimations à la hauteur de leur rareté faisaient l’objet d’une autre vente. Résultats : 14,22 millions d’euros et 11 invendus.

Les deux enchères les plus élevées reviennent à un sabre de cérémonie en jade de la période Qianlong vendu 5,56 millions d’euros et à une peinture sur rouleau de Zhao Mengfu 10 chrysanthèmes partie à 4,95 millions d’euros.

Des céramiques et objets d’art chinois délaissés

La vente de céramiques et objets d’art chinois (où 145 lots sur les 232 présentés ne sont pas vendus…) a rapporté 5,95 millions d’euros.

L’enchère maximale a été atteinte par un pot à fleurs et son support du début de la Dynastie Ming échangé contre 681.687 euros.

Enfin, la collection de jades Zhirouzhai composée de 78 pièces a rapporté 1,12 millions d’euros avec 33 lots qui n’ont pas trouvé preneurs.  

L’enchère la plus élevée revient à un pendant en agate de la dynastie Qing qui a pulvérisé son estimation maximale de 8.500 euros en s’échangeant contre 126.500 euros.

Pierrick Moritz 

Les prix sont convertis du Hong Kong dollar à l’euro au cours du jour. Ils comprennent les frais à la charge de l’acheteur. Le vendeur se voit aussi déduire une commission sur le prix “marteau”. Les prix sont valables dans la mesure où l’acheteur a bien réglé son achat.

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