La vacation d’art décoratifs du XXe siècle de la collection Yves Saint Laurent /Pierre Bergé a consacré la période Art déco, et à travers elle la créatrice de mobilier d’origine irlandaise Eileen Gray dont le fauteuil “aux dragons”, créé vers 1917-1919, a battu un record absolu pour un meuble de cette époque en multipliant son estimation basse de 2/3 €millions pour finir par être payé 21,90 €millions ; une console d’avant 1920, recouverte de laque brun orangé et gris argent, et estimée 1 €million/1,5 €million, a vu son prix monter jusqu’à 3 €millions ; une enfilade, vers 1915/1917, en laque argent patiné, brun orangé et rouge de Chine a été payée 3,98 €millions, soit dans la fourchette de son estimation de 3 €millions/5 €millions ; une longue suspension satellite, vers 1925, en aluminium peint de couleur ivoire, estimée 600.000 €/800.000 € a été achetée 2,97 € millions.
Il faut remonter à juin 2005 pour retrouver de tels niveaux d’enchères pour des créations d’Eileen Gray (et surtout des créations uniques- extrêmement rares – de la créatrice). À l’époque, la maison de ventes Camard avait dispersé à Paris un ensemble de six fauteuils dits à la sirène pour un résultat de 7,87 €millions.
Les créations du couple Lalanne, seules œuvres contemporaines de la collection Yves Saint Laurent /Pierre Bergé mises en vente, ont également été récompensées par des enchères enthousiastes. Les plus élévées se sont portées sur un ensemble de quinze miroirs “aux branchages” en bronze doré et cuivre galvanique réalisé entre 1974 et 1985 par Claude Lalanne qui, estimé €700,000 €/1 € million, a finalement été payé 1,85 €milllion. L’incroyable bar YSL, première commande de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent à François-Xavier Lalanne, a été acheté 2,75 €millions sur la base d’une estimation haute de 300.000 €.
Du côté des objets les plus modestes, des flacons de Maurice Marinot estimés au minimum entre 3.000 € et 15.000 € ont été payés entre 31.000 € et 51.400 €, un cristal de quartz fumé de 70 cm de hauteur estimé 6.000 €/8.000 € a été vendu 34.600 €.
Si le facteur de qualité des pièces proposées joue pour l’essentiel dans ces prix faramineux, la plus-value apportée par le fait qu’elles soient associées au nom d’Yves Saint Laurent et/ou à celui de la collection constituée avec son compagnon n’est probablement pas négligeable.
Pierrick Moritz
Les estimations sont données sans la commission de la maison de ventes facturée à l’acheteur. Les résultats comprennent cette commission qui représente un pourcentage calculé sur le “prix marteau”. Pour cette vente, il est de 25% H.T sur les premiers 20.000 €, de 20% H.T. au-delà de 20.000 € et jusqu’à 800.000 € et de 12% H.T au-delà de 800.000 €.
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