Les chiffres d’affaires réalisées par les maisons de ventes anglo-saxonnes sur la place asiatique poursuivent leur baisse sensible depuis mai 2008
La série de ventes d’art asiatique, joaillerie et montres de prestige, organisée la semaine dernière à Hong Kong par Sotheby’s, a généré 67,84 €millions environ, soit un chiffre d’affaires nettement inférieur au 102,70 €millions produits pour une série de ventes équivalente proposée par cette maison de ventes au même endroit en octobre 2008, un résultat qui affichait déjà une baisse de quasiment 50 % par rapport au même type d’opération en mai 2008. Ce phénomène de baisse très sensible du chiffre d’affaires pour des ventes aux enchères publiques à Hong Kong a aussi été constaté pour Christie’s, la concurrente directe de Sotheby’s sur le même type de vacations sur cette place asiatique, pour des séries ventes organisées en mai 2008 puis en décembre 2008.
Si, cette fois-ci, Sotheby’s avait pris un certain nombre de précautions, comme la présentation de lots globalement moins nombreux et moins chers, pour des vacations finalement ponctuées de quelques très belles enchères, ce résultat confirme la diminution croissante depuis un an des liquidités disponibles pour le marché de l’art et des ultra-riches disposés à investir dans des œuvres d’art sur la place de Hong Kong.
Le phénomène ne concerne pas uniquement Hong Kong, dans la série des derniers eldorados susceptibles de générer d’importants produits de vente. Ainsi, à Doha, capitale du Qatar où Sotheby’s a organisé une série de vacations prestigieuses le mois dernier, la moitié des lots n’a pas trouvé preneur et l’opération a été sauvé du marasme par la vente d’un textile islamique brodé à 3,44 $millions et d’un tapis de perles du XIXème siècle, originaire de Baroda, pour 5,45 $millions.
Pierrick Moritz
Ventes de Sotheby’s à Hong Kong du 5 au 8 avril 2009 : toujours moins d’argent
Cette série de vacations à Hong Kong a débuté le 4 avril avec une vente de grands vins provenant de la cave d’un collectionneur américain, une vacation originale à Hong Kong, pour laquelle il n’y a pas d’exemple équivalent pour la série de vacations du mois d’octobre 2008. Cette vente a rapporté 4,90 €millions.
La vente d’art moderne et contemporain du sud-est asiatique du 5 avril a généré 2,79 €millions avec 128 lots présentés contre un résultat de 6,73 €millions en octobre 2008 pour 163 lots présentés.
Comme en 2008, le taux d’invendus dans cette spécialité a été très faible. Néanmoins, le prix moyen des œuvres vendues était nettement inférieur à 2008. La toile la plus chères en octobre 2008 était une création de I Nyoman Masriadi vendue 734.900 euros, cette année le prix le plus élevé de la vacation revient au même artiste avec une œuvre payée 167.071 euros.
La vente de peintures traditionnelles chinoises (généralement des œuvres sur papier, en rouleau, du XVIIe au XXe siècle, comprenant aussi la calligraphie) du 5 avril affiche un produit de 12,75 €millions pour 247 lots présentés. Soit un chiffre d’affaires à peu près équivalent celui du mois d’ octobre 2008, qui était de 11 €millions d’euros pour 241 lots présentés.
Là aussi, les invendus ont été peu nombreux. Toutefois, on ne remarque pas de prix “extraordinaire” comme le rouleau de Wu Guanzhong vendu pour l’équivalent de 1,43 €million en octobre 2008. Cette fois-ci, l’enchère la plus élevée revient à une encre sur papier de Lin Fengmian (XXe siècle) adjugée pour l’équivalent de 320.000 euros.
La vacation d’art chinois du XXe siècle (peintures, sculptures) du 6 avril présentait 53 lots dont 45 ont été vendus. En octobre 2008, 73 œuvres sur les 110 présentées n’avaient pas trouvé preneur. Ici, une œuvre de Lin Fengmian a encore produit l’enchère la plus haute de la vacation avec une huile sur toile payée 1,60 €millions quand, en octobre dernier, le prix le plus élevé pour cette spécialité était revenu à une peinture de Za Wou-Ki qui avait été laissée à 397.000 euros, un prix inférieur à son estimation basse.
La vacation d’art contemporain asiatique du 6 avril présentait des œuvres beaucoup plus nombreuses, par rapport à octobre 2008, mais moins importantes et avec des estimations en rapport. Cette semaine, 116 lots ont été vendus sur les 153 présentés. En octobre 2008, 73 œuvres sur les 110 présentées n’avaient pas trouvé preneur mais le chiffre d’affaires étaient bien supérieur à celui de cette année : 10,65 €millions contre 6,52 €millions cette fois-ci. La peinture la plus chère est partie à 473.000 € quand, en octobre 2008, le prix le plus élevé de la spécialité était de 2,15 €millions.
La vente de montres de prestige du 7 avril a produit 2,10 €millions avec 162 lots présentés et 48 invendus contre 4,48 €millions en octobre 2008 avec 228 lots présentés pour 61 invendus. L’enchère la plusélévée a été de 272.000 euros. En octobre 2008, elle était de 905.000 €uros.
La vente de bijoux et jadéites du 7 avril a rapporté 12,18 €millions avec 219 lots présentés et 69 invendus. En octobre 2008, plus de la moitié des lots n’avait pas été vendu pour un résultats de 15,48 €millions. Ici, un diamant de 13,53 carats a atteint le plus haut prix d ela vacation avec une enchère de 1,12 €million. En octobre 2007, un “bouchon de carafe” de 34,07 carats avait été payé 4,22 €millions.
La vente intitulée 8 trésors d’une collection européenne du 8 avril a rapporté 9,37 €millions. Tous les lots se sont vendus avec, au sommet ds enchères, un vase à décor réticulé de la période Qianlong payé 4,68 €millions. En octobre 2008, une des vacations présentait 8 sceaux de la période Qianlong avait rapporté 15,50 €millions, avec un cachet de l’empereur Qianlong qui avait été payé 5,96 €millions. Cette fois-ci, on trouvait également une vente de trois meubles impériaux de la période Ming qui ont été adjugés pour la somme de 1,81 €millions.
Enfin, La vente de céramiques et objets d’art chinois du 8 avril a rapporté 6,31 €millions, soit un peu plus qu’en octobre 2008 où la spécialité avait généré 5,95 €millions, mais pour un nombre de lots beaucoup moins importants puisqu’ils n’étaient que 57 cette fois-ci (dont 24 invendus tout de même) contre 232 en octobre 2008 (avec 145 invendus). Les lots ont générés des enchères beaucoup plus importantes (mais toujours en rapport avec leur rareté) comme ce rare bol blanc bleu sur haut talon (marque et période Xuande) qui a été payé pour l’équivalent de 2,26 €millions.
Pierrick Moritz
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