La vente d’art contemporain organisée chez Sotheby’s Londres le 25 juin à Londres a rapporté l’équivalent de 30 millions d’euros, et avec 40 lots présentés contre 75 pour la vente équivalente du 1er juillet 2008*, une vacation qui avait généré quatre fois plus d’argent que celle-ci pour un nombre d’invendus équivalent À l’époque, une très importante toile de Francis Bacon y avait été ravalée. La déconvenue venue frapper ce Figure Turning, estimé autour de 15 millions, annonçait les ventes catastrophiques de l’automne suivant, certes retardé par le succès de la vacation consacrée à Damien Hirst en septembre, un “miracle” intervenu alors que les créations de l’artiste se vendaient déjà plus difficilement depuis quelques temps. Après l’évènement, The Art Newspaper avait révélé que des marchands de l’artiste auraient acheté certaines œuvres de cette vente-fleuve.
Si, pour cette vente du 25 juin, un prix important a été enregistré pour une valeur sûre comme Alexander Calder (avec un mobile intitulé À cinq morceaux de bois ayant allègrement dépassé son estimation haute pour se vendre 3,08 €millions) et si douze lots ont été payés au-dessus de leur estimation haute, pas moins de huit œuvres dont trois de Warhol sur quatre présentées ont été laissées sous leur estimation basse avec des rabais qui, s’ils n’ont rien de catastrophiques, n’en sont pas moins annonciateurs d’un marché encore amené à se contracter au second semestre avec des volumes toujours moins importants et des œuvres sélectionnées selon des estimations plus abordables.
De deux œuvres de Damien Hirst présentées dans cette vacation, un Homage to a Government, the Dwelling Place, dans la série des obsessions taxidermistes de l’artiste (ici, encore des papillons), a été payé €774.611 sur une estimation de €589.000/€942.834 et Beautiful Exploding Turquoise Nebula Painting (with Money), malgré un titre qui indique que l’œuvre est belle et les pièces de monnaie collées dessus, €277.184 avec les frais, soit très nettement sous son estimation de €294.500/€412.466 sans les frais (12%).
Les œuvres les plus importantes de la vente laissées sous leur estimation, compte tenu des frais calculés à l’acheteur sur l’enchère finale** sont, de Andy Warhol, un Mrs McCarthy et Mrs Brown payé 4,39 €millions sur une estimation de 4,12/5,30 €millions, un Hammer and Sickle payé 2,35 €millions sur une estimation de 2,35/3,53 €millions et un Diamond Dust Shoes estimé €706.800/€942.265 et finalement payé €747.719. De Warhol, seul un portrait du couturier Yves Saint-Laurent estimé €353.378/€471.285 a été payé selon son estimation (basse) à €397.352.
Geweih, Antlers, une huile sur toile de Gerhard Richter de 1967, estimée €589.228/€824.990 a été laissée sous son estimation basse à €567.194.
Parmi les lots dont le prix de vente final est monté largement au-dessus de l’estimation figurent un mobile d’Alexander Calder, À cinq morceaux de bois, payé 3,08 €millions sur une estimation de 1,41 €million/2,12 €millions et une Nature morte à la carafe de Nicolas de Staël estimée €589.000/€824.985 et finalement payée 1,02 €million (un des prix les plus importants pour l’artiste dans une vente publique). Une gouache de Jean Dubuffet, Paris-Plaisir III, a été payée €383.40 quand elle était estimée €212.120/€294.744 et un Portrait par Louise Bourgeois, œuvre en tissu sous vitrine, a doublé son estimation haute avec un prix final payé de €468.442.
Pierrick Moritz
* Et pour la vente équivalente de 2007, chez Sotheby’s à Londres, le chiffre d’affaires avait été de 107 €millions (au cours du change de l’époque) pour 73 lots présentés dont 7 invendus.
** Les estimations sont données sans les frais à la charge de l’acheteur qui constituent la commission prélevée par la maison de ventes (une autre est encore prélevée sur le prix payé pour l’œuvre auprès de l’acheteur). Les résultats incluent ces frais à la charge de l’acheteur. Ces frais sont ici de 20 % pour les œuvres dont l’enchère finale est comprise entre £25.000 et £500.000 et de 12 % quand l’enchère finale dépasse £500.000.
Tags : Alexander Calder, Andy Warhol, Art, Crise économique, enchères, Jean Dubuffet, Londres, Louise Bourgeois, Marché de l'art