En Russie, l’art contemporain engagé est taxé d’extrémiste et de criminel par la justice

Par Pierrick Moritz

Artem Loskutov, leader d’un groupe d’artistes engagés, sera à nouveau entendu par un tribunal russe le 24 août

Artem Loskutov, un artiste âgé de 22 ans, avait  été arrêté  le 15  mai dernier alors qu’il se promenait avec des  amis dans la ville sibérienne  de Novossibirsk. Il avait été embarqué par trois agents du Centre de Prévention  de l’Extrémisme, une cellule de police soupçonnée par plusieurs mouvements en faveur des Droits de l’homme de traquer les opposants politiques au Kremlin.  Il s’avère qu’Artem Loskutov est justement leader d’un groupe d’artistes engagé dans un travail  qui dénonce  les abus du monde politique, de celui des affaires et de la religion en Russie et ailleurs. Artem Loskutov aurait été arrêté suite au refus de se présenter à une convocation non-officielle auprès d’un membre de cette autorité dont les “bureaux” sont nommés les Centres E (E pour Extrémisme).

Artem Loskutov avait été aussitôt incarcéré et, cinq jours plus tard, accusé de possession de drogue et d’appartenance à un groupe criminel et extrémiste. Le jeune homme  a très vite été soutenu par des artistes de Saint-Pétersbourg, notamment à travers les sites Internet Kissmybabushka.com et  freekissmybabushka.com, qui prirent la décision d’entamer une grève de la faim devant l’Hôtel de ville pendant que se déroulait le Forum Économique de Saint-Pétersbourg, une manifestation de dimension internationale.

Devant la présence des médias étrangers, la police russe avait laissé les manifestants mener leur action sans intervenir.  Artem Loskutov a finalement été libéré le 10 juin dernier mais avec l’interdiction de quitter la ville de Novossibirsk. Il sera à nouveau entendu par un tribunal le 24 août prochain.

Artem Loskutov et ses amis affirment que les policiers ont glissé  11 grammes de cannabis dans son sac afin de l’incriminer. Le 1er mai dernier, l’artiste avait déjà eu un entretien avec le chef du Centre E concerné, un fait dont  le Centre de Prévention contre l’extrémisme nie désormais l’existence. Le représentant du Centre aurait fourni un document signé par des personnes  qui ne reconnaissent pas y avoir apposé leur signature.

L’avocat de Artem Loskutov a également souligné le fait que les noms des deux témoins principaux avaient été modifiés.  Quant au nom de l’université de Novossibirsk où l’artiste aurait revendu de la drogue, il n’existerait pas.

Sources: http://www.theartnewspaper.com/articles/Criminal-case-against-extremist-Siberian-artist-ongoing/18663 et  http://free.kissmybabushka.com/francais-represailles-contre-lartiste/ 

Un site qui dénonce les répressions en Russie :  http://chtodelat.wordpress.com/

Mots-clefs : , , , , , , , , , ,

Une réponse à “En Russie, l’art contemporain engagé est taxé d’extrémiste et de criminel par la justice”

  1. charlesege dit :

    Les états ne reculent devant rien pour assoir leur dictacte

    L’amour de l’argent est la racine de toutes choses mauvaises…
    il pousse au mal.
    Rien ne peut arrêter les hommes de bonnes volonté.

Répondre