À Hong Kong, Sotheby’s produit 166 millions de dollars US

Par Pierrick Moritz

La maison de ventes réalise un  chiffre d’affaires exceptionnel sur une place où, pour les créations chinoises, l’engouement pour l’art décoratif demeure soutenu  tandis que l’offre pour l’art contemporain  reste contractée, à l’instar de la demande.  

La série de vacations hongkongaises, organisée par Sotheby’s la semaine dernière, a produit quelque 166 millions de dollars US (111 millions d’euros). 

Ce chiffre d’affaires révèle une augmentation sensible par rapport aux 102 millions de dollars US générés l’année dernière à la même époque par la maison de ventes à Hong Kong. 

Si ces 166 millions de dollars US  montrent aussi  un  recul de l’ordre de 20%  en regard du chiffre d’affaires obtenu en mai 2008 par Sotheby’s pour une série de ventes équivalentes à Hong Kong, il faut rappeler que les résultats du marché de l’art entre 2006 et «l’après septembre 2008», dans leur ensemble, demeurent exceptionnels. 

Ils sont intervenus dans un monde qui se pensait beaucoup plus riche qu’il ne l’était en réalité, souvent à grand renfort de coups spéculatifs et marketing. Ils ne sauraient constituer, pour beaucoup d’entre eux, des références.   

Avec un produit d’environ 54,5 millions de dollars US, la vacation consacrée aux céramiques et objets d’art chinois a produit le meilleur résultat de la série de 10 ventes.

C’est au sein de cette spécialité que l’on trouve les enchères les plus élevées. Le record va à un trône impérial en bois gravé de la dynastie Qing (période Qianlong) payé quelque 11 millions de dollars US avec les frais (soit une estimation haute sans les frais multipliée par 2,5).

Un bol en porcelaine de la période Ghenghua (deuxième partie du XVe siècle), décoré en bleu et blanc, a été payé 4,7 millions de dollars US (conformément à son estimation basse). En 2006, le même objet avait été payé, toujours à Hong Kong, l’équivalent de 4 millions de dollars (vendu à l’époque sous une estimation basse légèrement inférieure à la nouvelle).   

L’art contemporain chinois a produit l’équivalent de 14 millions de dollars US en une soixantaine de lots. En octobre 2007, toujours à Hong Kong, la spécialité avait généré un chiffre d’affaires trois fois supérieur avec une centaine de lots supplémentaire. 

Ici, la maison de ventes s’est adaptée aux faits que, comme pour l’art contemporain occidental, la demande est beaucoup moins forte et que les acheteurs potentiels ne sont plus prêts à investir sur n’importe quoi et à n’importe quel prix.

Pierrick Moritz

Tous les textes et analyses signés d’Artwithoutskin sont protégés par les lois sur les droits d’auteur. Leur antériorité de publication en premier lieu, et les sources d’enquêtes en second, auront valeur de preuves devant les tribunaux compétents. Toutes les photographies originales de ce blogs sont systématiquement recadrées à partir des originaux. Les auteurs peuvent donc prouver qu’ils en détiennent les droits de reproduction sur simple présentation de ces originaux non publiés et non recadrés devant les tribunaux compétents

Mots-clefs : ,

Répondre