La vente d’art contemporain d’hier soir chez Sotheby’s New York a généré 134,43 millions de dollars, dont 43,76 millions payés pour l’œuvre 200 One Dollars Bills d‘Andy Warhol, et 3 invendus parmi les 55 lots présentés au catalogue. La maison de ventes améliore le résultat de 125,16 millions de l’opération équivalente de 2008 où 20 lots n’avaient pas été vendus.
Hier soir, 25 lots ont dépassé leur estimation haute et souvent dans des proportions importantes. Le chiffre d’affaires, bien que retrouvant le niveau de celui de la vacation équivalente de 2006, reste loin des 316 millions de dollars réalisés pour celle de novembre 2007.
Pour les grandes vacations d’art moderne et contemporain new-yorkaises de cette semaine, Sotheby’s enregistre de bien meilleurs résultats que Christie’s, le leader mondial du marché de l’art. Avant d’en tirer des conclusions, il faudrait pouvoir comparer les coûts de fonctionnement et de promotion des vacations de l’une et de l’autre.
Si Christie’s a communiqué de manière traditionnelle (presse spécialisée), et donc relativement économique, pour sa vente d’art moderne, Sotheby’s a assuré une partie de la promotion des toiles impressionnistes de la collection Durand-Durel – dispersées le 4 novembre – par des expositions publiques à Paris, Londres, Hong Kong et New York.
Que la facture de ces coûteux déplacements ait été prise en charge par la maison de ventes, les vendeurs, ou bien partagée entre les deux, elle doit être particulièrement salée.
Principaux repères de la vente d’art contemporain du 11 novembre chez Sotheby’s New York
2 œuvres de Warhol pulvérisent leur estimation, une autre très bien vendue
La sérigraphie d’Andy Warhol 200 One Dollar Bills, réalisée en 1962, a pulvérisé son estimation de 8/12 millions de dollars en étant finalement payée 43,76 millions.
Un autoportrait de l’artiste de 1965 a également très largement dépassé son estimation de 1/1,5 million de dollars avec une facture finale de 6,13 millions pour l’acheteur.
Une autre œuvre de Warhol, créée en 1962 et représentant un rouleau de billets de banque américains, a été payée 4,22 millions de dollars sur une estimation de 2,5/3,5 millions.
Record dans une vente publique pour Jean Dubuffet
Une huile sur toile de Jean Dubuffet, intitulée Trinité-Champs-Élysées, estimée 4/6 millions de dollars a été payée 6,13 millions. Il s’agit du plus haut prix réalisé pour une œuvre de l’artiste dans une vente publique.
Plus-value importante sur une toile de Jasper Johns
Gray Number, une œuvre à l’encaustique sur toile de Jasper Johns, a été payée 8,70 millions de dollars sur la base d’une estimation de 5/7 millions. Le présent vendeur l’avait achetée pour 5,27 millions chez Christie’s New York en novembre 2003.
Prix fermes pour de Kooning
Une sculpture en bronze de Willem de Kooning, réalisée en 1974, l’exemplaire numéro 6 d’un tirage de 7, estimée 4/6 millions de dollars, a été payée 5,68 millions. Une grande huile sur toile de l’artiste, peinte en 1977, a généré 6,13 millions sur une estimation de 5/7 millions.
Une importante toile de David Hockney peine à atteindre son estimation basse
California Art Collector, une importante acrylique sur toile réalisée en 1964 par David Hockney, l’un des lots les plus chers du catalogue, a été vendue 5,45 millions de dollars avec les frais (12 %) sur une estimation de 5/7 millions sans les frais.
Quelques œuvres vendues au rabais
Une sculpture de Isamu Noguchi, estimée 400.000/600.000 dollars sans les frais, a été laissée à 302.500 dollars avec les frais (20 %).
Une huile sur toile de Joan Mitchell, First Cypress, estimée 1/1,5 $million sans les frais, a été cédée à 902.500 dollars avec les frais (20%). Une ristourne aussi importante a été consentie sur l’estimation basse d’une autre toile de l’artiste, finalement payée 2,54 millions.
Un mobile d’Alexander Calder estimé 1/1,5 million de dollars sans les frais a été cédé à 842.500 dollars avec les frais (20%).
Serial Project #1 ABCD 6 de Soll Levitt, estimé 450.000/650.000 dollars sans les frais, a été abandonné à 458.500 dollars avec les frais (20%).
Un Tunafish Disaster, sérigraphie de 1963 d’Andy Warhol, a été laissé sous son estimation de 1,5/2 millions de dollars sans les frais à 1,2 million avec les frais (12%). La veille, chez Christie’s, une autre œuvre de la série Tunafish Disaster, assortie d’une estimation de 6/8 millions car plus importante, n’avait pas trouvé preneur.
Invendu, plus-values et vente à perte sur des œuvres de Jeff Koons
De Jeff Koons, un autoportrait érotique à l’encre en compagnie de son ex-compagne et intitulé Ilona on Top (Rosa Background), estimé 2/3 millions de dollars, n’a pas été vendu.
La veille chez Christie’s, une sculpture de l’artiste, un bouquet de fleurs en bois polychrome, achetée pour l’équivalent de 994.961 dollars en 2000, lors d’une vente chez le même opérateur à Londres, a été payée 5,68 millions de dollars sur une estimation de 4/6 millions. Une autre œuvre de Koons, installation de deux aspirateurs et néons sous Plexiglas, échangée contre l’équivalent de 358.000 dollars en 2000 chez Christie’s Londres, a été payée 3,1 millions de dollars.
Par contre, et toujours dans la vente d’art contemporain du 10 novembre chez Christie’s New York, une œuvre en bois doré et miroir intitulée Wishing Well, épreuve d’artiste d’un multiple de 3, payée 2,15 millions de dollars chez Sotheby’s New York en novembre 2008, a été abandonnée sous son estimation basse de 1,2 million sans les frais à 1,14 million avec les frais (12%).
Invendus pour Riopelle et Noguchi
Une toile de Jean-Paul Riopelle (800.000/1,2 million de dollars) et une sculpture de Isamu Noguchi (400.000/600.000 dollars) n’ont pas trouvé preneur.
Pierrick Moritz
Tags : 200 One Dollars Bills, Andy Warhol, enchères