Sotheby’s signe son meilleur chiffre d’affaires pour une série de ventes à Hong Kong

Un sceau impérial adjugé 12,34 $millions

Avec l’équivalent de quelque 257 $millions produits, Sotheby’s a réalisé cette semaine son meilleur chiffre d’affaires pour une série de ventes à Hong Kong. Son précédent record (166 $millions) date d’octobre 2009, juste après une descente aux enfers qui avait également affecté Christie’s sur la place asiatique.

En regard de ses ventes catastrophiques d’avril 2009 à Hong Kong (au sein d’une série noire allant du second semestre 2008 à environ la fin du premier semestre  2009) et qui avaient produit seulement 90,85 $millions, les vacations d’art asiatique, bijoux, montres et vins équivalentes de Sotheby’s qui se sont achevées hier affichent une remontée spectaculaire avec un chiffre d’affaires de quelque 257 $millions.  

Un  palier avait été marqué par Sotheby’s dans cette vertigineuse ascension à Hong Kong  quand, en octobre 2009, une série de ventes similaires avait produit l’équivalent de 166 $millions. 

Un sceau impérial double de valeur en trois ans

Un  sceau impérial du XVIIIe siècle payé 5,97 $millions sur cette même place en 2007 a été vendu le double cette année (12,34 $millions).  

Cet exploit risque fort de renforcer l’affairisme sur les objets de ce type ;  par la spéculation apte à produire des plus-values encore plus importantes que celle réalisées sur  l’art contemporain, puisque les œuvres concernées ne sont pas productibles sur commande par des artistes en pleine santé et,  naturellement, par l’intensification de l’apparition de contrefaçons.

Ce petit sceau circulaire (4,5cm) est daté de 1796 et marqué au nom de Tai Shang Huang ou Empereur Émérite, nom de règne que s’était donné  Qianlong. Le tour est  gravé d’un de ses poèmes titré Trésor de l’Empereur Émérite.

L’objet avait été “substitué” dans le Temple de la Longévité impériale à Beijing en 1900 et ramené par le général de Gercey missionné à l’époque dans le cadre de l’Alliance des huit nations envoyée en Chine pour abattre la révolte des Boxers.

Ce sceau peut être rapproché d’un autre, vendu 885.000 euros par l’étude Vrégille – Bizoüard en 2006 à Dijon, dont les dimensions indiquées au catalogue sont très légèrement supérieures (2 mm de différence) et qui présente des caractéristiques analogues : circulaire (les empereurs possédaient de nombreux cachets mais il semblerait, selon la note de Sotheby’s, qu’un seul ayant cette forme soit répertorié dans les archives impériales concernant cette époque du régne de Qianlong), “peau brune” sur le dessus avec les  mêmes caractères signifiant Empereur Émérite, daté de 1796, poème sur le tour.

Pour comparer les sceaux de Hong Kong  et Dijon, voir ici et .

Toujours dans la même spécialité, un collier de perles d’apparat pour la cour impériale, dynastie Qing, XVIIIe siècle, a été payé l’équivalent de 8,74 $millions sur la base d’une estimation de 1/1,5 $million.

Assorti d’une estimation à peu près équivalente, un vase à double bulbe émaillé rouge cuivré, à décor sinueux de dragons, marqué au cachet et de période Qianlong a été payé 5,56 $millions.

52,66 $millions pour les bijoux et jadéites

La deuxième vacation la plus importante en terme de chiffre d’affaires est celle des bijoux et jadéites qui a rapporté l’équivalent de 52,66 $millions.

Une rivière de diamants sertissant, notamment, une pierre exceptionnelle de 6,55 carats a été payée 6,72 $millions, un diamant bleu de 5,16 carats 6,43 $millions et un collier en perles de jade d’un vert exceptionnel 5,56 $millions.

L’art contemporain asiatique en meilleure forme

Bien que très loin des 91,5 $millions générés par la spécialité “locomotive” que sont les objets d’art asiatiques,   l’art contemporain asiatique retrouve un peu de sa superbe avec, cette année,  40,80 $millions produits en trois ventes.  Les 4 œuvres les plus chères sont de   Liu Ye (2,46 $millions),  Cai Guo-Qiang  (1,96 $million), Zao Wou-Ki (1,91 $million)  et Yue Minjun (1,88 $million).

Ce résultat  reste également très inférieur à celui réalisé en avril 2008,  aux dernières heures d’euphorie spéculative sur le marché de l’art contemporain asiatique (et chinois en particulier), quand les ventes hongkongaises de Sotheby’s engrangeaient l’équivalent de 61,73 $millions d’aujourd’hui  avec une enchères maximale (pour Liu Xiaodong) culminant autour de 6,5 $millions.  

Cette rémission, avec des sommes considérables engagées sur des artistes dont, pour les plus jeunes, on  ignore la place qu’ils occuperont dans l’histoire de l’art, peut laisser entrevoir un relatif retour de la spéculation dans la succession de cycles courts d’amélioration et de détérioration brutales propre aux grandes crises économiques.    

Le prix le plus élevé pour une peinture va à l’art traditionnel chinois

La vacation de peinture traditionnelle chinoise a généré l’équivalent de 39,27 $millions. Le prix le plus élevé est revenu à une encre sur papier de 1943 par Fu Baoshi payée l’équivalent de 4,99 $millions de dollars, soit cinq fois son estimation haute.

Une peinture de paysage et calligraphie sur papier de Zhang Daqian de 1981 a également été vendue trois fois au-dessus de son estimation haute en étant payée l’équivalent de 2 $millions.

Provenant de la collection Robert Chang, un tigre et calligraphie de Qi Baishi, à l’encre et aux couleurs sur papier et daté de 1950, a été payé 4,1 $millions.

Pierrick Moritz

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