La vente d’art impressionniste et moderne new-yorkaise de Sotheby’s sauvée du fiasco par des attentes revues à la baisse

Des ambitions financières revues à la baisse ont permis à la vente d’art impressionniste et moderne proposée par Sotheby’s le 3 mai à New York d’éviter le fiasco. C’est notamment le cas pour le lot vedette, Femmes lisant (deux personnages), une huile sur toile de Pablo Picasso datée de 1934. Assortie d’une estimation de 25/35 millions USD sans les frais (12 %), la toile a été facturée 21,36 millions avec ces frais.

15 lots sur les 59 que présentaient le catalogue, dont presque la moitié figurent parmi les plus chers du catalogue, n’ont pas trouvé preneur. La recette de 170,5 millions USD avec les frais (frais de 12% ou 20 % selon le niveau de prix de l’adjudication) est située sous la valeur globale de 158/231 millions (sans les frais) du catalogue .

Sur les 20 lots dont l’estimation basse était au moins égale à 3 millions USD sans les frais (12 %), 7 n’ont pas trouvé preneur, dont, pour le plus cher, une Vue d’une fenêtre par Pablo Picasso, une huile sur toile – 130 x 195 cm – peinte en mai 1929 et dont 5/7 millions étaient attendus. Il s’agit d’une création plutôt atypique dans l’œuvre de l’artiste par son sujet architectural. Son traitement rappelle le dessin avec ses lignes droites et son camaïeux de gris. L’œuvre provient directement de la famille Picasso.

Sur les 13 lots les plus chers du catalogue vendus, 5 ont été payés sous leur estimation. L’œuvre vedette de la vacation, Femmes lisant (deux personnages), une huile sur toile – 92 x 73 cm – par Pablo Picasso, datée de,1934, faisant partie des créations de l’artiste consacrées à Marie-Thérèse Walter, sa compagne de l’époque, et réalisée dans la séquence des aplats de couleurs ondulés et cernés de noir, a été payée 21,36 millions USD avec les frais (12%), pour une estimation de 25/35 millions sans ces frais.

Ce tableau de grande qualité n’avait pourtant jamais été vu en vente publique, tout comme un Couple à la guitare, huile sur toile -162 x 130 cm- peinte en 1970 et ayant fait partie la même année de l’exposition Picasso 1969-70 au Palais des Papes d’Avignon. Cette dernière toile a été payée 9,6 millions avec les frais (12%),  soit une adjudication légèrement sous l’estimation basse.Toujours la déveine pour Picasso, et pour une autre de ses multiples périodes créatrices, en l’occurrence celle de ses débuts : Mère et enfant aux fleurs, une huile sur panneau -53 x 68 cm  – peinte à la fin du printemps 1901 à Paris, a été payée 5,9 millions avec les frais sur la base d’une estimation de 6/8 millions sans les frais.Sa valeur en vente publique est toutefois en nette hausse  : elle avait été payée 2,5 millions USD par son avant-dernier propriétaire (1999, Christie’s, New York).

Une huile sur toile par Camille Pissarro, L’Herrmitage en été, Pontoise, et une autre par Paul Signac, La Dogana, Venise, ont  été chacune facturées 4,28 millions USD avec les frais quand il en aurait fallu au minimum 4,48 millions pour qu’elles soient en conformité avec l’estimation basse de 4 millions avec les frais.

L’autre star du catalogue, une Jeune Tahitienne, une tête en bois sculpté parée de colliers – hauteur : 24,5 cm – réalisée par Paul Gauguin à Tahiti vers 1893, n’a pas déchaîné les passions. L’oeuvre a été facturée 11,27 millions USD avec des frais de 12 %, pour une estimation de 10/15 millions. Lors d’un retour à Paris, Gauguin avait fait cadeau de cette sculpture à la fille du critique et collectionneur Paul Dolent, alors âgée de 9 ans. Cette pièce unique, jamais exposée au public depuis sa dernière acquisition chez Sotheby’s en 1961, devait initialement être présentée dans la vacation d’art moderne new-yorkaise de l’opérateur du 2 novembre 2010. Elle était assortie de la même estimation.

Seine à Argenteuil par Claude Monet, une huile sur toile – 60 x 72,78 cm – peinte en 1877, a été facturée 6,24 millions USD avec les frais, soit légèrement sous estimation basse de 6/8 millions.Le vendeur réalise toutefois une belle plus-value, puisqu’il l’avait acquise pour 2,9 millions de dollars en novembre 2004 chez Christie’s à New York.

 Quelques satisfactions tout de même pour l’opérateur : une Femme à l’éventail vert d’Alexej von Jawlensky, une huile sur panneau  – 65 x 54 cm – peinte en 1912, a été facturée 11,28 millions USD (estimée 8/12 millions) ;

une peinture par Paul Delvaux  intitulée Cariatides a été payée 9 millions (estimée 3/5 millions), une autre par Joan Miro a produit 5,12 millions (estimée 3/4 millions) et 4 millions ont été engagés sur un Penseur par Auguste Rodin  (estimé 1,5/2 millions).

Pierrick Moritz

Les estimations sont données sans les frais à la charge de l’acheteur. Sur la place de New York, ils sont de 25 % jusqu’à 50.000 dollars, 20 % au-dessus de cette dernière somme et jusqu’à 1 million de dollars, 12 % au-delà. Les résultats incluent ces frais



Catégories :Art moderne, Marché de l'art, New York City

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