Prix records pour Zao Wou-Ki et l’art contemporain chinois à Hong Kong

Une huile sur toile de l’artiste franco-chinois Zao Wou-ki (né en 1920) a été vendue pour l’équivalent de 5,28 millions de dollars américains au cours de l’importante vente d’art asiatique du XXe siècle et contemporain du 28 mai chez Christie’s Hong Kong.

La somme engagée sur cette œuvre abstraite de 1959 – hauteur : 130 cm, largeur :  95 cm - représente le second prix le plus élevé payé pour une création de l’artiste négociée en vente publique, le record étant de 5,85 millions de dollars (Hommage à Tou-Fou, 1956, 195 cm x 130 cm, Christie’s Hong Kong, novembre 2008).

Elle était estimée l’équivalent de quelque 1,3/1,9 million de dollars américains et valait 600.000 dollars en mai 2007 (vente Doyle New York).

Cette fois-ci, elle faisait partie d’une vacation de 42 lots – tous vendus pour un montant de 63 millions de dollars très au-dessus de l’estimation pré-vente - où des prix figurant parmi les plus élevés pour leurs œuvres négociées en vente publique ont notamment été enregistrés pour les peintres contemporains chinois Zeng Fanzhi (né en 1964) avec 5,85 millions de dollars engagés sur une toile dont 780.000/1 million de dollars étaient attendus, Zhang Xiaogang (né en 1958) avec 3,69 millions payés pour une œuvre estimée 1,9/2,6 millions et Wang Guangyi (né en  1957) avec 913.723 dollars payés pour une œuvre estimée 240.000/280.000 dollars.

L’équivalent de 913.723 dollars américains engagé sur une toile du Chinois Liu Wei (né en 1965) qui était estimée 260.000/290.000 dollars représente le plus haut prix payé en vente publique pour une œuvre de cet artiste.

Parce que Zao Wou-ki, d’une génération plus ancienne, est une figure historique de l’art notamment rattachée à l’École de Paris et une valeur sûre du marché,  la perfomance réalisée ce 28 mai chez Christie’s pour son tableau de 1959 n’entre pas dans le cadre de ces très fortes enchères enregistrées pour les créations d’une génération chinoise plus jeune. Celles-ci s’inscrivent dans l’élan de redressement d’une spécialité qui a fait l’objet d’une très forte spéculation – et avec des résultats parfois bien plus élevés que ceux rapportés ci-dessus – vers le milieu des années 2000. Après cette période faste et avant le début de la crise financière de 2008, l’engouement était nettement retombé (pour ne pas dire qu’il s’était souvent carrément effondré).

Si, avec une émergence rapide et puissante, le marché de l’art chinois sur sa place géographique d’origine bouscule le classement des autres places mondiales au tableau des chiffres d’affaires, il n’enlève rien à Paris, Londres ou New York où, toute spécialités confondues, les œuvres d’exception n’ont jamais été vendues à des prix aussi élevés.

La flambée des prix sur les objets et œuvres d’art traditionnel chinois sur les places occidentales contribue également à l’augmentation des chiffres d’affaires qui y sont réalisés.

Pierrick Moritz

Toutes les sommes indiquées sont converties en dollars américains, les estimations sont données sans les frais à la charge de l’acheteur, les résultats incluents ces frais. Sur la place de Hong Kong, ils sont de 25 % jusqu’à l’équivalent de quelque 51.000 dollars américains ; de 20 % au-dessus et jusqu’à l’équivalent de quelque 1 million de dollars américains ; de 12 % au-dessus.  

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