Alors que nombre de maisons de vente occidentales doivent le maintien et l’augmentation de leur chiffre d’affaires aux objets et œuvres d’art asiatique, le phénomène de retrait des acheteurs devant les estimations délirantes de cette marchandise devient plus sensible. Sotheby’s vient d’en faire les frais aujourd’hui à Hong Kong : 45 % des lots d’une très importante vente de céramiques et d’objets d’art n’ont pas trouvé preneur.
Si, aujourd’hui chez Sotheby’s Hong Kong et lors de la dispersion de porcelaines chinoises de la collection Meiyintang, un vase en bleu et blanc chinois daté de la période Yongle a été échangé contre la somme record de 21,7 millions de dollars américains, une bonne partie des 263 lots d’une autre vente d’objet d’art asiatique est restée sur le carreau.
13 des 18 lots les plus chers du catalogue invendus
Dans cette dernière vacation, sur 18 lots assortis d’une estimation au moins égale à 10 millions de dollars hongkongais (1,28 million de dollars américains), 13 n’ont pas été vendus.
On y trouve les deux objets les plus importants. Il s’agit d’une statue de la divinité Tara en cuivre doré (Népal XIIIe siècle) à l’estimation confidentielle et supérieure aux 8,8 millions/10 millions de dollars américains attendus et jamais venus du lot suivant, à savoir une statue du panthéon bouddhiste, dynastie Ming, milieu du XVIe siècle.
Toujours pour les objets les plus dispendieux et pour une estimation de 4,5/5,7 millions de dollars américains par lot, une paire de vases de la famille rose d’époque et de période Qianlong et un encensoir en émail de Pékin, période Yongzheng, n’ont également pas trouvé preneur.
L’enchère la plus élevée est allée à une cloche en bronze impériale chinoise, marque et période Chenghua, payée l’équivalent de 5 millions de dollars américains sur une estimation de 1,9/2,6 millions de dollars.
21,7 millions de dollars américains pour un vase chinois
Dans une vacation de porcelaines impériales chinoises également proposée aujourd’hui par Sotheby’s Hong Kong, une sélection de 41 pièces provenant de la collection Meiyintang – dont une autre partie a été dispersée au printemps dernier – a vu 9 de ses lots rester sur le carreau. Une flasque en bleu et blanc de la période Yongle estimée l’équivalent de 6,4/10 millions de dollars américains a notamment été ravalée.
Mais c’est ici que l’objet d’art le plus important, un vase en bleu et blanc toujours de la période Yongle, a été payé l’équivalent de 21,7 millions de dollars américains sur une estimation de 10/15,4 millions de dollars.
Bonne santé de la peinture traditionnelle chinoise
Ces vacations s’inscrivent dans le cadre d’une série sur les thèmes du vin, des bijoux et des arts asiatiques organisée cette semaine par Sotheby’s à Hong Kong. En ce qui concerne la peinture, les ventes ont enregistré des taux d’invendus raisonnables avec un maximum de l’ordre de 26 % pour une vacation d’art contemporain asiatique.
Pour le chiffre d’affaires le plus important en une seule vente, la peinture traditionnelle chinoise a produit l’équivalent à 95 millions de dollars américains avec un taux d’invendus extrêmement faible.
Pierrick Moritz
Tags : Art chinois, Hong Kong, Sotheby's