Les importantes ventes de céramiques et d’objets d’art chinois proposées ces derniers jours à Londres, chez Sotheby’s et Christie’s, n’ont pas suscité un grand enthousiasme.
En dehors d’un contexte économique difficile, on peut voir dans cette certaine défiance une crainte devant la spéculation sévissant sur cette spécialité, et aussi la difficulté des Occidentaux à appréhender la culture chinoise.
La vacation-fleuve (557 lots) d’hier chez Sotheby’s a généré un taux d’invendus de quelque 52 % (environ 290 lots restés sur le carreau).
Parmi les lots payés au-dessus de leur estimation, une assiette portant le cachet Yongzheng a enlevée contre 1 million de livres (estimée 20.000/30.000) et un pot à fleurs de type “jun”, dynastie Qing, a été acquis pour 763.650 livres (estimé 50.000/70.000).
Une jarre couverte “doucai”, cachet et période Qianlong, fait partie des lots les plus importants qui n’ont pas trouvé preneur (estimée 300.000/500.000 livres).
Un vase en émail cloisonné de forme “Tianqiuping”, dynastie Qin/période Qianlong, a été payé 361.250 livres avec les frais (20 %), soit sous son estimation de 400.000/600.000 livres
La veille, la vacation de Christie’s dans la même spécialité a produit 42 % d’invendus, avec envrion 180 des 411 lots présentés restés sur le carreau.
Les déconvenues les plus importantes concernent un grand vase bouteille à glaçure bleue de forme “Tianquinping”, marque de et période Qianlong (estimé 300.000/400.000 livres) et un vase cylindrique en bleu et blanc, marque et période Yongzheng (estimé 500.000/700.000 livres), qui n’ont pas trouvé preneur.
Pour les enchères les plus spectaculaires, un grand bougeoir en porcelaine moulée de la famille rose, marque et période Yongzheng, a été payé 1,32 million de livres sur une estimation de 30.000/40.000 livres et une théière de la famille rose en forme de melon, largement décoré de calligraphies, cachet Qianlong, a été payée 646.000 livres sur une estimation de 20.000/30.000 livres.
Auparavant, une petite vente 33 lots dans la spécialité, majoritairement des objets en corne de rhinocéros sculpté, en voyait 25 trouver preneur et pour un montant de 3,3 millions de livres.
Selon Christie’s, les acheteurs des lots les plus chers sont des Asiatiques. On imagine que les acheteurs absents le sont aussi.
Pierrick Moritz
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