Les valeurs de l’argenterie et de l’orfèvrerie

Pour un genre annoncé il y a encore quelques années comme passé de mode, et malgré l’entretien et les précautions particulières que son usage réclame, son peu de praticité (son poids) et les coûts dispendieux de la restauration ou du remplacement de certaines pièces d’un service, la spécialité de l’argenterie a repris de la vigueur. La forte augmentation du cours de l’argent et les craintes économiques qui engagent à s’intéresser aux objets “précieux” - dont il restera toujours au moins la valeur du métal – facilement transportables ont largement contribué à cette évolution.

Des ménagères importantes se revendent jusqu’à plusieurs milliers d’euros

En raison de l’abondance de l’offre sur l’Internet, et quand ils sont particulièrement légers et ne se différencient par l’originalité ou la qualité d’exécution, les objets en argent les plus courants et d’époque moderne, comme les coquetiers, les timbales et autres ronds de serviette, s’échangent contre des sommes modestes. Par contre, les créations modernes en argent massif d’orfèvres renommés, comme les ménagères importantes ou certains services à café, peuvent se vendre jusqu’à plusieurs milliers d’euros.

Objets de qualité en métal argenté ou plaqué d’argent

Certains amateurs sont également prêts à mettre le prix pour acquérir des objets de qualité présentant les caractéristiques d’un mouvement décoratif (art nouveau, art déco, modernisme), et qu’ils soient en argent, vermeil, métal argenté ou plaqué d’argent.

Orfèvrerie d’apparat

De très nombreuses pièces d’orfèvrerie d’apparat et de décoration, parfois de dimensions imposantes, ont été créées pour une clientèle très fortunée au cours des XIXe et XXe siècles. Les prix de ces lampes, chandeliers et candélabres, bassins et aiguières, trophées, coupes et autres représentations animalières, peuvent également atteindre plusieurs milliers d’euros, voire plus.

Rareté des pièces d’orfèvrerie antérieures au XIXe siècle

Les pièces d’orfèvrerie française antérieures au XIXe siècle sont beaucoup plus recherchées car il en subsiste peu. Elles ont régulièrement été réquisitionnées, le plus souvent avec contrepartie financière plus ou moins équitable pour être fondues à des époques où la richesse d’un État se mesurait à la quantité d’or et d’argent disponibles pour “battre monnaie” et quand il était urgent de remplir les caisses. Au cours de ces siècles, l’or et l’argent indispensables à la fabrication de pièces de monnaie sont venus à manquer en période de guerre, mais aussi quand les plus riches contribuaient à l’affaiblissement de l’économie en immobilisant quantité de métaux précieux dans de fastueuses commandes en vaisselle, accessoires d’apparat, et autres meubles dont certains pouvaient peser plusieurs centaines de kilos.

Les rois de France, souvent les premiers coupables (le mobilier d’argent de Versailles est resté célèbre), prirent certaines mesures plus ou moins drastiques selon les époques et les circonstances pour empêcher le gaspillage de métaux précieux dans des objets superflus, ou pour ramener cette matière première transformée dans les caisses du pays : interdiction pour ceux qui n’étaient pas assez riches de posséder de l’orfèvrerie, obligation pour ceux qui en avaient trop de les apporter à la Monnaie, interdiction de revente des pièces d’orfèvrerie à toute autre personne qu’au maître de la monnaie, et autres ordres de réquisition.

Les petits objets en argent religieux, militaires et civils des XVIIIe et XIXe siècle mieux préservés  

Les objets religieux indispensables au culte, les ordres de chevalerie, les médailles militaires, et ceux d’un poids relativement peu important ont été mieux préservés. Ce qui explique que l’on retrouve encore de petits objets civils d’or et d’argent des XVIIe et XVIIIe siècle, comme des étuis, des boîtes, des tabatières, des couverts de service. Certains, et notamment les objets de vitrine civils, ont le vent en poupe. Les plus rares peuvent valoir des sommes considérables.

Attention à l’argenterie sans poinçons

Comme l’or, les pièces d’argenterie moderne sans intérêt ou abîmée peuvent se revendre à la casse. Si la présence de poinçons permet d’identifier l’argent, nombre d’objets en argent n’en comportent aucun. Il s’agit principalement d’objets artisanaux anciens et, notamment originaires d’Asie, d’Amérique du sud, du Maghreb ou ottomans, mais aussi de travaux européens. La valeur de certaines de ces pièces peut être importante.

Pierrick Moritz

Source bibliographique pour l’argenterie ancienne : Dictionnaire de numismatique et de sigillographie religieuses, ….par M. Z., membre de plusieurs sociétés savantes, publié par M. L’abbé Migne, Migne éditeur. 1852.

Pierrick Moritz 2011-2012. Ce texte fait partie d’une somme de 157 pages déposée à la S.A.C.D sous les numéros 24503 et 254240. Cette centaine d’articles – plus ou moins longs – dont les droits sont la propriété exclusive de l’auteur est en cours de publication sur Artwithoutskin.com.

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