Peinture ancienne : les sujets religieux sauvent deux ventes aux enchères new-yorkaises

Orchestrées par Sotheby’s et Christie’s, hier à New York, deux ventes de peinture ancienne ont enregistré des taux d’invendus élevés : 44 % chez le premier, 40 % chez le second. La peinture religieuse, et notamment d’époque gothique, sauve la vente de Sotheby’s tandis que Christie’s facture 4,56 millions de dollars un Christ portant la Croix de Girolamo Romanino

Christie’s présentait un catalogue de 95 lots dont 38 n’ont pas trouvé preneur.

Le lot vedette, un Christ portant la Croix  de Girolamo Romanino (1484/7-1560), peint à l’huile sur toile (81 x 72 cm), est facturé 4,56 millions de dollars avec les frais (12 %) sur une estimation de 2,5/3,5 millions sans ces frais.

Cette œuvre avait l’objet d’une vente à l’Hôtel Drouot en 1941. Il s’agissait de dispersion sous la contrainte de la succession Federico Gentili di Giuseppe, dans le cadre des ventes forcées des biens juifs saisis ou pillés, une activité qui tournaient à plein régime à Paris sous l’Occupation. Au début de cette année, une décision de justice américaine a permis aux héritiers spoliés de récupérer le tableau.

Le second prix le plus élevé, 1,87 million de dollars, va à une paire d’huiles circulaires, peintes en 1777 par Hubert Robert. Ces Ruines et ce Vieux pont, animés par deux personnages, étaient estimés 800.000/1,2 million de dollars.

De Philippe de Champaigne, peintre du XVIIe siècle, une Sainte Famille avec un moineau, petit panneau (24,7 x 19 cm) à l’huile et à l’or, est facturée 578.500 dollars pour une estimation de 200.000/300.000 dollars.

Pour une différence spectaculaire entre l’estimation et le prix final, une suite de 4 portraits anthropomorphiques d’un suiveur de Giuseppe Arcimboldo, estimée 30.000/40.000 dollars, sera payée 662.500 dollars.

Une Adoration des Mages de Peter Paul Rubens, petite huile sur panneau, a été nettement cédée sous son estimation de 500.000/1 million de dollars sans les frais, à 446.500 dollars avec les frais (20 %).

Chacun assorti d’une estimation de 500.000/700.000 dollars, une nature morte de Jan Breughel I et un portrait de Ferdinando Gonzaga enfant de Peter Paul Rubens sont les deux invendus les plus chers.

Dans la même catégorie, ces œuvres sont suivies par une large Clairière avec des bovins, peinte au XVIIe siècle par Philips de Koninck et Adriaen van de Velde (estimée 400.000/600.000 dollars) et une Madone et l’Enfant avec les anges de l’Adoration de Ridolfo Ghirlandaio (1483-1561), tempera, huile et or sur panneau rond (estimée 300.000/500.000 dollars).

En 1999, cette dernière œuvre avait été estimée 30.000/40.000 dollars chez Christie’s, et finalement vendue 310.500 dollars.

Pour sa vacation, Sotheby’s a fait défiler 103 lots d’un catalogue plus modeste dont l’estimation la plus importante était de 400.000/600.000 dollars.

45 n’ont pas trouvé preneur,  dont  le plus cher, une grande paire de vues de Venise peinte à l’huile sur toile par Appolonio Domenichini, actif à Venise au milieu du XVIIIe siècle.

Le second lot le plus cher du catalogue, pour 300.000/400.000 dollars, n’a également pas trouvé preneur. Il s’agit d’une grande vue d’un jardin avec des volatiles sauvages du XVIIe siècle, par Melchior d’Hondecoeter, peinte à l’huile sur toile.

En « compensation  » – pour la maison de vente, pas pour les vendeurs malheureux – les enchères se sont emballées pour certains lots, et notamment des peintures d’époque gothique.

Une Madone à l’Enfant sur un trône et entourée de six anges, tempera sur panneau à fond or (45 x 36,1 cm) du milieu du XVe siècle, réalisée par un certain Dalmasio Degli Scanna Becchi, a été facturée 796.500 dollars pour une estimation de 250.000/350.000 dollars.

Une petite et étroite huile sur panneau (33,3 x 9,3 cm) représentant Léonard d’Assise bénissant, une œuvre de Nicolo Antonio Colantonio (1420-après 1460), estimée 60.000/80.000 dollars, est facturée 554.500 dollars.

Pour la même estimation, une paire d’huiles sur panneau (un transféré sur un autre panneau, l’autre sur une toile) attribuée à Hans Olbein le Vieux (1460/65?-1534), représentant Sainte Odile d’Alsace, pour l’un, et Sainte Ursule, pour l’autre, sera payée 242.500 dollars.

Un enchérisseur doit débourser 374.500 dollars pour emporter une nature morte aux fleurs et fruits par Paul Theodor van Brussel (XVIIIe siècle), estimée 150.000/200.000 dollars.

De Carstian Luyckx (1623-après 1658), une grande nature morte de type vanité est facturée 170.500 dollars, pour une estimation de 30.000/50.000 dollars.

Pierrick Moritz

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Catégories :Marché de l'art, New York City, Peinture ancienne

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