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Hong Kong : prix record pour une œuvre attribuée à Shen Zhou

29 mai 2012

Après des chiffres d’affaires moins importants pour les vacations d’art moderne et contemporain asiatique de sa traditionnelle série de ventes aux enchères de printemps à Hong Kong, Christie’s fait mieux que l’opération équivalente de 2011 pour sa vente intitulée “Peintures classiques et calligraphies chinoises” du 28 mai.

Les enchères les plus spectaculaires donnent des factures de 4,8 millions de dollars, pour une œuvre attribuée à Shen Zhou (1427-1509) dont l’estimation basse était de quelque 78.000 dollars, et de 1,09 million pour une feuille d’album anonyme, datée des XIIe-XIIIe siècles, dont l’estimation basse était de 15.000 dollars.

Le prix le plus important, 7,48 millions de dollars, va à une série de poèmes calligraphiés de Dong Qichang (1555-1636), pour une estimation basse de 650.000 dollars.

La vente a généré 26,4 millions de dollars pour 139 lots vendus sur 163 présentés. Il s’agit, pour l’opérateur, d’un chiffre d’affaires très supérieur aux 17,34 millions  engrangés lors de son opération équivalente du printemps 2011. Mais cette dernière ne comportait que 80 lots (71 vendus).

La même vacation de l’automne 2011 – ces séries de ventes sont biannuelles – avait produit 23 millions de dollars pour 140 lots vendus sur 172 présentés.

Cette saison, quasiment la moitié du chiffre d’affaires est due aux deux enchères les plus élevées. Comme souvent dans les ventes aux enchères d’art traditionnel chinois, et pour des écarts colossaux entre estimations et enchères finales, les résultats les plus importants ne concernent pas forcément les lots les plus chers du catalogue.

Quelque 4,8 millions de dollars avec les frais, vont à une œuvre attribuée à Shen Zhou dessinée et calligraphiée à l’encre sur un rouleau de plus de 10 mètres de longueur.

Ce paysage, intitulé Adieux à Wu Kuan, portant le cachet du peintre, agrémenté de 15 colophons et de 90 cachets apposés au cours de son histoire, et notamment au gré des changements de propriétaires, était assorti d’une estimation basse 50 fois moins élevée (quelque 78.000 dollars sans les frais de 20 %, ramené à 12 % vu le niveau de l’enchère finale).

Pour un coefficient multiplicateur encore plus important, une feuille d’album (29,2 x 26,7 cm) anonyme, datée des XIIe-XIIIe siècles, œuvre à l’encre sur papier intitulée Poissons dans l’eau au printemps, notamment accompagnée d’un poème et de deux cachets attribués à ceux de Qianlong sur la page opposée, a été facturée 1,09 million de dollars avec les frais (12 %) pour une estimation de quelque 15.000/20.000 dollars.

La facture la plus élevée, 7,48 millions de dollars, concerne une série de poèmes calligraphiés de Dong Qichang, réalisée sur un rouleau de plus de 2 mètres de longueur, signée de deux cachets du lettré. L’œuvre est enrichie d’une vingtaine de cachets dont 6 de l’empereur Qianlong et un de l’empereur Jiaqing.

Ce prix final correspond à presque 10 fois l’estimation basse (quelque 650.000 dollars sans les frais de 20 % ; vu le niveau de prix dans lequel l’œuvre est entrée, ces frais sont ramenés à 12 %).  Le vendeur est un collectionneur chinois habitant en Amérique du Nord.

Sur les 4 œuvres du catalogue présentant les estimations les plus élevées, 2 ont été vendues.

Un poème calligraphié, signé et dédicacé par Wang Duo (1592-1652), encre sur satin en rouleau (233 cm), avec deux cachets de l’artiste et daté 1641, comportant également 3 cachets de collectionneurs apposés au cours de son histoire, a été facturé 934.720 dollars sur une estimation de 453.000/517.826 dollars. Son vendeur est un collectionneur japonais.

Du même auteur, un texte calligraphié en écriture cursive, daté de 1650, encre sur satin en rouleau (230 cm), est facturé 344.372 dollars avec les frais (20 %), sous son estimation basse de 338.370 dollars sans les frais (20%).  

Une œuvre à l’encre sur papier en rouleau (893 cm) de Zhu Yunming (1460-1526), provenant de la collection du marchand et collectionneur américain Robert H. Ellsworth, estimée autour du million de dollars, et un petit paysage de Wen Zhengming (1470-1559) à l’encre sur papier, dont quelque 622.000/750.000 dollars étaient attendus, n’ont pas trouvé preneur.

Pierrick Moritz

Sauf précisions, les résultats et les estimations sont donnés en dollars américains.

Hong Kong : chiffres d’affaires en recul pour les premières ventes de peintures asiatiques de Christie’s

28 mai 2012

Les ventes aux enchères d’art contemporain et moderne asiatique proposées ces derniers jours par Christie’s dans le cadre de sa série de ventes de printemps à Hong Kong affichent des chiffres d’affaires* en recul plus ou moins sensibles par rapport aux opérations équivalentes des deux dernières saisons.

La plus importante, une vente en soirée intitulée “Art asiatique du XXe siècle et contemporain”, a généré un chiffre d’affaires de 46,6 millions de dollars et 41 lots vendus sur 45 présentés.

Deux hautes peintures de fleurs par Sanyu (1901-1966), réalisées à l’huile sur Masonite dans les années 1940, ont été  facturées quelque 6 et 5 millions de dollars. La plus chère, Chrysanthèmes bleues dans un vase en verre, provient d’une collection française et a directement été acquise auprès de l’artiste (qui travaillait à Paris) dans les années 1960. L’autre, Lotus roses, avait été payée 28 millions de dollars Hong Kong par le présent vendeur dans une vente d’art chinois contemporain proposée par Sotheby’s sur la même place en avril 2006.

Toujours pour les plus hauts prix, mais plus contemporain, deux peintures réalisées en 2000 par Zeng Fanzhi ont été facturées quelque 5 et 3 millions de dollars, soit très au-dessus des estimations. 2,6 millions de dollars ont été engagés sur une grande huile sur toile en hauteur du franco-chinois Zao Wou-Ki, réalisée en 1985, soit au-dessus de l’estimation haute. Du même artiste, une huile sur toile de 1962 a pulvérisé son estimation de quelque 650.000/1 million de dollars sans les frais (20 %), pour une facture finale de 1,89 million de dollars avec les frais.

La vente équivalente de l’année dernière avait rapporté 63 millions de dollars pour 42 lots présentés et tous vendus. Pour les plus chers, 5,85 millions de dollars étaient allés à une œuvre de Zeng Fanzhi (estimée 780.000/1 million de dollars) ; 5,28 et 4,99 millions à deux peintures de Zao Wou-Ki datées autour des années 1960 (respectivement estimées 1,3/1,9 et 1,6/2,1 millions). Celle de l’automne 2011 avait généré 51 millions de dollars, avec 42 lots vendus sur 57 présentés et deux plus hauts prix de 4,53 millions de dollars engagés sur des toiles du même Zao Wou-Ki.

Une vacation de 217 lots, sous l’intitulé “Art asiatique du XXe siècle” (vente en journée), a généré quelque 22 millions de dollars et quelque 15 % d’invendus. Le montant le plus élevé va à une grande huile sur toile de 1995 du franco-chinois Chu Teh-Chun, payée 1,25 million de dollars pour une estimation de quelque 450.000/700.000 dollars. Il est suivi par les 701.654 dollars avec les frais (20%) facturés pour une sculpture en fer  monumentale réalisée en 1999 par Ju Ming dans une édition de 8 (ici, le numéro 1). L’œuvre a été laissée sous son estimation de quelque 647.000/900.000 dollars sans les frais.

Le programme hongkongais de mai 2011 de Christie’s ne présentait pas de vente à l’intitulé équivalent. Celle de l’automne dernier avait rapporté quelque 25 millions de dollars.

En mai 2011, une vente d’art moderne et contemporain de Sud-Est asiatique supplémentaire avait généré 6,34 millions de dollars pour 87 lots vendus sur 114 présentés.

Cette saison, une troisième vente, sous le titre “Art contemporain asiatique” (vente en journée), a généré 12,5 millions de dollars, avec 82 lots restés sur le carreau pour 297 présentés. Il s’agit, notamment des deux plus chers du catalogue : un Format of Christ de Wang Guangyi, peint à l’huile sur toile en 1987 et dont quelque 518.000/780.000 dollars étaient attendus, ainsi qu’une nature morte de Liu Wei, huile, acrylique et papier sur toile, réalisée en 2004 et estimée quelque 583.000/650.000 dollars. En 2007, le présent vendeur avait déboursé quelque 3 millions de dollars Hong Kong (401.000 dollars américains au cours du change d’aujourd’hui) pour acquérir cette dernière œuvre sur la même place, lors d’une vente proposée par Sotheby’s.

La facture la plus élevée de cette nouvelle vacation, 655.000 dollars, va à un portrait masqué de Zeng Fanzhi, estimé quelque 323.600 /453.000 dollars.

La vente équivalente de l’année dernière avait rapporté 20,59 millions de dollars pour 234 lots vendus sur 303 présentés. Les deux prix les plus élevés allaient à des œuvres de Zeng Fanzhi vendues autour du million de dollars. Celle de l’automne dernier avait généré 14,6 millions de dollars, la plus haute enchère, 1,16 million de dollars, allant à une œuvre du même artiste.

La série de ventes aux enchères de printemps de Christie’s à Hong Kong se poursuit jusqu’au 30 mai avec des vacations consacrées à la peinture moderne, classique et calligraphique chinoise, aux objets d’art chinois, aux bijoux et aux montres.

Après un chiffre d’affaires historique de 515 millions de dollars réalisé au printemps 2011, la dernière série de ventes aux enchères de l’opérateur sur la place asiatique, à l’automne 2011, a généré 385 millions de dollars, contre 408 millions à l’automne 2010. Pour des opérations similaires réalisées avec la même fréquence à Hong Kong par Sotheby’s sur la période concernée, les chiffres d’affaires sont également en recul.

Article en rapport : http://artwithoutskin.com/2012/05/27/petit-chiffre-daffaires-pour-une-ventes-de-vins-de-christies-a-hong-kong/

Pierrick Moritz

Sauf précisions, les estimations et les résultats sont donnés en dollars américains.

Petit chiffre d’affaires pour une vente de vins de Christie’s à Hong Kong

27 mai 2012

Depuis l’automne dernier, les chiffres d’affaires des prestigieuses ventes aux enchères publiques hongkongaises biannuelles de Sotheby’s et Christie’s, opérateurs de plus en plus dépendants de l’Asie, glissent des sommets atteints au printemps 2011.

La traditionnelle série de ventes de printemps de Christie’s à Hong Kong, proposant des milliers de lots dans les spécialités du vin, de l’art contemporain et traditionnel asiatique, des objets d’art asiatique, des montres et de la joaillerie, a débuté le 26 mai, avec le vin.

Malgré 100% des lots vendus à de bons prix, le chiffre d’affaires de 2,6 millions de dollars* est le plus faible depuis l’introduction de la spécialité dans les ventes de Christie’s à Hong Kong, en novembre 2008.

Les 623 lots ont été écoulés, avec les plus hauts prix engagés sur le Château Pétrus.  1 lot de 4 impériales Pétrus Collection (2005, 2006, 2007, 2008), estimé 64.728/90.620 dollars sans les frais (21 %) a été facturé 101.818 dollars avec ces frais (20%). Dans les mêmes conditions, il a fallu débourser 31.328 dollars pour une impériale de Château Pétrus du millésime 2000, estimée 25.891/31.070 dollars. Selon le communiqué de la maison de vente, les 10 enchères les plus élevées sont le fait de marchands et particuliers asiatiques.

La vacation de vins équivalente de l’année dernière chez Christie’s avait rapporté quelque 7 millions de dollars. Il s’agissait d’une opération très exceptionnelle consacrée à Château Latour. Un lot de 6 magnums du millésime 1961 avait notamment été payé 232.286 dollars, soit environ au double de l’estimation basse en incluant les frais (21 %).

Si, pour ces deux vacations de vins de Christie’s à Hong Kong, 100 % des lots ont été vendus, et pour des estimations respectées, voire dépassées, cela n’avait pas été le cas pour celle qu’elle proposait en novembre dernier sur la place asiatique. 23 % des 813 lots présentés n’avaient pas trouvé preneur, pour un chiffre d’affaires de 5,87 millions de dollars, inférieur de 27 % au minimum prévu.

Il est entendu que chacune de ces ventes de vins demeure unique, avec des catalogues présentant des différences significatives d’une saison sur l’autre, tant au niveau de l’estimation globale que de la qualité et des volumes mis en vente, selon des choix d’offres stratégiques face aux conjonctures du moment, mais aussi en considérant l’aspect aléatoire des affaires rapportées pour la vente. Ce qui est aussi le cas pour les catalogues de ventes aux enchères d’art. En la matière, il  faut donc faire preuve de prudence en présentant courbes évolutives et autres graphiques en camembert.

Il n’en demeure pas moins que ce chiffre d’affaires de 2,6 millions de dollars, nouvellement enregistré pour une vente de vins de Christie’s à Hong Kong, est son plus faible depuis l’automne 2008, moment où l’opérateur à introduit la spécialité dans ses séries de ventes sur la place asiatique.

Pour les vacations de 2010, le chiffre d’affaires était de 10,35 millions de dollars à l’automne et de 5,17 millions au printemps. En 2009, pour les mêmes périodes respectives, de 5,15 et 3,6 millions.

À l’automne 2008, il affichait 4 millions de dollars.

Pierrick Moritz

Les estimations et les résultats sont convertis en dollars américains.  

Un tableau exceptionnel de Natalia Goncharova en vente à Londres

26 mai 2012

Le 28 mai, à Londres, Sotheby’s mettra à l’encan une exceptionnelle Nature morte aux jacinthes de Natalia Goncharova (ou Gontcharova), conceptrice, avec son mari Mikhaïl (Michel) Larionov, du rayonnisme, autour de 1910. Les deux artistes  figurent parmi les plus grands de l’avant-garde russe pré-révolutionnaire.

L’huile sur toile  (100 x 72,5 cm) présentée chez Sotheby’s s’inscrit quant à elle dans l’influence des natures mortes réalisées par Matisse autour de 1910. L’arrière-plan montre une partie de Le Blanchissage du linge, peint en 1908 par Goncharova et conservé au Musée historique d’État de Russie. Selon les informations du catalogue, cette nature morte aux jacinthes a fait partie de Exposition de peinture de Natalia Goncharova, 1900-1913, organisée au Bureau d’Art Nadezhda Dobychina de Saint-Pétersbourg en 1914.

Un grand nombre d’œuvres de Natalia Goncharova ne sont pas signées, ce qui constitue un véritable casse-tête pour les historiens et experts de l’art. Dans le catalogue de l’exposition Michel Larionov et son temps, organisée en 1973 au musée Toulouse-Lautrec d’Albi, où des œuvres de Natalia Goncharova accompagnaient celles de son mari, on constate que  la moitié des 18 huiles sur toile créées par elle entre 1907 et 1924  et exposées ne sont pas signées. La nature morte aux jacinthes mis en vente par Sotheby’s présente, au dos, des mentions manuscrites en caractères latins et cyrilliques, un numéro et des étiquettes d’expositions.

L’œuvre est estimée 3/4 millions de livres quand le présent vendeur l’avait payée 3 millions dans une vente aux enchères londonienne du même opérateur, en novembre 2007.  Si l’intervalle entre ces deux ventes est relativement court, il s’agit d’une création de qualité muséale pour une artiste dont la cote ne cesse de monter, rivalisant désormais avec celle de Larionov.

À Londres, en février 2010, Christie’s a vendu Espagnole, une  huile sur toile (130,3 x 81,3 cm) peinte en 1916 par Natalia Goncharova, pour la somme de 6,25 millions de livres (7,35 millions d’euros au cours du change de l’époque). Il s’agit du plus haut prix jamais engagé en vente publique pour une œuvre d’une femme peintre.

Natalia Goncharova est aussi connue pour ses décors et costumes réalisés pour les Ballets russes à partir des années 1910.

Pierrick Moritz

“CocoRosie” au Trianon et salle Pleyel à Paris, et à Montmarin-sur-Mer

26 mai 2012

CocoRosie, le duo hypercréatif d’une planète à atmosphère poético-psyché-folk, se produira dans les salles parisiennes du Trianon (12 juillet, 19H30) et de Pleyel (8 mars 2013, 20 h). Les deux sœurs figurent également au programme de la 20ème édition du festival Chauffer dans la noirceur de Montmarin-sur-Mer (15 juillet 2012, 18 h).

Une centaine d’articles pratiques publiée sur “Artwithoutskin”

25 mai 2012

Artwithoutskin.com est en train de s’enrichir d’une centaine d’articles pratiques – plus ou moins longs - dont la rédaction a été motivée par les sollicitations de particuliers désireux de connaître l’intérêt d’un patrimoine en objets anciens. Ces personnes se trouvaient souvent en situation de devoir débarrasser un  lieu rapidement. À l’heure où l’Internet propose gratuitement une impressionnante quantité d’informations sur le sujet, ce besoin peut étonner.

Quand on est pressé par le temps, la recherche sur l’Internet oblige souvent à suivre des pistes arborescentes aussi aléatoires qu’interminables, pour aboutir à des données en majorité incomplètes et transformées en généralités quand il s’agit de cas particuliers. Elles reproduisent parfois des erreurs “piochées” ailleurs, dans un contexte où la lecture d’informations semblables sur des sources différentes est considérée par beaucoup comme un moyen de vérification.

Quand l’information experte de qualité coûte très cher à produire, une particularité incompatible avec le modèle économique de l’Internet gratuit, ce type de données peut aussi être généré par des sources dont le but est d’acquérir le maximum de visibilité avec un minimum de moyens. Si les résultats des ventes consultables sur l’Internet constituent une source d’information, à condition de posséder des objets ou œuvres identiques, rien n’est dit les risques et la réalité des frais pour le vendeur. L’objet signalé comme vendu a pu aussi ne jamais être payé, et l’invendu finalement payé à un prix inconnu dans le cadre d’une transaction devenue privée.

Ces mêmes demandeurs d’informations, souvent pressés par le temps, voulant éviter la location d’un garde-meuble ou un déménagement, dont le coût pourrait dépasser la valeur des biens eux-mêmes, et cherchant des conseils objectifs avant de s’adresser à des professionnels du secteur, ne trouvaient pas d’ouvrages réunissant le maximum d’informations sur la valeur des objets, les tendances actuelles et les différents canaux de vente. J’ai moi-même fait le tour des librairies après la rédaction de cette série d’articles, et je n’ai rien trouvé de semblable. Du coup, j’ai démarché les maisons d’édition susceptibles d’être intéressé par un tel guide pratique. Niet.

Ces articles forment un inventaire dynamique, réaliste et surdimensionné des objets mobiliers que l’on trouve généralement chez les Français. Il aide à l’identification des valeurs intéressantes, tout en mettant l’accent sur les moins évidentes à repérer, et indique les critères permettant de replacer une transaction dans son contexte. Certains conseillent sur les différents canaux de vente, dans un environnement économique difficile, où beaucoup sont désireux de tirer le meilleur parti de leurs biens.

Cet ensemble présente également des introductions sur des thèmes spécifiques, comme l’art traditionnel chinois pour lequel les réponses à une très forte demande d’informations passent avant tout par l’évocation d’une culture encore largement méconnue des Occidentaux.

Avec la volonté d’apporter un maximum d’informations nouvelles et actualisées, ces articles sont empreints des bouleversements apportés par 10 années de développement exponentiel du commerce électronique pour de tels objets mobiliers. Si des exemples de prix sont donnés, la nécessité d’éviter de dresser systématiquement de telles listes s’impose dans le sens où la conduite des transactions à leur terme et au prix indiqué n’est jamais garantie.

Le casse-tête de l’estimation pour un particulier

Si l’information délivrée gratuitement par l’Internet a été attaquée, il est tenu compte de l’existence d’informations générées par des professionnels et connaisseurs, que l’on trouvera immédiatement sur l’Internet et qui ne nécessitent pas d’être répétées. Il s’agit, par exemple, des marques des faïenceries françaises ou des principaux poinçons d’or et d’argent.

Le choix de préférer les descriptions évocatrices aux illustrations est d’abord motivé par un souci d’économie. Ce parti pris trouve aussi sa justification dans le fait que l’iconographie, qui permettrait surtout d’aérer le texte, peut s’avérer contreproductive au sein de rapprochements hâtifs entre des objets reproduits et ceux que possède le lecteur.

Ces articles constituent une base solide avant d’affiner ses recherches, il n’ont pas vocation à se substituer à l’appréciation des experts spécialisés. Il s’agit d’aider à se forger un a priori plus ou moins favorable et d’éveiller des réflexes, avant d’entamer des démarches coûteuses en temps, en énergie et en argent.

L’information contenue dans ces articles, actualisée au plus près des tendances actuelles, est basée sur une somme de connaissances personnelles, fruits de 20 ans d’intérêt pour l’univers des antiquités et de la brocante et du marché de l’art, que cela soit à travers le secteur de la vente ou celui de l’information.

Pierrick Moritz

Patrimoine. Antiquités, brocante, œuvres et objets d’art : faire le tri

25 mai 2012

Succession, expatriation, déménagement,… : devoir débarrasser un lieu où des objets mobiliers se sont accumulés pendant des décennies peut conduire à de belles découvertes, immédiates ou moins évidentes. Qu’il s’agisse de conserver, de vendre, de jeter ou de donner, voici quelques conseils de base pour éviter regrets, pertes de temps et d’argent.

Dans un premier temps, ne jetez pas le moindre document

Dans une situation où l’empressement et le manque de méthode sont vos pires ennemis, et dans un premier temps, ne jetez rien, pas le moindre document, avant d’avoir vérifié l’intérêt de choses apparemment inutiles.

On regrette souvent que les déclarations de successions très anciennes où figurent les descriptifs de certains objets toujours présents dans le patrimoine aient été jetées. Vous pouvez également  trouver de précieuses informations en épluchant des correspondances anciennes.

Posséder la facture d’un objet ou d’un meuble peut en augmenter la valeur de manière considérable. En matière d’objets et d’œuvres d’art, les factures d’origine sont des documents très importants pour en garantir l’authenticité, faciliter les recherches des experts et documenter des notices destinées à convaincre les acheteurs potentiels. Pensez à en conserver des copies lorsque vous confiez ces originaux à des spécialistes.

Ne jetez pas les boîtes et les écrins vides sans vérifications. Vous pouvez obtenir de précieuses informations en les rapprochant d’objets qu’ils seraient susceptibles d’avoir contenus. L’emballage d’origine d’un objet de collection peut en augmenter la valeur de manière considérable

D’un point de vue fiscal, si vous n’êtes pas redevable de taxes quand la valeur d’un objet est inférieure à 5.000 euros. Le fait de pouvoir démontrer qu’un objet vous appartient depuis plus de 12 ans vous permettra d’éviter le paiement de la taxation forfaitaire de 5 % obligatoire en l’absence de preuves quand sa valeur est au moins égale à ces 5.000 euros. Une photographie datant très visiblement de plus de 12 ans et vous présentant avec l’objet concerné peut vous faire économiser cette taxe.

Ne pas uniquement focaliser sur les objets “précieux”

Lorsque l’on veut estimer soi-même son patrimoine mobilier, l’erreur classique, déterminante pour la suite des opérations, est d’accorder une importance disproportionnée aux objets définis comme “précieux”, comme les bijoux et l’argenterie, ou ceux auréolés d’une légende familiale. Quand leur valeur s’avère décevante, ce déclassement brutal conduit généralement à une dépréciation hâtive du reste du patrimoine. Et c’est là que peuvent se trouver  les “vrais trésors”, ceux dont l’intérêt financier peut très largement dépasser celui des objets auxquels on attribuait trop d’importance.

De la vitrine à la cave

Il faut également se méfier de la localisation et de la présentation des objets. On doit accorder la même importance aux objets présentés sous vitrine dans un salon coquet qu’à ceux remisés dans un fatras au fond d’une cave.

Généralement, on fera attention à des objets d’art décoratif très connus en France. Dans le domaine de la verrerie d’Avant-guerre, un vase Gallé ou Lalique, dont la valeur potentielle peut aussi ne pas excéder quelques centaines d’euros, a peu de chances de finir sa course à vil prix sur l’étal d’un vide-grenier. Un vase de Bohême de la même époque non signé, et dont la valeur de certains modèles rares peut atteindre plusieurs milliers d’euros, oui.

Savoir attendre

Lorsque l’on se lance dans une recherche sur un objet, il arrive que l’on ne trouve aucun exemple similaire. Même des spécialistes peuvent se montrer incapables de vous renseigner. Si un objet vous semble digne d’intérêt, il faut le conserver dans l’attente de trouver des informations vraiment en rapport, même des années plus tard, et ne pas se contenter de celles concernant des objets cousins. Plus vous aurez d’informations précises sur votre objet et mieux vous le vendrez.

N’anéantissez pas la valeur de vos biens

On a déjà vu des tableaux ou de précieux textiles détruits pour avoir été lavés à grande eau par leur propriétaire.

N’anéantissez pas la valeur de votre patrimoine en vous lançant dans de grandes opérations de nettoyage, restauration et autres tentatives d’amélioration, d’autant plus quand elles réclament l’usage de produits potentiellement dangereux. Méfiez-vous des conseils lus sur l’Internet et attendez d’avoir l’avis d’un professionnel.

Un coup de chiffon trop appuyé sur une toile peinte fragilisée peut avoir des conséquences désastreuses, montrez-la telle qu’elle est pour son expertise (question crasse et poussière, les professionnels en ont vu d’autres).

Photographier les objets

Il est important de photographier les objets que vous comptez vendre ou conserver,  sous différents angles, avec des détails, en posant avec eux et en les montrant dans votre intérieur. Ces preuves peuvent être d’une grande utilité en cas de vol, litige et autres contestations.

Dons

Plutôt que de jeter, vous pouvez aussi donner. Outre à Emmaüs, vous pouvez offrir ces meubles et objets à d’autres associations caritatives, aux paroisses qui organisent des brocantes pour leurs œuvres. Si ces associations assurent un ramassage à domicile, elles ne s’encombreront pas des objets jugés invendables ou qu’elles ne pourront pas donner. Il existe également des sites de dons en ligne gratuits. Ces derniers sont très pratiques si recevoir des inconnus chez vous ou avoir éventuellement affaire à des habitués de la revente ne vous dérange pas.

La démarche peut s’avérer inefficace si vous désirez débarrasser rapidement et complètement une maison ou un appartement. Si certains prendront uniquement ce qui les intéresse, d’autres vous promettront de venir un autre jour pour enlever un objet encombrant mais ne reviendront jamais. Ne donnez jamais rendez-vous à plusieurs associations ou personnes en même temps, le risque de conflits autour des choses les plus intéressantes est bien réel.

Se faire débarrasser 

Recourir aux services d’un professionnel du débarras, en général un brocanteur, pour vider intégralement une maison ou un appartement d’un contenu mobilier est une solution très efficace quand on doit débarrasser rapidement un lieu.

Il s’agit d’un échange, un service contre des biens qui seront revendus par ce professionnel. Autant il serait anormal de se voir facturer des frais si la valeur du mobilier en question est au moins égale au coût supposé du service, autant il ne faut pas espérer être débarrassé gratuitement pour de vieux matelas ou des meubles en formica.

En fonction du volume et des objets à enlever, le professionnel doit trouver un intérêt financier contre son temps de travail, celui de son personnel, et les frais liés à son véhicule. Si vous comptez lui vendre certains objets et qu’il vous les achète à un prix raisonnable, il est peu probable qu’il accepte de vider gracieusement votre vieille cave à charbon. En tout état de cause, vous devez réfléchir au préalable afin que l’échange soit équitable, et en premier lieu pour vous, en vérifiant la valeur de ce que vous allez laisser.

Si vous voulez vendre, évitez de faire déplacer trop d’entreprises (et surtout pas en même temps) dans l’espoir de trouver toujours plus offrant. Les nouvelles vont vite dans ce petit monde, vous risqueriez de ne plus trouver personne.

Bennes municipales

Si vous avez l’intention d’utiliser une benne municipale pour jeter un grand nombre d’objets encombrants, il faut savoir que, dans les grandes villes, sa location avec installation sur la voie publique est payante. Un engagement financier peut vous être demandé pour couvrir d’éventuelles dégradations.

Pierrick Moritz

Pierrick Moritz 2011-2012. Ce texte fait partie d’une somme déposée à la S.A.C.D sous les numéros 24503 et 254240.


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