Archive pour la catégorie ‘Art contemporain’

Roy Lichtenstein, plagiaire de bandes dessinées

2 décembre 2011

Que Roy Lichtenstein se soit inspiré des comics américains pour créer ses œuvres est une chose connue ; le fait qu’il ait passé une grande partie de son temps à surdimensionner des dessins existants l’est beaucoup moins.

Le site internet de David Barsalou, Desconstructing Roy Lichtenstein, se livre à une édifiante démonstration par l’image prouvant que Lichtenstein était plus un concepteur qu’un artiste. Quant “au message” susceptiblement porté par ses toiles, à savoir la distraction et la consommation de masse portées au rang d’œuvres d’art car sujets d’adoration, angles intellectuels repris par une bonne partie du Pop Art, rien de nouveau sous ce soleil des années 1960. Les écrivains américains des années 1930 parlaient déjà de la consommation confondue avec la culture par les assauts du marketing.

À décharge de Lichtenstein de n’avoir jamais prétendu être un artiste, pas plus que son travail pouvait valoir des milliards. Les marchands et la spéculation sont passés par là.

L’œuvre de Lichtenstein vendue 43 millions de dollars, le 8 novembre dernier, en couverture du catalogue de Christie’s  

Dans ce même catalogue de Christie’s, reproduction de la vignette originale de Steve Roper dont s’est “inspiré” Lichtenstein

Voir le site de David Barsalou : http://davidbarsalou.homestead.com/LICHTENSTEINPROJECT.html.

Nombreux invendus pour les ventes d’art de Christie’s à Hong Kong

30 novembre 2011

La très importante vente de céramiques et d’objets d’art chinois, organisée aujourd’hui chez Christie’s Hong Kong, affiche un taux d’invendus de quelque 43 %.

Si, pour la plus forte enchère, un vase d’époque et avec le sceau Qianlong, bleu et rouge cuivre, de forme meiping, a été payé l’équivalent de 6 millions de dollars américains sur une estimation de 2,3/2,8 millions, le lot pressenti pour battre un record, une gourde de pélerin, dite bianhu, période Yongle de l’époque Ming (début XVe siècle), n’a pas trouvé preneur.

Estimé 3,6/4,5 millions de dollars, l’objet d’art en était quand même à son troisième passage en vente publique depuis 1994.

Cette mauvaise performance  de l’opérateur fait pendant avec celle de sa dispersion d’une importante collection d’art contemporain chinois, le 26 novembre sur la même place asiatique. Sur la quinzaine d’œuvres annoncée dans le communiqué de la maison de vente de septembre, seulement 8 ont trouvé preneur.

Le clou de la vente, un Massacre de Chios par Yue Minjun, une toile monumentale en diptyque peinte en 1994  a été payé l’équivalent de quelques 4 millions de dollars américains, soit le prix auquel le vendeur l’avait payée en 2007 chez Sotheby’s Hong Kong. Avec les commissions au vendeur et à l’acheteur perçue par la maison de vente, il s’agit ici d’une importante moins-value.

Deux autres toiles du chef de file du mouvement cynique réaliste chinois présentées dans la même vente ont été adjugées sous leur estimation basse. Un portrait de l’artiste et de ses amis a été payé l’équivalent de 2,97 millions de dollars américains (payé 2,62 millions chez le même opérateur en 2007) et Red Boat, une huile sur toile de 1993, a été payée l’équivalent de 1,96 millions (payée 1,63 million chez le même opérateur en 2007).

Un portrait en jaune, peint en 1993 par Zhang Xiaogang (estimé l’équivalent de 3,2/3,8 millions de dollars américains) et une Happy Family (deux hommes et un bébé) peinte en 1998 par Liu Ye (1,5/2,3 millions) n’ont pas trouvé preneur.

Pierrick Moritz

Les estimations et résultats sont convertis du dollar Hong Kong au dollar américain.  

Les plus gros bides des ventes publiques : les tableaux et sculptures les moins chers du monde

11 novembre 2011

Les œuvres d’art ne sont pas des investissements infaillibles, comme en témoigne la liste des invendus les plus importants de ces quatre dernières années dans les salles des ventes publiée ci-après.

Ce classement n’est pas représentatif des performances réalisées par les deux plus gros opérateurs occidentaux du marché de l’art cités. Ces derniers ont également vendu des œuvres d’art à des prix bien plus élevés que ceux référencés dans ce classement.

À l’opposé des listes de prix époustouflants dont on nous comble régulièrement la vue, celle-ci montre qu’il arrive que des œuvres très importantes ne trouvent pas preneur.

Classement, par ordre d’importance, des plus gros bides enregistrés ces quatre dernière années dans les ventes publiques pour la peinture et la sculpture

Claude Monet : Nymphéas, huile sur toile peinte en 1906. Estimée 30/40 millions de livres. Christie’s Londres, 23 juin 2010.

Pablo Picasso : Instruments de musique sur un guéridon, composition cubiste, huile sur toile. Estimée 25/30 millions d’euros. Christie’s Paris, 23 février 2009.

Vincent van Gogh : Champ de blé, huile sur toile, peinte en 1890. Estimée 28/35 millions de dollars. Sotheby’s New York, 7 novembre 2007.

Claude Monet : Nymphéas, peints vers 1914-1917, huile sur toile (150 cm x 200 cm). Estimée 17/24 millions de livres. Christie’s Londres, 21 juin 2011.

Edvard Munch : Fertilité, huile sur toile, peinte en 1899-1900. Estimée 25/35 millions de dollars. Christie’s New York, 4 mai 2010.

Pablo Picasso : La Lampe, huile sur toile, peinte en 1931. Estimée : 25/35 millions de dollars. Sotheby’s New York, 7 novembre 2007.

Edgar Degas : Petite danseuse de 14 ans, sculpture en bronze, H. 103 cm. Estimée 25/35 millions de dollars. Christie’s New York, 1er novembre 2010.*

Nicolas Poussin : Ordination, huile sur toile, vers 1630. Estimée 15/20 millions de livres. Christie’s Londres, 7 décembre 2010.

Mark Rothko : N°43 (mauve) , huile sur toile de grand format, peinte en 1960. Estimée 20/30 millions de dollars. Christie’s New York, 5-6 novembre 2008.

Amedeo Modigliani : Homme assis, huile sur toile, peinte en 1918. Estimée 18 millions/25 millions de dollars. Sotheby’s New York, 3 novembre 2008.

Pablo Picasso : Femme endormie, huile sur toile, peinte en 1935, estimée 18 millions/25 millions de dollars. Christie’s New York, 1er novembre 2011.

Pablo Picasso : Tête de femme au chapeau mauve, 1939, huile sur toile . Estimée 18 millions/25 millions de dollars. Christie’s New York, 1er novembre 2011.

Francis Bacon : Figure Turning, huile sur toile, peinte en 1962. Estimée 10/15 millions de livres. Sotheby’s Londres, 1 er juillet 2008.

Claude Monet : Iris mauves, huile sur toile (200 cm x 100,3 cm), peinte vers 1914-1917. Estimée 15/25 millions de dollars. Cette œuvre est revêtue du cachet de la signature du peintre. Christie’s New York, 4 mai 2011.

Claude Monet : La Cathédrale dans le brouillard, huile sur toile, peinte en 1893. Estimée 16 millions/22 millions de dollars. Sotheby’s New York, 3 novembre 2008.

Pablo Picasso : un portrait de sa fille Marina, peint en 1938. Estimé 16/22 millions de dollars. Sotheby’s New York, 5 mai 2009.

Frans Hals (XVIe/XVIIe siècles) : paire de portrait. Estimée 15/20 millions de dollars. Sotheby’s New York, 29-30 janvier 2009.

Vincent van Gogh : Route aux confins de Paris, huile sur toile, peinte durant l’été 1887. Estimée 13/16 millions de dollars. Christie’s New York, 6 mai 2008.

Henri Matisse : Nu au fauteuil noir, huile sur toile, peinte en 1936. Estimée 12/18 millions de dollars. Christie’s New York, 6 novembre 2008.

Henri Matisse : Titine Trovato en robe et chapeau, huile sur toile, peinte en 1934. Estimée 12 millions/18 millions de dollars. Sotheby’s New York, 3 novembre 2008. Ce tableau a été remis en vente chez Sotheby’s New York le 2 novembre 2010 avec une estimation de 6/8 millions de dollars et n’a toujours pas trouvé preneur.

Édouard Manet : Fillette sur un banc , huile sur toile, peinte en 1880. Estimée 12/18 millions de dollars. Christie’s New York, 5 novembre 2008.

Fernand Léger : Partie de campagne, huile sur toile, peinte en 1953-1953. Estimée 12/18 millions de dollars. Sotheby’s New York, 7 mai 2008.

Kees van Dongen : Anita en almée, huile sur toile. Estimée 12/16 millions de dollars. Christie’s New York, 6 mai 2008.

Données relevées dans les comptes rendus de résultats et les analyses d’ArtWithoutSkin pour la période 2007-2011.  

Pierrick Moritz

Grève des manutentionnaires de Sotheby’s et l’orgasme financier d’une marchande d’art

10 novembre 2011

Avant-hier soir, pour la vente d’art contemporain qui a rapporté la somme historique de 316 millions de dollars, les manutentionnaires grévistes de Sotheby’s, rejoint par des activistes d’Occupy Wall Street, ont à nouveau accueilli les clients de la maisons de vente sous les quolibets.

L’opérateur, qui a pratiqué un plan de licenciement en 2009 à la suite de difficultés, puis renoué avec les bénéfices, est accusé par les syndicats de vouloir remplacer ses manutentionnaires par du personnel intérimaire, non qualifié et non syndiqué.

Une marchande d’art venue assister à la vacation, probablement persuadée qu’elle vivait une grande aventure devant un pareil foutoir, où certains clients apeurés ont dû être escortés jusqu’à la salle des ventes, a déclaré à Bloomberg : “Rien ne peut arrêter un collectionneur”,  “Tout le monde croit en l’art, et il monte, et encore, et encore.”.

On appelle ça un orgasme financier.

Pierrick Moritz

Chiffre d’affaires historique pour une vente d’art contemporain chez Sotheby’s New York

10 novembre 2011

Le record de 316 millions de dollars réalisé hier soir par Sotheby’s New York pour sa dispersion d’œuvres d’art contemporain rejoint les niveaux exceptionnels d’avant la crise de 2008, quand, en novembre 2007, sa concurrente Christie’s réalisait 325 millions de dollars pour une vente dans la spécialité.

La vente d’art contemporain organisée hier soir chez Sotheby’s New York a produit quelque 316 millions de dollars, un résultat historique qui dépasse l’estimation pré-vente de quelque 205/270 millions. 210 millions de dollars ont été produits par les œuvres d’artistes aux noms gravés dans le marbre de l’histoire de l’art (l’histoire de l’art est une chose, le marché de l’art en est une autre) :  Clifford Still, Gerhard Richter et Francis Bacon.

Records mondiaux pour des œuvres de Clifford Still (1904-1980): 113 millions de dollars en 3 œuvres

La présence d’œuvres importantes de Clifford Still (1904-1980) sur le marché de l’art est tout à fait exceptionnelle et les puissants collectionneurs ont sauté sur l’occasion de pouvoir en acquérir trois dans cette vacation.

Les estimations très élevées ont été décuplées, les résultats des deux plus chers constituant des records mondiaux en vente publique pour des créations de l’artiste.

Ces tableaux étaient vendus par la ville de Denver au bénéfice du Clyfford Still Museum.

1949-A-NO, huile sur toile de 1949, 236,2 cm  x 200,7 cm, a été payée 61,68 millions de dollars sur une estimation de 25/35 millions.

1947-Y-NO. 2, huile sur toile de 1947, 176,5 x 149,9 cm,  a été payée 31,44 millions de dollars sur une estimation de 15/20 millions.

PH-1033, huile sur toile de 1976237,5 cm  x 210,8 cm, a été payée 20,8 millions de dollars sur une estimation de 9/12 millions.

Une quatrième œuvre de l’artiste, beaucoup moins importante et estimée 1/1,5 million de dollars, a été payée 1,25 million.

Explosions des estimations pour Gerhard Richter (né en 1932) : 66 millions de dollars d’œuvres vendues

20,8 millions de dollars ont été engagés sur une peinture abstraite de Gerhard Richter, peinte à l’huile sur toile en 1997, 260 cm x 340 cm. L’œuvre était estimée 9/12 millions.

 Gudrun, une huile sur toile de 1987 estimée 5,5/7,5 millions, 250 cm x 250 cm, a été échangée contre 18 millions. Ces prix constituent des records mondiaux pour l’artiste.

Pour la même estimation que le précédent, une autre œuvre abstraite de Richter, datée de 1992, 200 cm x 160 cm, a été payée 14 millions.

Trois autres œuvres de l’artiste présentées dans la vacation ont aussi pulvérisé leur estimation pour ajouter au final 13,5 millions de dollars de plus à son compte.

Quelque 30 millions de dollars pour 3 œuvres de Francis Bacon (1909-1992)

Three Studies for a Self-Portrait, un triptyque peint en 1967 par Francis Bacon, chaque panneau mesurant 36 cm x 30 cm, a été payé 19,68 millions de dollars sur une estimation de 15/20 millions.

Pour le même artiste, Elephant Fording a River, une huile de toile de 1952, mesurant 198 cm x 137 cm, estimée 4/6 millions, a été payée 5,68 millions. Il s’agit d’un prix important pour une œuvre de Bacon de cette époque.

Study for a portrait, une petite huile sur toile de 1979, 35, cm x 35,6 cm, a été payé 4,39 millions de dollars sur une estimation de 2,5/3,5 millions de dollars.

Faible taux d’invendus, une réduction sur un Warhol

Sur les 74 lots que présentait le catalogue, seulement 6 n’ont pas trouvé preneur. L’invendu le plus important est un tableaux de Rothko des années 1960 aux aplats trop sombres (estimé 8/12 millions de dollars).

Un Three Jackies de Warhol estimé 3/4 millions de livres sans les frais (12 %) a été laissé à 2,88 millions avec les frais.

Pierrick Moritz

113 millions de dollars pour 3 œuvres de Clyfford Still chez Sotheby’s New York

10 novembre 2011

Trois toiles du peintre américain Clyfford Still (1904-1980) viennent d’être payées 113 millions de dollars chez Sotheby’s New York.

Les œuvres de cette figure majeure de la peinture américaine sont excessivement rares sur le marché de l’art, et d’autant plus en vente publique. Ces prix records ne refllètent pas la situation globale d’un marché de l’art rendu incertain par les effets de la crise financière.  

Estimés 25/35 millions de dollars, 15/20 millions de dollars et 10/15 millions de dollars, ces grands formats des années 1940 et 1970 ont respectivement été payés 61,68 millions de dollars, 31,44 millions de dollars et 19,26  millions de dollars. 

Les deux premiers prix constituent des records mondiaux pour des œuvres de l’artiste négociés en vente publique.

Les tableaux étaient vendus par la ville de Denver au bénéfice du Clyfford Still Museum.

PM

248 millions de dollars pour l’art contemporain chez Christie’s New York. À quand une taxe “sociale” sur les transactions du marché de l’art ?

9 novembre 2011

Devant des enchères indécentes dans un climat économique et social difficile, à quand une taxe “sociale” sur les transactions du marché de l’art ?

Après le fiasco de sa vente d’art moderne de la semaine dernière, Christie’s redore son blason avec quelque 248 millions de dollars d’art contemporain vendus ce soir en deux vacations dont la plus importante a rapporté quelque 221 millions, soit à peu près en conformité avec l’estimation basse du catalogue.

L’opérateur a notamment réussi à vendre une toile de Roy Lichtenstein pour 43 millions de dollars et, dans un climat enclin à une grande volatilité, admis quelques concessions sur les estimations basses de certaines œuvres très chères.

Les 43 millions de dollars payés pour Roy Lichtenstein, soit une plus-value de 41 millions de dollars en un peu plus de 20 ans pour le vendeur, conforte le bien-fondé de l’instauration d’une taxe “sociale” sur les transactions effectives du marché de l’art et même si le cas est ici extrême.

Si, en France, l’intégration des œuvres et des objets d’art dans  l’ISF est quasiment impossible à mettre à œuvre (valeur volative et relative. Autodéclaratif invérifiable. Des personnes de bonne foi ignorent qu’elles possèdent un “trésor” chez elle,…), une taxe à vocation sociale sur les transactions effectives du marché de l’art pourrait finir par s’imposer devant ces chiffres indécents surgissant dans un contexte économique et social très difficile.

Sur les 65 lots présentés dans cette première vacation, l’opérateur en a vendu 57 et pour un chiffre d’affaires de 220,8 millions de dollars avec les frais quand les estimations tablaient sur quelque 225/300 millions sans les frais.

Avec une estimation de 35/45 millions de dollars, un Can See the Whole Room!…and There’s Nobody in It, une toile emblématique de Roy Lichtenstein datée de 1961, revenait sur le marché de l’art 40 fois plus cher que lors de la dernière transaction dont elle a fait l’objet, en 1988

Ce tableau carré (121,9 cm x 121,9 cm) a été payé 43,2 millions de dollars. Le vendeur l’avait acheté 2,09 millions de dollars en 1988. À l’époque, il était estimé   800.000/1,2 million de dollars. Il s’agit du plus haut prix relevé en vente publique pour une œuvre de Lichtenstein.

Du même artiste, Interior with Painting and Still Life, une grande toile de 1997 estimée 3/4 millions, a été payée 4,5 millions et Still Life with Sculpture,  une huile et magna sur toile peinte en 1974 et estimée 4,5/6,5 millions de dollars, n’a pas trouvé preneur.

Parmi les œuvres les plus chères du catalogue, les estimations basse données sans les frais (12 %) d’un White Cloud de Mark Rothko et d’une Silver Liz d’Andy Warhol ont été revues à la baisse.

White Cloud de Mark Rothko, une huile sur toile de 1956 sur fond orange (168,9 x 159,7 cm) estimée 18/25 millions de dollars a été payée 18, 5 millions avec les frais. Il s’agit d’une réduction de quelque 1,5 million de dollars.

Une Silver Liz d’Andy Warhol, réalisée en 1963, 101,6 cm x 101,6 cm, acrylique, encre sérigraphique et émail vaporisé sur toile, estimée 16/19 millions de dollars, a été payée 16,32 millions avec les frais. La remise est du même ordre que pour l’œuvre précédente.

Les acheteurs de Warhol ne se sont visiblement pas émus de la dissolution du conseil d’authentification de la Fondation Andy Warhol en 2012 (excellent article sur le sujet à lire sur le site et dans l’édition papier du Art Newspaper), puisque, sur la base d’une estimation de 7/10 millions de dollars, un Four Campbell’s Soup Cans, crayon et caséine sur toile, 51 cm x 41 cm, peint en 1962, a été payé 9,82 millions de dollars.

Pour d’autres estimations importantes revues à la baisse, on trouve un sans titre (Lexington, Virginia) de Cy Twombly, réalisé en 1959 à la peinture à l’huile domestique, crayons à papier et de couleur sur toile, 188,6 cm x 248, 9 cm, estimé 5/7 millions sans les frais (12 %) et payé 5,23 millions avec ces frais.

Avec les mêmes conditions, un Catharsis de Jean-Michel Basquiat, une toile (183 cm x 235, 6 cm) de 1983, estimé 4/6 millions, a été payé 4,33 millions.

Les invendus les plus chers de la vacation sont une Frau Niepenberg peinte à l’huile sur toile par Gerhard Richter en 1965 (140 cm x 100 cm) et estimée 7/10 millions de dollars. Un Study of a Man Talking, une huile sur toile (198 cm x 147,3 cm) de Francis Bacon peinte en 1981 et estimée 12/18 millions et  Flowers, Mary’s Table de  Willem de Kooning, une huile sur toile de 1971 (203,2 cm x 177,8 cm), estimée 8/12 millions.

Du même de Kooning, et pour une estimation de 7/9 millions sans les frais, un Untitled XI peint en 1975-1976 à l’huile sur toile (153 cm x 137,2 cm), a été payé 7, 36 millions avec les frais. C’est-à-dire qu’il a été cédé sous son estimation basse.

Une Spider de la grande Louise Bourgeois, un bronze monumental (337,8 cm x 668 cm x 632,5 cm),  réalisé en 1996, numéro 2 d’une édition de 6, a été payé 10,72 millions de dollars sur une estimation de 4/6 millions. Chacun assorti de  la même estimation que le lot précédent, deux mobiles d’Alexander Calder ont été respectivement payés 4,56 millions (œuvre de 1946) et 4, 78 millions (œuvre de 1961).

Baroque Egg with Bow (Orange/Magenta) de Jeff Koons, soit un œuf de Pâques, dans son papier métallique et enrubanné, surdimensionné (212,1 cm x 196,9 cm x 152,4 cm), en acier chromé avec revêtement de couleur transparente, un des exemplaires d’une série de 5, chacun d’une couleur différente, a été payé 6,24 millions de dollars. Il était estimé 5,5/6,5 millions de dollars.

En mai 2009, l’exemplaire turquoise de cette série avait été payé 5,45 millions de dollars, soit bien en dessous d’une estimation de 6/8 millions de dollars.

Autre bonne nouvelle pour la cote de Koons, une installation de 2 ballons de basket semblant flotter dans un aquarium monté sur une table, réalisé en 1985, numéro 2 d’une édition de deux, a été payée 4,22 millions de dollars sur la base d’une estimation 2/3 millions.

Damien Hirst pourra aussi se réjouir qu’un de ses énièmes tableaux à points colorés ait été refourgué pour 1, 2 million de dollars.

Cette vacation était précédée, toujours pour l’art contemporain, par la dispersion de 26 lots provenant d’une collection privée (Peter Norton).  Cette vente a rapporté 26,78 millions de dollars.

Le lot le plus important, un DOB in the Strange Forest (Blue DOB), soit une créature parmi des champignons, le tout en trois dimensions, du très régressif Takashi Murakami, a été payé 4,56 millions de dollars sur une estimation de 2,5/ 3,5 millions. Bon.

Pierrick Moritz


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