Archive pour la catégorie ‘Arts décoratifs’

Centenaire du naufrage du Titanic : ventes aux enchères et produits inspirés du paquebot

13 janvier 2012

2012 est l’année du centenaire du naufrage du Titanic, paquebot mythique coulé par un choc avec un iceberg au large de la Nouvelle-Écosse au cours de son voyage inaugural vers New York, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. Actualité des ventes aux enchères et mise en avant de produits et créations inspirés du paquebot marquent cet évènement.

Si, entre une tête de rivet payée 504 livres, des clés des toilettes de première classe parties à 43.000 livres et un plan en coupe à 220.200 livres, on trouve régulièrement des souvenirs du Titanic dans les ventes aux enchères internationales, le centenaire du naufrage le plus célèbre du monde engendre une actualité plus fournie dans ce domaine, notamment avec la mise sur le marché d’une exceptionnelle collection de plus 5.000 objets collectés sur le site de l’épave.

Les produits et créations inspirés de l’histoire du Titanic sont également mis en avant en 2012, comme un  livre de recettes du dernier dîner en première classe (prévoir homard et caviar frais), une édition commémorative du service à vaisselle du restaurant “à la carte” et la sortie en 3-D du Titanic de James Cameron, le 4 avril dans les salles de cinéma françaises.

Plus de 5.000 objets récupérés sur le site du naufrage

Quand les objets en rapport avec le Titanic habituellement proposés à la vente ont été sauvés du naufrage par des passagers ou n’ont jamais été présents à bord, les quelque 5.000 reliques de la vacation du 11 avril à New York par l’opérateur Guernesey sont exceptionnelles car directement collectées sur le site de l’épave par RMS Titanic, Inc. Cette entreprise a mené de manière exclusive les missions de recherche et de récupération sous-marines depuis la localisation du Titanic en 1985.

Il s’agit notamment d’effets personnels de passagers, comme une épingle à cheveux, une paire de lunettes ou un sac en maille, un gilet en laine retrouvé dans une valise et un bracelet, de vaisselle, d’art décoratif comme ce chérubin en bronze, porte-torchère qui ornait la rampe du grand escalier, et d’éléments de construction du navire.

Ces vestiges ont été prélevés au cours de sept campagnes de fouilles sous-marines organisées pendant 25 ans. Le lot comprend également les droits des vidéos des plongées, des images 3-D du navire, et la carte de la première enquête complète et unique réalisée sur le site de l’épave.

Clauses restrictives

Cette collection est proposée aux enchères en un seul lot estimé 189 millions de dollars. Son acquisition est subordonnée à certaines clauses restrictives comme l’entretien des objets et leur exposition publique.

L’acheteur aura également la possibilité d’assumer un rôle “d’intendant” du Titanic, avec la mission de protéger et de préserver le site du naufrage pour les générations futures. Une partie des bénéfices de la vente sera consacrée à un fonds de dotation pour la conservation des futurs objets collectés.

220.000 livres pour une coupe en largeur du paquebot

Le prix le plus élevé obtenu en vente publique pour un souvenir du Titanic a été enregistré l’année dernière chez l’opérateur britannique Henry Aldridge & Son, avec 220.000 livres engagées sur un plan d’époque montrant une coupe en largeur du paquebot. Dans la même vacation, un ensemble de deux clefs des toilettes de première classe a été payé 43.000 livres.

Henry Aldridge & Son, qui a régulièrement proposé des souvenirs du Titanic ces dernières années, a annoncé la présence de souvenirs provenant du paquebot mythique dans une vacation sur le thème de la marine proposée le 31 mars prochain. On y trouvera notamment un menu de première classe pour le déjeuner du 14 avril 1912 et un trousseau de clés de magasinier.

60.000 livres pour un gilet de sauvetage

Parmi d’autres reliques rattachées au Titanic et vues en vente publique ces dernières années, un ensemble de 8 télégrammes envoyés entre le 15 et le 18 avril 1912 par Bruce Ismay, directeur général de la White Star Line, à leur bureau de New York et au sujet du naufrage a été payé 86.500 dollars chez Sotheby’s New York en décembre dernier. En mai 2007, Christie’s Londres vendait le filet de sauvetage d’une rescapée (et dédicacé par d’autres passagers) pour 60.000 livres ; une tête de rivet du paquebot du même catalogue portant l’inscription R.M.S. Titanic était payée 504 livres dans la même vacation.

Cameron et Last Dinner on the Titanic

2012, année du centenaire du naufrage du Titanic, voit aussi la mise en avant de produits et créations inspirés de son histoire. James Cameron en profite pour une sortie, le 4 avril en France, de son célèbre film en version 3-D. Côté cuisine, on retrouve Last Dinner on the Titanic (sorti en 1997), un manuel proposant de recréer l’atmosphère du dernier dîner de première classe avec le menu historique, une superproduction - naufrage non compris - où homard Thermidor et œufs de caille en gelée au caviar ouvrent la marche.

La Titanic, une célèbre bière québécoise. L’acool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération  

1 dollar pour un fac-similé de billet de première classe

On peut aussi se procurer une édition  spéciale “100 ème anniversaire” du service à vaisselle du restaurant “à la carte” du Titanic (120 dollars l’assiette plate), fabriquée par la faïencerie anglaise d’origine, et même la musique jouée à bord (18,95 dollars le CD). Les moins fortunés trouveront leur bonheur dans le choix d’élements d’un kit Titanic Dinner Party. Icicomptez 1 dollar pour un fac-similé de billet de première classe.    

Tee-shirt humoristique dans une vitrine nord-américaine

“Authentique poudre de charbon du Titanic

Croisière sur les lieux du naufrage ou traversée de l’Atlantique en version luxe ou “charter” suivant l’itinéraire du paquebot (jusqu’à New York et si tout se passe bien vu le trafic en perspective), maquettes, pièces et autres médailles commémoratives, dont une recouverte de poudre de charbon certifiée comme provenant du Titanic, font également partie du programme marchand du centenaire du naufrage du paquebot.

Pierrick Moritz

Chères et bonnes affaires de la dispersion du mobilier du Palais Abbatial de Royaumont

24 septembre 2011

La dispersion-fleuve du mobilier ancien de la collection Fould-Springer du Palais Abbatial de Royaumont, proposée chez Christie’s à Paris du 19 au 21 septembre, a rapporté 7,6 millions d’euros avec les frais pour la quasi-totalité des lots vendus. Si ce succès s’explique par la provenance prestigieuse et la qualité de lots éloignés du marché de l’art pendant des décennies, le fait que la très grande majorité était vendue sans prix de réserve à également joué en la faveur de la liquidation du luxueux débarras.

Christie’s a vendu cette semaine à Paris plusieurs centaines de meubles et objets d’art du  Palais Abbatial de Royaumont et pour un chiffre d’affaires de 7,6 millions d’euros avec les frais* quand 4 millions sans ces frais en étaient attendus. La performance de l’écoulement quasi intégral d’un mobilier proposé majoritairement sans prix de réserve a été rendue possible grâce à des concessions sur certaines estimations.

Le meuble le plus cher de la vacation vendu au niveau de son estimation basse

La plus forte enchère, 600.000 euros, revient à une table de milieu d’époque Consulat, un plateau de granit rose soutenu par 4 sphinges ailés en bronze patiné noir et doré. Attribué à Jean Philippe Thomire, le meuble était estimé 500.000/800.000 euros. Le résultat étant donné avec les frais à la charge de l’acheteur (20 %) tandis que l’estimation ne les inclut pas, le lot a donc été vendu à l’exact niveau de son estimation basse.

Le deuxième lot le plus cher, un meuble d’appui d’époque Louis XVI de Joseph ou Gaspard-Joseph Baumhauer, présentant quatre panneaux de marqueterie Boulle d’époque Louis XIV réadaptés, a été payé sous son estimation basse : 373.000 euros avec les frais quand 400.000/600.000 en étaient attendus sans ces frais.

Le troisième prix le plus important, 301.000 euros avec les frais, va à une paire de fauteuils d’époque Transition Louis XV-Louis XVI estampillée Jean-Jacques Pothier. Ces sièges ont été payés dans la fourchette d’une estimation de 200.000/300.000 euros sans les frais.

Performances pour pour le mobilier d’époque….

Si aucune enchère vraiment spectaculaire n’a été enregistrée pour les 5 lots aux estimations les plus élevées, c’est-à-dire supérieures à 150.000 euros, elles ont dépassé les attentes pour d’autres moins en vue. Toujours pour le mobilier d’époque, un secrétaire à abattant d’époque Louis XVI en marqueterie, avec des ornementations de laiton et de bronze ciselé et doré, a été payé 31.000 euros (estimé 2.000/3.000 euros) et une paire de tables en cabaret de la maison L’Escalier de Cristal, avec les plateaux peints d’une scène chinoise, seconde moitié du XIXe siècle, a été payée 38.200 euros (estimée 4.000/6.000 euros). La facture s’élève à 94.600 euros pour l’acheteur d’un bureau plat d’époque Louis XVI estimé 20.000/30.000 euros

…et pour le mobilier de style très décoratif

Un lustre de style baroque à pendeloques (début XXe) estimé 30.000/50.000 euros a été payé 205.000 euros et une paire de lit de repos de style néoclassique en métal doré et tôle laquée couleur lapis-lazuli (XXe siècle), chacun équipé d’un grands coussin en velours léopard, a été acquise pour 29.800 euros quand 5.000/8.000 euros en étaient attendus.

Des objets d’art traditionnel chinois explosent leur estimation

Les très sensibles dépassement des estimations pour quelques-uns des objets d’art chinois présents dans cette collection étaient plus attendus. L’enchère la plus spectaculaire a été réalisée sur un imposant brûle-parfum en bronze (hauteur : 49 cm) représentant un cerf et daté de la dynastie Qing. Estimé 6.000/8.000 euros, le gracieux animal a finalement été payé 181.000 euros.

Une paire de brûle-parfums d’époque Transition (vers 1760), présentant un cerf et une biche en porcelaine émaillée d’époque Qianlong montée sur bronze, a été payée 85.000 euros sur une estimation de 30.000/50.000 euros.

29.800 euros ont été engagés sur un vase bouteille en verre overlay vert et jaune avec une marque de l’empereur Qianlong (estimé 600/800 euros). Un vase rouleau en porcelaine dite Wucai du XVIIe siècle a été payé 15.000 euros sur une estimation de 1.000/1.500 euros. Pour la même estimation, un vase YenYen en porcelaine céladon, dynastie Qing, XVIIIe siècle, a été payé 18.750 euros.

Vendus sous les estimations

Si bien d’autres meubles et objets ont été vendus au-dessus de leur estimation, cette vacation très majoritairement sans prix de réserve a aussi été l’occasion pour certains de réaliser de bonnes affaires, même si certains lots sans prix de réserve n’ont pas été cédés.

La plus importante remise concerne un régulateur et un baromètre de parquet formant paire, style Louis XVI (fin XIXe) payés 6.875 euros sur une estimation de 20.000/30.000 euros. Elle est suivie par celle concernant une pendule d’époque Empire avec une paire de vases d’époque Restauration en bronze ciselé patiné et doré, l’ensemble a été payé 688 euros sur une estimation de 3.000/4.000 euros.

Pour une estimation de 3.000/5.000 euros pièce, une pendule en bronze doré, porcelaine et biscuit, socle en marbre, flanquée d’un putto lisant au sommet, fin XVIIIe-début XIXe, et une table à jeux d’époque Directoire, fin du XVIIIe siècle, estampillée de Jean-Henri Riesener, ont été payées 1.250 euros chacune. Toujours pour la même estimation, une paire de candélabres, début du XIXe, en bronze doré et ciselé et porcelaine de Wedgwood a fait 125 euros de mieux.

Très petits prix

D’autres amateurs ont pu également rapporter un souvenir de cette vente à un prix extrêmement attractif. Un plat en porcelaine anglaise du XVIIIe siècle a été payé 75 euros (petits éclats, estimé 500/800 euros), un vase balustre chinois monté en pied de lampe de la dynastie Qing, XIXe siècle, est parti à 88 euros (estimé 800/1.200 euros), une bannette en faïence de Rouen du XVIIIe siècle avec un décor de Chinois (restauration) a été payée 250 euros (même estimation que le précédent), une paire de brocs à monture en argent a été payé 432 euros sur une estimation de 800/1.200 euros.

Pierrick Moritz

*Les frais ajoutés au montant de l’adjudication finale et à la charge de l’acheteur sont de 25 % ou 20 % pour ces niveaux d’enchères.

Les prix affolants d’une vente d’art chinois à Paris

9 juin 2011

Une paire de cabinets chinois estimée 10.000/15.000 euros payée 1,29 million d’euros

Comme en témoignent à nouveau les lots vendus 2, 5, 10 fois leur estimation basse, et jusqu’à 100 fois pour une paire de cabinets de présentation du XIXe siècle, lors de la vacation d’art d’Asie organisée cet après-midi chez Sotheby’s Paris, pulvériser les estimations attractives est décidément une coutume dans les ventes aux enchères publiques d’objets d’art chinois.  

Avant ce 1,29 million d’euros payé pour une paire de cabinets de présentation du XIXe siècle, en bois et placage de zitan et à décor sculpté et laqué, estimée 10.000/15.000 euros, le prix le plus élevé de la vacation, 1,96 million d’euros, est allé à un  rython (vase pour boire ou pour les libations) en jade sculpté de style archaïsant, dynastie Qing, époque Qianlong (1736-1795), gravé d’un poème impérial de l’année de règne 1787.

Cet objet de 15 cm de hauteur et estimé 150.000/200.000 euros a été acheté 400 dollars en 1941 chez Yamanaka and Co, une boutique new-yorkaise spécialisée dans l’art asiatique. Cette somme équivaut à quelque 6.000 dollars d’aujourd’hui.

Acheté pour 200 dollars au même endroit et la même année, soit quelque 3.000 dollars d’aujourd’hui, une statuette de Guanyin en jade blanc sculpté, dynastie Qing, époque Qianlong (1736-1795), H. 15 cm, a été payée 504.750 euros quand elle était estimée 30.000/40.000 euros.

Parmi les prix les plus impressionnants de cette dispersion de 365 lots, on remarque :

-  780.750 euros payés pour un rare vase bouteille en porcelaine de la famille rose, dynastie Qing, décor d’une scène religieuse bouddhiste, XVIIIe siècle, estimé 50.000/70.000 euros.

-  468.500 euros payés pour un grand vase couvert en jade blanc sculpté de style moghol, dynastie Qing, H. 25,5 cm, estimé 40.000/60.000 euros.

-  348.750 euros payés pour un petit groupe en jade blanc et rouille sculpté, dynastie Qing, époque Qianlong (1736-1795), H. 9 cm, estimé 20.000/30.000 euros. Cet objet provient de la collection d’un secrétaire d’ambassade européen nommé à Pékin en 1892.

-  192.750 euros payés pour une coupe libatoire en corne de rhinocéros sculptée, dynastie Qing, XVIIe-XVIIe siècles, H. 16 cm, estimée 25.000/35.000 euros.

-  156.750 euros payés pour un bouddha maitreya en jade céladon sculpté, dynastie Qing, XVIIe-XVIIe siècles, H. 18,5 cm, estimé 10.000/15.000 euros.

Fait récurrent depuis quelques temps dans les ventes d’art asiatique de ce type, les estimations des lots vedettes du catalogue, en conséquence les plus élevées, n’ont pas été pulvérisées.

Il s’agit, pour les quatre lots majeurs, d’une gourde en porcelaine bleue Qianlong payée 660.750 euros (est. 600.000/800.000), d’un pot à pinceaux en jade vert épinard Qianlong  payé 300.750 euros (est. 200.000/300.000), d’un album impérial d’après Zhang Ning (1425-vers 1506) d’époque Qianlong payé 216.750 euros (est. 200.000/300.000 euros) et d’un rince-pinceaux en jade Qianlong ou antérieur payé 228.750 euros (est. 200.000/300.000).

Un certain nombre de lots du catalogue n’a pas trouvé preneur.

Pierrick Moritz

Chiffre d’affaires historique pour Christie’s à Hong Kong, les ventes d’objets d’art chinois toujours moins performantes

2 juin 2011

Avec l’équivalent de 515 millions de dollars américains, Christie’s vient de réaliser le plus important chiffre d’affaires de son histoire pour une série de ventes à Hong Kong.

Entamée le 27 mai, cette séquence de 13 vacations dans les spécialités des arts traditionnels chinois, de la peinture “moderne” et contemporaine asiatique, de la joaillerie, des montres de luxe et des vins de prestige s’est achevée hier.

Avec cette performance, l’opérateur relève aussi le plafond du plus important chiffre d’affaires réalisé sur la place asiatique par une maison de vente occidentale (449 millions de dollars américains produits par Sotheby’s en avril dernier pour une série de ventes similaire).

Si les chiffres d’affaires des deux opérateurs sont en augmentation constante (pour une opération similaire, Christie’s réalisait 408 millions de dollars en décembre 2010), le net mouvement de recul devant les estimations délirantes des objets d’art traditionnel chinois constaté lors de la dernière série de ventes de Sotheby’s à Hong Kong s’est confirmé ici.

La peinture chinoise “moderne” a été la spécialité la plus profitable avec l’équivalent de 123 millions de dollars américains allant à une seule vacation regroupant des centaines de lots dont des dizaines de peintures du peintre Zhang Daqian (ou Chang Dai-Chien, 1899-1983). Ses œuvres ont largement contribué au résultat mirobolant, notamment avec les 3 plus importantes vendues très au-dessus des estimations et pour l’équivalent de plus de 20 millions de dollars américains.

Le 31 mai, toujours à Hong Kong, Sotheby’s a vendu une collection de 25 peintures de cet artiste très célèbre en Chine pour l’équivalent de quelque 87,6 millions de dollars. Il s’agit des plus hauts prix enregistrés en vente publique pour des œuvres de Zhang Daqian.

La spécialité dépasse celles des objets d’art chinois, habituellement plus rémunératrice qui, en 4 ventes, a produit l’équivalent de 107 millions de dollars.

Comme Sotheby’s lors de sa dernière série de ventes à Hong Kong, en avril dernier, Christie’s a vu un certains nombres des lots phares ne pas trouver preneur, à commencer par le plus cher, un vase réticulé Qianlong pressenti pour rivaliser avec le record d’un autre de ce type vendu pour quelque 51 millions d’euros – et qui ne serait toujours pas payé - par la maison de ventes britannique Bainbridges en novembre 2010. L’évènement était tel qu’une vacation était entièrement consacrée à cet objet d’art.

L’Imperial Sale a enregistré 24 lots invendus sur 94 présentés dont 3 étaient assortis des estimations les plus élevées du catalogue, c’est-à-dire confidentielles.

Il s’agit d’un paravent à dix feuilles d’époque Kangxi (période Yongzheng, 1662-1735) recouvert d’un laque polychrome et d’une jarre en bleu/blanc à décor de dragon du début de la période Ming (1426-1435). Ces deux objets ont pour point commun d’avoir été achetés en salle des ventes à Londres dans les années 1980.

Le troisième est une paire de jarres couvertes de la famille rose d’époque Qianlong (1736-1795) qui avait été achetée l’équivalent de 3 millions de dollars américains chez le même opérateur en mai 2005 à Hong Kong.

Pour les invendus aux estimations clairement chiffrées, on peut citer un très grand vase de la famille rose à décor millefleurs et de forme ”double gourde” d’époque Qianlong dont l’équivalent de 2,3/2,8 millions de dollars américains étaient attendus.

Ce vase provient d’une paire vendue séparément chez Sotheby’s Londres en novembre 2003.  Celui-ci avait été payé 363.650 livres,  l’autre présentait une restauration ancienne et avait été acquis pour 10 fois moins.

Une jardinière impériale, “automate musical” en bronze émaillé, fin de la période Qianlong (1736-1795), assortie d’une estimation de 2,3/3,2 millions de dollars américains, n’a également pas trouvé preneur. L’objet d’art avait été payé l’équivalent de 1,9 million de dollars américains chez Christie’s Hong Kong en mai 2009.

Dans une autre vente dédiée aux céramiques et objets d’art chinois, 80 lots sur les 327 présentés n’ont pas trouvé preneurUn plat bleu/blanc de la dynastie Yuan (XIVe siècle) estimé l’équivalent de 514.000/771.000 dollars américains figure parmi les plus importants.

L’évolution de l’estimation de cet objet d’art payé 12.925 livres dans une vacation chez Christie’s Londres en novembre 2000 illustre la situation d’une spécialité devenue extrêmement spéculative.

Pierrick Moritz

Les estimations sont donnés sans les frais à la charge de l’acheteur en plus de l’adjudication finale. Chez Christie’s Hong Kong, Ils sont de 25 % pour les adjudications inférieures ou égales à 400.000 HKD, de 20 % entre 400.001 HKD  et jusqu’à 8 millions de HKD,  et de 12 % au-dessus. Pour les vins, ces frais sont de 20 % dans tous les cas.

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Succès pour l’art décoratif français du XXe siècle chez Christie’s Paris

27 mai 2011

Avec un catalogue de 52 créations essentiellement signées de grands noms français de l’art déco et de l’après-guerre et des estimations raisonnables, Christie’s proposait une vente d’art décoratif attractive cet après-midi à Paris. L’opérateur misait sur un chiffre d’affaires de quelque 1,90/2,7 millons d’euros sans les frais, il en aura finalement récolté 3,75 millions avec les frais grâce à de nombreuses estimations pulvérisées.

Avec un résultat de 3,75 milliions d’euros très au-dessus des attentes et pour un faible taux d’invendus de valeur peu élevée (8 sur 52 lots présentés, avec des estimations basses inférieures à 15.000 euros), le succès de la vente d’art décoratif du XXe siècle et de design organisé cet après-midi chez Christie’s Paris s’explique par le choix d’estimations “raisonnables” dans des spécialités où beaucoup de résultats décevants sont dûs à des prétentions excessives ne laissant plus aucun potentiel d’appréciation à moyen terme pour les acheteurs. Sur ce marché spécifique, les prix stagnent sur leurs “plus hauts” des années passées pour l’exceptionnel (quand les acheteurs sont encore prêts à débourser autant), et sont à la baisse pour l’essentiel.

633.000 euros pour une commode de Ruhlmann

Le lot vedette du catalogue, une commode d’Émile-Jacques Ruhlmann dite “grande cannelée a redents” en ébène de Macassar, datée vers 1923, avec des ornementations en ivoire et des poignées en bronze argenté, a été payée 633.000 euros sur une estimation de 400.000/600.000 euros.

Du même créateur, une table basse dite “double colonnettes”, d’un modèle à double plateau circulaire créé vers 1925, en placage de loupe de noyer d’Europe avec des ornementations en ivoire,  a été payée 373.000 euros sur une estimation de 60.000/80.000 euros.

433.000 euros pour une sculpture animalière de Rembrandt Bugatti

Pour la deuxième estimation la plus élevée, un Lionceau et lévrier entre ses pattes de Rembrandt Bugattti, un bronze à patine brune nuancée vert daté de 1906, a été payé 433.000 euros sur une estimation de 250.000/350.000 euros.

Un lustre art déco payé 151.000 euros sur une estimation de 15.000/20.000 euros

Un lustre en bronze argenté d’Albert Cheuret, vers 1925, supension avec vasque centrale en albâtre et 3 cigognes tenant dans leur bec tourné vers l’extérieur une tulipe en albâtre,  a été payé 151.000 euros sur une estimation de 15.000/20.000 euros.

Succès pour les tables basses laquées de la période art déco

Une table basse de Gaston Suisse en laque noire,  à décor géométrique argent et incrusté de coquille d’oeuf, une pièce unique créée en 1927, a été payée 80.200 euros sur une estimation de 30.000/40.000 euros. Un autre modèle par Jean Dunand, vers 1924, en bois laqué noir avec un plateau à décor d’incrustations de coquille d’œuf, a été payée 73.000 euros sur une estimation de 60.000/80.000 euros.

Belles enchères pour Charlotte Perriand

Une bibliothèque murale “Nuage” de Charlotte Perriand, Éditions Steph Simon 1958, a été payée 145.000 euros sur une estimation de 80.000/120.000 euros.  Le tribunal de Grande Instance de Paris a décidé le 25 mars 2010 que les biliothèques “Mexique”, “Tunisie” et “Nuage” ont pour auteur unique Charlotte Perriand. Les ayant-droits de Jean Prouvé contestent cette décision dont ils ont fait appel et indiquent qu’il s’agit d’une collaboration entre Jean Prouvé et Charlotte Perriand.

De Charlotte Perriand, une table de forme libre en sipo massif teinté noir, le modèle créé en 1956, cet exemplaire réalisé au début des années 1970, Éditions Steph Simon, a été payée 217.000 euros sur une estimation de 80.000/120.000 euros.

11 créations de Jean Prouvé toutes vendues très au-dessus de leur estimation

Provenant directement de la famille de Jean Prouvé, 11 meubles du créateur on tous été vendus au-dessus de leurs estimation.

Pour les enchères les plus spectaculaires, 85.000 euros ont été donnés pour un tabouret en tôle d’acier peinte rouge corsaire réalisé vers 1948, l’assise moulée et percée, qui était estimé 6.000/8.000 euros et 67.000 euros sont allés à un un autre tabouret tabouret, en aluminium laqué de la même couleur et pour une assise moulée, vers 1952, qui était assorti d’une estimation de 15.000/20.000 euros.

Une paire de fauteuils “Visiteurs”, d’un modèle créé vers 1942, ceux-ci datant de 1946, a été payée 73.000 euros sur une estimation de 30.000/40.000 euros et un bahut en placage de chêne, ouvrant par deux portes coulissantes en aluminium, une réalisation de 1948 pour un modèle de 1942, a été payé 58.600 euros sur une estimation de 25.000/30.000 euros.

François-Xavier Lalanne

Pour le design contemporain, une grande Carpe d’or de François-Xavier Lalanne, une réalisation en bronze de 2005 pour un modèle créé en 1996, numérotée 8/8, a été payée 313.000 euros sur une estimation de 80.000/120.000 euros.

Du côté de l’Italie

Un lampadaire 1050 de l’Italien Gino Sarfatti, vers 1948, flanqué de deux bras orientables, a été payé 50.200 euros sur une estimation de 8.000/12.000 euros.

Pierrick Moritz

Les estimations sont données sans les frais supplémentaires à la charge de l’acheteur et payables en plus du prix d’adjudication. Chez Christie’s Paris, ces frais sont de 25 % jusqu’à 20.000 euros, de 20 % au-dessus de 20.000 euros et jusqu’à 800.000 euros et de 12 % au-dessus de 800.000 euros. Les résultats incluent ces frais.  

Christie’s va tenter de vendre l’un des vases les plus chers du monde

25 mai 2011

Christie’s va mettre à l’encan un exceptionnel vase chinois d’époque Qianlong le 1er juin prochain à Hong Kong.

Il s’agit d’une pièce à double paroi et à décor réticulé dans la séquence de celui vendu pour l’équivalent de quelque 51 millions d’euros par la maison de ventes britannique Bainbridges en novembre 2010.

Au dernières nouvelles, le mois dernier, l’acheteur chinois n’avait toujours pas réglé sa facture.

PM

Un hanap de l’époque romane invendu chez Sotheby’s Paris

17 mai 2011

Estimé 300.000/400.000 euros, un hanap (coupe à boire) en argent gravé et repoussé, présenté daté vers 1180, n’a pas trouvé preneur cet après-midi chez Sotheby’s Paris.

Il s’agirait du plus ancien exemplaire du genre connu. Ceux du musée du Louvre, par exemple, sont datés au plus tôt vers 1300.

Avec une estimation très importante, l’absence d’historique sur sa provenance a très probablement rebuté les amateurs potentiels. L’objet était également autorisé à quitter le territoire français, ce qui indique qu’il n’avait pas retenu l’attention des institutions concernées.

Cette coupe présente un décor associant grains de grenade et ornements cosmologiques d’étoiles à 8 branches et de lunules autour d’un basilic, animal légendaire capable de pétrifier celui qui croise son regard. Selon le catalogue, la présence de ce monstre pourrait être interprétée comme une mise en garde faite au buveur de ne pas vider complètement la coupe.

Pierrick Moritz


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