Archive pour la catégorie ‘Brocante’

Une centaine d’articles pratiques publiée sur “Artwithoutskin”

25 mai 2012

Artwithoutskin.com est en train de s’enrichir d’une centaine d’articles pratiques – plus ou moins longs - dont la rédaction a été motivée par les sollicitations de particuliers désireux de connaître l’intérêt d’un patrimoine en objets anciens. Ces personnes se trouvaient souvent en situation de devoir débarrasser un  lieu rapidement. À l’heure où l’Internet propose gratuitement une impressionnante quantité d’informations sur le sujet, ce besoin peut étonner.

Quand on est pressé par le temps, la recherche sur l’Internet oblige souvent à suivre des pistes arborescentes aussi aléatoires qu’interminables, pour aboutir à des données en majorité incomplètes et transformées en généralités quand il s’agit de cas particuliers. Elles reproduisent parfois des erreurs “piochées” ailleurs, dans un contexte où la lecture d’informations semblables sur des sources différentes est considérée par beaucoup comme un moyen de vérification.

Quand l’information experte de qualité coûte très cher à produire, une particularité incompatible avec le modèle économique de l’Internet gratuit, ce type de données peut aussi être généré par des sources dont le but est d’acquérir le maximum de visibilité avec un minimum de moyens. Si les résultats des ventes consultables sur l’Internet constituent une source d’information, à condition de posséder des objets ou œuvres identiques, rien n’est dit les risques et la réalité des frais pour le vendeur. L’objet signalé comme vendu a pu aussi ne jamais être payé, et l’invendu finalement payé à un prix inconnu dans le cadre d’une transaction devenue privée.

Ces mêmes demandeurs d’informations, souvent pressés par le temps, voulant éviter la location d’un garde-meuble ou un déménagement, dont le coût pourrait dépasser la valeur des biens eux-mêmes, et cherchant des conseils objectifs avant de s’adresser à des professionnels du secteur, ne trouvaient pas d’ouvrages réunissant le maximum d’informations sur la valeur des objets, les tendances actuelles et les différents canaux de vente. J’ai moi-même fait le tour des librairies après la rédaction de cette série d’articles, et je n’ai rien trouvé de semblable. Du coup, j’ai démarché les maisons d’édition susceptibles d’être intéressé par un tel guide pratique. Niet.

Ces articles forment un inventaire dynamique, réaliste et surdimensionné des objets mobiliers que l’on trouve généralement chez les Français. Il aide à l’identification des valeurs intéressantes, tout en mettant l’accent sur les moins évidentes à repérer, et indique les critères permettant de replacer une transaction dans son contexte. Certains conseillent sur les différents canaux de vente, dans un environnement économique difficile, où beaucoup sont désireux de tirer le meilleur parti de leurs biens.

Cet ensemble présente également des introductions sur des thèmes spécifiques, comme l’art traditionnel chinois pour lequel les réponses à une très forte demande d’informations passent avant tout par l’évocation d’une culture encore largement méconnue des Occidentaux.

Avec la volonté d’apporter un maximum d’informations nouvelles et actualisées, ces articles sont empreints des bouleversements apportés par 10 années de développement exponentiel du commerce électronique pour de tels objets mobiliers. Si des exemples de prix sont donnés, la nécessité d’éviter de dresser systématiquement de telles listes s’impose dans le sens où la conduite des transactions à leur terme et au prix indiqué n’est jamais garantie.

Le casse-tête de l’estimation pour un particulier

Si l’information délivrée gratuitement par l’Internet a été attaquée, il est tenu compte de l’existence d’informations générées par des professionnels et connaisseurs, que l’on trouvera immédiatement sur l’Internet et qui ne nécessitent pas d’être répétées. Il s’agit, par exemple, des marques des faïenceries françaises ou des principaux poinçons d’or et d’argent.

Le choix de préférer les descriptions évocatrices aux illustrations est d’abord motivé par un souci d’économie. Ce parti pris trouve aussi sa justification dans le fait que l’iconographie, qui permettrait surtout d’aérer le texte, peut s’avérer contreproductive au sein de rapprochements hâtifs entre des objets reproduits et ceux que possède le lecteur.

Ces articles constituent une base solide avant d’affiner ses recherches, il n’ont pas vocation à se substituer à l’appréciation des experts spécialisés. Il s’agit d’aider à se forger un a priori plus ou moins favorable et d’éveiller des réflexes, avant d’entamer des démarches coûteuses en temps, en énergie et en argent.

L’information contenue dans ces articles, actualisée au plus près des tendances actuelles, est basée sur une somme de connaissances personnelles, fruits de 20 ans d’intérêt pour l’univers des antiquités et de la brocante et du marché de l’art, que cela soit à travers le secteur de la vente ou celui de l’information.

Pierrick Moritz

Patrimoine. Antiquités, brocante, œuvres et objets d’art : faire le tri

25 mai 2012

Succession, expatriation, déménagement,… : devoir débarrasser un lieu où des objets mobiliers se sont accumulés pendant des décennies peut conduire à de belles découvertes, immédiates ou moins évidentes. Qu’il s’agisse de conserver, de vendre, de jeter ou de donner, voici quelques conseils de base pour éviter regrets, pertes de temps et d’argent.

Dans un premier temps, ne jetez pas le moindre document

Dans une situation où l’empressement et le manque de méthode sont vos pires ennemis, et dans un premier temps, ne jetez rien, pas le moindre document, avant d’avoir vérifié l’intérêt de choses apparemment inutiles.

On regrette souvent que les déclarations de successions très anciennes où figurent les descriptifs de certains objets toujours présents dans le patrimoine aient été jetées. Vous pouvez également  trouver de précieuses informations en épluchant des correspondances anciennes.

Posséder la facture d’un objet ou d’un meuble peut en augmenter la valeur de manière considérable. En matière d’objets et d’œuvres d’art, les factures d’origine sont des documents très importants pour en garantir l’authenticité, faciliter les recherches des experts et documenter des notices destinées à convaincre les acheteurs potentiels. Pensez à en conserver des copies lorsque vous confiez ces originaux à des spécialistes.

Ne jetez pas les boîtes et les écrins vides sans vérifications. Vous pouvez obtenir de précieuses informations en les rapprochant d’objets qu’ils seraient susceptibles d’avoir contenus. L’emballage d’origine d’un objet de collection peut en augmenter la valeur de manière considérable

D’un point de vue fiscal, si vous n’êtes pas redevable de taxes quand la valeur d’un objet est inférieure à 5.000 euros. Le fait de pouvoir démontrer qu’un objet vous appartient depuis plus de 12 ans vous permettra d’éviter le paiement de la taxation forfaitaire de 5 % obligatoire en l’absence de preuves quand sa valeur est au moins égale à ces 5.000 euros. Une photographie datant très visiblement de plus de 12 ans et vous présentant avec l’objet concerné peut vous faire économiser cette taxe.

Ne pas uniquement focaliser sur les objets “précieux”

Lorsque l’on veut estimer soi-même son patrimoine mobilier, l’erreur classique, déterminante pour la suite des opérations, est d’accorder une importance disproportionnée aux objets définis comme “précieux”, comme les bijoux et l’argenterie, ou ceux auréolés d’une légende familiale. Quand leur valeur s’avère décevante, ce déclassement brutal conduit généralement à une dépréciation hâtive du reste du patrimoine. Et c’est là que peuvent se trouver  les “vrais trésors”, ceux dont l’intérêt financier peut très largement dépasser celui des objets auxquels on attribuait trop d’importance.

De la vitrine à la cave

Il faut également se méfier de la localisation et de la présentation des objets. On doit accorder la même importance aux objets présentés sous vitrine dans un salon coquet qu’à ceux remisés dans un fatras au fond d’une cave.

Généralement, on fera attention à des objets d’art décoratif très connus en France. Dans le domaine de la verrerie d’Avant-guerre, un vase Gallé ou Lalique, dont la valeur potentielle peut aussi ne pas excéder quelques centaines d’euros, a peu de chances de finir sa course à vil prix sur l’étal d’un vide-grenier. Un vase de Bohême de la même époque non signé, et dont la valeur de certains modèles rares peut atteindre plusieurs milliers d’euros, oui.

Savoir attendre

Lorsque l’on se lance dans une recherche sur un objet, il arrive que l’on ne trouve aucun exemple similaire. Même des spécialistes peuvent se montrer incapables de vous renseigner. Si un objet vous semble digne d’intérêt, il faut le conserver dans l’attente de trouver des informations vraiment en rapport, même des années plus tard, et ne pas se contenter de celles concernant des objets cousins. Plus vous aurez d’informations précises sur votre objet et mieux vous le vendrez.

N’anéantissez pas la valeur de vos biens

On a déjà vu des tableaux ou de précieux textiles détruits pour avoir été lavés à grande eau par leur propriétaire.

N’anéantissez pas la valeur de votre patrimoine en vous lançant dans de grandes opérations de nettoyage, restauration et autres tentatives d’amélioration, d’autant plus quand elles réclament l’usage de produits potentiellement dangereux. Méfiez-vous des conseils lus sur l’Internet et attendez d’avoir l’avis d’un professionnel.

Un coup de chiffon trop appuyé sur une toile peinte fragilisée peut avoir des conséquences désastreuses, montrez-la telle qu’elle est pour son expertise (question crasse et poussière, les professionnels en ont vu d’autres).

Photographier les objets

Il est important de photographier les objets que vous comptez vendre ou conserver,  sous différents angles, avec des détails, en posant avec eux et en les montrant dans votre intérieur. Ces preuves peuvent être d’une grande utilité en cas de vol, litige et autres contestations.

Dons

Plutôt que de jeter, vous pouvez aussi donner. Outre à Emmaüs, vous pouvez offrir ces meubles et objets à d’autres associations caritatives, aux paroisses qui organisent des brocantes pour leurs œuvres. Si ces associations assurent un ramassage à domicile, elles ne s’encombreront pas des objets jugés invendables ou qu’elles ne pourront pas donner. Il existe également des sites de dons en ligne gratuits. Ces derniers sont très pratiques si recevoir des inconnus chez vous ou avoir éventuellement affaire à des habitués de la revente ne vous dérange pas.

La démarche peut s’avérer inefficace si vous désirez débarrasser rapidement et complètement une maison ou un appartement. Si certains prendront uniquement ce qui les intéresse, d’autres vous promettront de venir un autre jour pour enlever un objet encombrant mais ne reviendront jamais. Ne donnez jamais rendez-vous à plusieurs associations ou personnes en même temps, le risque de conflits autour des choses les plus intéressantes est bien réel.

Se faire débarrasser 

Recourir aux services d’un professionnel du débarras, en général un brocanteur, pour vider intégralement une maison ou un appartement d’un contenu mobilier est une solution très efficace quand on doit débarrasser rapidement un lieu.

Il s’agit d’un échange, un service contre des biens qui seront revendus par ce professionnel. Autant il serait anormal de se voir facturer des frais si la valeur du mobilier en question est au moins égale au coût supposé du service, autant il ne faut pas espérer être débarrassé gratuitement pour de vieux matelas ou des meubles en formica.

En fonction du volume et des objets à enlever, le professionnel doit trouver un intérêt financier contre son temps de travail, celui de son personnel, et les frais liés à son véhicule. Si vous comptez lui vendre certains objets et qu’il vous les achète à un prix raisonnable, il est peu probable qu’il accepte de vider gracieusement votre vieille cave à charbon. En tout état de cause, vous devez réfléchir au préalable afin que l’échange soit équitable, et en premier lieu pour vous, en vérifiant la valeur de ce que vous allez laisser.

Si vous voulez vendre, évitez de faire déplacer trop d’entreprises (et surtout pas en même temps) dans l’espoir de trouver toujours plus offrant. Les nouvelles vont vite dans ce petit monde, vous risqueriez de ne plus trouver personne.

Bennes municipales

Si vous avez l’intention d’utiliser une benne municipale pour jeter un grand nombre d’objets encombrants, il faut savoir que, dans les grandes villes, sa location avec installation sur la voie publique est payante. Un engagement financier peut vous être demandé pour couvrir d’éventuelles dégradations.

Pierrick Moritz

Pierrick Moritz 2011-2012. Ce texte fait partie d’une somme déposée à la S.A.C.D sous les numéros 24503 et 254240.

Évolution des prix des antiquités, des objets et des œuvres d’art les plus courants (analyse)

19 avril 2012

Cet article est la version complète et actualisée de celle publiée en mai 2011 sur Artwithoutskin 

Avec les plateformes de vente de l’Internet, jamais dans l’histoire du commerce des objets de brocante, de collection et des objets et des œuvres d’art, de tels volumes de marchandises n’auront été échangés à l’échelle planétaire en une décennie. Si les prix des objets les plus courants se sont effondrés, on assiste à un assèchement de l’offre inédit pour ceux de belle qualité et d’un réel intérêt.

La facilité apportée par les plateformes de l’Internet permettant aux particuliers de vendre leurs objets anciens et de collection a fini par se retourner contre les vendeurs pour la marchandise la plus courante. Côté acheteurs, la raréfaction accélérée des objets intéressants produit une hausse des prix.

Vide-greniers et arrivée d’eBay en France

L’effondrement des prix des objets de collection, de brocante, des antiquités, des objets et des œuvres d’art plus ou moins courante tient principalement à la démocratisation de l’utilisation des plateformes de l’Internet spécialisées au début des années 2000, notamment avec l’arrivée d’eBay en France. La multiplication des vide-greniers de particuliers à partir du début des années 1990 (également époque du plein essor des dépôts-vente) avait amorcé cette dévalorisation. La conjugaison des deux phénomènes a modelé un marché qui n’est plus essentiellement contrôlé par les seuls professionnels, corporation très critiquée mais qui tirait les prix vers le haut.

Un marché non régulé, inondé dans l’anarchie la plus totale d’objets semblables dans le même temps

Avant ces bouleversements, les marchands de disques ou de bandes dessinées ne présentaient qu’un exemplaire d’un collector en vitrine, quand ils en avaient 25 similaires dans leur réserve. Ils attendaient que cet exemplaire soit vendu avant d’en afficher un autre.

Des centaines d’exemplaires de titres identiques ont été mis en vente simultanément sur les vide-greniers, puis des milliers sur l’Internet, contribuant à l’effondrement de cotes qui peuvent être descendues sous les 10 euros quand elles en valaient une centaine dix ans plus tôt.

Les prix ont littéralement plongé dans certaines spécialités du fait d’un marché non régulé, inondé dans l’anarchie la plus totale d’objets semblables dans le même temps.

La spirale de la chute des prix

Dans le cadre de l’explosion et l’éparpillement de l’offre sur l’Internet, la confusion née du fait que des objets identiques sont présentés à des prix extrêmement variables d’un vendeur à l’autre – et que des objets semblables peuvent inonder brutalement les sites de vente de l’Internet à tout moment, notamment quand il s’agit d’objets manufacturés dont des stocks oubliés et à l’état de neuf – est le facteur majeur de la baisse des prix, notamment pour les livres et les objets de collection.

L’acheteur potentiel se place en position attentiste et finit par jeter son dévolu sur la proposition de prix la plus basse possible pour un même objet. Le montant de cette bonne affaire – les informations restent visibles un certain temps sur l’Internet – servira de référence de prix maximum d’achat pour d’autres exemplaires de cet objet, contribuant encore à la baisse de la cote.

Dans ce contexte, les vendeurs ont été amenés à présenter des pièces de meilleure qualité pour se démarquer de la concurrence, contribuant ainsi à la chute des prix d’objets moins courants sans être pour autant des pièces uniques.

Aujourd’hui, la classe moyenne supérieure touchée par la crise économique étend le phénomène à la marchandise de meilleure qualité dont elle est vendeuse et avec une moindre représentation en tant qu’acheteuse.

La grande braderie

Des situations de nécessité ont conduit cette population à brader sur l’Internet des œuvres et objets d’art dont la valeur peut atteindre plusieurs milliers d’euros. Le phénomène s’est encore accru du fait du retour des objets refusés ou invendus dans les salles des ventes. Leur nombre a considérablement augmenté dans un contexte où beaucoup de lots ne trouvent pas preneur et où les opérateurs du monde des ventes aux enchères publiques sont devenus extrêmement sélectifs.

Des objets qui auraient été acceptés il y a quelques années dans des ventes aux enchères ne le sont plus aujourd’hui. On les retrouve dans un premier temps bradés sur l’Internet, où les sites spécialisés ont dépassé le stade de la saturation depuis un moment (le pourcentage d’invendus y est extrêmement important), puis, s’ils ne trouvent toujours pas preneur, sur les vide-greniers ou les stands des ventes de charité.

Désertion des boutiques et des salles des ventes par la classe moyenne supérieure

La désertion des boutiques d’antiquaires et des salles des ventes par cette classe moyenne supérieure qui s’intéressait à des objets dont les prix allaient de quelques centaines à quelques milliers d’euros s’est renforcée avec la crise de 2008.

Les premiers signes de désaffection de cette clientèle pour les professionnels sont apparus bien avant le “début officiel” de ces problèmes économiques, notamment du fait de la concurrence des plateformes de vente sur l’Internet où ces acheteurs avaient pris l’habitude de s’approvisionner auprès des vendeurs particuliers réputés moins chers, mais aussi parce que des problèmes de budget, de logement, d’emploi et de précarité se posaient déjà à elle.

Une classe sociale relativement privilégiée a commencé à renoncer à la petite folie à quelques centaines d’euros – voire quelques milliers pour une occasion exceptionnelle – qu’elle s’octroyait de temps en temps dans des ventes aux enchères ou des boutiques spécialisées en bibliophilie ou objets de vitrine. Dans le même temps, elle devenait vendeuse des objets dont elle était auparavant consommatrice, contribuant ainsi au phénomène de la chute des prix dans ses anciennes spécialités de prédilection.

Redressement des prix des objets anciens et de collection de bonne qualité par l’assèchement de l’offre 

Ce constat pessimiste est aujourd’hui nuancé par un  redressement des prix des objets anciens et de collection, au moins de bonne qualité et en parfait état, engendré par un assèchement de l’offre. Le phénomène de pénurie trouve une partie de son explication dans le fait que, avec le développement tous azimuts des plateformes de vente de l’Internet,  jamais dans l’histoire du commerce des objets de brocante, de collection et des  objets et des œuvres d’art, de tels volumes de marchandises n’auront été échangés à l’échelle planétaire en une décennie.

Exportation de masse hors de France

Les quantités de marchandises de ce type expédiées hors de France par l’intermédiaire de l’Internet ont été et sont extrêmement importantes. Le phénomène est d’autant plus inédit que, quand ce type d’exportation était autrefois, pour la grande majorité, l’apanage des professionnels, les particuliers y ont largement contribué. Bien entendu, des objets et des œuvres d’art sont aussi importés en France par l’intermédiaire de l’Internet, et notamment des plateformes de vente.

Frénésie de «chasses aux trésors»

Cette accélération de la circulation de la marchandise par l’intermédiaire de l’Internet, qui entraîne pour partie sa sortie du territoire français, est aujourd’hui soutenue par les problèmes économiques  de  beaucoup de Français et incitée par la communication importante des opérateurs de l’Internet. Ces deux phénomènes entraînent une frénésie de «chasses aux trésors», les objets étant sortis très rapidement d’endroits où, autrefois, ils pouvaient sommeiller pendant des générations.

Les plus beaux objets restent absents plus longtemps du marché

Dans le cadre d’un commerce dont la spécificité est de s’intéresser à une marchandise dont la production est arrêtée, un nombre bien plus important – proportionnel à la quantité inédite de transactions passées ces 10 dernières années par l’intermédiaire de l’Internet - de très beaux objets parfaitement identifiés est aujourd’hui conservé par leurs acquéreurs. Les pièces de qualité étant gardées plus facilement et plus longtemps que les autres, le phénomène de raréfaction s’en trouve renforcé.

Attentisme des vendeurs

La multitude d’exemples d’objets intéressants partis à vils prix ces dernières années sur l’Internet, souvent après des tentatives successives et infructueuses, a conduit une partie des vendeurs à mettre un terme à la spirale infernale dans l’attente de jours meilleurs. Pour d’autres encore, il s’agit désormais de conserver ce genre de patrimoine “rassurant” dans un environnement général incertain.

Pour toutes ces raisons, les très beaux objets sont désormais beaucoup plus difficiles à trouver à bon compte pour les professionnels comme pour les particuliers.

L’objet rare, quelle que soit la spécialité

Pour les améliorations les plus spectaculaires, on peut citer le regain d’intérêt pour les très beaux et/ou originaux objets de vitrine des XVIIIe et XIXe siècles, spécialité où certaines estimations sont désormais démultipliées. Quand il s’agit d’objets de vitrine de grande qualité, les prix  finalement payés dans les ventes aux enchères peuvent même atteindre des niveaux jamais vus. Une estimation de quelques centaines d’euros peut se transformer en enchère finale de plusieurs milliers d’euros.

Le phénomène se vérifie également dans certains domaines de collection très pointus : instruments du vin, moulins à café de comptoir du XIXe siècle, plioirs à dentelles en bois sculpté des XVIIIe et XIXe siècles ou antique fer à repasser “lingot” en laiton, ou pour des objets de charme comme ces petits mannequins de peintre en bois du XIXe siècle. La valeur de ces objets peut également atteindre plusieurs milliers d’euros.

Globalement, seule la cote de la pièce rare a survécu, et souvent progressé de façon impressionnante. Quelle que soit la spécialité, il faut posséder l’objet qui se démarque du commun par son originalité, sa qualité, par la curiosité qu’il est capable de susciter.

Le constat est identique pour les œuvres et objets d’art, domaines où l’écart de prix entre le beau et l’exceptionnel n’a jamais été aussi important et ne cesse de se creuser, et ceci d’autant plus que les pièces relevant de la première catégorie se vendent plus difficilement.

Pierrick Moritz

Pierrick Moritz 2011-2012. Texte enregistré à la SACD sous les numéros 24503 et 254240, faisant partie d’une somme sur le patrimoine “réaliste” des Français en objets de brocante, antiquités, objets et œuvres d’art. Ce texte est protégé par la législation sur le droit d’auteur. Sa reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation de l’auteur. La protection du travail de l’auteur concerne la reproduction directe du contenu et de sa structure, mais aussi  la contrefaçon, jugée sur les similitudes, mais aussi sur les différences destinées à les maquiller.

La chute des prix des objets de collection, des antiquités, des objets et des œuvres d’art plus ou moins courants

24 mai 2011

La valeur des objets, souvenirs et autre mobilier que l’on retrouve le plus souvent dans une succession familiale a beaucoup diminué en 10 ans, et de manière sensible pour certaines catégories. Explications du phénomène.

Si, en permettant un accès direct des vendeurs aux acheteurs, les vide-greniers et plateformes de vente aux enchères sur internet ont révolutionné les modes de vente des objets de collection, de brocante, des antiquités, des objets et des œuvres d’art, ils ont fini par entraîner un effondrement des prix des pièces plus ou moins courantes.

La classe moyenne supérieure touchée par la crise économique étend le phénomène à la marchandise de meilleure qualité dont elle est vendeuse et avec une moindre représentation en tant qu’acheteuse.

Vide-greniers et Internet

Cette chute des prix tient principalement à la démocratisation de l’utilisation des plateformes Internet spécialisées dans la vente d’objets anciens et de collection au début des années 2000, notamment avec l’arrivée d’eBay en France.

La multiplication des vide-greniers de particuliers à partir du début des années 1990 (également époque du plein essor des dépôts-vente) avait déjà amorcé cette dévalorisation.

La conjugaison des deux phénomènes a modelé un marché qui n’est plus essentiellement contrôlé par les seuls professionnels, corporation très critiquée mais qui tirait les prix vers le haut.

Un marché non régulé, inondé dans l’anarchie la plus totale d’objets semblables dans le même temps

Avant ce mode de fonctionnement, et pour donner un exemple, les marchands de disques ou de bandes dessinées ne présentaient qu’un exemplaire d’un “collector” en vitrine, quand ils en avaient 25 similaires dans leur réserve. Ils attendaient que cet exemplaire soit vendu avant d’en afficher un autre.

Des centaines d’exemplaires du même titre ont été mis en vente simultanément sur les vide-greniers, puis des milliers sur Internet, contribuant à l’effondrement d’une cote qui, équivalente à une centaine d’euros, peut être descendue aujourd’hui en dessous de 10 euros.

Les prix ont littéralement plongé dans certaines spécialités du fait d’un marché non régulé, inondé dans l’anarchie la plus totale d’objets semblables dans le même temps.

La spirale de la chute des prix

Dans le cadre de l’explosion et de l’éparpillement de l’offre amorcés il y a quelques années sur les plateformes de vente d’internet, la confusion née du fait que des objets identiques sont présentés à des prix extrêmement variables d’un vendeur à l’autre est un facteur majeur de la baisse des prix, notamment pour les livres et les objets de collection.

L’acheteur potentiel se place naturellement en position attentiste et finit par jeter son dévolu sur la proposition de prix la plus basse possible pour un même objet. Le montant de cette bonne affaire – les informations restent visibles un certain temps sur Internet –  servira de référence de prix maximum d’achat pour d’autres exemplaires de cet objet, contribuant encore à la baisse de la cote.

Dans ce contexte, les vendeurs ont été amenés à présenter des pièces de meilleure qualité pour se démarquer de la concurrence, contribuant ainsi à la chute des prix d’objets moins courants sans être pour autant des pièces uniques.

Les difficultés économiques qui ont suivi n’ont pas tardé à corriger ce défaut avec l’arrivée sur le marché de la “vente directe” de biens plus rares provenant de la classe moyenne supérieure touchée par la crise.

La grande braderie

Des situations de nécessité ont conduit cette population à brader sur internet des œuvres et objets d’art dont la valeur peut atteindre plusieurs milliers d’euros. Le phénomène s’est encore accru du fait du retour des objets refusés ou invendus dans les salles des ventes. Leur nombre a considérablement augmenté dans un contexte où beaucoup de lots ne trouvent pas preneur et où les opérateurs du monde des ventes aux enchères publiques sont devenus extrêmement sélectifs.

Des objets qui auraient été acceptés il y a quelques années dans des ventes aux enchères ne le sont plus aujourd’hui. On les retrouve dans un premier temps bradés sur internet, où les sites spécialisés ont dépassé le stade de la saturation depuis un moment (le pourcentage d’invendus y est extrêmement important), puis, s’ils ne trouvent toujours pas preneur, sur les vide-greniers ou les stands des ventes de charité.

Désertion des boutiques et des salles des ventes par la classe moyenne supérieure

La désertion des boutiques d’antiquaires et des salles des ventes par  cette classe moyenne supérieure qui s’intéressait à des objets dont les prix allaient de quelques centaines à quelques milliers d’euros s’est renforcée avec la crise de 2008.

En fait, les premiers signes de désaffection cette clientèle pour les professionnels sont apparus bien avant le “début officiel” de cette crise, notamment du fait de la concurrence des plateformes de vente sur Internet où ces acheteurs avait pris l’habitude de s’approvisionner auprès des vendeurs particuliers réputés moins chers, mais aussi parce que des problèmes de budget, de logement, d’emploi et de précarité se posaient déjà à elle

Une classe sociale relativement privilégiée commençait à renoncer à la petite folie à quelques centaines d’euros – voire quelques milliers pour une occasion exceptionnelle – qu’elle s’octroyait de temps en temps dans des ventes aux enchères ou des boutiques spécialisées en bibliophilie ou objets de vitrine. Dans le même temps, elle devenait vendeuse des objets dont elle était auparavant consommatrice, contribuant ainsi au phénomène de la chute des prix dans ses anciennes spécialités de prédilection.

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L’objet rare, quelle que soit la spécialité

Dans cet effondrement global des prix du patrimoine en brocante, antiquités et objets de collection, seule la  cote de la pièce  rare a survécu, et souvent progressé de façon impressionnante.

Quelle que soit la spécialité, du moulin à café à la dentelle en passant par la carte postale et le meuble Napoléon III, il faut posséder la pièce qui se démarque du commun par son originalité, par la curiosité qu’elle est capable de susciter.

Le constat est identique pour les œuvres et objets d’art, domaines où l’écart de prix entre le beau et l’exceptionnel n’a jamais été aussi important et ne cesse de se creuser, et ceci d’autant plus que les pièces relevant de la première catégorie se vendent plus difficilement.

Le 19/04/2012 :

Pour lire la version complète et actualisée de cet article : http://artwithoutskin.com/2012/04/19/evolution-des-prix-des-antiquites-des-objets-et-des-oeuvres-dart-les-plus-courants-analyse/

Pierrick Moritz

Ce texte est tiré de : Estimez L’intérêt de votre patrimoine mobilier (brocante, antiquités, collection, objets et œuvres d’art) de Pierrick Moritz. Dépôt SACD sous le numéro d’enregistrement 24503. Dépôt du 04 février 2011. Ce texte est protégé par la législation sur le droit d’auteur. Sa reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation de l’auteur. La protection du travail de l’auteur concerne la reproduction directe du contenu et de sa structure mais aussi  la contrefaçon, jugée sur les similitudes, mais aussi sur les différences destinées à les maquiller.

Brocantes à New York : moins chères qu’en France indépendamment de l’euro fort

21 janvier 2008

 

“Chelsea outooor flea market “, le samedi matin : à l’angle des 6ème avenue et 17ème rue. Boutique dans le quartier de Chelsea.

En France, la clientèle américaine dont new-yorkaise a quasiment disparu des grandes brocantes, comme celle du Marais à Paris, dont elle assurait une bonne partie du chiffre d’affaires. L’euro plus ou moins fort ne fournit qu’une  partie de l’explication à cette désaffection car même en appliquant la parité euros/dollars aux prix affichés à New York, la marchandise la plus courante est désormais souvent moitié moins chère qu’en France.

Le constat saute aux yeux à New York sur les prix de la brocante en magasin ou en plein air : à marchandises égales, les prix sont beaucoup moins élevés qu’en France et ceci indépendamment de la faiblesse du dollar.

Les bijoux fantaisie ou les jouets des années 1940-1950, photographies anciennes dont militaires et vêtements vintage sont accessibles à partir de quelques dollars. Vus également dans le grand marché couvert de Chelsea, The Garage Flea Market (6ème Avenue, 25ème rue), très couru et actif : une paire de fauteuils de la fin des années 1960 avec coque en Plexiglass (très bon état) à 260 dollars (179 euros) ; un petit meuble à musique anglais en bois noirçi de la fin du XIXème siècle (très bon état) à 170 dollars (117 euros) ; un ensemble de 6 marionnettes des années 1950 (personnages du Magicien d’Oz) à 11 dollars (7,50 euros l’ensemble) ou un gros bracelet en bakélite de deux couleurs des années 1940 soldé à 45 dollars (31 euro) dans une boutique toute proche. Si l’on ramène ces prix américains à la parité euros/dollars, ils demeurent encore bien inférieurs à ceux pratiqués en France (souvent de l’ordre de 50 %).

Une autre spécificité intéressante des brocantes new-yorkaises pour le chineur est que l’on ne voit pas de stands entiers de copies d’ancien (une seule copie chinoise récente de faïence européenne du XIXème vue sur tout le petit marché en plein air du samedi matin dans le quartier de Chelsea, à l’angle de la 6ème Avenue et de la 17ème rue) ou de vêtements et accessoires neufs comme cela arrive souvent en France.

Contrairement à une idée répandue, les objets sur ce type de marchés à New York ne sont pas moins anciens qu’en France (les graphismes de certaines estampilles ou marques anglo-saxonnes de la fin du XIXème siècle ou du début du XXème siècle peuvent sembler beaucoup plus récentes aux Européens). Ils datent en majorité des années 1890 à 1970, avec une prépondérance de pièces des années 1940 à 1960, et sont forcément plutôt d’origine nord-américaine.

Pierrick Moritz

La photographie documentaire amateur ancienne de plus en plus recherchée

10 octobre 2007

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Le marché de la photographie documentaire amateur ancienne, resté longtemps confidentiel, est très actif depuis quelques années. Ces témoignages, souvent uniques et libres de droits, deviennent de plus en plus difficiles à trouver. Dans le même temps, les banques d’images et de photographies proposant leurs produits sur Internet se sont multipliées.

Images recherchées

Les clichés les plus recherchés sont, par exemple, ceux qui montrent des situations exceptionnelles, des angles inédits sur des évènements historiques, des traditions disparues. Ces images peuvent être des témoignages originaux sur la Russie pré-révolutionnaire, l’Afrique Noire jusqu’aux années 1930 (particulièrement les cérémonies indigènes) ou, plus proches de nous, les évènements de Mai 1968 (très forte demande pour l’année prochaine) ou celui de la Chute du Mur de Berlin en 1989.

Internet grand consommateur d’images

La rarification des photographies d’amateurs les plus originales et l’inflation de leurs prix sont vraisemblablement dues à la forte demande générée par Internet (demande actuelle mais aussi demande future car si, pour le moment, l’anarchie règne avec la reproduction sauvage d’images qui ne sont pas libres de droits, il y a fort à parier que cette pratique soit un jour rendue impossible). Ces clichés d’amateurs présentent en effet le double avantage d’être la plupart du temps uniques et libres de droits (du moins jusqu’à ce que quelqu’un les fasse protéger).

Multiplication des banques de photographies et d’images 

Les banques de photographies et d’images se sont multipliées ces dernières années et proposent leurs produits et services en ligne. Une société comme Corbis appartenant à Bill Gates possède la plus grande collection de photos numériques au monde. Créée en 1989, elle s’est d’abord constituée un fonds historique, en achetant notamment de prestigieuses collections, avant de s’intéresser à la photo d’actualité avec l’achat de l’agence Sygma en 1999. Plus modestes mais quand même rentables, les livres présentant des photographies d’amateurs sur des thèmes comme les vacances sont en vogue (l’année 1936 en France étant un must). 

Pierrick Moritz

Trucs brocante : la dentelle

2 août 2007

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Dentelle manuelle ou mécanique ?  La dentelle mécanique s’est développée massivement à partir des années 1840. En général, les motifs répétitifs des dentelles mécaniques sont systématiquement liés les uns aux autres par un petit fil (ce fil est la  liaison utilisée par la machine pour passer au motif suivant).

Dentelle en bon état ?  Les dentelles anciennes peuvent se conserver très longtemps, néamoins un grand nombre d’entre elles sont “cuites”. C’est à dire qu’elles se désagrègent au moindre étirement (inutile de tirer fort).

Nettoyer la dentelle blanche jaunie ou tâchée  : même principe que pour le linge blanc ancien (faire tremper une demi-journée dans de l’eau froide additionnée de Blanco en bien respectant bien le dosage indiqué par litre d’eau. Renouveller l’opération si nécessaire. Bien rincer le linge à l’eau froide entre deux opérations).

Pierrick Moritz.


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