Archive pour la catégorie ‘Cambodge’

Voyager au Cambodge : Angkor et autres points de repère

9 février 2010

Le Cambodge, un pays sûr  

Agressions : vous ne courez  pas plus de risques d’être victime d’une agression dans une ville comme Phnom Penh que dans n’importe quelle capitale occidentale. Le site d’Angkor est très surveillé et sûr. Pour se protéger des pickpockets, au Cambodge comme dans le métro parisien, les précautions à prendre relèvent du bon sens.

Rue de Phnom Penh

Mines anti-personnelles : dans la campagne ou autour des temples, il ne faut pas s’éloigner des chemins balisés à cause de la possible présence de mines anti-personnelles posées par les Khmers rouges. Des panneaux en anglais indiquent souvent les zones déminées ou susceptibles d’être encore minées.

Zones de conflits : sans qu’aucune guerre ne soit officiellement déclarée entre le Cambodge et la Thaïlande, des échanges de tirs entre  militaires des deux pays sont signalés dans certaines zones frontalières. Des endroits à éviter donc et où, de toute façon, personne ne vous conduira.  

Lire : http://observers.france24.com/fr/content/20081015-dessous-conflit-entre-cambodge-thailande 

Maison coloniale abandonnée à Pnom Pehn

Colonisation : les Cambodgiens ne manifestent aucun ressentiment envers la colonisation française (le Cambodge était plus exactement un protectorat français de l’Indochine française), donc vis-à-vis des Français d’aujourd’hui. Si vous interrogez des Cambodgiens inconnus sur la question, ils vous répondront que les avis divergent avant de passer à autre chose. Si vous connaissez bien des Cambodgiens (y compris de la  jeune génération), eux vous diront que c’était de l’esclavagisme. Sur le sujet, lire Un Barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras.

Quelques particularités du Cambodge

Mendicité : au Cambodge, on se retrouve souvent face à l’extrême pauvreté. L’extrême pauvreté c’est avoir un besoin précis à un moment précis (du lait, de l’alcool à 90°,…) et aucun autre recours que la mendicité pour y subvenir, les autres solutions étant épuisées. Si vous donnez quelque chose, il faut donc que cela soit un peu d’argent.

Les petits marchands : les enfants qui vendent notamment des boissons fraîches autour des temples d’Angkor sont tenaces. On est bien content de les trouver quand on en ressort assoiffés. Ces enfants sont scolarisés (ils ont cours en général le matin). Au Cambodge, l’école est gratuite jusqu’à l’équivalent de nos lycées.

Tuk-tuk : carriole abritée et équipée de banquettes, attelée  à une moto de petite cylindrée. Le tuk-tuk est l’un des moyens les plus pratiques pour se déplacer au Cambodge. Le marchandage sur le prix des courses a ses limites. Le litre d’essence coûte autour d’un dollar, soit une fortune pour les Cambodgiens même si les chauffeurs utilisent parfois un carburant moins cher acheté sur le bord des routes, mais dont le recours ne peut être permanent. Vu leur état général très moyen, ces motos consomment beaucoup. 

La majorité des conducteurs n’a pas les moyens de se payer une moto neuve d’importation japonaise qui coûte autour de 1.000 dollars, d’où les très nombreux magasins de pièces détachées d’occasion, notamment visibles sur les marchés. Les motos appartiennent aux conducteurs, leur entretien et les réparations sont entièrement à leur charge, comme la location de  la carriole.

Fiabilité des transports :  la ponctualité et l’organisation sont une règle au Cambodge. Si un chauffeur doit venir vous récupérer à l’hôtel en ville ou à la croisée de chemins dans la campagne à une heure donnée, il sera là. Pour les longs déplacements en bus à travers le pays, comme entre Phnom Penh et Sihanoukville, la meilleure compagnie est Mekong Express. Pour quelques dollars de plus que chez la concurrence, vous arriverez à destination en bon état (sièges confortables, climatisation, toilettes, eau minérale et en-cas à tous les voyages).

Phnom Penh : Hotel Cambodiana  

Les chambres de ce grand hôtel sont spacieuses et très confortables. Quelques unes, un peu vieillottes, sont en cours de rénovation. Service attentif et soigné. L’endroit possède des chambres fumeurs et non fumeurs. Vous pouvez vous retrouver d’office dans une chambre fumeurs (donc qui empeste le tabac froid) si vous n’avez rien précisé au moment de la réservation. Dans la mesure des possibilités, on vous changera de chambre.

Piscine très agréable et bien aménagée avec vue sur le Mekong. Petit-déjeuner buffet vraiment conséquent. Le buffet à 20 dollars pour les repas du midi et du soir est  plutôt moyen en regard de son prix élevé pour le Cambodge. L’endroit est calme la nuit mais des mariages sont régulièrement organisés dans la salle du restaurant de l’hôtel (donc boucan possible dans la soirée).

Site de l’hôtel : http://www.hotelcambodiana.com/

Angkor

Angkor Vat, le plus célèbre des sanctuaires d’Angkor. Les petits temples en forme de montagne étaient destinés à abriter les Dieux, en l’occurrence leur représentation en pierre sculptée.  

Érigée sur plusieurs centaines de kilomètres carrés, la mégapole d’Angkor est l’ancienne capitale des rois khmers. Ses sanctuaires, voués aux panthéons hindou et bouddhiste, ont principalement été construits entre le IXe et le XIVe siècles. Leur monumentalité et la pierre employée pour leur construction ont permis qu’ils arrivent jusqu’à nous. Ils sont les seuls témoignages architecturaux d’une cité dont l’étendue n’a pas d’équivalent connu dans l’histoire de l’humanité.

Certaines habitations civiles autour des bâtiments religieux d’Angkor étaient très probablement d’un type qui n’a pas évolué par rapport à celui que l’on peut voir encore aujourd’hui dans les campagnes cambodgiennes.

Ce linteau sculpté se trouve à une trentaine de centimètres seulement du mur d’un autre temple construit postérieurement. Il n’est pas visible dans son ensemble.

Partie du Bakong, groupe de Roluos, fin du IXe siècle   

Sanctuaire éloigné : Banteay Srei (Xe siècle)

Un minimum de cinq jours est nécessaire pour vraiment profiter de cette merveille sans égale dans le monde. Le passe valable une semaine coûte 60 dollars et peut être utilisé sur un mois. Se munir d’une photo d’identité et l’on vous remettra le document plastifié. Les différents sanctuaires pouvant être très éloignés les uns des autres, il faut prévoir un moyen de locomotion : taxi, tuk-tuk ou vélo pour les plus courageux.

Vous trouverez tout ce dont vous avez besoin pour vous restaurer et étancher votre soif sur le site (nombreuses paillottes proposant une cuisine simple et bon marché, vendeurs ambulants).

Il n’existe pas de possibilités d’hébergement  à Angkor et il faut loger à Siem Reap, la ville la plus proche où de nombreuses solutions à tous les prix sont possibles. Victime de la crise économique, la fréquentation touristique a baissé au Cambodge au point que certains hôtels de Siem Reap ont mis la clef sous la porte. Ils demeurent toutefois suffisamment nombreux pour qu’un lieu d’hébergement soit facile à trouver.

Un endroit comme le Golden Banana  remporte un tel succès qu’il a été agrandi en 2006. Ce bed and breakfast straight and gay friendly est idéalement situé dans l’ancien quartier colonial, à la fois protégé de la clameur du bruyant centre-ville par une rivière et seulement à trois minutes à pied de ses commodités.

Pour 22 dollars (et à partir de, selon la saison) vous aurez  un petit bungalow en forme de pagode avec coffre-fort, climatisation, moustiquaire et ventilateur. Le petit déjeuner est compris (supplément de 2$ pour les divins pancake à la banane). Tranquille et très sûr. L’hôtel organise les descentes sur Angkor en tuk-tuk avec des chauffeurs triés sur le volet. Belles piscines et petit restaurant bon marché avec cuisine traditionnelle. Site web de l’hôtel : http://www.golden-banana.com/hotel.html.

Kompong Phhluk,  pour un voyage hors du temps  

Se rendre dans cet ancestral village de pêcheurs par la route est une petite expédition : en saison sèche, il faut compter environ une heure et demie de transport en tuk-tuk depuis Siem Reap. Une partie du voyage se fait sur une route complètement défoncée.

Ensuite, pour 15 dollars,  un service de moto-taxi vous conduira par un chemin crevassé (véritable séance de moto-cross de vingt minutes, surtout si la moto s’avère être un vélomoteur) jusqu’à la barque qui vous mènera au village (à nouveau vingt minutes).

Sur place, vous pourrez vous restaurer à  des prix tout à fait raisonnables dans une paillotte. Pour 10 dollars, on vous proposera une visite en barque de la forêt inondée

Sihanoukville : Independence Hotel

L’Independence Hotel est un véritable paradis et havre de paix à l’écart de l’agitation de Sihanoukville. Le vaste bâtiment des années 1960 est une réussite architecturale absolue où l’espace et la lumière sont privilégiée (très grande hauteur sous plafond, vitrages immenses), avec une salle à manger en rotonde digne d’un paquebot de grand luxe. 

L’hôtel est situé dans un parc magnifique et possède une superbe plage privée aménagée (où le scooter de mer est interdit pour préserver la tranquillité du lieu). Service hôtelier de première classe, cuisine gastronomique (la marmite de crabes aux nouilles translucides est une merveille, 8 $) avec, souvent, des  barbecues de fruits de mer proposés sur la sublime terrasse en bord de mer (18 $). Chambres à partir de 110 $.

Site web de l’hôtel : http://www.independencehotel.net/

 Ramener un souvenir du Cambodge

Le jade : vous trouverez des bracelets en jade aux couleurs parfois extraordinaires (du rose fluo, du bleu électrique). Il s’agit bien entendu de jade teinté. Ils sont vendus autour de 100 dollars pièce dans certaines boutiques, ce qui est bien trop cher.

Les objets en argent  :  leur teneur en argent est inconnue, mais à quatre dollars la petite boîte en tôle d’argent emboutie, on ne va pas non plus chipoter. Ne conservez pas de denrées alimentaires dans des objets parfois trop gris et trop lourds pour ne pas contenir de plomb.

La soie : la soie de très grande qualité, tissée à la main et quasiment introuvable en France, est chère pour le Cambodge mais vendue à des prix raisonnables pour des Occidentaux. Les grands  foulards en soie  imprimés avec des pigments naturels et vendus à l’Asia Craft Center de Siem Reap sont sublimes (autour de 80 dollars pièce).

On trouve également dans cette boutique tout un artisanat haut de gamme. L’endroit, qui est aussi un lieu de formation aux arts appliqués pour les Cambodgiens, fait partie de “CIE group”. Adresse : 0216, Road to Angkor, Group 4, Mondul 3, Slorkram Commune, Siem Reap District). Voir aussi : http://www.cieworld.com/

Les perles :  à 150 dollars le collier de perles grosses comme des billes, il ne faut pas rêver.  Il s’agit de perles dites shell (poudre de coquillage agglomérée). Les véritables perles peuvent aussi avoir été blanchies artificiellement (un procédé qui  n’est pas spécifique au Cambodge).

Les pierres précieuses : des rubis birmans de 3 carats, splendides et sans impureté, à 250 dollars pièce, cela n’existe pas. Ils s’agit de pierres chauffées et “arrangées” notamment par traitement avec certains liquides chimiques.  

Les antiquités : les objets vendus sur les marchés sont des copies. À acheter en connaissance de cause. L’achat  de véritables antiquités khmères est à proscrire.

Pierrick Moritz

Cet article, publié en exclusivité sur Artwithoutskin, est un travail de rédaction original et non la copie ou la synthèse d’un document existant. Il n’est pas destiné à alimenter sans autorisation des blogs, sites et autres supports d’information, notamment à visée touristique.

Norton Simon Museum : paradis pour l’art

23 avril 2007

photo-344-2.jpgDevenu collectionneur d’art à l’âge de 47 ans (nous sommes en 1954), Norton Simon a constitué en un temps record l’une des plus prestigieuses collections privées de peintures européennes du XIVe au XXe siècles. Cet ensemble exceptionnel rivalise avec ceux des plus grands musées du monde.   

Devant les portes du Norton Simon Museum, la promesse d’une visite époustouflante est donnée avec un ensemble de statues de Rodin (Bourgeois de Calais, Homme marchant, Balzac) et, en commençant la visite par le jardin des sculptures (endroit magnifique où nénuphars et iris fleurissent sur un étang comme à Giverny), avec des bronzes d’Henri Moore, d’Aristide Maillol, Robert Morris, Joan Mason, Jacques Lipchitz et Henri Laurens. Le sentiment premier se confirme dès la première œuvre vue à l’intérieur du musée :  un fabuleux portrait de Patience Escalier par Vincent Van Gogh.

L’homme d’affaires

Né à Portland en 1907, Norton Simon avait un flair certain, qualité probablement doublée d’une sacrée chance. Il fut un homme d’affaires opiniâtre avant de devenir l’un des plus grands collectionneurs du monde.

En 1931, à  l’âge de 26 ans, il rachète une usine d’embouteillage de jus d’orange en faillite pour 7.000 dollars et il fera progresser son chiffre d’affaires de près de 900 % en dix ans.

Cette mirifique évolution lui permet d’acquérir, en 1941, la majorité du capital de la Hunt Brothers Fruit Packing Company, une société de production de conserves de fruits et légumes réalisant un chiffre d’affaires annuel de plus de 100 million de dollars. L’entreprise va alors se spécialiser dans la fabrication de tomates en conserve et plus particulièrement de sauces à base de tomates dont le succès va considérablement accroître la fortune de ses actionnaires.

Le collectionneur

Norton Simon achète sa première œuvre d’art en 1954, à l’âge 47 ans. Il s’agit d’un Renoir acquis auprès d’une galerie américaine pour 16.000 dollars. C’est à partir de ce moment-là que commence sa boulimie pour la peinture. Entre 1954 et 1959, il achète pas moins de 84 tableaux. Il s’en suit un bref répit de deux ans avant que, après s’être dégagé des affaires en restant administrateur de sa société, il décide d’acquérir le stock complet d’une prestigieuse galerie : une réunion de 400 œuvres.

À partir de 1971, et après un voyage en Asie avec sa nouvelle compagne, l’actrice Jennifer Jones, il commence à collectionner des œuvres et objets d’art de l’Inde et du Sud-Est asiatique - il s’agit aujourd’hui de l’une des plus importantes collections du genre hors pays d’origine – sans pour autant renoncer à son amour de la peinture et de la sculpture occidentales.

Une des plus incroyables histoires du marché de l’art

Quelques années plus tard, en 1976, le collectionneur se retrouve au centre de l’une des plus incroyables histoires du marché de l’art. Cette année-là, la Lefevre Gallery de Londres l’informe qu’elle a en sa possession un ensemble de 70 bronzes de Degas. Le fait est d’autant plus incroyable que ces pièces sont des modèles directement créés à partir de cires originales de Degas par la fonderie qui tira toutes les séries suivantes. Le trésor a été découvert dans la cave du propriétaire de la fonderie où il avait été oublié pendant cinquante ans. Norton Simon achète la totalité pour 18,8 millions de dollars.

Grand admirateur de Degas, Norton Simon possédait déjà un tableau de l’artiste de 1884 intitulé Femmes repassant ainsi qu’un pastel, Femme se séchant après le bain (1876-1877). Ces deux œuvres avaient été respectivement acquises en 1959 et 1964.

Des ensembles cohérents

En dehors de l’incroyable qualité des œuvres qui la composent, une des singularités de cette collection privée est de présenter des ensembles cohérents. Pour le cubisme, par exemple, Picasso voisine avec Braque, Gris et Popova. Les œuvres de ces créateurs datent toutes des années 1910. Le prix de l’harmonie revient à l’ensemble de bronzes de Degas où des dizaines de petites danseuses solitaires sont regroupées par mouvements près d’autres sculptures inspirées par les deux autres thèmes de prédilection de Degas : les femmes se lavant et les chevaux avec ou sans cavalier.

Quelques œuvres majeures de la collection de peintures et sculptures occidentales (au rez-de-chaussée du musée) Norton Simon

Botticelli : Madone et Enfant et ange (Vers 1468)

Il s’agit d’une composition inhabituelle dans l’œuvre du peintre. L’architecture est très présente et commande le regard vers un chemin sinueux et l’infini du ciel en excluant presque du champ de vision les personnages aux dimensions pourtant importantes et en premier plan.

Raphaël : Madone et Enfant avec un livre (vers 1502-1503)

Il s’agit d’ une œuvre exceptionnelle acquise en 1972 par Norton Simon auprès de la galerie Wildenstein and Co. Cette transaction fut un tel évènement que l’information fut publiée sur la première page du New York Times et du Los Angeles Times.

Georg Pencz : Femme nue endormie – vanité ?- (1544)

Au-dessus de la couche d’une jeune femme, une niche abrite quatre objets (éteignoir à bougie, bougie à demi consumée, bouteille, lampe à huile). Ces objets font considérer le tableau comme une vanité. La taie de l’oreiller ouverte en premier plan et retenue par un lacet relâché, le fait que la jeune femme couvre son sexe de ses mains et celui que l’éteignoir à bougie ressemble à un ciseau peut évoquer d’autres lectures (perte de la virginité ? avortement ?).

Rembrandt van Rijn : Portrait d’un jeune garçon ( vers 1645-1650) ou un achat compliqué

Acquis en 1969, il s’agit de l’un des achats les plus importants de Norton Simon. Ce tableau est une rareté dans l’Œuvre de l’artiste car il représente le portrait présumé de son fils. Le visage de cet enfant est d’une incroyable luminosité.

Décidé à acquérir ce tableau en vente publique, Simon avait mis au point un code de mouvements qui indiquerait ces enchères au commissaire-priseur. Ce dispositif de précaution était destiné à limiter les enchères et à garder les siennes anonymes.

Quand la présence d’un collectionneur célèbre est connue dans une vente, il vaut mieux qu’il n’enchérisse pas oralement pour ne pas faire monter outre mesure le prix de la pièce qu’il convoite. Le vendeur de la pièce, par exemple, peut commissionner un tiers pour faire monter les prix. Ce manège est dangereux car le vendeur qui cherche à gonfler l’enchère finale peut se retrouver à devoir acheter ce qu’il a mis en vente.

Pour l’acquisition du Rembrandt par Norton Simon,  il y eut une confusion au moment du coup de marteau final et l’œuvre fut adjugée à un autre. Simon réussit à obtenir que l’œuvre soit remise en vente et il en devint finalement le propriétaire.

Paul Gauguin : Femme et jeune garçon tahitiens (1899).

Il s’agit d’une œuvre acquise en 1965. David Nash, directeur du département international d’art impressionniste et moderne chez Sotheby’s a raconté dans un entretien comment Norton Simon a acheté cette œuvre. Il savait qu’un autre collectionneur la voulait et comme la couche de crasse qui gâchait le tableau rendait sa qualité incertaine, il le laissa l’acheter. Une fois nettoyée, il s’avéra que la toile était magnifique. Norton Simon réussit à la racheter à ce premier acquéreur.

Une pièce surprenante dans cette collection

Un exceptionnel buffet sculpté de scènes bretonnes par Émile Bernard (vers 1891-1893).

Quelques autres artistes présents dans la collection de peintures et sculptures occidentales

Steen, der Haydens, Maes, Cranach fils, Rubens, Bellini, Murillo, de Largillière, La Tour, Vernet, Fragonard, Guardi, Goya , Canaletto, Ingres, Rousseau, Daumier, Lautrec, Cézanne, Morizet, Sisley, Pissarro, Monet, Manet, Courbet, Vuillard, Lacombe, Corot, Modigliani, Soutine, Kokoschka, Matisse, Kirchner, Klee, Diebernkorn, Francis.

Et aussi

Un ensemble de trois marbres de l’école de Pise (vers 1350-1400) ; compositions religieuses italiennes (XIVe-XVIe siècles), tempera et feuilles d’or sur panneau, dont une Madone de Giovanni di Paolo ; grand polyptyque de Guariento di Arpo Couronnement de la Vierge (1344), tempera et feuille d’or.

La collection d’œuvres  d’Asie méridoniale (au sous-sol du musée)

Elle est principalement composée de sculptures ou éléments d’architecture sculptés en schiste, tuf, granit, marbre ou grès, originaires de l’Inde dont le Rajasthan, du Tibet, du Népal, du Sri Lanka du Cambodge et de Thaïlande.

On y retrouve le panthéon bouddhique avec des représentations de Bouddha, Ganesh, Chamunda, Vishnu, Kumaraou Kubera. Les pièces les plus anciennes sont datées entre 1000 avant JC et 200 après (il s’agit de trois superbes poteries dite “red-on-buff”, Thaïlande, Ban Chiang).

On peut  également admirer des reliquaires en bronze du Sri Lanka et de Thaïlande (XIIe-XIVe siècles), des objets votifs du Tibet, un remarquable ensemble de bronzes sculptés de procession (Sri Lanka, IXe-XVIIIe siècles), des miniatures indiennes des XVIIIe et XIXe siècles, une sculpture dite “Hari-Hara” du Cambodge (VIIIe siècle), des plaques d’or repoussées (Thaïlande, VIIe-VIIIe siècles).

Un petit jardin jouxtant ces salles abrite principalement des sculptures en granit originaire de l’Inde (IXe/XVIIe siècles).

Norton Simon (1907-1993) et Jean-Paul Getty (1892-1976)

On oppose souvent à tort ces deux grands collectionneurs car la démarche de chacun était très différente. Simon reconstituait un panorama de la peinture occidentale du XIVème au XXème siècles et choisissait des artistes plus que reconnus pour alimenter sa collection. Celle de Getty s’inscrit plus dans une recherche, une exploration. Simon et Getty ont parfois réuni leurs ressources pour acquérir des œuvres.

Jennifer Jones

Actrice américaine et deuxième femme de Norton Simon (mariage en 1971). Sous contrat avec le producteur David O. Selznick, Jennifer Jones remporta l’Oscar de la meilleur actrice en 1944 pour son interprétation dans Le Chant de Bernadette. Elle sera aussi nommée aux Oscars pour son rôle dans le flamboyant Duel au soleil (1946) dont la scène finale est digne d’une tragédie grecque.

Conseil pour le passionné

Le conseil pour le passionné d’art est de se rendre au Norton Simon Museum accompagné de personnes aussi intéressées que lui, ou alors seul : l’endroit fait partie de ces lieux d’exposition merveilleux d’où l’on arrive plus à sortir.

Pierrick Moritz

Norton Simon Museum. 411 West Colorado Boulevard. Pasadena. Californie. Ouvert du mercredi au lundi de 12 heures à 18 heures et le vendredi de 12 heures à 21 heures. Musée fermé pour le Rose Parade Day, Thanksgiving et Noël. Site : http://www.nortonsimon.org/

Source : informations relevées au musée Norton Simon and The Art Of Negociation, The Building of the Norton Simon Collections, brochure éditée par la Norton Simon Art Foundation. La grande majorité de ces informations sont traduites, adaptées, synthétisées et mises en perspective par l’auteur.


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