Archive pour la catégorie ‘Cinéma’

Centenaire du naufrage du Titanic : ventes aux enchères et produits inspirés du paquebot

13 janvier 2012

2012 est l’année du centenaire du naufrage du Titanic, paquebot mythique coulé par un choc avec un iceberg au large de la Nouvelle-Écosse au cours de son voyage inaugural vers New York, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. Actualité des ventes aux enchères et mise en avant de produits et créations inspirés du paquebot marquent cet évènement.

Si, entre une tête de rivet payée 504 livres, des clés des toilettes de première classe parties à 43.000 livres et un plan en coupe à 220.200 livres, on trouve régulièrement des souvenirs du Titanic dans les ventes aux enchères internationales, le centenaire du naufrage le plus célèbre du monde engendre une actualité plus fournie dans ce domaine, notamment avec la mise sur le marché d’une exceptionnelle collection de plus 5.000 objets collectés sur le site de l’épave.

Les produits et créations inspirés de l’histoire du Titanic sont également mis en avant en 2012, comme un  livre de recettes du dernier dîner en première classe (prévoir homard et caviar frais), une édition commémorative du service à vaisselle du restaurant “à la carte” et la sortie en 3-D du Titanic de James Cameron, le 4 avril dans les salles de cinéma françaises.

Plus de 5.000 objets récupérés sur le site du naufrage

Quand les objets en rapport avec le Titanic habituellement proposés à la vente ont été sauvés du naufrage par des passagers ou n’ont jamais été présents à bord, les quelque 5.000 reliques de la vacation du 11 avril à New York par l’opérateur Guernesey sont exceptionnelles car directement collectées sur le site de l’épave par RMS Titanic, Inc. Cette entreprise a mené de manière exclusive les missions de recherche et de récupération sous-marines depuis la localisation du Titanic en 1985.

Il s’agit notamment d’effets personnels de passagers, comme une épingle à cheveux, une paire de lunettes ou un sac en maille, un gilet en laine retrouvé dans une valise et un bracelet, de vaisselle, d’art décoratif comme ce chérubin en bronze, porte-torchère qui ornait la rampe du grand escalier, et d’éléments de construction du navire.

Ces vestiges ont été prélevés au cours de sept campagnes de fouilles sous-marines organisées pendant 25 ans. Le lot comprend également les droits des vidéos des plongées, des images 3-D du navire, et la carte de la première enquête complète et unique réalisée sur le site de l’épave.

Clauses restrictives

Cette collection est proposée aux enchères en un seul lot estimé 189 millions de dollars. Son acquisition est subordonnée à certaines clauses restrictives comme l’entretien des objets et leur exposition publique.

L’acheteur aura également la possibilité d’assumer un rôle “d’intendant” du Titanic, avec la mission de protéger et de préserver le site du naufrage pour les générations futures. Une partie des bénéfices de la vente sera consacrée à un fonds de dotation pour la conservation des futurs objets collectés.

220.000 livres pour une coupe en largeur du paquebot

Le prix le plus élevé obtenu en vente publique pour un souvenir du Titanic a été enregistré l’année dernière chez l’opérateur britannique Henry Aldridge & Son, avec 220.000 livres engagées sur un plan d’époque montrant une coupe en largeur du paquebot. Dans la même vacation, un ensemble de deux clefs des toilettes de première classe a été payé 43.000 livres.

Henry Aldridge & Son, qui a régulièrement proposé des souvenirs du Titanic ces dernières années, a annoncé la présence de souvenirs provenant du paquebot mythique dans une vacation sur le thème de la marine proposée le 31 mars prochain. On y trouvera notamment un menu de première classe pour le déjeuner du 14 avril 1912 et un trousseau de clés de magasinier.

60.000 livres pour un gilet de sauvetage

Parmi d’autres reliques rattachées au Titanic et vues en vente publique ces dernières années, un ensemble de 8 télégrammes envoyés entre le 15 et le 18 avril 1912 par Bruce Ismay, directeur général de la White Star Line, à leur bureau de New York et au sujet du naufrage a été payé 86.500 dollars chez Sotheby’s New York en décembre dernier. En mai 2007, Christie’s Londres vendait le filet de sauvetage d’une rescapée (et dédicacé par d’autres passagers) pour 60.000 livres ; une tête de rivet du paquebot du même catalogue portant l’inscription R.M.S. Titanic était payée 504 livres dans la même vacation.

Cameron et Last Dinner on the Titanic

2012, année du centenaire du naufrage du Titanic, voit aussi la mise en avant de produits et créations inspirés de son histoire. James Cameron en profite pour une sortie, le 4 avril en France, de son célèbre film en version 3-D. Côté cuisine, on retrouve Last Dinner on the Titanic (sorti en 1997), un manuel proposant de recréer l’atmosphère du dernier dîner de première classe avec le menu historique, une superproduction - naufrage non compris - où homard Thermidor et œufs de caille en gelée au caviar ouvrent la marche.

La Titanic, une célèbre bière québécoise. L’acool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération  

1 dollar pour un fac-similé de billet de première classe

On peut aussi se procurer une édition  spéciale “100 ème anniversaire” du service à vaisselle du restaurant “à la carte” du Titanic (120 dollars l’assiette plate), fabriquée par la faïencerie anglaise d’origine, et même la musique jouée à bord (18,95 dollars le CD). Les moins fortunés trouveront leur bonheur dans le choix d’élements d’un kit Titanic Dinner Party. Icicomptez 1 dollar pour un fac-similé de billet de première classe.    

Tee-shirt humoristique dans une vitrine nord-américaine

“Authentique poudre de charbon du Titanic

Croisière sur les lieux du naufrage ou traversée de l’Atlantique en version luxe ou “charter” suivant l’itinéraire du paquebot (jusqu’à New York et si tout se passe bien vu le trafic en perspective), maquettes, pièces et autres médailles commémoratives, dont une recouverte de poudre de charbon certifiée comme provenant du Titanic, font également partie du programme marchand du centenaire du naufrage du paquebot.

Pierrick Moritz

“Pieds nus sur les limaces”, merveille cinématographique

8 janvier 2012

Pieds nus sur les limaces, long-métrage de Fabienne Berthaud sorti en 2010 et actuellement diffusé sur Canal+, est une merveilleuse réussite, notamment servie par des acteurs impeccables.

Avec force et fraîcheur, jamais dans la  démonstration, la réalisatrice maîtrise de bout en bout une brillante variation sur un thème original et infiniment casse-gueule, celui de l’être “déséquilibré” sur lequel repose l’équilibre de ceux qui l’entourent.

Ludivine Sagnier campe Lily, jeune fille désignée comme “psychotique de service” en raison de frasques régressives qui dévorent l’existence de son entourage, et en premier lieu de sa sœur (Diane Kruger).

Cette dernière est mariée à un avocat tout-à-fait-dans-le-moule-du-trentenaire-brillant (Denis Menochet).

Mais l’aînée ne trouve-t-elle pas son compte dans cette oppression permanente qui remplit ses pensées et pompe son énergie ?

Lily a compris. Lily voit ce que les autres ne peuvent pas voir. Lily agit comme un révélateur. Lily transcende le malheur à travers la création, le plus souvent avec des matériaux de récupération pas vraiment anodins.

Lily est bien la seule à savoir ce qu’elle veut et là où elle se trouve. Lily est capable de montrer la possibilité d’un vrai chemin.

PM

Pieds nus sur les limaces, un film de Fabienne Berthaud adapté de son roman. Sorti en 2010. Avec  Diane Kruger, Ludivine Sagnier, Denis Menochet, Brigitte Catillon, Jacques Spiesser, Anne Benoît, Jean-Pierre Martins, Gaëtan Gallier. Diffusé en janvier 2012 sur Canal+.

Comme d’habitude, on peut regretter le turn over étourdissant des films dans les salles de cinéma qui empêche souvent de découvrir de telles réussites au moment de leur sortie. On ne peut pas tout aller voir tout de suite.

“Conversations avec James Gray” : un grand livre sur le cinéma à travers un grand réalisateur

31 décembre 2011

Conversations avec James Gray est édité par David Frenkel/Cynecdoche et mené par Jordan Mintzer, critique de cinéma pour The Hollywood Reporter et producteur. Comme James Gray, l’auteur est originaire du Queens, quartier populaire de New York City qui marque l’Œuvre du réalisateur.

En un court-métrage (Cowboys and Angels) et quatre films (Little Odessa, The Yards, We Own the Night et Two Lovers) nés entre 1991 et 2008, James Gray et son univers original et puissant se sont imposés comme créateur et création majeurs du cinéma mondial.

Cette somme passionnante et accessible explore l’Œuvre de Gray à travers une série de longs entretiens exclusifs avec lui, et d’autres avec quelques uns de ses collaborateurs majeurs (acteurs, producteurs, scénariste, chef décorateur,…), des témoignages qui intéresseront aussi bien les fans du cinéaste culte que tout ceux qui sont à la recherche d’une référence pédagogique sur les métiers du cinéma.

Au fil d’une mise en page soignée, de nombreux documents, comme des photographies personnelles et de tournage, des extraits de scénarios et de story-boards, viennent rythmer le texte bilingue (français/anglais).

Par ses dimensions de vitalité, d’humanité et d’intimité, cet ouvrage m’a rappelé Les Maîtres de l’art contemporain d’Alexander Liberman (Arthaud, 1961), l’un des meilleurs livres sur les peintres et les artistes en général. Ces Conversations avec James Gray trouveront leur place dans votre bibliothèque serrées contre le Hitchcock/Truffaut (Gallimard).

Conversations avec James Gray de Jordan Mintzer, préface de Jean Douchet, introduction de Francis Ford Coppola. Édition bilingue français/anglais, “beau livre” relié avec couverture entoilée (21 cm x 28 cm), 240 pages, environ 300 documents reproduits en plus du texte, édité par Synecdoche. 49 euros.

Pierrick Moritz

Quand Malcolm Forbes offrait des bijoux en papier à Elizabeth Taylor

15 décembre 2011

Un ensemble en papier découpé et imprimé des photographies d’une parure de haute joaillerie, cadeau de Malcolm Forbes à Elizabeth Taylor, a été payé 6.875 dollars, hier chez Christie’s New York, lors d’une des vacations consacrées aux bijoux de l’actrice.

Contenue dans un écrin, la plaisanterie était estimée 200/300 dollars.

À l’allure où vont les choses, on peut se demander si le marché de l’art ne finira par transformer ce leurre en œuvre d’art conceptuel à plusieurs millions de dollars.

Peut-être la meilleure affaire de la vente des bijoux d’Elizabeth Taylor.

Pierrick Moritz

Vent de passion sur les bijoux d’Elizabeth Taylor chez Christie’s New York

14 décembre 2011

Hier soir, chez Christie’s New York, la première des deux ventes des bijoux d’Elizabeth Taylor, celle-ci consacrée aux pièces les plus importantes de son écrin, a généré la somme record de quelque 116 millions de dollars en 80 lots.Tous les bijoux ont été vendus et à des prix toujours très supérieurs aux estimations.

L’enchère la plus élevée, 11,84 millions de dollars, est allée au collier portant la légendaire Pérégrina, une perle blanche en forme de poire pesant 202,24 grains ou 50,56 carats. Estimée 2/3 millions de dollars, cette perle connue depuis le XVIe siècle a notamment fait partie de l’écrin royal de la cour d’Espagne depuis Philippe II – et fut en possession de Marie 1ère d’Angleterre, sa seconde épouse à laquelle il l’avait offerte – avant de tomber dans l’escarcelle des Bonaparte au XIXe siècle. Elizabeth Taylor l’avait acquise en 1969 et, quelques années plus tard, fait monter en pendant d’un riche collier de rubis, diamants et autres perles, dessiné par elle-même et Cartier. La perle peut être portée seule, en broche.

Marie 1ère d’Angleterre portant la Pérégrina sur le détail d’une huile sur panneau peinte en 1554 par Anthonis Mor, Musée du Prado, Madrid. Source photo : Wikimedia Commons 

Le Taj Mahal, un pendentif en jade au dos émaillé et serti de pierres rouges et de diamants, encadrant un diamant plus important en forme de cœur gravé d’une inscription en arabe, daté 1037 (1627-1628) du calendrier arabe, et tenu par un collier en or, jade et rubis à l’imitation d’une cordelette, dessiné par l’actrice et Cartier, a été payé 8,81 millions de dollars sur une estimation de 300.000/500.000. Ce pendentif avait été offert à Elizabeth Taylor par Richard Burton en 1972, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’actrice. Un autre cadeau de Burton, le diamant de 33,9 carats monté en bague et qui porte le nom de l’actrice, a été échangé contre la même somme sur une estimation de 2,5/3,5 millions de dollars.

Les pièces les moins chères du catalogue ont également été enlevées à des prix ahurissants, celles estimées autour de 10.000 dollars multipliant souvent par 10 leur estimation. Un papillon d’époque art nouveau par Boucheron, les ailes recouvertes d’émail plique-à-jour, serti de gemmes dont une aigue-marine, à l’origine un élément de peigne monté en broche, a été payé 122.500 dollars sur une estimation de 10.000/15.000.

De Bvlgari, un bracelet en or portant une succession de drapeaux émaillés a été échangé contre 116.500 dollars quand 8.000 à 12.000 en étaient attendus.

Une partie des bénéfices des ventes des souvenirs d’Elizabeth Taylor, qui font l’objet de 5 ventes  pour ses bijoux et sa garde-robe de femme et d’actrice chez Christie’s New York ce mois-ci, dont une d’enchères en ligne jusqu’au 17 décembre sur le site de la maison de vente, est destinée à sa fondation de lutte contre le SIDA créée en 1991.

Les bénéfices de la vente d’un coffret comprenant le livre Mon histoire d’amour avec les bijoux et le catalogue de la vente d’hier soir (600$) seront également reversée à cette œuvre.

http://www.elizabethtayloraidsfoundation.org/

Pierrick Moritz

L’oscar d’Orson Welles pour “Citizen Kane” à nouveau mis aux enchères

13 décembre 2011

Invendu chez Sotheby’s en 2007 (la maison de vente en attendait  autour d’un million de dollars), l’oscar venu récompenser Orson Welles et Herman J. Mankiewicz en 1941 pour le scénario de Citizen Kane est actuellement mis à  l’encan sur le site internet de Nate D. Sanders Auctions, avec des enchères montées jusqu’à  78.890 dollars pour le moment.

Pour en savoir plus sur les péripéties de cette statuette lire : http://artwithoutskin.com/2007/10/26/loscar-dorson-welles-suite-des-tribulations-a-new-york-en-decembre/