Archive pour la catégorie ‘Cinéma’

“Conversations avec James Gray” : un grand livre sur le cinéma à travers un grand réalisateur

31 décembre 2011

Conversations avec James Gray est édité par David Frenkel/Cynecdoche et mené par Jordan Mintzer, critique de cinéma pour The Hollywood Reporter et producteur. Comme James Gray, l’auteur est originaire du Queens, quartier populaire de New York City qui marque l’Œuvre du réalisateur.

En un court-métrage (Cowboys and Angels) et quatre films (Little Odessa, The Yards, We Own the Night et Two Lovers) nés entre 1991 et 2008, James Gray et son univers original et puissant se sont imposés comme créateur et création majeurs du cinéma mondial.

Cette somme passionnante et accessible explore l’Œuvre de Gray à travers une série de longs entretiens exclusifs avec lui, et d’autres avec quelques uns de ses collaborateurs majeurs (acteurs, producteurs, scénariste, chef décorateur,…), des témoignages qui intéresseront aussi bien les fans du cinéaste culte que tout ceux qui sont à la recherche d’une référence pédagogique sur les métiers du cinéma.

Au fil d’une mise en page soignée, de nombreux documents, comme des photographies personnelles et de tournage, des extraits de scénarios et de story-boards, viennent rythmer le texte bilingue (français/anglais).

Par ses dimensions de vitalité, d’humanité et d’intimité, cet ouvrage m’a rappelé Les Maîtres de l’art contemporain d’Alexander Liberman (Arthaud, 1961), l’un des meilleurs livres sur les peintres et les artistes en général. Ces Conversations avec James Gray trouveront leur place dans votre bibliothèque serrées contre le Hitchcock/Truffaut (Gallimard).

Conversations avec James Gray de Jordan Mintzer, préface de Jean Douchet, introduction de Francis Ford Coppola. Édition bilingue français/anglais, “beau livre” relié avec couverture entoilée (21 cm x 28 cm), 240 pages, environ 300 documents reproduits en plus du texte, édité par Synecdoche. 49 euros.

Pierrick Moritz

Quand Malcolm Forbes offrait des bijoux en papier à Elizabeth Taylor

15 décembre 2011

Un ensemble en papier découpé et imprimé des photographies d’une parure de haute joaillerie, cadeau de Malcolm Forbes à Elizabeth Taylor, a été payé 6.875 dollars, hier chez Christie’s New York, lors d’une des vacations consacrées aux bijoux de l’actrice.

Contenue dans un écrin, la plaisanterie était estimée 200/300 dollars.

À l’allure où vont les choses, on peut se demander si le marché de l’art ne finira par transformer ce leurre en œuvre d’art conceptuel à plusieurs millions de dollars.

Peut-être la meilleure affaire de la vente des bijoux d’Elizabeth Taylor.

Pierrick Moritz

Vent de passion sur les bijoux d’Elizabeth Taylor chez Christie’s New York

14 décembre 2011

Hier soir, chez Christie’s New York, la première des deux ventes des bijoux d’Elizabeth Taylor, celle-ci consacrée aux pièces les plus importantes de son écrin, a généré la somme record de quelque 116 millions de dollars en 80 lots.Tous les bijoux ont été vendus et à des prix toujours très supérieurs aux estimations.

L’enchère la plus élevée, 11,84 millions de dollars, est allée au collier portant la légendaire Pérégrina, une perle blanche en forme de poire pesant 202,24 grains ou 50,56 carats. Estimée 2/3 millions de dollars, cette perle connue depuis le XVIe siècle a notamment fait partie de l’écrin royal de la cour d’Espagne depuis Philippe II – et fut en possession de Marie 1ère d’Angleterre, sa seconde épouse à laquelle il l’avait offerte – avant de tomber dans l’escarcelle des Bonaparte au XIXe siècle. Elizabeth Taylor l’avait acquise en 1969 et, quelques années plus tard, fait monter en pendant d’un riche collier de rubis, diamants et autres perles, dessiné par elle-même et Cartier. La perle peut être portée seule, en broche.

Marie 1ère d’Angleterre portant la Pérégrina sur le détail d’une huile sur panneau peinte en 1554 par Anthonis Mor, Musée du Prado, Madrid. Source photo : Wikimedia Commons 

Le Taj Mahal, un pendentif en jade au dos émaillé et serti de pierres rouges et de diamants, encadrant un diamant plus important en forme de cœur gravé d’une inscription en arabe, daté 1037 (1627-1628) du calendrier arabe, et tenu par un collier en or, jade et rubis à l’imitation d’une cordelette, dessiné par l’actrice et Cartier, a été payé 8,81 millions de dollars sur une estimation de 300.000/500.000. Ce pendentif avait été offert à Elizabeth Taylor par Richard Burton en 1972, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’actrice. Un autre cadeau de Burton, le diamant de 33,9 carats monté en bague et qui porte le nom de l’actrice, a été échangé contre la même somme sur une estimation de 2,5/3,5 millions de dollars.

Les pièces les moins chères du catalogue ont également été enlevées à des prix ahurissants, celles estimées autour de 10.000 dollars multipliant souvent par 10 leur estimation. Un papillon d’époque art nouveau par Boucheron, les ailes recouvertes d’émail plique-à-jour, serti de gemmes dont une aigue-marine, à l’origine un élément de peigne monté en broche, a été payé 122.500 dollars sur une estimation de 10.000/15.000.

De Bvlgari, un bracelet en or portant une succession de drapeaux émaillés a été échangé contre 116.500 dollars quand 8.000 à 12.000 en étaient attendus.

Une partie des bénéfices des ventes des souvenirs d’Elizabeth Taylor, qui font l’objet de 5 ventes  pour ses bijoux et sa garde-robe de femme et d’actrice chez Christie’s New York ce mois-ci, dont une d’enchères en ligne jusqu’au 17 décembre sur le site de la maison de vente, est destinée à sa fondation de lutte contre le SIDA créée en 1991.

Les bénéfices de la vente d’un coffret comprenant le livre Mon histoire d’amour avec les bijoux et le catalogue de la vente d’hier soir (600$) seront également reversée à cette œuvre.

http://www.elizabethtayloraidsfoundation.org/

Pierrick Moritz

L’oscar d’Orson Welles pour “Citizen Kane” à nouveau mis aux enchères

13 décembre 2011

Invendu chez Sotheby’s en 2007 (la maison de vente en attendait  autour d’un million de dollars), l’oscar venu récompenser Orson Welles et Herman J. Mankiewicz en 1941 pour le scénario de Citizen Kane est actuellement mis à  l’encan sur le site internet de Nate D. Sanders Auctions, avec des enchères montées jusqu’à  78.890 dollars pour le moment.

Pour en savoir plus sur les péripéties de cette statuette lire : http://artwithoutskin.com/2007/10/26/loscar-dorson-welles-suite-des-tribulations-a-new-york-en-decembre/

“The Tree of Life” : Terrence Malick et son ode au sacré/ Le sacré dans l’art

31 mai 2011

Le sacré dans l’art

The Tree of Life, le dernier film de Terence Malick récompensé par la palme d’or à Cannes, est une œuvre d’art où passé, présent et avenir s’écrivent à la verticale.

Les références bibliques y sont une clef. Le film porte de bout en bout le sceau du sacré inscrit dans l’âme humaine depuis la nuit des temps, bien avant l’écriture des textes fondateurs et l’apparition des messies historiques.

The Tree of Life n’est pas film évangéliste, il ouvre sur la porte du sacré, ce “numineux” décrit par le théologien Rudolf Otto (la culture jungienne imprègne donc le film). Il s’agit notamment des capacités à l’émerveillement, à la transcendance, à l’extase et à la contemplation dont est doué le genre humain.

L’être humain possède l’instinct du sacré indépendamment des religions où cette faculté a notamment été utilisée pour asseoir des pouvoirs de contrôle destinés à dissoudre une multitude d’individus en en seul, une unité contrôlable par le nivellement de la conscience par la doctrine.

Des représentations propitiatoires magistrales de l’art rupestre aux créations contemporaines les plus bouleversantes en passant par celles d’un certain moyen-âge, où seul le sujet religieux était admis mais où des artistes ont transcendé, le sacré est depuis toujours l’empreinte des grands chefs-d’œuvre visuels de l’humanité.

Il s’agit encore de troublantes apparitions fantomatiques dans Les Noces de Pierrette de Pablo Picasso, du bouleversement total devant Les Amandiers de van Gogh, de l’état contemplatif dans lequel nous plonge la peinture chinoise ancestrale, de la stupéfaction devant certaines Extases de la peinture ancienne, de l’humanité à fleur de peau des œuvres de Francis Bacon.

D’autres artistes, peut-être conscients de leur incapacité à atteindre le sacré, l’ont suggéré : Warhol et l’icône dans une dénonication de la célébrité, Hirst et son Veau d’or et autres For the love of god pour une démarche beaucoup plus mystificatrice, au même titre que l’art pompier du XIXe siècle qui demeure dans l’imitation du sacré.

Pierrick Moritz

99.400 euros pour une bague de Gloria Swanson vendue à Paris

31 mai 2011

Une bague ornée d’un diamant de 5,10 carats et ayant appartenue à la star hollywoodienne Gloria Swanson (1899-1983) a été vendue 99.400 euros la semaine dernière par Christie’s Paris.

Le bijou était estimé 70.000/100.000 euros.

La carrière de la star du cinéma muet aux cachets mirobolants – la mieux payée d’Hollywood à l’époque et qui tourna notamment avec Rudolph Valentino - déclina au milieu des années 1930 avant de connaître un coup d’éclat avec Sunset Boulevard de Billy Wilder en 1950.

Gloria Swanson y incarne une ancienne vedette du cinéma muet qui rêve de renouer avec la gloire en enfermant un jeune scénariste dans sa folie.

Pierrick Moritz

À propos du Festival de Cannes et des droits de l’homme

19 mai 2011

L’évènement du Festival de Cannes 2011  pourrait être la venue de Mohammad Rasoulof dont, selon une dépêche Reuters du 17 mai, l’interdiction de quitter le territoire iranien a été levée.

Son film Au revoir ou l’histoire d’une femme qui cherche à quitter l’Iran, réalisé clandestinement, a été présenté hors compétition.

Le cinéaste iranien avait également été condamné à l’emprisonnement pour avoir travaillé avec Jafar Panahi dont le crime est d’avoir réalisé un film qui déplaît aux autorités.

Jafar Panahi demeure sous le coup de ces condamnations.

Même si Hong Kong  est une région administrative spéciale de la Chine, on aimerait connaître l’avis des membres du jury Nansun Shi  et Johnnie To sur la situation des droits de l’homme dans ce pays, et notamment sur la récente vague d’arrestations d’artistes et d’intellectuels comme Ai Weiwei.

Du fait de leur fonction au sein du festival, ils demeurent pour le moment astreints au silence.

Pierrick Moritz

Articles en rapport :

http://artwithoutskin.com/2010/12/21/le-marche-de-lart-attenue-sensiblement-le-deficit-dimage-culturelle-de-la-chine-2010/

http://artwithoutskin.com/2010/12/29/raffi-pitts-la-lettre-ouverte-a-ahmadinejad-pour-jafar-panahi-et-mohammad-rasoulof/