Archive pour la catégorie ‘Francis Bacon’

248 millions de dollars pour l’art contemporain chez Christie’s New York. À quand une taxe “sociale” sur les transactions du marché de l’art ?

9 novembre 2011

Devant des enchères indécentes dans un climat économique et social difficile, à quand une taxe “sociale” sur les transactions du marché de l’art ?

Après le fiasco de sa vente d’art moderne de la semaine dernière, Christie’s redore son blason avec quelque 248 millions de dollars d’art contemporain vendus ce soir en deux vacations dont la plus importante a rapporté quelque 221 millions, soit à peu près en conformité avec l’estimation basse du catalogue.

L’opérateur a notamment réussi à vendre une toile de Roy Lichtenstein pour 43 millions de dollars et, dans un climat enclin à une grande volatilité, admis quelques concessions sur les estimations basses de certaines œuvres très chères.

Les 43 millions de dollars payés pour Roy Lichtenstein, soit une plus-value de 41 millions de dollars en un peu plus de 20 ans pour le vendeur, conforte le bien-fondé de l’instauration d’une taxe “sociale” sur les transactions effectives du marché de l’art et même si le cas est ici extrême.

Si, en France, l’intégration des œuvres et des objets d’art dans  l’ISF est quasiment impossible à mettre à œuvre (valeur volative et relative. Autodéclaratif invérifiable. Des personnes de bonne foi ignorent qu’elles possèdent un “trésor” chez elle,…), une taxe à vocation sociale sur les transactions effectives du marché de l’art pourrait finir par s’imposer devant ces chiffres indécents surgissant dans un contexte économique et social très difficile.

Sur les 65 lots présentés dans cette première vacation, l’opérateur en a vendu 57 et pour un chiffre d’affaires de 220,8 millions de dollars avec les frais quand les estimations tablaient sur quelque 225/300 millions sans les frais.

Avec une estimation de 35/45 millions de dollars, un Can See the Whole Room!…and There’s Nobody in It, une toile emblématique de Roy Lichtenstein datée de 1961, revenait sur le marché de l’art 40 fois plus cher que lors de la dernière transaction dont elle a fait l’objet, en 1988

Ce tableau carré (121,9 cm x 121,9 cm) a été payé 43,2 millions de dollars. Le vendeur l’avait acheté 2,09 millions de dollars en 1988. À l’époque, il était estimé   800.000/1,2 million de dollars. Il s’agit du plus haut prix relevé en vente publique pour une œuvre de Lichtenstein.

Du même artiste, Interior with Painting and Still Life, une grande toile de 1997 estimée 3/4 millions, a été payée 4,5 millions et Still Life with Sculpture,  une huile et magna sur toile peinte en 1974 et estimée 4,5/6,5 millions de dollars, n’a pas trouvé preneur.

Parmi les œuvres les plus chères du catalogue, les estimations basse données sans les frais (12 %) d’un White Cloud de Mark Rothko et d’une Silver Liz d’Andy Warhol ont été revues à la baisse.

White Cloud de Mark Rothko, une huile sur toile de 1956 sur fond orange (168,9 x 159,7 cm) estimée 18/25 millions de dollars a été payée 18, 5 millions avec les frais. Il s’agit d’une réduction de quelque 1,5 million de dollars.

Une Silver Liz d’Andy Warhol, réalisée en 1963, 101,6 cm x 101,6 cm, acrylique, encre sérigraphique et émail vaporisé sur toile, estimée 16/19 millions de dollars, a été payée 16,32 millions avec les frais. La remise est du même ordre que pour l’œuvre précédente.

Les acheteurs de Warhol ne se sont visiblement pas émus de la dissolution du conseil d’authentification de la Fondation Andy Warhol en 2012 (excellent article sur le sujet à lire sur le site et dans l’édition papier du Art Newspaper), puisque, sur la base d’une estimation de 7/10 millions de dollars, un Four Campbell’s Soup Cans, crayon et caséine sur toile, 51 cm x 41 cm, peint en 1962, a été payé 9,82 millions de dollars.

Pour d’autres estimations importantes revues à la baisse, on trouve un sans titre (Lexington, Virginia) de Cy Twombly, réalisé en 1959 à la peinture à l’huile domestique, crayons à papier et de couleur sur toile, 188,6 cm x 248, 9 cm, estimé 5/7 millions sans les frais (12 %) et payé 5,23 millions avec ces frais.

Avec les mêmes conditions, un Catharsis de Jean-Michel Basquiat, une toile (183 cm x 235, 6 cm) de 1983, estimé 4/6 millions, a été payé 4,33 millions.

Les invendus les plus chers de la vacation sont une Frau Niepenberg peinte à l’huile sur toile par Gerhard Richter en 1965 (140 cm x 100 cm) et estimée 7/10 millions de dollars. Un Study of a Man Talking, une huile sur toile (198 cm x 147,3 cm) de Francis Bacon peinte en 1981 et estimée 12/18 millions et  Flowers, Mary’s Table de  Willem de Kooning, une huile sur toile de 1971 (203,2 cm x 177,8 cm), estimée 8/12 millions.

Du même de Kooning, et pour une estimation de 7/9 millions sans les frais, un Untitled XI peint en 1975-1976 à l’huile sur toile (153 cm x 137,2 cm), a été payé 7, 36 millions avec les frais. C’est-à-dire qu’il a été cédé sous son estimation basse.

Une Spider de la grande Louise Bourgeois, un bronze monumental (337,8 cm x 668 cm x 632,5 cm),  réalisé en 1996, numéro 2 d’une édition de 6, a été payé 10,72 millions de dollars sur une estimation de 4/6 millions. Chacun assorti de  la même estimation que le lot précédent, deux mobiles d’Alexander Calder ont été respectivement payés 4,56 millions (œuvre de 1946) et 4, 78 millions (œuvre de 1961).

Baroque Egg with Bow (Orange/Magenta) de Jeff Koons, soit un œuf de Pâques, dans son papier métallique et enrubanné, surdimensionné (212,1 cm x 196,9 cm x 152,4 cm), en acier chromé avec revêtement de couleur transparente, un des exemplaires d’une série de 5, chacun d’une couleur différente, a été payé 6,24 millions de dollars. Il était estimé 5,5/6,5 millions de dollars.

En mai 2009, l’exemplaire turquoise de cette série avait été payé 5,45 millions de dollars, soit bien en dessous d’une estimation de 6/8 millions de dollars.

Autre bonne nouvelle pour la cote de Koons, une installation de 2 ballons de basket semblant flotter dans un aquarium monté sur une table, réalisé en 1985, numéro 2 d’une édition de deux, a été payée 4,22 millions de dollars sur la base d’une estimation 2/3 millions.

Damien Hirst pourra aussi se réjouir qu’un de ses énièmes tableaux à points colorés ait été refourgué pour 1, 2 million de dollars.

Cette vacation était précédée, toujours pour l’art contemporain, par la dispersion de 26 lots provenant d’une collection privée (Peter Norton).  Cette vente a rapporté 26,78 millions de dollars.

Le lot le plus important, un DOB in the Strange Forest (Blue DOB), soit une créature parmi des champignons, le tout en trois dimensions, du très régressif Takashi Murakami, a été payé 4,56 millions de dollars sur une estimation de 2,5/ 3,5 millions. Bon.

Pierrick Moritz

Un portrait de Francis Bacon de 1953 mis sur le marché

25 mai 2011

Le 28 juin, Christie’s Londres livrera aux enchères un très important tableau de Francis Bacon peint en 1953, un Study for a Portrait.

Il s’agit de la dernière réalisation de l’artiste dans l’atelier du Royal College of Art où il créa des chefs-d’œuvre comme la série définitive des Papes ou son premier portrait en triptyque.

Jamais vue en vente publique, l’œuvre à l’estimation confidentielle est détenue dans la même collection depuis 1984.

86 millions de dollars, la somme la plus importante payée en vente publique pour une œuvre de Francis Bacon, ont été facturés en mai 2008 chez Sotheby’s New York pour Triptych 76.

PM

Enchère record pour un triptyque de Francis Bacon

11 février 2011

Sotheby’s génère la majeure partie du chiffre d’affaires des ventes d’art moderne à Londres

Une  huile sur toile en triptyque réalisée en 1964 par Francis Bacon, Three Studies for Portrait of Lucian Freud, chaque partie mesurant 35,5 x 30,2 cm, a été payée l’équivalent de 27 millions d’euros (23 millions de livres) avec les frais (12%) hier soir chez Sotheby’s Londres. 

La composition était estimée 7/9 millions de livres sans les frais. Il s’agit de l’un des prix les plus importants payés dans une vente publique pour une œuvre de l’artiste d’origine irlandaise.

Avec un record à 86 millions de dollars pour un Triptych 76 chez Sotheby’s New York en 2008, Francis Bacon fait partie des artistes les plus chers du monde en ventes publiques, avec Alberto Giacometti, Pablo Picasso et Kasimir Malevich. 

Du fait du montant élévé des estimations pour les œuvres importantes de ces artistes, la sélection opérée par les acheteurs n’en est que plus pointue, même s’il faut tenir compte de l’environnement économique du moment, qui peut engendrer une attitude  plus ou moins attentiste, et d’aspects aléatoires comme celui de pouvoir investir à un certain moment de l’année plutôt qu’à un autre.

Pour des estimations à de tels niveaux, et le plus souvent, l’œuvre doit être exceptionnelle et non interchangeable pour déclencher une bataille d’enchères. De plus, les acheteurs savent très bien que les estimations resteront fermes dans ce cas-là. 

Si les œuvres suprématistes de Malevich sont rarissimes et, de fait, se vendront toujours très bien, de très importantes créations de Giacometti, Picasso et Bacon, n’ont pas trouvé preneur en ventes publiques ces dernières années. 

On pense, par exemple, à un Figure Turning (1962) de Bacon chez Sotheby’s Londres en juillet 2008 (estimé 10/15 millions de livres), à Instruments de musique sur un guéridon, une composition cubiste de Picasso estimée 25/30 millions d’euros et figurant dans la dispersion de la collection Saint Laurent/Bergé chez Christie’s Paris en février 2009, ou encore à deux œuvres de Giacometti qui, cette semaine, étaient estimées 3/5 millions de livres chacune dans une autre vente d’art moderne chez Sotheby’s Londres.     

Ce portrait d’Éluard par Bacon faisait partie d’une dispersion de 60 œuvres d’art moderne et contemporain, issues d’une même collection privée, sous l’intitulé Looking Closely. Toutes avaient été acquises par leur propriétaire au plus tard à la fin des années 1980, le portrait d’Éluard par Bacon ayant été acheté en 1964.

Le fait d’années passées loin d’un marché de l’art où les prix ont considérablement augmenté pour les sélections de grande qualité, comme c’est le cas ici, explique que 100% des lots aient été vendus et pour un montant de 93,5 millions de livres (111 millions d’euros), dépassant allègrement l’estimation “pré-vente” la plus optimiste 

13,48 millions de livres, le plus haut prix payé pour une œuvre de Salvador Dali en vente publique, sont allés à un petit Portrait de Paul Éluard (33 x 25 cm) estimé 3,5/5 millions. Cette huile sur toile surréaliste de 1929 a été acquise par le collectionneur chez Sotheby’s en 1989.

Deux petits masques en fer de Julio González, des pièces uniques, ont battu des records absolus pour des œuvres de cet artiste. 

Julio González est l’un des sculpteurs les plus inventifs de la première moitié du XXe siècle. Ami catalan de longue date de Pablo Picasso, il fut son conseiller pour les œuvres en métal des années 1930. Le Centre Pompidou lui avait consacré une importante rétrospective en 2007.  

Le masque intitulé Ombre et lumière, d’une hauteur de 25 cm et réalisé vers 1930, acquis par le vendeur en 1983 auprès de la Galerie de France, a ainsi été payé 4,63 millions de livres sur une estimation de 800.000/1,2 million. Le  Masque My, 15 cm de hauteur et réalisé en 1927-1929, acquis en 1982 chez le même marchand, a été payé 2,72 millions de livres sur une estimation de 800.000/1,2 million de livres. 

Toujours dans la séquence des génies créatifs et pour une œuvre de la même époque, L’Acrobate d’Alexander Calder, une sculpture en fil de fer sur base en bois et d’une hauteur de 45 cm, réalisée vers 1928, acquise par le vendeur en 1965, estimée 1/1,5 million de livres, a été payée 1,38 million. Des œuvres de ce type ont notamment été montrées dans l’expositions des années parisiennes de Calder au Centre Pompidou en 2009.

Parmi les enchères les plus élevées, figure également Annette ou Portrait d’Annette au pull-over rouge, une huile sur toile (55 cm x 46 cm) d’Alberto Giacometti  peinte en 1961 et acquise par le vendeur en 1989 chez Christie’s Londres. Elle a été payée 4,85 millions de livres sur une estimation de 2/3 millions sans les frais (12%).

Cette dispersion était l’avant-dernière de la traditionnelle série de vacations d’art moderne de février chez Christie’s et Sotheby’s à Londres. 

Pour le moment, ces ventes ont rapporté 299 millions de livres dont quelque 184 millions engrangés par  Sotheby’s (en y incluant les œuvres d’art contemporain  faisant partie de la vente Looking Closely), soit un très large fossé entre les deux maisons de ventes que ne comblera pas la dernière vacation chez Christie’s aujourd’hui. Malgré la quantité, 245 lots, la très grande majorité des estimations est inférieure à 10.000 livres. 

L’enjeu est capital pour les deux plus importants opérateurs mondiaux du marché de l’art en ventes publiques – désormais au coude-à-coude pour un leadership encore détenu par Christie’s – qui se livrent une concurrence acharnée pour décrocher les meilleures œuvres. Les résultats de ces ventes majeures assurent une communication très efficace auprès des vendeurs potentiels.

Pierrick Moritz  

Saw V, affiche “baconisante”

29 octobre 2008

Affiche du film d’épouvante Saw V (sortie le 5 novembre 2008)

Le marché de l’art contemporain se calme à Londres

30 juin 2008

Si la vacation d’art d’après-guerre et contemporain organisée par Christie’s ce soir à Londres enregistre de bons prix et finalement peu d’invendus (10 sur les 58 lots présentés), nous sommes loin de l’euphorie des dernières grandes ventes dans la spécialité. Le chiffre d’affaires équivalent à 109 millions d’euros est à mi-chemin des 221 millions d’euros (348,28 millions de dollars) réalisés à New York par le même opérateur en mai. Une toile de Mark Rothko avait été payée 50,44 millions de dollars et Benefits Supervisor Sleeping de Lucian Freud avait atteint 33,64 millions.

Pas de super nouveau record

Le triptyque de Francis Bacon Three Studies for Self-Portrait, œuvre-vedette de la vente dont l’estimation était communiquée sur demande, a été payé l’équivalent de  21,28 millions d’euros. Un autre triptyque du peintre, également pour un autoportrait et mesurant à peu près les mêmes dimensions, peint en 1976, s’était échangé contre 17,77 millions d’euros (28 millions de dollars) le 13 mai à New York. Toutefois, celui présenté ce soir chez Christie’s peut être perçu comme une œuvre plus forte.

(Concetto spaziale) La fine di Dio, une huile sur toile de Lucio Fontana réalisée en 1964 dont la maison de ventes devait attendre beaucoup puisque l’estimation était également communiquée uniquement sur demande, n’a pas trouvé preneur.

Conformes

4 des œuvres figurant parmi les plus chères du catalogue ont été vendues conformément à leur estimation.

La sculpture monumentale de Jeff Koons Balloon Flower (Magenta), une œuvre qui existe en 5 versions uniques (celle-ci, une en bleu, une en orange, une en jaune et une en rouge) a été payée l’équivalent de 16,34 millions d’euros. Auto, une grande huile sur toile du même artiste peinte en 2001  a été payée l’équivalent de 3,16 millions d’euros

Naked Portrait with Reflexion, une huile sur toile de Lucian Freud réalisée en 1980 a été payée l’équivalent de 14,05 millions d’euros. L’autre toile de Freud figurant au catalogue, Tête d’une femme, une petite huile peinte en 1990-1991  a été échangée contre 2,6 millions d’euros.

Invendus

Great american nude de Tom Wesselmann, acrylique et papiers collés sur planche avec radiateur, téléphone, manteau et porte, tune echnique mixte réalisée en 1963 et estimée 3,16/3,79 millions d’euros, n’a pas trouvé preneur.

 L-Tyrosine-15n de Damien Hirst dont l’équivalent de 2,53/3,79 millions d’euros étaient attendus a connu le même sort. Un sans titre de Hirst s’est toutefois échangée contre l’équivalent de 532.862 euros sur la base d’une estimation de 350.000/759.000 euros.

Andy Warhol

D’Andy WarholLast Supper, peinture Polymère synthétique et encres sérigraphiques sur toile, réalisée en 1986 (estimée l’équivalent de 2,53/3,79 millions d’euros) a été vendue 4 millions.

Nine Multicoloured Marilyns (Reversal Series), acrylique, peinture Polymère synthétique et encres sérigraphiques sur toile, réalisée en 1979 et estimée 3,16/4,42 millions d’euros a été échangée contre 5,15 millions.

L’œuvre la plus chère de Nicolas de Staël

Une huile sur toile des années 1950 de Nicolas de Staël, Marseille sous la neige, a été payée l’équivalent de 2,17 millions d’euros quand  elle était estimée 506.000/ 600.000 euros. Il s’agit de l’œuvre du peintre la plus chère vendue dans une vente publique au cours du change dollar/euro d’aujourd’hui.

Pierrick Moritz

Les résultats s’entendent avec les frais à la charge de l’acheteur compris et sont valables dans la mesure où l’acheteur a effectivement payé son achat. Les estimations ne comprennent pas les frais à la charge de l’acheteur.

Le marché de l’art contemporain finalement au beau fixe

29 février 2008

Plus de 156 millions d’euros engrangés en deux jours par Sotheby’s

Les vacations d’art contemporain organisées par Sotheby’s Londres les 27 et 28 février ont produit environ 156,5 millions d’euros dont 124 réalisés le premier jour avec les œuvres les plus importantes prestige. Les grandes maisons de ventes anglo-saxonnes renforcent leur rôle de prescripteur de tendance sur le marché de l’art contemporain.

Comme pour les prophéties de certains analystes dans d’autres secteurs économiques, il serait intéressant de conserver celles de certains spécialistes du marché de l’art pour les vérifier une fois passé l’évènement relatif à leurs théories prévisionnelles.  Depuis le début du second semestre 2007, les projections de beaucoup d’entre eux  oscillaient entre marasme et fort ralentissement des achats sur le marché de l’art contemporain de haut niveau. Résultat :  la tendance est plutôt à l’augmentation des prix. 

Les 124 millions d’euros produits par Sotheby’s dès le premier jour de ses ventes d’art conteporain constitue un record  avec 55 lots vendus sur les 70 présentés. La vacation en deux sessions du lendemain, présentant des créations aux estimations plus abordable», a quant à elle produit 32,5 millions d’euros en 190 lots et avec un taux d’invendus d’environ 26,6 %, ramené à 24 % pour les deux journées de ventes. Ce pourcentage raisonnable est relativisé par le fait que beaucoup des œuvres présentées se sont vendues bien au-dessus de leur estimation.

Le prix le plus élevé atteint au cours des deux sessions du 28 février va à Still Life # 5 1/2 , l’huile sur toile de Tom Wesselmann qui illustrait la couverture du catalogue. Elle s’est négociée pour environ 1, 48 million d’euros avec les frais sur une estimation de 913.500/1.175.000 euros environ sans les frais.

Vendus au-dessus de leur estimation

Béret Rose, une huile sur toile de Jean Dubuffet, a plus que doublé son estimation haute sans les frais en se vendant 830.600 euros environ avec les frais.

Une technique mixte de Yves Klein sur papier marouflé sur toile est montée à 406.500 euros environ avec les frais sur une estimation de 182.500/209.000 euros sans les frais environ.

Un paysage de Francis Bacon réalisé vers 1943 sur un panneau est parti à 314.000 euros environ avec les frais sur une estimation d’environ 105.000/156.500 euros sans les frais tandis qu’une “Tête”  exécutée sur un même support en 1949 était achetée 611.000 euros environ avec les frais sur une estimation de 260.800/391.000 euros sans les frais.

Une huile sur toile de 1999 de Manolo Valdès s’est vendue environ 345.000 euros avec les frais sur une estimation de 130.000/ 195.000 euros environ sans les frais tandis qu’une sculpture du même artiste représentant une infante s’est envolé à 275.000 euros, soit au double de son estimation haute.

Un petit mobile de Alexander Calder a été acheté environ 200.000 euros sans les frais sur la base d’une estimation haute de 104.000 euros environ sans les frais.

Une huile sur toile de Georg Baselitz de 1981 a pulvérisé son estimation haute de 195.700 euros environ sans les frais en montant jusqu’à 626.000 euros environ avec les frais.

Une huile sur papier marouflé sur panneau de 1993 de Peter Doig a largement dépassé son estimation haute de 156.500 euros environ sans les frais en se vendant pour environ 298.000 euros avec les frais.

Trois pièces uniques au pochoir du jeune graffeur Banksy Sans titre (Happy Coppers), Mona Lisa et Police estimées chacune 39.000/52.000 euros sans les frais se sont littéralement envolé à respectivement 172.700, 219.700 euros et 227.500 euros environ avec les frais. Un sommet a été atteint pour cet artiste britannique avec une huile sur toile marouflée sur panneau et en cinq parties. Ce Simple Intelligence Testing a été payé 830.000 euros environ avec les frais sur la base d’une estimation maximale sans les frais de 195.600 euros.

Un autre pochoir de Banksy représentant un ravissant oiseau perché tenant une grenade dans le bec, numéro 1 d’une série de 5, a quant à lui aussi allègrement dépassé son estimation haute de 26.000 euros sans les frais en se vendant 86.500 euros environ avec les frais.

Un “Mao” constitué par des portraits de Marilyn Monroe et réalisé par Kim Dong-Yoo s’est quant à lui vendu 450.300 euros avec les frais sur une estimation maximale de 195.600 euros sans les frais.

Pierrick Moritz

Augmentation très sensible des sommes investies dans le marché de l’art

Le fait qu’il n’y a jamais eu autant de gens aussi riches sur la planète est une explication au phénomène d’augmentation très sensible des sommes investies dans le marché de l’art.  Pour la partie spéculative du marché, on peut dire qu’il restera toujours quelque chose d’une œuvre sûre même trop chèrement payée par rapport à des placements boursiers et les risques éventuels d’anéantissement total du capital engagé. Le prix du “ticket d’entrée” sur le marché de l’art moderne et contemporain pour accéder à des œuvres de grande qualité est devenu inaccessible pour la majorité des collectionneurs.

PM


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