Archive pour la catégorie ‘Francis Bacon’

Enchères de milliardaires sur des œuvres de Bacon, Lichtenstein et Warhol

10 mai 2012

Avec les 266,6 millions de dollars générés par sa vente d’art contemporain new-yorkaise d’hier soir, Sotheby’s ferait presque office de “petite joueuse” à côté des quelque 388 millions réunis la veille par sa concurrente Christie’s pour une vente dans la spécialité. Sauf que ce montant reste extrêmement important pour une vacation de ce type. Des œuvres de Francis Bacon, Roy Lichtenstein et Andy Warhol y ont été payées plus de 35 millions de dollars.

Dans cette autre vente pour milliardaires, la moitié du chiffre d’affaires est générée par les 4 lots les plus importants du catalogue. Sur 57 présentés, 9 étaient au moins estimés 5 millions de dollars. Si 11 ont été payés au-dessus de ce seuil, le nombre d’invendus est relativement important : 11 dont les plus chers sont une huile sur toile sans titre de Willem de Kooning, estimée 5,5/7,5 millions, et une Aluminium Girl de Charles Ray, une sculpture dont 4/6 millions étaient attendus.

Estimée 30/40 millions de dollars, Figure Writing Reflected In Mirror, une huile sur toile (198 cm x 147,5 cm) de Francis Bacon datée de 1976, a été payée 44,88 millions de dollars. Le tableau a été acheté par les vendeurs à l’exposition Francis Bacon, Œuvres récentes programmée à la galerie parisienne Claude Bernard en janvier 1977. Il voisinait notamment avec Triptych, 1976, une création assortie d’un des prix les plus importants pour une œuvre d’art contemporain achetée aux enchères publiques. Ce triptyque monumental (198 x 147,5 cm pour chaque panneau) réalisé à l’huile et aux pastels sur toile, une adaptation de la légende de Prométhée, a été payé 86,2 millions de dollars en mai 2008, lors d’une vente de Sotheby’s, à New York.

Pour la même estimation, une Sleeping Girl conçue par Roy Lichtenstein en 1964, une vignette de comic books agrandie à la taille de 91,5 x 91,5 cm, a été payée le même prix  Il s’agit de la somme la plus importante déboursée pour une œuvre de l’artiste. Le précédent record, 43,2 millions de dollars, a été réalisé en novembre dernier chez Christie’s, à New York. Il concerne Can See the Whole Room!…and There’s Nobody in It, une toile de 1961 que le vendeur avait payée 2,09 millions de dollars en 1988 chez le même opérateur. Toujours chez Christie’s, en novembre 2010, 42,64 millions de dollars avaient été engagés sur Ohhh … Alright … du même Lichtenstein.

Estimé 30/50 millions de dollars, un Double Elvis (Ferus Type) d’Andy Warhol, réalisé en 1963 à l’encre sérigraphique et peinture en bombe sur toile (207,6 x 121,9 cm), a été payé quelque 37 millions de dollars. Le record pour une œuvre de Warhol négociée dans une vente publique date de mai 2007. Il s’agit de Green Car Crash (Green Burning Car I), également daté de 1963, payé 71,72 millions de dollars chez Christie’s, à New York.

Daté de 1970 et estimé 15/20 millions de dollars, un sans titre (New York City) réalisé par Cy Twombly à l’huile, peinture et crayon gras sur toile (143,5 x 177,8 cm), a été payé 17,4 millions de dollars.

Pierrick Moritz

Sotheby’s attend 30/40 millions de dollars d’une toile de Francis Bacon

6 avril 2012

Estimée 30/40 millions de dollars, Figure Writing Reflected In Mirror, une huile sur toile (198 cm x 147,5 cm) de Francis Bacon datée de 1976, est au programme de la vente d’art contemporain proposée le 2 mai à New York par Sotheby’s.

Le tableau a été acheté par ses actuels propriétaires à l’exposition Francis Bacon, Œuvres récentes programmée à la galerie parisienne Claude Bernard en janvier 1977.  Elle voisinait notamment avec Triptych, 1976, qui détient le record du prix le plus important pour une œuvre d’art contemporain achetée aux enchères publiques.

Ce triptyque monumental (198 x 147,5 cm pour chaque panneau) à l’huile et aux pastels sur toile, une adaptation de la légende de Prométhée, avait été payé 86,2 millions de dollars en mai 2008, lors d’une vente de Sotheby’s à New York.

PM

Enchère millionnaire pour Bacon et Rothko retiré de la vente chez Christie’s Londres

15 février 2012

L’importante vente d’art contemporain proposée hier soir chez Christie’s Londres a rapporté 80,57 millions de livres avec les frais. Un quart du chiffre d’affaires a été généré par un Portrait d’Henrietta Moraes, peint à l’huile sur toile (165 x 142 cm) par Francis Bacon en 1963, et payé 21,32 millions avec les frais. L’estimation de ce lot phare du catalogue, non communiquée par la maison de vente, aurait été, selon plusieurs sources concordantes, de l’ordre de 18 millions sans les frais (12 %). Le marteau est tombé à 19 millions.

Avec 58 lots vendus sur les 66 présentés, l’aspect positif du résultat est tempéré par la décision de retirer le deuxième lot le plus important avant la vente. Il s’agit d’une huile sur toile de Mark Rothko peinte en 1955. L’estimation confidentielle de ce tableau devait tourner autour des 10 millions de livres. Si aucune explication n’a été donnée sur cette absence, on peut dire que l’œuvre ne présentait pas le caractère exceptionnel du Bacon.

Un autre tableau de Francis Bacon, Studies of Isabel Rawsthorne, une huile sur toile en diptyque peinte en 1983 et dont chaque partie mesure 35,5 x 30, 5 cm, a été payé 1,72 million de livres avec les frais (12%), soit sous son estimation de 1,8/2,5 millions sans ces frais. Le présent vendeur avait acheté cette œuvre pour 1,81 million de livres chez Sotheby’s Londres en octobre 2007.

3 des 4 œuvres de Gerhard Richter présentées dans la vacation ont été vendues, à commencer par une Abstraktes Bild (250,2 x 200 cm) peinte à l’huile sur toile en 1994. Estimé 5/7 millions de livres, le tableau a été payé 9,89 millions.

Une autre Abstraktes Bild de 1994, d’un format moins important (61 x 71 cm), a été enlevée à 993.250 livres sur une estimation de 400.000/600.000 livres. Un Grau, huile sur toile de 1970 en hauteur (199 x 100 cm), a été payé sous son estimation de 350.000/450.000 livres sans les frais (20%), et pour une facture finale de 385.250 livres avec les frais. Le présent vendeur l’avait payé 300.000 livres, en février 2008 chez Christie’s Londres.

Une œuvre sans titre du même Richter, une grande huile sur toile (200,6 x 151 cm) de 1979, estimée 600.000/800.000 livres, n’a pas trouvé preneur.

Un Agrigente de Nicolas de Staël, peint à l’huile sur toile (89,2 x 130 cm) en 1953, a été payé 5,3 millions de livres  sur une estimation de 3,5/5 millions de livres. Il s’agit du second prix le plus important enregistré en vente publique pour une œuvre de l’artiste, après les 7 millions d’euros engagés en décembre dernier, chez Artcurial à Paris, sur un Nu couché peint à l’huile sur toile (97 x 146 cm) en 1954.

Une œuvre non titrée de Christopher Wool réalisée en 1990, panneau d’aluminium émaillée avec l’inscription FOOL, 274,5 x 182,8 cm,  a été payée 4,91 millions de livres sur une estimation de 2,5/3,5 millions. Il s’agit du prix le plus important payé en vente publique pour une œuvre de cet artiste.

Du côté de l’art contemporain italien, et pour une estimation de 1,8/2,5 millions de livres chacun, deux Achrome de Piero Manzoni figuraient au catalogue. Le premier, réalisé au kaolin sur toile plissée (70 x 100 cm) en 1958-1959 a été payé 2,05 millions de livres. Le second, un kaolin sur toile quadrillée (100 x 80 cm) vers 1959, a été adjugé sous son estimation, avec un prix final de 1,72 million avec les frais.

Les 4 toiles de Lucio Fontana proposées ont été vendues, avec une plus forte enchère pour un Concetto spaziale, Attese de 1967, peinture à l’eau sur toile (92 x 73 cm). L’œuvre a été payée 2,05 millions de livres sur une estimation de 900.000/1,2 million. Un autre Concetto spaziale, Attese de la même année, une peinture à l’eau sur toile (50,2 x 61,3 cm), a été payé 769.250 livres quand 450.000/650.000 livres en étaient attendus. Un Concetto spaziale, Forma de 1958, aniline, collage de toiles, et verre coloré sur toile carrée (150 x 150 cm), a été payé 1,88 million sur une estimation de 1,5/2 millions. Un Concetto spaziale, Attese de 1962, peinture à l’eau sur toile. (100 x 73 cm), a été abandonné sous son estimation de 600.000/900.000 livres sans les frais (12 %), avec un prix payé de 601.250 livres

De Wols, un Feu peint à l’huile sur toile (65 x 81 cm) vers 1947-1949, a été payé 1,49 millions de livres sur une estimation de 800.000/1,2 million.

De 4 œuvres de Lucian Freud proposées, 3 ont été vendues. La plus importante, un nu féminin peint à l’huile sur une toile de petit format (22,5 x 33 cm) en 1983-1984, a été payée 1,6 millions de livres avec les frais (12 %), soit légèrement sous son estimation de 1,5/2 millions sans les frais. Annie, un autre petit format à l’huile sur toile (25,5 x 22,2 cm), une réalisation vers 1960 qui relève plus de l’étude que de l’œuvre aboutie, n’a pas trouvé preneur avec son estimation de 300.000/500.000 livres. Un Boat, Connemara, encre et tempera sur papier (44,4 x 55,8 cm), réalisé en 1948 et estimé 200.000/300.000 livres, a été payé 657.250 livres. Une tête de Bruce Bernard, exécutée au fusain sur papier en 1985, a été payée 157.250 livres sur une estimation de 120.000/180.000 livres.

Payée 1,18 million de dollars chez Christie’s New York en novembre 2003, une œuvre de Jean Dubuffet de 1947 intitulée Le Soleil les décolore, huile sur panneau entoilé (130 x 97,2 cm), a été facturée 541.250 livres sur une estimation de 400.000/600.000 livres.

Un marbre (59,6 x 106,6 x 101,6 cm) réalisé en 1969 par Louise Bourgeois, estimé 2/3 millions de livres, et un huile sur toile (130 x 97 cm) de Pierre Soulages datée 1960, dont 500.000/700.000 livres étaient attendus, n’ont pas trouvé preneur.

Pierrick Moritz

L’estimation n’inclut pas les frais à la charge de l’acheteur. Ils sont de 25 % jusqu’à 25.000 livres ;   de 20 % à partir de 25.001 livres et jusqu’à 500.000 livres ; de 12 % au-dessus de 500.000 livres. Le résultat intégre ces frais.

Articles en rapport :

http://artwithoutskin.com/2012/02/13/des-oeuvres-de-bacon-de-stael-freud-wols-joyaux-dune-vente-dart-contemporain-de-christies-londres/

http://artwithoutskin.com/2012/02/14/une-peinture-de-francis-bacon-paye-255-millions-deuros-a-londres/

Une peinture de Francis Bacon payée 25,5 millions d’euros à Londres

14 février 2012

Un portrait d’Henrietta Moraes réalisé en 1963 par Francis Bacon d’après une photographie de John Deakin a été payé 21,32 millions de livres (25,5 millions d’euros) avec les frais (12%) ce soir chez Christie’s Londres.

L’estimation de ce ce chef-d’œuvre, un grand format (165 x 142 cm) présentant un fond lilas très intense, n’avait pas été rendue publique. Selon plusieurs sources concordantes, elle était de l’ordre de 18 millions de livres (21,44 millions d’euros) sans les frais.

Le tableau a été acquis par le présent vendeur à la galerie Beyeler de Basel en 1983.

PM

Article en rapport : http://artwithoutskin.com/2012/02/13/des-oeuvres-de-bacon-de-stael-freud-wols-joyaux-dune-vente-dart-contemporain-de-christies-londres

Des œuvres de Bacon, de Staël, Freud et Wols, joyaux d’une vente d’art contemporain de Christie’s Londres

13 février 2012

66 œuvres, dont 13 sont estimées au moins 1 million de livres, figurent au catalogue de la vente d’art contemporain proposée demain soir chez Christie’s Londres. Ce programme se caractérise notamment par la présence de tableaux de qualité muséale puisés dans les répertoires de Francis Bacon, Nicolas de Staël, Lucian Freud et Wols.

Le clou de la vacation est un saisissant portrait d’Henrietta Moraes réalisé en 1963 par Francis Bacon d’après une photographie de John Deakin. L’estimation de ce chef-d’œuvre, un grand format (165 x 142 cm) présentant un fond lilas très intense, n’a pas été rendue publique. Selon plusieurs sources concordantes, elle serait de l’ordre de 18 millions de livres (21,44 millions d’euros). Le tableau a été acquis par le présent vendeur à la galerie Beyeler de Basel en 1983.

86,21 millions de dollars, le prix le plus élevé payé en vente publique pour une œuvre de Francis Bacon, et aussi l’un des plus importants enregistrés sur ce marché pour une œuvre d’art, ont été engagés sur son Triptych 76 en mai 2008 chez Sotheby’s New York. Cette œuvre monumentale, dont chacune des trois parties mesure 198 x 147,5 cm, a été peinte par l’artiste à l’huile et aux pastels sur toile en 1976. Il s’agit d’une adaptation de la légende de Prométhée.

Une autre œuvre de Francis Bacon, un Studies of Isabel Rawsthorne de 1983, diptyque à l’huile sur toile dont chaque partie mesure 33,5 x 30,5 cm, apparaît dans la vacation de demain soir, moins de 5 ans après son dernier passage en vente publique. Estimée 1,8/2,5 million de livres chez Christie’s, cette œuvre a été payée 1,81 million de livres chez Sotheby’s Londres en octobre 2007.

Un resplendissant tableau de Nicolas de Staël figure également au catalogue de Christie’s. Cette huile sur toile (89,2 x 130 cm) de 1953,  issue de la série que le peintre consacra à la ville sicilienne d’Agrigente au retour d’un périple en Italie, est estimée 3,5/5 millions de livres. En mai 2011, chez Christie’s Paris, un Agrigente de 1954 (60 cm x 81 cm) avait été payé 2,47 millions d’euros, soit la somme la plus importante alors engagée en vente publique pour une œuvre de Nicolas de Staël. En décembre dernier, chez Artcurial à Paris, un Nu couché peint à l’huile sur toile (97 x 146 cm) par l’artiste en 1954 et payé 7 millions d’euros est venu battre ce record.

De 4 œuvres de Lucian Freud proposées, on remarque un nu féminin peint à l’huile sur une toile de petit format (22,5 x 33 cm) en 1983-1984 et qui a tout d’un grand Freud. Le tableau est estimé 1,5/2 millions de livres.

Un Feu, peint à l’huile sur toile (65 x 81 cm) par Wols en 1947-1949, figure également dans le haut du panier du catalogue et avec une estimation de 800.000/1,2 million de livres.

La cote de cet artiste d’origine allemande, disparu en 1951 à l’âge de 38 ans et qui a profondément influencé l’abstraction lyrique française des années 1950, a littéralement explosé l’année dernière. Auparavant, on connaissait des enchères maximales enregistrées en vente publique pour ses huiles tournant autour de 100.000 euros, et beaucoup moins pour ses œuvres sur papier.

Ce tournant radical a été opéré le 10 février 2011 chez Sotheby’s Londres, quand une huile sur toile (81 x 65 cm) non titrée de l’artiste et datée de 1947 a été payée 2,61 millions de livres quand 100.000/150.000 livres en étaient attendus.

Chez Sotheby’s Paris, en mai 2011, avec une estimation de 600.000/800.000 euros dont le niveau relativement élévé s’appuyait sur le résultat précédent, une Flamme peinte à l’huile sur toile (41 x 33 cm) par Wols en 1946-1947, était payée 1,52 million d’euros.

Le mois suivant, dans une vente consacrée à l’artiste à Drouot et conduite par la maison de vente Aponem-Deburaux, une suite de records avaient été enregistrée pour des œuvres sur papier de l’artiste.

La dernière gouache, Dimanche 25 août, une œuvre de 1951, encre et aquarelle sur papier (25 x 16 cm), avait été  payée 153.010 euros sur une estimation de 12.000/15.000 euros. Pour la même estimation, Nébuleuse grise de 1947encre, gouache et grattage sur papier (31,5 x 23,5 cm), avait été payée 104.557 euros euros. Le Tank, aquarelle, trait de plume et gouache sur papier (31,6 x 38 cm) de 1940, avait été payé 72.680 euros quand 15.000/20.000 euros en étaient attendus.

Le deuxième lot le plus important du catalogue de Christie’s est une toile de Mark Rothko de 1955. Cette œuvre a pour atouts de dater encore de l’époque la plus recherchée pour les aplats de couleurs lumineux de l’artiste et de se présenter sur un grand format (175,8 x 157 cm).

En regard d’une estimation très élevée, 9/12 millions de livres selon Bloomberg (10,7/14,31 millions d’euros), cette œuvre pourrait souffrir de son manque de contrastes pour être enlevée facilement dans un marché extrêmement exigeant.

En mai 2007, chez Sotheby’s New York, un tableau de Rothko avait été échangé contre la somme record de 72,84 millions de dollars, en faisant l’une des œuvres d’art les plus chères négociées en vente publique. Ce White Center (Yellow, Pink, and Lavender on Rose), peint en 1950 sur un format de 205,8 cm x 141 cm, provenait de la collection de David et Peggy Rockefeller où il avait été conservé pendant 47 ans.

Un ensemble d’œuvres de Rothko a également été l’objet d’une des plus importantes transactions privées du marché de l’art de ces dernières années. En juillet 2009, aux États-Unis, 12 tableaux et 1 œuvre sur papier de l’artiste, datés de 1949 à 1969, ont été vendus pour 310 millions de dollars par Jacob Ezra Merkin, un financier new-yorkais impliqué dans l’affaire Madoff, au milliardaire russe Roman Abramovich. Le produit de la transaction, notamment amputé d’une commission de 11 millions de dollars versée à l’intermédiaire, avait été gelé par le Procureur de l’État de New York chargé de l’enquête sur l’affaire Madoff.

La troisième estimation la plus importante du catalogue de Christie’s, 5/7 millions de livres, concerne une Abstraktes Bild peinte à l’huile sur toile (250,2 x 200 cm) par Gerhard Richter en 1994. Trois autres œuvres du même artiste, décidément très représenté dans les grandes ventes publiques d’art contemporain, font également partie de la vacation.

Au programme de la vente équivalente du lendemain chez Sotheby’s Londres, on trouve pas moins de 6 œuvres de Richter dont une assortie d’une estimation de 3/4 millions de livres, soit la plus importante d’un catalogue comprenant également 66 lots.

Pierrick Moritz

248 millions de dollars pour l’art contemporain chez Christie’s New York. À quand une taxe “sociale” sur les transactions du marché de l’art ?

9 novembre 2011

Devant des enchères indécentes dans un climat économique et social difficile, à quand une taxe “sociale” sur les transactions du marché de l’art ?

Après le fiasco de sa vente d’art moderne de la semaine dernière, Christie’s redore son blason avec quelque 248 millions de dollars d’art contemporain vendus ce soir en deux vacations dont la plus importante a rapporté quelque 221 millions, soit à peu près en conformité avec l’estimation basse du catalogue.

L’opérateur a notamment réussi à vendre une toile de Roy Lichtenstein pour 43 millions de dollars et, dans un climat enclin à une grande volatilité, admis quelques concessions sur les estimations basses de certaines œuvres très chères.

Les 43 millions de dollars payés pour Roy Lichtenstein, soit une plus-value de 41 millions de dollars en un peu plus de 20 ans pour le vendeur, conforte le bien-fondé de l’instauration d’une taxe “sociale” sur les transactions effectives du marché de l’art et même si le cas est ici extrême.

Si, en France, l’intégration des œuvres et des objets d’art dans  l’ISF est quasiment impossible à mettre à œuvre (valeur volative et relative. Autodéclaratif invérifiable. Des personnes de bonne foi ignorent qu’elles possèdent un “trésor” chez elle,…), une taxe à vocation sociale sur les transactions effectives du marché de l’art pourrait finir par s’imposer devant ces chiffres indécents surgissant dans un contexte économique et social très difficile.

Sur les 65 lots présentés dans cette première vacation, l’opérateur en a vendu 57 et pour un chiffre d’affaires de 220,8 millions de dollars avec les frais quand les estimations tablaient sur quelque 225/300 millions sans les frais.

Avec une estimation de 35/45 millions de dollars, un Can See the Whole Room!…and There’s Nobody in It, une toile emblématique de Roy Lichtenstein datée de 1961, revenait sur le marché de l’art 40 fois plus cher que lors de la dernière transaction dont elle a fait l’objet, en 1988

Ce tableau carré (121,9 cm x 121,9 cm) a été payé 43,2 millions de dollars. Le vendeur l’avait acheté 2,09 millions de dollars en 1988. À l’époque, il était estimé   800.000/1,2 million de dollars. Il s’agit du plus haut prix relevé en vente publique pour une œuvre de Lichtenstein.

Du même artiste, Interior with Painting and Still Life, une grande toile de 1997 estimée 3/4 millions, a été payée 4,5 millions et Still Life with Sculpture,  une huile et magna sur toile peinte en 1974 et estimée 4,5/6,5 millions de dollars, n’a pas trouvé preneur.

Parmi les œuvres les plus chères du catalogue, les estimations basse données sans les frais (12 %) d’un White Cloud de Mark Rothko et d’une Silver Liz d’Andy Warhol ont été revues à la baisse.

White Cloud de Mark Rothko, une huile sur toile de 1956 sur fond orange (168,9 x 159,7 cm) estimée 18/25 millions de dollars a été payée 18, 5 millions avec les frais. Il s’agit d’une réduction de quelque 1,5 million de dollars.

Une Silver Liz d’Andy Warhol, réalisée en 1963, 101,6 cm x 101,6 cm, acrylique, encre sérigraphique et émail vaporisé sur toile, estimée 16/19 millions de dollars, a été payée 16,32 millions avec les frais. La remise est du même ordre que pour l’œuvre précédente.

Les acheteurs de Warhol ne se sont visiblement pas émus de la dissolution du conseil d’authentification de la Fondation Andy Warhol en 2012 (excellent article sur le sujet à lire sur le site et dans l’édition papier du Art Newspaper), puisque, sur la base d’une estimation de 7/10 millions de dollars, un Four Campbell’s Soup Cans, crayon et caséine sur toile, 51 cm x 41 cm, peint en 1962, a été payé 9,82 millions de dollars.

Pour d’autres estimations importantes revues à la baisse, on trouve un sans titre (Lexington, Virginia) de Cy Twombly, réalisé en 1959 à la peinture à l’huile domestique, crayons à papier et de couleur sur toile, 188,6 cm x 248, 9 cm, estimé 5/7 millions sans les frais (12 %) et payé 5,23 millions avec ces frais.

Avec les mêmes conditions, un Catharsis de Jean-Michel Basquiat, une toile (183 cm x 235, 6 cm) de 1983, estimé 4/6 millions, a été payé 4,33 millions.

Les invendus les plus chers de la vacation sont une Frau Niepenberg peinte à l’huile sur toile par Gerhard Richter en 1965 (140 cm x 100 cm) et estimée 7/10 millions de dollars. Un Study of a Man Talking, une huile sur toile (198 cm x 147,3 cm) de Francis Bacon peinte en 1981 et estimée 12/18 millions et  Flowers, Mary’s Table de  Willem de Kooning, une huile sur toile de 1971 (203,2 cm x 177,8 cm), estimée 8/12 millions.

Du même de Kooning, et pour une estimation de 7/9 millions sans les frais, un Untitled XI peint en 1975-1976 à l’huile sur toile (153 cm x 137,2 cm), a été payé 7, 36 millions avec les frais. C’est-à-dire qu’il a été cédé sous son estimation basse.

Une Spider de la grande Louise Bourgeois, un bronze monumental (337,8 cm x 668 cm x 632,5 cm),  réalisé en 1996, numéro 2 d’une édition de 6, a été payé 10,72 millions de dollars sur une estimation de 4/6 millions. Chacun assorti de  la même estimation que le lot précédent, deux mobiles d’Alexander Calder ont été respectivement payés 4,56 millions (œuvre de 1946) et 4, 78 millions (œuvre de 1961).

Baroque Egg with Bow (Orange/Magenta) de Jeff Koons, soit un œuf de Pâques, dans son papier métallique et enrubanné, surdimensionné (212,1 cm x 196,9 cm x 152,4 cm), en acier chromé avec revêtement de couleur transparente, un des exemplaires d’une série de 5, chacun d’une couleur différente, a été payé 6,24 millions de dollars. Il était estimé 5,5/6,5 millions de dollars.

En mai 2009, l’exemplaire turquoise de cette série avait été payé 5,45 millions de dollars, soit bien en dessous d’une estimation de 6/8 millions de dollars.

Autre bonne nouvelle pour la cote de Koons, une installation de 2 ballons de basket semblant flotter dans un aquarium monté sur une table, réalisé en 1985, numéro 2 d’une édition de deux, a été payée 4,22 millions de dollars sur la base d’une estimation 2/3 millions.

Damien Hirst pourra aussi se réjouir qu’un de ses énièmes tableaux à points colorés ait été refourgué pour 1, 2 million de dollars.

Cette vacation était précédée, toujours pour l’art contemporain, par la dispersion de 26 lots provenant d’une collection privée (Peter Norton).  Cette vente a rapporté 26,78 millions de dollars.

Le lot le plus important, un DOB in the Strange Forest (Blue DOB), soit une créature parmi des champignons, le tout en trois dimensions, du très régressif Takashi Murakami, a été payé 4,56 millions de dollars sur une estimation de 2,5/ 3,5 millions. Bon.

Pierrick Moritz

Un portrait de Francis Bacon de 1953 mis sur le marché

25 mai 2011

Le 28 juin, Christie’s Londres livrera aux enchères un très important tableau de Francis Bacon peint en 1953, un Study for a Portrait.

Il s’agit de la dernière réalisation de l’artiste dans l’atelier du Royal College of Art où il créa des chefs-d’œuvre comme la série définitive des Papes ou son premier portrait en triptyque.

Jamais vue en vente publique, l’œuvre à l’estimation confidentielle est détenue dans la même collection depuis 1984.

86 millions de dollars, la somme la plus importante payée en vente publique pour une œuvre de Francis Bacon, ont été facturés en mai 2008 chez Sotheby’s New York pour Triptych 76.

PM


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