Archive pour la catégorie ‘Francis Bacon’

Enchère record pour un triptyque de Francis Bacon

11 février 2011

Sotheby’s génère la majeure partie du chiffre d’affaires des ventes d’art moderne à Londres

Une  huile sur toile en triptyque réalisée en 1964 par Francis Bacon, Three Studies for Portrait of Lucian Freud, chaque partie mesurant 35,5 x 30,2 cm, a été payée l’équivalent de 27 millions d’euros (23 millions de livres) avec les frais (12%) hier soir chez Sotheby’s Londres. 

La composition était estimée 7/9 millions de livres sans les frais. Il s’agit de l’un des prix les plus importants payés dans une vente publique pour une œuvre de l’artiste d’origine irlandaise.

Avec un record à 86 millions de dollars pour un Triptych 76 chez Sotheby’s New York en 2008, Francis Bacon fait partie des artistes les plus chers du monde en ventes publiques, avec Alberto Giacometti, Pablo Picasso et Kasimir Malevich. 

Du fait du montant élévé des estimations pour les œuvres importantes de ces artistes, la sélection opérée par les acheteurs n’en est que plus pointue, même s’il faut tenir compte de l’environnement économique du moment, qui peut engendrer une attitude  plus ou moins attentiste, et d’aspects aléatoires comme celui de pouvoir investir à un certain moment de l’année plutôt qu’à un autre.

Pour des estimations à de tels niveaux, et le plus souvent, l’œuvre doit être exceptionnelle et non interchangeable pour déclencher une bataille d’enchères. De plus, les acheteurs savent très bien que les estimations resteront fermes dans ce cas-là. 

Si les œuvres suprématistes de Malevich sont rarissimes et, de fait, se vendront toujours très bien, de très importantes créations de Giacometti, Picasso et Bacon, n’ont pas trouvé preneur en ventes publiques ces dernières années. 

On pense, par exemple, à un Figure Turning (1962) de Bacon chez Sotheby’s Londres en juillet 2008 (estimé 10/15 millions de livres), à Instruments de musique sur un guéridon, une composition cubiste de Picasso estimée 25/30 millions d’euros et figurant dans la dispersion de la collection Saint Laurent/Bergé chez Christie’s Paris en février 2009, ou encore à deux œuvres de Giacometti qui, cette semaine, étaient estimées 3/5 millions de livres chacune dans une autre vente d’art moderne chez Sotheby’s Londres.     

Ce portrait d’Éluard par Bacon faisait partie d’une dispersion de 60 œuvres d’art moderne et contemporain, issues d’une même collection privée, sous l’intitulé Looking Closely. Toutes avaient été acquises par leur propriétaire au plus tard à la fin des années 1980, le portrait d’Éluard par Bacon ayant été acheté en 1964.

Le fait d’années passées loin d’un marché de l’art où les prix ont considérablement augmenté pour les sélections de grande qualité, comme c’est le cas ici, explique que 100% des lots aient été vendus et pour un montant de 93,5 millions de livres (111 millions d’euros), dépassant allègrement l’estimation “pré-vente” la plus optimiste 

13,48 millions de livres, le plus haut prix payé pour une œuvre de Salvador Dali en vente publique, sont allés à un petit Portrait de Paul Éluard (33 x 25 cm) estimé 3,5/5 millions. Cette huile sur toile surréaliste de 1929 a été acquise par le collectionneur chez Sotheby’s en 1989.

Deux petits masques en fer de Julio González, des pièces uniques, ont battu des records absolus pour des œuvres de cet artiste. 

Julio González est l’un des sculpteurs les plus inventifs de la première moitié du XXe siècle. Ami catalan de longue date de Pablo Picasso, il fut son conseiller pour les œuvres en métal des années 1930. Le Centre Pompidou lui avait consacré une importante rétrospective en 2007.  

Le masque intitulé Ombre et lumière, d’une hauteur de 25 cm et réalisé vers 1930, acquis par le vendeur en 1983 auprès de la Galerie de France, a ainsi été payé 4,63 millions de livres sur une estimation de 800.000/1,2 million. Le  Masque My, 15 cm de hauteur et réalisé en 1927-1929, acquis en 1982 chez le même marchand, a été payé 2,72 millions de livres sur une estimation de 800.000/1,2 million de livres. 

Toujours dans la séquence des génies créatifs et pour une œuvre de la même époque, L’Acrobate d’Alexander Calder, une sculpture en fil de fer sur base en bois et d’une hauteur de 45 cm, réalisée vers 1928, acquise par le vendeur en 1965, estimée 1/1,5 million de livres, a été payée 1,38 million. Des œuvres de ce type ont notamment été montrées dans l’expositions des années parisiennes de Calder au Centre Pompidou en 2009.

Parmi les enchères les plus élevées, figure également Annette ou Portrait d’Annette au pull-over rouge, une huile sur toile (55 cm x 46 cm) d’Alberto Giacometti  peinte en 1961 et acquise par le vendeur en 1989 chez Christie’s Londres. Elle a été payée 4,85 millions de livres sur une estimation de 2/3 millions sans les frais (12%).

Cette dispersion était l’avant-dernière de la traditionnelle série de vacations d’art moderne de février chez Christie’s et Sotheby’s à Londres. 

Pour le moment, ces ventes ont rapporté 299 millions de livres dont quelque 184 millions engrangés par  Sotheby’s (en y incluant les œuvres d’art contemporain  faisant partie de la vente Looking Closely), soit un très large fossé entre les deux maisons de ventes que ne comblera pas la dernière vacation chez Christie’s aujourd’hui. Malgré la quantité, 245 lots, la très grande majorité des estimations est inférieure à 10.000 livres. 

L’enjeu est capital pour les deux plus importants opérateurs mondiaux du marché de l’art en ventes publiques – désormais au coude-à-coude pour un leadership encore détenu par Christie’s – qui se livrent une concurrence acharnée pour décrocher les meilleures œuvres. Les résultats de ces ventes majeures assurent une communication très efficace auprès des vendeurs potentiels.

Pierrick Moritz  

Un tableau de Francis Bacon en vente à Paris

4 décembre 2008

Un tableau de Francis Bacon intitulé Two Figures sera l’œuvre-vedette de la vente d’art contemporain proposée par Sotheby’s à Paris le 10 décembre. Cette création à l’huile et au sable sur toile, réalisée en 1961et mesurant 198 cm x 142 cm, est estimée 5/7 €millions.

En mai dernier, Sotheby’s avait vendu à Paris un des “papes velasqueziens”  de Bacon, peint à Tanger vers 1957-1959, pour 4,62 €millions. Le tableau était estimée 2/3 €millions.  

142 lots au total seront proposés aux enchères lors de la vacation du 10 décembre.

PM  

Saw V, affiche “baconisante”

29 octobre 2008

Affiche du film d’épouvante Saw V (sortie le 5 novembre 2008)

Exposition Francis Bacon à Londres

5 juillet 2008

La rétrospective consacrée à l’Œuvre de Francis Bacon par la Tate Britain Gallery de Londres ouvrira ses portes le 11 septembre 2008. L’exposition sera visible dans la capitale britannique jusqu’au 4 janvier 2009. Pour ceux que cela intéresse, on peut indiquer que les collections de la Tate Modern et la Tate Britain comptent 51 créations de Francis Bacon : http://www.tate.org.uk/servlet/ArtistWorks?cgroupid=999999961&artistid=682&page=1.

Vu l’engouement pour l’artiste, il sera plus prudent de réserver si l’on souhaite se rendre à Londres spécialement pour cette manifestation exceptionnelle.

Biographie concise de Francis Bacon en français : http://www.claude-bernard.com/artiste.php?artiste_id=18#cat

Site officiel pour la propriété de l’Œuvre de Francis Bacon (en anglais) : http://www.francis-bacon.com/

Un tableau de Francis Bacon invendu chez Sotheby’s (juillet 2008)

1 juillet 2008

Le tableau de Francis Bacon Figure Turning  présenté ce soir par Sotheby’s à Londres dans sa vente d’art d’Après-guerre et contemporain ne s’est pas vendu. Le fait pourrait être minoré par la réussite d’une vacation qui a totalisé 119,64 millions d’euros et où 72 lots sur 75 présentés se sont vendus (dont 38 au-dessus de leur estimation) si Francis Bacon n’était pas l’artiste contemporain le plus recherché du moment.

Une autre toile de Bacon présentée dans la même vacation, un petit portrait de son compagnon George Dyer daté de 1967, s’est quant à elle vendue 17,38 millions d’euros. Son estimation n’était communiquée que sur demande alors que celle de l’infortunée Figure Turning était donnée dans le catalogue entre 12,63 millions d’euros et 18,94 millions d’euros. Dans la mesure où les estimations communiquées sur demande sont toujours beaucoup plus élevées que celles qui sont diffusées spontanément, on peut se demander si ce portrait n’aurait pas été cédé en dessous d’une estimation plus importante (le résultat du portrait de Dyer entrant finalement dans la fourchette de l’estimation de Figure Turning).

Le portrait de George Dyer par Francis Bacon est le tableau le plus cher de la vente. La seconde enchère la plus importante de la vacation revient à un tableau de Jean-Michel Basquiat Sans titre (Pecho/Oreja) réalisé en 1982-1983, vendu dans la fourchette de son estimation à 6,42 millions d’euros.

Quelques autres résultats de cette vente

Les quatre créations d’Yves Klein présentées dans cette vente ont toutes trouvées preneur entre 1,13 million d’euro et 5,28 millions d’euros (ce dernier prix pour O, de 1961, pigments incorporés dans une résine synthétique sur papier marouflé sur toile, dont l’estimation haute était de 1,13 million d’euros). 

Annie Reading de Lucian Freud,  une petite huile sur toile (18 cm x 25,4 cm) de 1967 s’est vendue 900.000 euros sur une estimation haute de 500.000 euros.

Une des infirmières de Richard Prince peinte en 2002 s’est vendue au ras de son estimation basse à 5,35 millions d’euros.

Une Large Campbell’s Soup Can de Andy Warhol s’est vendue 4,43 millions d’euros, conformément à son estimation haute.

Angel of the North (maquette grandeur nature) de Antony Gormley, numéro 3 d’une édition de 5, s’est vendue 2,88 millions d’euros sur une estimation de 757.884 euros/1 million d’euros.

The Visitor de Marlene Dumas, huile sur toile de 1995, estimée 1 million d’euros/1,5 million d’euros s’est vendue 4 millions d’euros.

Rapture de Damien Hirst, toile ronde de 1995, s’est vendue 1, 75 million d’euros, dans la fourchette de son estimation. 

Un Achrome de Piero Manzoni réalisé en 1960 s’est vendu 2,45 millions d’euros sur une estimation haute de 884.000 euros.

Un mobile de Alexander Calder de 1962 s’est vendu 1,39 million d’euros sur une estimation haute de 758.000 euros.

Pierrick Moritz

Les résultats convertis en euros s’entendent frais à la charge de l’acheteur compris et sont valables dans la mesure où l’acheteur a effectivement payé son achat. Les estimations ne comprennent pas les frais à la charge de l’acheteur

 

Le marché de l’art contemporain se calme à Londres

30 juin 2008

Si la vacation d’art d’après-guerre et contemporain organisée par Christie’s ce soir à Londres enregistre de bons prix et finalement peu d’invendus (10 sur les 58 lots présentés), nous sommes loin de l’euphorie des dernières grandes ventes dans la spécialité. Le chiffre d’affaires équivalent à 109 millions d’euros est à mi-chemin des 221 millions d’euros (348,28 millions de dollars) réalisés à New York par le même opérateur en mai. Une toile de Mark Rothko avait été payée 50,44 millions de dollars et Benefits Supervisor Sleeping de Lucian Freud avait atteint 33,64 millions.

Pas de super nouveau record

Le triptyque de Francis Bacon Three Studies for Self-Portrait, œuvre-vedette de la vente dont l’estimation était communiquée sur demande, a été payé l’équivalent de  21,28 millions d’euros. Un autre triptyque du peintre, également pour un autoportrait et mesurant à peu près les mêmes dimensions, peint en 1976, s’était échangé contre 17,77 millions d’euros (28 millions de dollars) le 13 mai à New York. Toutefois, celui présenté ce soir chez Christie’s peut être perçu comme une œuvre plus forte.

(Concetto spaziale) La fine di Dio, une huile sur toile de Lucio Fontana réalisée en 1964 dont la maison de ventes devait attendre beaucoup puisque l’estimation était également communiquée uniquement sur demande, n’a pas trouvé preneur.

Conformes

4 des œuvres figurant parmi les plus chères du catalogue ont été vendues conformément à leur estimation.

La sculpture monumentale de Jeff Koons Balloon Flower (Magenta), une œuvre qui existe en 5 versions uniques (celle-ci, une en bleu, une en orange, une en jaune et une en rouge) a été payée l’équivalent de 16,34 millions d’euros. Auto, une grande huile sur toile du même artiste peinte en 2001  a été payée l’équivalent de 3,16 millions d’euros

Naked Portrait with Reflexion, une huile sur toile de Lucian Freud réalisée en 1980 a été payée l’équivalent de 14,05 millions d’euros. L’autre toile de Freud figurant au catalogue, Tête d’une femme, une petite huile peinte en 1990-1991  a été échangée contre 2,6 millions d’euros.

Invendus

Great american nude de Tom Wesselmann, acrylique et papiers collés sur planche avec radiateur, téléphone, manteau et porte, tune echnique mixte réalisée en 1963 et estimée 3,16/3,79 millions d’euros, n’a pas trouvé preneur.

 L-Tyrosine-15n de Damien Hirst dont l’équivalent de 2,53/3,79 millions d’euros étaient attendus a connu le même sort. Un sans titre de Hirst s’est toutefois échangée contre l’équivalent de 532.862 euros sur la base d’une estimation de 350.000/759.000 euros.

Andy Warhol

D’Andy WarholLast Supper, peinture Polymère synthétique et encres sérigraphiques sur toile, réalisée en 1986 (estimée l’équivalent de 2,53/3,79 millions d’euros) a été vendue 4 millions.

Nine Multicoloured Marilyns (Reversal Series), acrylique, peinture Polymère synthétique et encres sérigraphiques sur toile, réalisée en 1979 et estimée 3,16/4,42 millions d’euros a été échangée contre 5,15 millions.

L’œuvre la plus chère de Nicolas de Staël

Une huile sur toile des années 1950 de Nicolas de Staël, Marseille sous la neige, a été payée l’équivalent de 2,17 millions d’euros quand  elle était estimée 506.000/ 600.000 euros. Il s’agit de l’œuvre du peintre la plus chère vendue dans une vente publique au cours du change dollar/euro d’aujourd’hui.

Pierrick Moritz

Les résultats s’entendent avec les frais à la charge de l’acheteur compris et sont valables dans la mesure où l’acheteur a effectivement payé son achat. Les estimations ne comprennent pas les frais à la charge de l’acheteur.

Lucian Freud, Francis Bacon et Jeff Koons le 30 juin chez Christie’s

12 juin 2008

Naked Portrait with Reflexion, une huile sur toile de Lucian Freud exécutée en 1980 et Three Studies for Self-Portrait (1975), un triptyque de Francis Bacon acheté par l’actuel propriétaite à la galerie Claude Bernard en 1976 (estimation communiquée sur demande) comptent parmi les œuvres les plus importantes de la vente d’art d’Après-guerre et contemporain proposée par Christie’s à Londres le 30 juin prochain.  

Une sculpture monumentale de Jeff Koons Balloon Flower (Magenta), une œuvre qui existe en 5 versions uniques au total (celle-ci, une en bleu, une en orange, une en jaune et une en rouge) est également présente au catalogue.

Ces œuvres sont estimées plus de 10 £millions chacune.

Deux créations de Damien Hirst, artiste que les rumeurs sur la vente de son célèbre crâne en platine ont un peu décrédibilisé* (les prix obtenus par ses œuvres en ventes publiques s’en ressentent même s’ils demeurent conséquents), seront également présentées (dont un très cinétique L-Tyrosine-15n pour 2 £millions/3 £millions).
   

52 lots en tout composent le catalogue de cette vacation. Il comprend, également et entre autres, des créations de Gerhard Richter (estimation de 2 £millions/3 £millions pour Kleine Strasse, une huile sur toile de 1987), Tom Wesselmann (estimation de 2,5 £millions/3 £millions pour Great American Nude N°44, une véritable installation sur panneau à l’acrylique avec un radiateur, un téléphone, une porte et un manteau), Mark Rothko pour une œuvre de 1963 à l’acrylique sur papier Black, White, Blue estimée 1,5 £millions/2 £millions (provient de la collection J. Irwin et Xenia S. Miller) et Lucio Fontana (deux Concetto spaziale estimée 700.000 £/1 £million chacune).  

PM

* Voir : http://pierrickmoritz.wordpress.com/2007/10/11/damien-hirst-collectionne-damien-hirst/