Archive pour la catégorie ‘Hong Kong’

Art dans les ventes publiques : les deux enchères les plus importantes de 2011 en France réalisées par des études françaises

5 janvier 2012

Les deux enchères les plus élevées obtenues en France en 2011 ont été réalisées à Toulouse le 26 mars dernier par des commissaires-priseurs français et pour des objets d’art chinois. Marc Labarbe, de l’étude toulousaine qui a vendu un rouleau chinois de l’empereur Qianlong pour la somme astronomique de 22 millions d’euros sera, avec  Jack Philippe Ruellan et son étude de Vannes, le premier commissaire-priseur français à organiser une grande vente de vins français à Hong Kong en mai prochain.  

Le commissaire-priseur Marc Labarbe posant avec le rouleau d’une longueur de 24 mètres et datant du règne de l’empereur Qianlong. Crédit photo : étude Labarbe.

Avec une facture finale de 22,05 millions d’euros (17,8 millions hors frais), le rouleau impérial chinois long de 24 mètres ayant appartenu à l’empereur Qianlong (règne de 1736 à 1795), estimé 3 à 4 millions d’euros, et adjugé par Marc Labarbe à Toulouse le 26 mars dernier, constitue l’enchère la plus importante de l’année en France. Ce résultat dépasse très largement l’équivalent de 6 millions d’euros payé en octobre 2008 à Hong Kong pour la troisième peinture de cette même série qui en compte quatre, et les 6,06 millions engagés sur le rouleau impérial de la collection de Paul Doumer, un Banquet de la victoire dans les jardins de l’Ouest daté la même période, chez Christie’s Paris le 22 novembre 2005.

Détail du rouleau. Cette œuvre à sujet militaire intitulée Manœuvres, peinte par plusieurs artistes de la cour en 1748 ou 1749, et marquée de nombreux sceaux impériaux, fait partie d’une série de quatre, La Grande Revue. Crédit Photo : étude Labarde.

Il s’agit également de la plus grosse enchère jamais réalisée en France pour un objet chinois, record qui était auparavant détenu par Christie’s, pour une paire de cloisonnés payés 6,5 millions d’euros en juin 2007.

Selon le commissaire-priseurla facture astronomique a été réglée en 3 mois par l’acheteur chinois. Un délai très raisonnable pour ce type d’acquisition, et d’autant plus que les cas d’impayés sur les objets et œuvres d’art chinois importants ont été récurrents ces dernières années*. Et au point que certaines maisons de vente, comme Christie’s pour ses vacations dans la spécialité à Hong Kong, en sont venues à demander le versement de cautions aux enchérisseurs préalablement déclarés

Par ailleurs, et en collaboration avec le commissaire-priseur Jack Philippe Ruellan de Vannes, Marc Labarbe est le premier commissaire-priseur français à organiser une vente de vins à Hong Kong, les 11,12 et 13 mai prochains. 1200 lots de grands crus français y seront dispersés. Entre temps, il dirigera une autre vente d’art asiatique le 25 février et pour laquelle il annonce “d’autres surprises”.

La seconde enchère la plus élevée en France en 2011 a également été réalisée par une étude toulousaine et pour un objet d’art chinois. Il s’agit d’un sceau impérial en néphrite blanche de l’empereur Qianlong, payé 12,93 millions d’euros chez Xavier Marambat. Avec des enchères finales (donc hors frais) de 2,8 millions en 2010 et de 4,7 millions d’euros en 2008, cette étude française avait déjà vendu deux des sceaux impériaux chinois les plus chers du monde.

Ce sceau impérial payé 12,93 millions d’euros était estimé 1/1,5 million. Crédit photo : étude Marambat.

PM

*On se souvient notamment des têtes en bronze animalières de la vente Saint Laurent/Bergé, en 2009 chez Christie’s Paris, deux sculptures provenant de la fontaine zodiacale de l’ancien Palais d’été de Pékin pillé par les forces anglo-françaises en 1860 et vendues pour 31,5 millions d’euros avec les frais. L’enchérisseur, Cai Mingchao, célèbre pour être l’un des plus importants acquéreurs d’antiquités impériales chinoises, notamment en ventes publiques sur la place de Hong Kong, avait tenu une conférence de presse pour informer d’une démarche patriotique pour faire échouer la vente de ces trésors patrimoniaux. Pour un montant encore plus important, l’équivalent de 51 millions d’euros, un vase chinois d’époque Qianlong vendu par la maison de ventes britannique Bainbridges en novembre 2010 n’était toujours pas payé 5 mois plus tard.  En novembre 2011, le paiement devait se concrétiser mais, dans le cadre d’une rumeur contradictoire, l’opérateur déclarait dans les colonnes du Art Newspaper “qu’il n’était pas mesure de faire des commentaires” sur cette affaire.  PM

Reflux du chiffre d’affaires pour une série de ventes de Christie’s à Hong Kong

30 novembre 2011

Christie’s vient de réaliser l’équivalent de quelque 385 millions de dollars américains de chiffres d’affaires pour sa série de ventes organisée jusqu’à aujourd’hui à Hong Kong. Ces vacations concernent les spécialités des objets et œuvres d’art asiatiques, bijoux, montres et vins.

Avec ce résultat, l’opérateur demeure très loin du record historique de 515 millions de dollars réalisé en juin dernier pour une série de ventes équivalente et très en dessous de celui de 408 millions de l’année dernière à la même époque.

Sotheby’s, son concurrent occidental direct sur cette place asiatique, a fait beaucoup mieux le mois dernier pour une opération équivalente qui a rapporté l’équivalent de 412,5 millions de dollars. Mais le chiffre d’affaires était ici ausssi en recul par rapport au précédent.

Toutefois, en juin 2008, juste avant les effets d’une crise boursière ressentie très sensiblement sur le marché de l’art, Christie’s avait réalisé un chiffre d’affaires, très important à l’époque, équivalent à 202 millions d’euros (non connu ici en dollars) pour une série de vente à Hong Kong.

La spécialité des objets d’art chinois a confirmé son recul constaté depuis le printemps, même si elle demeure ponctuée de prix astronomiques, avec une vacation principale où 43 % des lots n’ont pas trouvé preneur. Elle a produit 65,5 millions de dollars en deux ventes.

Ce sont les bijoux qui ont ici rapporté le plus d’argent, avec l’équivalent de 83 millions de dollars américains. Mais, estimés 7/10 millions de dollars chacun sans les frais (12%), les deux lots les plus chers de ce catalogue, à savoir des diamants exceptionnels taillés en brillant et pesant chacun 35,61 et 35, 77 carats, ont été respectivement payés 8 et 8,3 millions de dollars avec les frais, soit dans la fourchette basse de l’estimation.

Cette vacation de bijoux enregistre également 73 invendus sur 312 lots présentés dont, pour le plus important, un collier en jadéïte et diamant estimé 2,5/3,8 millions.

76 millions de dollars américains ont été générés par la peinture chinoise moderne (classique). Ici, et pour la plus forte enchère, Lotus, une série de 8 rouleaux (247 cm x 123 cm chaque), encre et couleurs sur papier, par Cui Ruzhuo (né en 1944), a été payée l’équivalent de 3 millions de dollars américains avec les frais (12 %) sur une estimation de 2,6/5 millions sans les frais. Ces œuvres datent…..du début de l’été 2011.

Toujours pour les lots les plus importants du catalogues, deux peintures de paysage réalisées en 1967 par Zhang Daqian (1899-1983) ont également été payées au plus près de leur estimation basse, soit 2,8 et  2,89 millions de dollars. Sur 422 lots présentés dans cette vente, seulement 50 n’ont pas trouvé preneur.

Article en rapport  : http://artwithoutskin.com/2011/11/30/nombreux-invendus-pour-les-ventes-dart-de-christies-a-hong-kong/

Pierrick Moritz

Les estimations et résultats sont convertis du dollar Hong Kong au dollar américain. 

Nombreux invendus pour les ventes d’art de Christie’s à Hong Kong

30 novembre 2011

La très importante vente de céramiques et d’objets d’art chinois, organisée aujourd’hui chez Christie’s Hong Kong, affiche un taux d’invendus de quelque 43 %.

Si, pour la plus forte enchère, un vase d’époque et avec le sceau Qianlong, bleu et rouge cuivre, de forme meiping, a été payé l’équivalent de 6 millions de dollars américains sur une estimation de 2,3/2,8 millions, le lot pressenti pour battre un record, une gourde de pélerin, dite bianhu, période Yongle de l’époque Ming (début XVe siècle), n’a pas trouvé preneur.

Estimé 3,6/4,5 millions de dollars, l’objet d’art en était quand même à son troisième passage en vente publique depuis 1994.

Cette mauvaise performance  de l’opérateur fait pendant avec celle de sa dispersion d’une importante collection d’art contemporain chinois, le 26 novembre sur la même place asiatique. Sur la quinzaine d’œuvres annoncée dans le communiqué de la maison de vente de septembre, seulement 8 ont trouvé preneur.

Le clou de la vente, un Massacre de Chios par Yue Minjun, une toile monumentale en diptyque peinte en 1994  a été payé l’équivalent de quelques 4 millions de dollars américains, soit le prix auquel le vendeur l’avait payée en 2007 chez Sotheby’s Hong Kong. Avec les commissions au vendeur et à l’acheteur perçue par la maison de vente, il s’agit ici d’une importante moins-value.

Deux autres toiles du chef de file du mouvement cynique réaliste chinois présentées dans la même vente ont été adjugées sous leur estimation basse. Un portrait de l’artiste et de ses amis a été payé l’équivalent de 2,97 millions de dollars américains (payé 2,62 millions chez le même opérateur en 2007) et Red Boat, une huile sur toile de 1993, a été payée l’équivalent de 1,96 millions (payée 1,63 million chez le même opérateur en 2007).

Un portrait en jaune, peint en 1993 par Zhang Xiaogang (estimé l’équivalent de 3,2/3,8 millions de dollars américains) et une Happy Family (deux hommes et un bébé) peinte en 1998 par Liu Ye (1,5/2,3 millions) n’ont pas trouvé preneur.

Pierrick Moritz

Les estimations et résultats sont convertis du dollar Hong Kong au dollar américain.  

Le chiffre d’affaires annuel de Sotheby’s Hong Kong en augmentation de 40 %

7 octobre 2011

Sotheby’s a annoncé aujourd’hui un chiffre d’affaires en augmentation de 40 % pour ses ventes publiques et privées d’art, de vins, de bijoux et de montres à Hong Kong.

À l’issue de sa seconde et dernière série de ventes publiques de l’année sur la place asiatique, ce chiffre d’affaires passe de 685 milions de dollars américains en 2010 à 960 millions cette année.

Le chiffre d’affaires total des vacations publiques d’automne s’élève à exactement 411 millions de dollars américains, soit le second meilleur résultat de son histoire pour une série de ventes aux enchères à Hong Kong.

Celles du printemps dernier avait rapporté quelque 449 millions de dollars, un record historique pour l’opérateur.

En savoir plus :  http://artwithoutskin.com/2011/10/06/sothebys-maintient-un-tres-important-chiffre-daffaires-a-hong-kong

Sotheby’s maintient un très important chiffre d’affaires à Hong Kong

6 octobre 2011

Sotheby’s  réalise un chiffre d’affaires équivalent à quelque 412,5 millions de dollars américains à l’issue de sa traditionnelle série de ventes d’automne à Hong Kong. Ce résultat est en recul par rapport à sa dernière opération similaire, au printemps, sur cette place asiatique.  À l’époque, l’ensemble de ses ventes avait totalisé l’équivalent de 449 millions de dollars.

Cette baisse est à relativiser pour le moment. Les chiffres d’affaires des deux opérateurs occidentaux Sotheby’s et Christie’s à Hong Kong  ont progressé de façon constante ces trois dernières années et pour atteindre des niveaux jamais vus.

Pour Sotheby’s, le chiffre d’affaires était de 399 millions de dollars américains en octobre 2010, de 257 millions en avril 2010 (ce qui constituait un record à l’époque) et de 166 millions en octobre 2009. En avril 2008, le chiffre d’affaires qui constituait un nouveau record pour la maison de vente équivalait à 144 millions d’euros du moment (source Artwithoutskin, pas d’équivalent de l’époque en dollars américains pour ce  dernier chiffre).

Cette saison, la spécialité la plus rénumératrice pour Sotheby’s a été celle des objets d’art asiatique dont les céramiques chinoises avec un apport total de 124 millions de dollars américains et bien qu’une vente catastrophique ait engendré 45 % d’invendus. Un record a été atteint au cours d’une autre vacation avec 21,7 millions de dollars payés pour un vase chinois en bleu et blanc daté de la période Yongle (dynastie Ming).

Vient ensuite celle de l’art moderne et contemporain asiatique avec 124 millions de dollars cumulés en plusieurs ventes spécialisées. Dans une vente de peinture moderne chinoise, une huile sur toile de Zao Wou-ki  a été payée l’équivalent de 8,85 millions de dollars américains, atteignant un plus haut historique pour une œuvre de cet artiste négociée en vente publique. La peinture traditionnelle chinoise reste la plus rentable avec l’équivalent de quelque 95 millions de dollars américains amassés en une seule vacation.

Les ventes de joaillerie, jadéites et montres ont rapporté l’équivalent de 81 millions de dollars américains, celles de vin l’équivalent de 13 millions de dollars.

Sa concurrente Christie’s détient le record du plus important chiffre d’affaires pour une série de ventes à Hong Kong, avec 515 millions de dollars réalisés au printemps dernier.

Les deux opérateurs organisent chacun deux séries de ventes par an à Hong Kong sur les thèmes de la peinture asiatique traditionnelle, moderne et contemporaine, de la joaillerie et des jadéïtes, des montres de luxe, du vin et des objets d’art asiatique.

Pierrick Moritz

Articles en rapport :  http://artwithoutskin.com/2011/10/05/mauvais-resultats-chez-sothebys-hong-kong-pour-une-vente-de-ceramiques-et-dobjets-dart-asiatique

                                     http://artwithoutskin.com/2011/10/03/record-mondial-pour-une-oeuvre-de-zao-wou-ki-a-hong-kong

Mauvais résultats chez Sotheby’s Hong Kong pour une vente de céramiques et d’objets d’art asiatique

5 octobre 2011

Alors que nombre de maisons de vente occidentales doivent le maintien et l’augmentation de leur chiffre d’affaires aux objets et œuvres d’art asiatique, le phénomène de retrait des acheteurs devant les estimations délirantes de cette marchandise devient plus sensible. Sotheby’s vient d’en faire les frais aujourd’hui à Hong Kong : 45 % des lots d’une très importante vente de céramiques et d’objets d’art n’ont pas trouvé preneur.

Si, aujourd’hui chez Sotheby’s Hong Kong et lors de la dispersion de porcelaines chinoises de la collection Meiyintang, un vase en bleu et blanc chinois daté de la période Yongle a été échangé contre la somme record de 21,7 millions de dollars américains, une bonne partie des 263 lots d’une autre vente d’objet d’art asiatique est restée sur le carreau.

13 des 18 lots les plus chers du catalogue invendus

Dans cette dernière vacation, sur 18  lots assortis d’une estimation au moins égale à 10 millions de dollars hongkongais (1,28 million de dollars américains), 13 n’ont pas été vendus.

On y trouve les deux objets les plus importants. Il s’agit d’une statue de la divinité Tara en cuivre doré (Népal XIIIe siècle) à l’estimation confidentielle et supérieure aux 8,8 millions/10 millions de dollars américains attendus et jamais venus du lot suivant, à savoir une statue du panthéon bouddhiste, dynastie Ming, milieu du XVIe siècle.

Toujours pour les objets les plus dispendieux et pour une estimation de 4,5/5,7 millions de dollars américains par lot, une paire de vases de la famille rose d’époque et de période Qianlong et un encensoir en émail de Pékin, période Yongzheng, n’ont également pas trouvé preneur.

L’enchère la plus élevée  est allée à une cloche en bronze impériale chinoise, marque et période Chenghua, payée l’équivalent de 5 millions de dollars américains sur une estimation de 1,9/2,6 millions de dollars.

21,7 millions de dollars américains pour un vase chinois

Dans une vacation de porcelaines impériales chinoises également proposée aujourd’hui par Sotheby’s Hong Kong, une sélection de 41 pièces provenant de la collection Meiyintang – dont une autre partie a été dispersée au printemps dernier – a vu 9 de ses lots rester sur le carreau. Une flasque en bleu et blanc de la période Yongle estimée l’équivalent de 6,4/10 millions de dollars américains a notamment été ravalée.

Mais c’est ici que l’objet d’art le plus important, un vase en bleu et blanc toujours de la période Yongle, a été payé l’équivalent de 21,7 millions de dollars américains sur une estimation de 10/15,4 millions de dollars.

Bonne santé de la peinture traditionnelle chinoise

Ces vacations s’inscrivent dans le cadre d’une série sur les thèmes  du vin, des bijoux et des arts asiatiques organisée cette semaine par Sotheby’s à Hong Kong. En ce qui concerne la peinture, les ventes ont enregistré des taux d’invendus raisonnables avec un maximum de l’ordre de 26 % pour une vacation d’art contemporain asiatique.

Pour le chiffre d’affaires le plus important en une seule vente, la peinture traditionnelle chinoise a produit l’équivalent à 95 millions de dollars américains avec un taux d’invendus extrêmement faible.

 Pierrick Moritz


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