Avec l’équivalent de 515 millions de dollars américains, Christie’s vient de réaliser le plus important chiffre d’affaires de son histoire pour une série de ventes à Hong Kong.
Entamée le 27 mai, cette séquence de 13 vacations dans les spécialités des arts traditionnels chinois, de la peinture “moderne” et contemporaine asiatique, de la joaillerie, des montres de luxe et des vins de prestige s’est achevée hier.
Avec cette performance, l’opérateur relève aussi le plafond du plus important chiffre d’affaires réalisé sur la place asiatique par une maison de vente occidentale (449 millions de dollars américains produits par Sotheby’s en avril dernier pour une série de ventes similaire).
Si les chiffres d’affaires des deux opérateurs sont en augmentation constante (pour une opération similaire, Christie’s réalisait 408 millions de dollars en décembre 2010), le net mouvement de recul devant les estimations délirantes des objets d’art traditionnel chinois constaté lors de la dernière série de ventes de Sotheby’s à Hong Kong s’est confirmé ici.
La peinture chinoise “moderne” a été la spécialité la plus profitable avec l’équivalent de 123 millions de dollars américains allant à une seule vacation regroupant des centaines de lots dont des dizaines de peintures du peintre Zhang Daqian (ou Chang Dai-Chien, 1899-1983). Ses œuvres ont largement contribué au résultat mirobolant, notamment avec les 3 plus importantes vendues très au-dessus des estimations et pour l’équivalent de plus de 20 millions de dollars américains.
Le 31 mai, toujours à Hong Kong, Sotheby’s a vendu une collection de 25 peintures de cet artiste très célèbre en Chine pour l’équivalent de quelque 87,6 millions de dollars. Il s’agit des plus hauts prix enregistrés en vente publique pour des œuvres de Zhang Daqian.
La spécialité dépasse celles des objets d’art chinois, habituellement plus rémunératrice qui, en 4 ventes, a produit l’équivalent de 107 millions de dollars.
Comme Sotheby’s lors de sa dernière série de ventes à Hong Kong, en avril dernier, Christie’s a vu un certains nombres des lots phares ne pas trouver preneur, à commencer par le plus cher, un vase réticulé Qianlong pressenti pour rivaliser avec le record d’un autre de ce type vendu pour quelque 51 millions d’euros – et qui ne serait toujours pas payé - par la maison de ventes britannique Bainbridges en novembre 2010. L’évènement était tel qu’une vacation était entièrement consacrée à cet objet d’art.
L’Imperial Sale a enregistré 24 lots invendus sur 94 présentés dont 3 étaient assortis des estimations les plus élevées du catalogue, c’est-à-dire confidentielles.
Il s’agit d’un paravent à dix feuilles d’époque Kangxi (période Yongzheng, 1662-1735) recouvert d’un laque polychrome et d’une jarre en bleu/blanc à décor de dragon du début de la période Ming (1426-1435). Ces deux objets ont pour point commun d’avoir été achetés en salle des ventes à Londres dans les années 1980.
Le troisième est une paire de jarres couvertes de la famille rose d’époque Qianlong (1736-1795) qui avait été achetée l’équivalent de 3 millions de dollars américains chez le même opérateur en mai 2005 à Hong Kong.
Pour les invendus aux estimations clairement chiffrées, on peut citer un très grand vase de la famille rose à décor millefleurs et de forme ”double gourde” d’époque Qianlong dont l’équivalent de 2,3/2,8 millions de dollars américains étaient attendus.
Ce vase provient d’une paire vendue séparément chez Sotheby’s Londres en novembre 2003. Celui-ci avait été payé 363.650 livres, l’autre présentait une restauration ancienne et avait été acquis pour 10 fois moins.
Une jardinière impériale, “automate musical” en bronze émaillé, fin de la période Qianlong (1736-1795), assortie d’une estimation de 2,3/3,2 millions de dollars américains, n’a également pas trouvé preneur. L’objet d’art avait été payé l’équivalent de 1,9 million de dollars américains chez Christie’s Hong Kong en mai 2009.
Dans une autre vente dédiée aux céramiques et objets d’art chinois, 80 lots sur les 327 présentés n’ont pas trouvé preneur. Un plat bleu/blanc de la dynastie Yuan (XIVe siècle) estimé l’équivalent de 514.000/771.000 dollars américains figure parmi les plus importants.
L’évolution de l’estimation de cet objet d’art payé 12.925 livres dans une vacation chez Christie’s Londres en novembre 2000 illustre la situation d’une spécialité devenue extrêmement spéculative.
Pierrick Moritz
Les estimations sont donnés sans les frais à la charge de l’acheteur en plus de l’adjudication finale. Chez Christie’s Hong Kong, Ils sont de 25 % pour les adjudications inférieures ou égales à 400.000 HKD, de 20 % entre 400.001 HKD et jusqu’à 8 millions de HKD, et de 12 % au-dessus. Pour les vins, ces frais sont de 20 % dans tous les cas.
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