Archive pour la catégorie ‘Hong Kong’

Christie’s va tenter de vendre l’un des vases les plus chers du monde

25 mai 2011

Christie’s va mettre à l’encan un exceptionnel vase chinois d’époque Qianlong le 1er juin prochain à Hong Kong.

Il s’agit d’une pièce à double paroi et à décor réticulé dans la séquence de celui vendu pour l’équivalent de quelque 51 millions d’euros par la maison de ventes britannique Bainbridges en novembre 2010.

Au dernières nouvelles, le mois dernier, l’acheteur chinois n’avait toujours pas réglé sa facture.

PM

Prix record pour Qi Baishi et l’art intemporel chinois

24 mai 2011

Selon French.china.org, une œuvre du peintre chinois Qi Baishi datée de 1946 a été vendue pour l’équivalent de 46,5 millions d’euros dimanche dernier par la maison de vente pékinoise China Guardian. 

Des 32 millions d’euros payés pour une tête de méduse de Raphaël chez Christie’s Londres en 2009 aux 83 millions donnés l’année suivante pour Nu, feuilles vertes et buste de Pablo Picasso chez Christie’s New York, cette somme record fait de cette peinture à l’encre l’une des œuvres d’art visuel négociées en vente publique les plus chères de l’histoire.

La création à sujet naturaliste intitulée Une longue vie, un mode en paix, représentant un aigle juché sur un pin et entouré de calligraphie, est impossible à classer dans les séquences temporelles occidentales “peinture ancienne”, “art moderne” ou “art contemporain”, car elle relève d’un art ancestral et immuable.

Pierrick Moritz

À propos du Festival de Cannes et des droits de l’homme

19 mai 2011

L’évènement du Festival de Cannes 2011  pourrait être la venue de Mohammad Rasoulof dont, selon une dépêche Reuters du 17 mai, l’interdiction de quitter le territoire iranien a été levée.

Son film Au revoir ou l’histoire d’une femme qui cherche à quitter l’Iran, réalisé clandestinement, a été présenté hors compétition.

Le cinéaste iranien avait également été condamné à l’emprisonnement pour avoir travaillé avec Jafar Panahi dont le crime est d’avoir réalisé un film qui déplaît aux autorités.

Jafar Panahi demeure sous le coup de ces condamnations.

Même si Hong Kong  est une région administrative spéciale de la Chine, on aimerait connaître l’avis des membres du jury Nansun Shi  et Johnnie To sur la situation des droits de l’homme dans ce pays, et notamment sur la récente vague d’arrestations d’artistes et d’intellectuels comme Ai Weiwei.

Du fait de leur fonction au sein du festival, ils demeurent pour le moment astreints au silence.

Pierrick Moritz

Articles en rapport :

http://artwithoutskin.com/2010/12/21/le-marche-de-lart-attenue-sensiblement-le-deficit-dimage-culturelle-de-la-chine-2010/

http://artwithoutskin.com/2010/12/29/raffi-pitts-la-lettre-ouverte-a-ahmadinejad-pour-jafar-panahi-et-mohammad-rasoulof/

Le vase le plus cher du monde n’est pas encore payé

15 avril 2011

Les impayés dans les ventes aux enchères publiques

Le 11 avril, Bloomberg indiquait que le vase chinois d’époque Qianlong vendu pour l’équivalent de quelque 51 millions d’euros par la maison de ventes britannique Bainbridges en novembre 2010 n’était toujours pas payé.

Dans la même dépêche, et en rappelant l’affaire des têtes en bronze de la fontaine zodiacale de l’ancien palais d’été de Pékin de la collection Saint Laurent/Bergé, 31,5 millions d’euros jamais payés par un acheteur chinois pour un motif “patriotique” (il s’agissait de saboter la vente de ces pièces patrimoniales volées en 1860 et pour lesquelles le gouvernement chinois avait formulé une demande de restitution avant la vacation), le journaliste démontre que les demandes de provisions des maisons de ventes auprès des acheteurs désirant enchérir sur des antiquités chinoises de très grande valeur deviennent plus courante.

Celles exigées par Sotheby’s pour sa dernière série de ventes à Hong Kong pourraient expliquer en partie pourquoi un certain nombre de pièces aux enchères millionnaires n’a pas trouvé preneur.

Les cas de retard de paiement et d’impayés font partie des déconvenues du monde des ventes aux enchères publiques.

Les poursuites engagées par la maison de ventes à l’encontre des acheteurs défaillants demeurent le plus souvent à la charge des vendeurs, lesquels se voient privés de leur argent et de leur bien le temps de recouvrir la somme en question.

L’objet n’est normalement jamais remis à l’acheteur avant la perception de l’intégralité du paiement, pour protéger le vendeur mais aussi pour empêcher une revente à un prix supérieur (sans bourse délier, l’acheteur empocherait une plus-value et s’acquitterait de la somme initialement dûe ensuite)

En cas d’impossiblité de récupérer l’argent, une nouvelle mise en vente de l’objet est possible (la folle enchère). Dans le cas où l’objet se vendrait moins cher, la différence est alors à la charge du premier acheteur.

Il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre d’objets et d’œuvres d’art n’est finalement jamais payé dans un marché des ventes aux enchères publiques qui, sous certains aspects, demeure extrêmement opaque.

Le phénomène contribue notamment au problème de fiablilité des répertoires de cotes où les montants des adjucations sont rapidement inscrits.Certaines œuvres, notamment en peinture, affichent des références qui ne correspondent à rien puisque, des mois après la vente, la facture n’est toujours pas honorée, et ne le sera peut-être jamais.

Pierrick Moritz

Articles en rapport :

http://artwithoutskin.com/2011/04/08/un-important-sceau-imperial-chinois-invendu-chez-sothebys-hong-kong

http://artwithoutskin.com/2011/04/07/dimportantes-porcelaines-chinoises-invendues-chez-sothebys-hong-kong/

La disparition d’Ai Weiwei abîme l’image culturelle de la Chine

13 avril 2011

Toujours pas de nouvelles d’Ai Weiwei, l’artiste et activiste chinois le plus célèbre du monde, arrêté le 3 avril à Pékin alors qu’il  s’apprêtait à embarquer pour Hong Kong.

L’affaire émeut les gouvernements démocratiques de la planète et affecte le lobbying de la Chine pour promouvoir son image culturelle, notamment à travers son histoire impériale et ses arts traditionnels (qui ne sont pas tournés vers le passé, mais intemporels).

Le site Chine Nouvelle diffuse une information relative à l’histoire culturelle chinoise et à destination des francophones de plus en plus abondante sur Internet, certains acheteurs chinois d’œuvres impériales aux prix spectaculaires agiraient par patriotisme, notamment dans le but de faire parler de leur pays sous un jour fastueux.

Dans la course pour asseoir une position de première puissance économique mondiale, il est indispensable de s’appliquer également  à devenir la première puissance culturelle. Aujourd’hui, la culture dominante est plus que jamais américaine.

Ce n’est pas en faisant disparaître son plus célèbre artiste au motif de “crimes économiques présumés” que la Chine va améliorer un déficit d’image culturelle dû au non-respect des droits de l’homme.

L’arrestation d’Ai Weiwei bouleverse le monde de l’art qui prend des initiatives afin de réclamer d’avoir au moins de ses nouvelles et que sa sécurité soit assurée.

La pétition mise en ligne par la fondation Guggenheim présente déjà plus de 50.000 signatures, dont celles des directeurs des plus grands musées du monde entier. Le rôle de ces institutions pour le rayonnement culturel de la Chine est primordial.

Comme prévu de longue date, le Cercle des animaux d’Ai Weiwei, une série de grandes sculptures en bronze représentant les têtes des douze animaux qui ornaient la fontaine zodiacale de l’ancien palais d’été de Pékin, sera présenté dans plusieurs villes américaines ce printemps, dont au Grand Army Plaza de New York, et à la Somerset House de Londres.

Deux des têtes originales, volées en 1860 par les troupes britanniques et françaises sur le monument, et dont la Chine réclame la restitution, avait été achetées pour 31,5 millions d’euros par Cai Mingchao, l’un des plus importants acheteurs d’antiquités chinoises au monde, lors de la vente Bergé/Saint Laurent à Paris en 2009.

Le marchand chinois avait ensuite révélé au cours d’une conférence de presse que son but était de saboter la vente par patriotisme et qu’il ne paierait pas les sculptures, ce à quoi il s’est tenu.

Ai Weiwei présente ses têtes montées sur des socles qui leur donnent des allures de trophées.

Pierrick Moritz

Sotheby’s bat un nouveau record pour des ventes à Hong Kong

8 avril 2011

Avec l’équivalent de quelque 449 millions de dollars américains, Sotheby’s réalise le plus important chiffre d’affaires d’un opérateur occidental en art pour une série de ventes aux enchères à Hong Kong. Mais la prudence s’installe devant les estimations délirantes des œuvres d’art traditionnel chinois.

La série de 14 ventes organisée entre le 1er et le 8 avril par Sotheby’s à Hong Kong, dans les domaines du vin, de l’art contemporain et traditionnel asiatique, de la joaillerie et des montres de luxe, a rapporté l’équivalent de quelque 449 millions de dollars américains.

Il s’agit du plus important chiffre d’affaires réalisé pour une séquence du genre par une maison de ventes occidentale sur la place asiatique. Christie’s détenait le précédent record avec 408 millions de dollars américains, un chiffre d’affaires réalisé en décembre dernier pour une opération équivalente.

Comme souvent, plus de la moitié du chiffre d’affaires (245,5 millons de dollars) a été généré par l’art traditionnel chinois (céramiques, objets d’art, peinture et calligraphie). On remarque le repli des investisseurs potentiels devant des estimations délirantes, certaines pièces très importantes n’ont pas trouvé preneur. Ces déconvenues devraient calmer les ardeurs d’une spéculation bien réelle.

L’art moderne et contemporain asiatique, dont la dernière spécialité était jusqu’à présent délaissée des maisons de ventes occidentales suite aux excès spéculatifs de l’avant-crise de 2008 -  manne dont ces mêmes opérateurs ont également su très bien profiter - a repris de la vigueur et produit l’équivalent de 135 millions de dollars américains pour quelque 525 lots (sans compter ceux d’une vente de charité qui a généré de petits montants).  

Ce résultat tout à fait exceptionnel s’explique par la dispersion d’une collection de peinture contemporaine consacrant la naissance de l’avant-garde chinoise des années 1980-1990. Les œuvres écoulées à prix d’or au temps de la spéculation sur l’art contemporain chinois étaient souvent relativement récentes.

Pour les enchères les plus importantes, une œuvre en trois parties de Zhang Xiaogang a été payée au double de son estimation haute, c’est-à-dire l’équivalent de quelque 10 millions de dollars américains, et une huile de Wang Guangyi a multiplié son estimation basse par 10 pour un prix payé de 2,44 millions de dollars américains.

La peinture traditionnelle chinoise a rapporté quelque 83 millions de dollars américains pour environ 300 lots.   

Les ventes de bijoux et jadéïtes ont généré quelque 54 millions de dollars américains, celles du vin 17,5 millions.

Articles en rapport :

 http://artwithoutskin.com/2011/04/08/un-important-sceau-imperial-chinois-invendu-chez-sothebys-hong-kong/

http://artwithoutskin.com/2011/04/07/dimportantes-porcelaines-chinoises-invendues-chez-sothebys-hong-kong/

  Pierrick Moritz   

D’importantes porcelaines chinoises invendues chez Sotheby’s Hong Kong

7 avril 2011

L’art chinois en surchauffe

Avec des exemples de prix astronomiques, et au point de faire passer ceux des dessins de Picasso pour du “low cost”, l’art traditionnel chinois est devenu en un  temps record le secteur du marché de l’art le plus rentable et, de fait, le plus spéculatif.

La spécialité est en surchauffe, avec des estimations de plus en plus élevées et devenues carrément effrayantes.

Aujourd’hui, chez Sotheby’s Hong Kong, 4 lots parmi les plus importants du catalogue de la dispersion de porcelaines chinoises de la prestigieuse collection Meiyingtan n’ont pas trouvé preneur (et notamment).

Ces déconvues pour des pièces majeures ont rarement été vues depuis la flambée récente de l’art traditionnel chinois, et d’autant plus avec une telle fréquence au sein d’une même vacation.

Les principales pièces invendues de cette vente sont :  

- un vase à décor de faisan doré, avec la marque bleue du règne de Qianlong (1735-1796), et dont l’estimation confidentielle était au moins égale à 7,2/10,8 millions d’euros, soit le lot le plus important du catalogue. 

- un bol originaire d’un palais, décor en bleu et blanc, marque du règne de Chenghua (1464-1487), estimé l’équivalent de 7,2/10,8 millions d’euros, soit le deuxième lot le plus important du catalogue.  

- un ensemble de 7 pièces dit “fleurs de pêcher” (de par leur couleur), marque du règne de Kangxi (1661-1722),  assorti d’une estimation équivalant à 4,5/6,3 millions d’euros

-  une boîte émaillée de la famille rose à décor dit “pêches”, avec la marque du règne de Yongzheng (1722-1735), et qui était estimée  l’équivalent de 3,6/5,4 millions d’euros.

L’enchère la plus élévée revient à un rince-pinceau bleu-blanc à décor de poissons, marque du règne Xuande  (1425-1435), payé l’équivalent de 4,59 millions d’euros sur une estimation de 3,6/4,5 millions d’euros.

54 lots sur les 77 présentés ont trouvé preneur. La vente a rapporté l’équivalent de quelque 36 millions d’euros.

Pierrick Moritz

Les estimations sont données sans les frais supplémentaires payés en plus de l’enchère finale par l’acheteur. Ces frais sont inclus dans les résultats.