Archive pour la catégorie ‘Italie’

Rétrospective Enrico Castellani chez Tornabuoni Art

14 octobre 2011

La galerie parisienne Tornabuoni Art poursuit ses remarquables rétrospectives de qualité muséale consacrées aux artistes majeurs de l’art contemporain italien d’après-guerre. Après Lucio Fontana et Alighiero e Boetti, pour les plus célèbres, elle consacre son espace parisien à l’ Œuvre d’Enrico Castellani jusqu’au 17 décembre. La réunion d’une quarantaine de créations est exceptionnelle, d’une importance inédite en France pour cette figure historique de l’art contemporain.

Superficie argento, 2005, Acrylique sur toile enfoncée et soulevée, 80 x 80 cm.Tornabuoni Art

La singularité des œuvres d’Enrico Castellani repose sur une technique qui consiste à planter des clous sur un support recouvert ensuite d’une toile monochrome. Une espèce en trois dimensions d’un genre inédit naît de cette ossature. Chacune des œuvres semble habitée par un miraculeux ADN qui ne laisse transparaître aucun air de famille. Le gène commun  de ces individualités repose dans la sensualité qui se dégage de ces tissus comme organiques. Des peaux tendues avec des pores, des hérissements, des enfoncements, des vibrations.        

Dittico rosso, 1963, Gouache sur toile enfoncée et soulevée, 152 x 157 x 20 cm. Tornabuoni Art

Les éclats d’ombre et de lumière colorent, sculptent. Il s’agit d’un langage radical et autonome. Jamais rien n’hésite, rien ne se tait. La ressource semble inépuisable. Le rythme est unique à chaque fois. Un vrai miracle se passe devant les créations d’Enrico Castellani.

Pierrick Moritz

Enrico Castellani, Rétrospective.  Jusqu’au 17 décembre 2011.  Galerie Tornabuoni Art. 16, avenue Matignon. 75008 Paris. Ouverte du lundi au samedi de 10 heures à 18 heures 30. http://www.tornabuoniart.fr/

Un excellent catalogue d’art contemporain italien de Sotheby’s résiste à la crise

14 octobre 2011

Deux importantes vacations d’art contemporain en soirée étaient organisées le 13 octobre chez Sotheby’s Londres. Malgré la plus grande volatilité du marché de l’art constatée d’une vente à l’autre depuis le début du mois, la maison de ventes tire son épingle du jeu grâce à un catalogue d’œuvres italiennes de grande qualité.

L’art contemporain italien, qui faisait l’objet d’un catalogue spécifique, a volé la vedette à celui des autres pays hier soir chez Sotheby’s Londres. Deux œuvres d’Alberto Burri ont notamment pulvérisé leur estimation quand un portrait par Lucian Freud, l’œuvre la plus chère du second catalogue et assortie d’une estimation bien supérieure, était abandonné sous son estimation basse.

Art contemporain italien : 20% d’invendus compensés par des œuvres payées très au-dessus des estimations

La vente d’art contemporain italien a rapporté 21,47 millions de livres avec les frais. 11 œuvres sur les 58 que comptait le catalogue n’ont pas trouvé preneur. C’est-à-dire un taux d’invendus de quelque 20 %.  Le chiffre est très honorable au regard des résultats du moment dans d’autres spécialités du marché de l’art, et ceci d’autant plus que l’incidence en terme de chiffre d’affaires demeure marginale. Sans oublier la déconvenue pour les vendeurs des œuvres restées sur le carreau, la perte subie par l’opérateur est compensée par le fait que certaines œuvres ont été payées très au-dessus des estimations, et notamment les trois plus importantes du catalogue.

Estimations pulvérisées pour Alberto Burri et Marino Marini

Deux toiles d’Alberto Burri, figurant parmi les œuvres les plus chères du catalogue, ont été payées très au-dessus de leur estimation.

Combustione Legno, bois, plastique, Vinavil et combustion sur tissu, 117 cm x 97 cm, réalisée en 1957, a été payée 3,17 millions de livres sur une estimation de 800.000/1,2 millions de livres. Il s’agit du prix le plus élevé payé pour une œuvre de l’artiste en vente publique.

Rosso Plastica, L.A., acrylique et plastique brûlé sur toile, réalisée en 1963, 102 cm x 90 cm, a été payée 2 millions de livres sur une estimation de 850.000/1,2 million de livre.

Estimé 800.000/1,2 millions de livres, un Cavaliere en bronze de Marino Marini, d’une hauteur de 82 cm, conçu en 1951 et fondu dans une édition de 4, a réalisé le second plus haut prix de la vacation, à 2,6 millions de livres.

Lucio Fontana, très présent 

Sur 9 œuvres de Lucio Fontana inscrites au catalogue, 7 ont trouvé preneur, dont 5 pour des enchères au moins en conformité avec leur estimation haute

937.250 livres ont été engagées sur un Concetto Spaziale, Attese de 1968, peinture à l’eau rouge sur toile, lacérée, 81 x 65 cm (estimé  800.000/1 million).

825.250 livres sont allées à un Concetto Spaziale,  Attesa de 1961peinture à l’eau blanche sur toile, lacérée, 65 cm x 70 cm (700.000/900.000 livres).

Le même prix a été payé pour un autre Concetto Spaziale, Attese de 1968, peinture à l’eau blanche sur toile, 61 x 50 cm (600.000/800.000 livres).

Les deux œuvres de Fontana invendues sont un Concetto Spaziale de 1956, huile sur toile en blanc et noir, trouée, 80 x 65 cm (600.000/800.000 livres) et un Concetto Spaziale de 1966,  huile rose sur toile, trouée, 73 x 60 cm (500.000/700.000 livres).

Une Mappa d’Alighiero e Boetti invendue

Avec une estimation de 700.000/1 million de livres, une Mappa d’ Alighiero e Boetti de 1983,  tapisserie brodée, 115 x 175 cm, est l’invendu le plus cher de la vacation

Une seconde vente d’art contemporain sans éclat

La second vente d’art contemporain de la soirée rassemblait 47 œuvres d’artistes originaires d’autres pays. 11 n’ont pas trouvé preneur. Pour arriver  à ce taux d’invendus de 19 %, la maison de vente a laissé 14 lots filer sous leur estimation basse.

Si ces remises restent “raisonnables”, leur importante proportion en dit long sur la fébrilité du marché de l’art, et ceci d’autant plus qu’aucune enchère spectaculaire n’a été enregistrée dans cette vente.

Lucian Freud, un artiste trop emblématique ….

Le tableau le plus cher de la vacation, Boy’s Head, une huile sur toile de petit format (21,6 cm x 15,9 cm) peinte en 1952 par Lucian Freud, a été laissé à 2,8 millions de livres sans les frais (12 %) quand son estimation était de 3/4 millions.  Au lieu de 3,17 millions de livres, le prix payé par l’acheteur avec les frais, la facture aurait été de 3,36 millions si l’estimation basse avait été fermement respectée.

Lucian Freud est considéré comme une valeur historiquement sûre de l’art contemporain. Même si ce portrait ne fait pas partie de la période plus tardive et du type “très charnel” tant prisés par ses collectionneurs, le signal envoyé par un tel invendu dans un marché de l’art désorienté aurait été du plus mauvais effet.

Quelque 100.000 livres de mieux que l’estimation basse pour un très beau Barceló

Le second tableau le plus cher du catalogue, une Pluja Contracorrent de Miquel Barceló, superbe technique mixte sur toile monumentale en hauteur (300 cm x 200 cm), peint en 1991 et estimé 1,4/1,8 million de livres sans les frais (12 %), a été payé 1,72 million avec les frais. Une autre œuvre de l’artiste estimée 300.0000/400.000 livres n’a pas trouvé preneur.

Peter Doig : estimation gonflée, vente dégonflée

Troisième estimation du catalogue, Bellevarde, une  huile sur toile monumentale (200 cm x 275 cm) de Peter Doig, peinte en 1995 et estimée 1,5/2 millions de livres, n’a pas trouvé preneur. Cette œuvre avait été payée 138.000 livres par le présent vendeur chez Christie’s en mai 2001.

Warhol : une estimation très élastique craque

D’Andy Warhol, un Mao, acrylique et sérigraphie sur toile, réalisé en 1973, petit format de 30,5 cm x 25,4 cm, estimé 600.000 livres/1,2 million de livres sans les frais (12 %), a été payé 623.250 livres avec les frais, soit une remise de quelque 50.000 livres.

Toujours pour les sérigraphies d’Andy Warhol, et pour une estimation identique de 400.000/600.000 livres, une Marilyn (Reversal Series) réalisée entre 1976 et 1986, 50,8 cm x 40,7 cm et une Jackie de 1964, 50,8 cm x 40,6 cm, ont failli atteindre leur estimation basse en étant payé 469.250 livres avec les frais (20 %).

Les œuvres les mieux vendues

Une toile de Leon Kossof, A Street in Willensden, a été payée 690.850 livres (estimée 350.000/450.000 livres) et une œuvre non titrée de Cy Twombly a été payée 651.250 livres (estimée 280.000/350.000).

Pour une estimation de 300.000 /400.000 livres chacun, un sans titre (Interior Drawing, the Owl) de Lucian Freud, signé et daté de mars 1945  crayon et encre sur papier, a été payé  517.250  livres et un autre sans titre (Many Figures) de Jean-Michel Basquiat a été échangé contre 541.250 livres.

Pierrick Moritz

Les “égouttoirs à cadavres” du château aragonais d’Ischia

8 octobre 2011

Dans le golfe de Naples, l’un des endroits les plus curieux du château aragonais d’Ischia – ville fortifiée qui connut son plus fort peuplement à la fin du XVIe siècle – est la pièce où se trouvent les “égouttoirs à cadavres”.  Intégrés au cimetière souterrain des religieuses, ces sièges percés étaient destinés à asseoir les défunts.

Crédit photo : Paul Bret.

Tandis que le cadavre se décomposait sous les prières quotidiennes, ses “humeurs” étaient recueillies dans un vase placé sous le siège. Une fois réduit à l’état de squelette, le corps était déplacé dans l’ossuaire.

Street Art à Naples : un certain caractère

19 septembre 2011

Biennale de Venise 2011 et droits de l’homme : pressions d’un collectif d’artistes italiens sur les pavillons chinois et russe

19 mai 2011

Le collectif d’artistes contemporains italiens S.a.L.E. Docks , entend exercer des pressions relatives à la question des droits de l’homme sur la Biennale de Venise, manifestation internationale consacrée à l’art qui ouvrira ses portes le 4 juin, et plus précisément sur les pavillons chinois et russe.

Il s’agit d’obtenir une position définitive de la Biennale sur la question de la détention d’Ai Weiwei et de demander l’arrêt des persécutions politiques à l’encontre des artistes du collectif russe Voina.

Ai Weiwei, artiste et activiste chinois arrêté le mois dernier, toujours détenu sous l’accusation de “crimes économiques”, a été contrait à un isolement complet jusqu’à la visite de son épouse dimanche dernier. Ai Weiwei a été bien traité selon des propos rapportés à l’AFP par son proche entourage.

Le collectif russe Voina est notamment célèbre pour avoir dessiné un pénis géant sur la partie mobile d’un pont basculant situé juste devant les bâtiments des Services des Renseignements Russes à Saint-Pétersbourg. Les fonctionnaires héberlués ont assisté à des érections en direct depuis leurs fenêtres à chaque fois que cette partie du pont se levait pour laisser passer un bateau.

Le groupe a également organisé une orgie dans une bibliothèque publique sous l’intitulé “La Russie est un pays où tout le monde baise tout le monde tandis qu’un petit homme regarde”.

En novembre 2010, deux membres de Voina dont Oleg Vorotnikov ont été arrêtés par les autorités russes. Ils avaient été relâchés suite au paiement d’une caution rendu possible grâce à une donation de 90.000 livres de l’artiste britannique Banksy.

Selon Voina, des menaces d’emprisonnement pèsent à nouveau sur Oleg Vorotnikov.

Pierrick Moritz

Article en rapport :

http://artwithoutskin.com/2010/12/21/le-marche-de-lart-attenue-sensiblement-le-deficit-dimage-culturelle-de-la-chine-2010/

À Milan, l’art traditionnel chinois éclipse les grands maîtres italiens du XVIIIIe siècle

20 octobre 2010
 
Des jades chinois du début du XXeme siècle, dont certains estimés quelques centaines d’euros, qui s’arrachent à des prix fous, et des œuvres importantes du Canaletto et de Guardi qui restent sur le carreau :  tel est le bilan stupéfiant de la dispersion d’une grande collection privée italienne réalisée par Sotheby’s hier à Milan. Tempéré aujourd’hui par des explications de la maison de ventes, l’évènement illustre néanmoins l’évolution d’un marché de l’art mondialisé où l’intérêt des investisseurs pour les objets d’art traditionnel chinois s’accroît de façon exponentielle.

Hier à Milan, Sotheby’s assurait la dispersion d’une collection privée italienne, un ensemble cohérent mais composé de pièces de qualités diverses et pour lesquelles les estimations allaient de quelques dizaines à plusieurs millions d’euros. 

Derrière les lots vedettes, une paire de toiles du Canaletto (1697-1768) estimée 4,5/5,5 millions d’euros, deux vues de Venise  jamais présentées en vente publique, et un autre tableau à thème vénitien de Francesco Guardi (1712-1793) dont 1,5/2 millions d’euros étaient attendus, le catalogue de 229 lots proposait une centaine d’objets d’art traditionnel chinois, dont une forte proportion de jades et d’ivoires, souvent relativement récents et dont les estimations étaient principalement situées entre quelques centaines et quelques dizaines de milliers d’euros.

Contre toute attente, le Canaletto et le Guardi n’ont pas trouvé preneur, tout comme une belle Crucifixion de Giambattista  Tiepolo (1696-1770), le troisième lot le plus cher avec une estimation de 600.000/800.000 euros, et les acheteurs se sont montrés particulièrement actifs pour acquérir les objets d’art traditionnel chinois.  

Le pendant du Canaletto qui n’en serait pas un, des informations de dernières minutes qui détournent les acheteurs du Guardi   

Selon un communiqué publié aujourd’hui par Sotheby’s, les explications aux déconvenues de ces peintures anciennes seraient que les deux œuvres du Canaletto, toiles connues comme étant des pendants, devaient être vendues séparément sur injonction du Ministère de la Culture Régional de la Lombardie. L’artiste ne les aurait pas considérées comme une paire (il est vrai que la seule correspondance entre les deux compositions est qu’il s’agit de vues de Venise, leurs dimensions étant un autre point commun, ce qui n’est pas suffisant pour affirmer qu’il s’agit d’un ensemble). Les acheteurs potentiels n’auraient pas voulu de cette division.

Quant au tableau de Guardi, l’œuvre aurait  fait l’objet d’un complément d’information de dernières minutes qui en aurait détourné les acheteurs. Par contre, pas d’explications pour la Crucifixion de Tiepolo, également ravalée.

Des estimations pulvérisées pour les objets d’art chinois

Quant aux  estimations des objets d’art traditionnel chinois, elles ont été littéralement pulvérisées, notamment pour la catégorie des jades, et dans une mesure hors de proportion avec le fait qu’elles étaient très raisonnables.

Parmi les enchères les plus spectaculaires, une sculpture en jade vert clair et rouge représentant la divinité Guanyin, datée de la première moitié du XXe siècle, et d’une hauteur de 41,5 cm, a  été payée 336.750 euros sur une estimation de 4.000/6.000 euros (il existe des exemples de pièces de ce type vendues généralement plusieurs dizaines de milliers d’euros).

Le prix le plus  élevé de la vacation revient à une paire de défenses d’éléphant en ivoire sculpté, Chine, début du XXe siècle, montée sur un socle en bois et décorée de médaillons en ivoire suspendus entre les deux pièces. Elle a été  payée 504.750 euros sur une estimation de 30.000/40.000 euros.

Une rare garniture d’autel dite “altar”, composée de 5 pièces en jadéïte verte très finement sculptée et datée de la première moitié du XXe siècle, a été payée 420.750 euros sur une estimation de 70.000/90.000 euros.

Un petit vase en jade blanc sculpté d’un phœnix, dynastie Qing, seconde moitié du XIXe siècle, a été payé 99.150 euros avec une estimation de 10.000/15.000 euros.

Assortie d’une estimation identique, une paire de vases couverts en jade de couleur lavande, Chine première moitié du XXème siècle, a été payée 106.350 euros.  

Du côté des objets en corail rouge sculpté, un groupe de la première moitié du XXème siècle, d’une hauteur de 27,5 cm, a été payé 120.750 euros quand 500 à 700 euros en étaient attendus.

 Pierrick Moritz

Articles en rapport :

http://artwithoutskin.com/2010/10/08/sothebys-atteint-un-nouveau-record-pour-une-serie-de-de-ventes-a-hong-kong/

http://artwithoutskin.com/2010/10/07/hong-kong-record-de-61-millions-deuros-pour-13-porcelaines-chinoises-imperiales/

 http://artwithoutskin.com/2010/09/14/marche-de-lart-la-france-doit-redevenir-la-premiere-place-mondiale-rien-de-plus-facile/

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Une sculpture de Marino Marini adjugée 5 millions d’euros

14 octobre 2010

Un enchérisseur a déboursé l’équivalent de quelque 5 millions d’euros avec les frais (12 %) ce soir chez Christie’s Londres pour acquérir un exemplaire d’un Cavaliere, une importante sculpture en bronze de Marino Marini (1901-1980) conçue en 1951 pour une édition de 5 et fondue avant 1955.  L’œuvre était estimée l’équivalent de 1,4/2 millions d’euros sans les frais. Il s’agit d’un prix record pour une œuvre de l’artiste négociée dans une vente publique.  PM


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