Archive pour la catégorie ‘Italie’

Ventes d’art moderne et contemporain à Milan

28 mai 2010

La vente de 179 lots d’art moderne et contemporain italien proposée par Sotheby’s à Milan les 26 et 27 mai a généré 14,33 millions d’euros et un taux d’invendus de 23 %.

Au sommet des enchères figurent une Superficie Bianca N°32 d’Enrico Castellani payée 960.750 euros sur une estimation de 400.000/500.000 euros, un Arlequin à la mandoline de Gino Severini payé 840.750 euros (estimé 700.000/1 million) et un Confiseur de Périclès de Giorgio de Chirico pour lequel 792.750 euros ont été donnés (estimé 700.000/1 million).

Un Achrome de Piero Manzoni a été payé 720.750 euros (estimé 450.000/550.000), un Merli Futuristi de Giacomo Balla 684.750 euros (estimé 600.000/ 900.000) et un Concetto Spaziale Attese de Lucio Fontana 672.750 euros (estimé 500.000/600.000 euros).

Les invendus les plus importants concernent des œuvres d’Afro avec La Baronesa 2 (estimé 400.000/600.000 euros), Massimo Campigli (Figure su Sfondo Azzurro, 80.000/120.000 euros) et Tancredi (Composizione, 75.000/95.000)

Pour sa présentation dans la même spécialité le 25 mai, toujours à Milan, Christie’s a produit 5,60 millions d’euros avec 33 % d’invendus dont font partie certains lots les plus chers de la vacation.  

Le prix le plus élevé revient à une huile de Giacomo Balla, Vollo di Rodoni, payée 706.400 euros sur une estimation de 300.000/400.000.

Des œuvres de Giorgio de Chirico (800.000/1 million d’euros et 500.000/700.000) et Alberto Savinio (400.000/600.000) n’ont notamment pas trouvé preneur.

PM 

Les estimations s’entendent sans les frais facturés à l’acheteur par ces maisons de ventes (pour l’Italie :  24% chez Sotheby’s pour des enchères finales comprises entre 15.000 et 800.000 euros, 14,40 % au-dessus ; 26 % et 18,5 % pour les mêmes tranches chez Christie’s).

Alighiero e Boetti chez Tornabuoni Art

22 mars 2010

Un éblouissant regard sur l’identité 

L’exposition consacrée à Alighiero e Boetti (1940-1994) proposée jusqu’au 28 mai à la galerie Tornuabuoni Art, avenue Matignon à Paris, peut se visiter comme un prélude à la rétrospective en préparation par trois grands musées étrangers dont le MoMA.  

L’évènement de dimension internationale ne sera pas visible à Paris et cette réunion exceptionnelle chez Tornuaboni Art représente une superbe opportunité pour le public français de découvrir, à travers une synthèse de qualité muséale, l’œuvre éblouissante d’un artiste inclassable.

 Alighiero Boetti : Mappa, broderie, 99 x 155 cm. Crédit photographique :  Tornuabuoni Art. C’est en découvrant le travail de broderie des femmes afghanes qu’Alighiero e Boetti a l’idée de faire réaliser des surfaces non peintes par un artisanat ancestral. Son Œuvre prend son élan dans le mouvement de l’Arte povera (pour sa simplicité). Le cloisonnement, dans ses approches techniques (uniquement par la couleur) et conceptuelle, est familier de l’Œuvre d’Alighiero e Boetti.  

Par  le choix de la broderie, technique  obsessionnelle souvent mise en œuvre, Alighiero e Boetti est un artiste conceptuel sans équivalent connu dans le monde des artistes contemporains consacrés, la grande Louise Bourgeois l’utilisant de manière moins systématique pour ses auto-analyses arachnéennes.  

Un nom coupé en deux, à moins que soudé

Au début des années 1970, Alighiero Boetti  se rebaptise Alighiero e Boetti. Cet ajout, qui rompt autant qu’il lie son identité, mérite que l’on égrène quelques interprétations subjectives tant l’œuvre de cet immense artiste est étroitement  liée à la représentation de l’identité.   

Alighiero e Boetti comme un dédoublement, une différenciation entre le social et l’intime, un pied de nez à l’identité attribuée d’office, une dilution et un renforcement, un signe à la fois morcellement et réunification, une manière de disparaître, un point de suture….

La réalisation de l’œuvre confiée aux femmes afghanes

Alighiero e Boetti est principalement connu par ses grands planisphères et énigmatiques damiers aux carrés de couleur, dont chacun isole la lettre d’un mot, qu’il concevait puis faisait broder par des femmes en Afghanistan, pour un résultat esthétique somptueux et, comme il ne s’agit pas de décoration, une sorte de tour de passe-passe éblouissant.

Bien que cloisonnée par la couleur, la réalisation n’apparaît jamais fragmentée,  l’œil  isole difficilement un morceau coloré, elle forme un tout dans les contradictions et le miroitement des couleurs, car la ligne-frontière n’existe pas.   

Dans cette société particulière qu’est l’Afghanistan, Alighiero e Boetti n’avait pas de contacts directs avec les femmes et ne pouvait traiter avec elles que par l’intermédiaire  des hommes.

Le fait de déléguer à ces femmes la réalisation de ses œuvres peut être interprété comme une façon de leur permettre l’appropriation de ces sujets essentiels que sont la vision globale du monde, en tant qu’humanité, et le langage, tout en exprimant leur identité à travers des points de broderie forcément uniques, dont chacun porte l’empreinte de chacune pour former un grand tout, un espace complètement rempli et habité de hasards infimes ou énormes comme  les “accidents” de réalisation que l’artiste conservera quand les Afghanes, qui n’ont jamais vu la mer, la lui broderont en rose ou en vert quand il attendait du bleu.

Le concept de mutation de l’identité est désigné quand ces cartes marquées de drapeaux se transforment au fur et à mesure des évolutions géopolitiques. À partir de l’invasion de l’armée russe en Afghanistan, elles perdent leur bordure de mots en italien et en persan.  

Comme l’a souligné en substance Jean-Hubert Martin, Conservateur Général du Patrimoine, Alighiero e  Boetti implique des femmes afghanes dans l’art contemporain à une époque récente où la spécialité est considérée par les Occidentaux comme uniquement occidentale. 

Alighiero e Boetti : Oggi sedicesimo mese dell’anno 1988 (Aujourd’hui, seizième mois de l’année 1988), broderie, 1988, 110 x 115 cm. Crédit photographique :  Tornuabuoni Art.    

Alighiero e  Boetti : Mimetico,  tissu-camouflage sur châssis, 140 x 145 cm. Crédit photographique :  Tornuabuoni Art.  Ce sujet est le seul ready made d’Alighiero e  Boetti, également visible chez Tornabuoni Art. Dans sa rétrospective exhaustive, avec quelque soixante œuvres présentées selon un parcours chronologique,  la galerie expose également une sélection de dessins de l’artiste où “l’empreinte”, traitée selon des techniques variées, est très présente.

Catalogue raisonné

Le 18 mars, une présentation du premier tome des quatre formant le catalogue général d’Alighiero e Boetti (éditions Electa, quelque 5.000 œuvres répertoriées) précédait le vernissage de la rétrospective chez Tornuaboni Art.

Cette rencontre passionnante, animée par Guy Boyer, rédacteur en chef de Connaissance des Art, faisait intervenir Annemarie Sauzeau, directeur de l’Archivio Alighiero Boetti, Jean-Hubert Martin, Didier Semin, professeur à l’École Nationale des Beaux-Arts, Martin Andioni d’Electa et Michele Casamonti de Tornabuoni Art. Le podcast peut être écouté gratuitement sur le site de Connaissance des Arts.

http://www.tornabuoniart.fr/exposition-francais.html

Pierrick Moritz

Sotheby’s va vendre un Corot confisqué par les nazis et restitué par le Kröller-Müller Museum

16 mars 2010

Jeune femme à la fontaine, une exceptionnelle huile sur toile de Jean-Baptiste Camille Corot, confisquée par les nazis en 1938 et conservée dans les collections du musée néerlandais Kröller-Müller pendant 66 ans, avant d’être restituée aux héritiers du propriétaire initial, sera mise en vente par Sotheby’s à Londres le 2 juin prochain

 Jeune femme à la fontaine huile sur toile de Corot (65 cm x 40 cm), également connue sous le titre de Jeune femme au puits, va être proposé à la vente le 2 juin par, Sotheby’s Londre.  Confisqué par les nazis en 1938 au banquier Eduard Ludwig Behrens, le tableau est estimé 800.000 livres/1,2 million de livres. 

Jeune femme à la fontaine présente tous les atouts propres à attirer les plus grands collectionneurs de peintures du XIXe siècle européen. 

De qualité muséale, jamais vue sur le marché de l’art depuis 1889, de provenance sûre et auréolée de la légende d’une histoire aussi douloureuse que mouvementée, cette œuvre figure parmi les plus belles réalisations de l’artiste pour un genre de portraits dont la facture évoque les maîtres de la Renaissance italienne.

Une autre huile sur toile de Corot présentant les mêmes caractéristiques, Rêveuse à la fontaine, huile sur toile (64,5 cm x 44,2 cm), a été vendue par Sotheby’s en 2003 pour 991.000 livres. 

Si d’autres portraits de Corot se rattachant à cette série de jeunes paysannes de la période 1860-1870 présentent  plus ou moins de similitudes, ces deux peintures faisaient initialement partie de la collection Alice et Ernest Hoschedé. Rêveuse à la fontaine (dont il existe une variante plus importante) a été exportée aux États-Unis vers le début du XXe siècle.    

1860-1870 : la décennie la plus productive de Corot

Le peintre a ramené le sujet de jeunes paysannes de voyages en Italie effectués dans les années 1820-1840, des idées qu’il mettra en peinture seulement dans les années 1860-1870 (sa décennie la plus productive), cet éloignement dans le temps renforçant encore l’expression mélancolique et l’idéalisation des compositions.

Si, de la part de Corot, d’autres exemples de peintures sur ce thème et de cette époque sont connus, Jeune femme à la fontaine, estimée 800.000 livres/1,2 million de livres, peut-être rapprochée de Rêveuse à la fontaine, une toile vendue par Sotheby’s à Londres en 2003 pour 991.000 livres.

Alice et Ernest Hoschedé

En dehors de caractéristiques communes (d’autres portraits de Corot se rattachant à cette série de jeunes paysannes présentent plus ou moins les mêmes), les deux toiles ont initialement fait partie de la prestigieuse collection d’Alice et Ernest Hoschedé.

Ernest Hoschedé, fut le mécène de Claude Monet à ses éprouvants débuts. Une relation qui évoluera en ménage à trois quand Hoschedé et sa femme, en grande difficulté financière, seront accueillis par le peintre dans sa maison de Vétheuil. Leur époux respectif décédé, Alice Hoschedé deviendra la seconde femme de Claude Monet.

Au gré des ventes qui suivront, Rêveuse à la fontaine arrivera à Londres après un long séjour aux États-Unis tandis que Jeune femme à la fontaine est entrée en 1889 dans les collections du banquier juif-allemand Eduard Ludwig Behrens. L’homme d’affaires transmettra l’œuvre à son fils qui en fera lui-même don au sien prénommé Georg Eduard.

Le piège nazi

En 1925, Georg Eduard Berhens prêtera le tableau de Corot aux collections de la Ville de Hambourg pour une période de dix ans. L’accord expire sous le régime nazi et Berhens tentera d’évacuer sa collection vers la Suisse avant d’en être empêché par les autorités allemandes qui ont classé “trésors nationaux” le Corot ainsi que d’autres toiles qui lui appartiennent. Les œuvres ne pourront pas quitter l’Allemagne.

En mai 1938, la banque Behrens est aryanisée et Georg Eduard Berhens est arrêté à Hambourg, puis déporté au camp de concentration de Sachsenhausen où il sera interné jusqu’à la fin du mois de décembre.

Il émigre en Belgique en avril 1939, après avoir gagé ses biens auprès du IIIe Reich pour obtenir son visa de sortie d’Allemagne. Il va rapidement s’installer en France où, après le début de la Seconde Guerre mondiale, il sera interné dans un camp dans le sud de la France. À l’automne 1940, il obtient un visa pour Cuba et peut quitter l’Europe.

Remplacer les œuvres volées aux uns par des œuvres volées aux autres  

Jeune femme à la fontaine fait l’objet d’une  transaction en 1941 par l’entremise du marchand d’art Berlinois Lange.  Celui-ci “rachète” le Corot pour le musée néerlandais Kröller-Müller d’Otterlo en utilisant l’argent d’un fonds créé en 1941 par les nazis, et dont le but officiel était de faciliter l’achat de nouvelles œuvres pour le musée dépossédé de trois de ses peintures majeures, de Lucas Cranach l’Ancien, Hans Baldung Grien et Barthel Bruyn l’Ancien, au profit du Führermuseum de Linz. Ce  tour de passe-passe consistait en fait à remplacer les œuvres volées aux uns par des œuvres volées aux autres.  

Restitution

En 1998,  le Kröller-Müller Museum, toujours détenteur du tableau de Corot, répond à une initiative de l’Association des musées néerlandais, qui demande de retracer les origines des diverses œuvres acquises pendant la période 1940-1948.

Suite à ces recherches, Jeune femme à la fontaine est restitué aux héritiers de Georg Eduard Behrens,  ce sont eux qui présentent la toile chez Sotheby’s au mois de juin prochain.

Georg Eduard Behrens est décédé à Hambourg en 1956.

Pierrick Moritz

Berlusconi’s attack : ronde pour la liberté de la presse demain à Paris

2 octobre 2009

Pour manifester contre Berlusconi et ses attaques contre des journaux italiens (et d’autres pays européens), une ronde pour la liberté de la presse est organisée demain, samedi 3 octobre,  à partir de 14 heures place d’Italie à Paris (devant la mairie). Des évènements du même type sont aussi prévus à Londres et Berlin.

Rétrospective Lucio Fontana à la galerie Tornabuoni Arte

12 juillet 2009

La rétrospective la plus importante consacrée à Lucio Fontana à Paris depuis 1988

A l’occasion de l’ouverture de son espace parisien le 1er octobre prochain, la galerie Tornabuoni Arte va marquer l’actualité de l’art contemporain avec une  rétrospective exceptionnelle consacrée à Lucio Fontana (1899-1968).  Ce sont plus de 60 œuvres des années 1950 à 1968  de cette figure majeure de l’art contemporain du XXe siècle qui seront exposées dans les locaux de l’ancienne galerie Cazeau-Béraudière, avenue Matignon, repris par Tornabuoni Arte. Ce évènement constitue la plus importante réstrospective consacrée à Lucio Fontana à Paris, après celle du Musée National d’art Moderne, au Centre Georges Pompidou, en 1987-88 et celle du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 1970.

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Lucio Fontana : Concetto Spaziale,  Attese, 1968,  54 cm x 65 cm. Au lieu d’ajouter de la matière sur le fond monochrome, l’artiste en a enlevé en lacérant la toile. Crédit photographique : Tornabuoni Arte.

Cette exposition s’institule Je pars pour Paris,  une phrase inscrite au dos d’une toile de l’artiste  des années 1960. À cette époque, Lucio Fontana écrivit ainsi de nombreuses phrases au revers de ses tableaux, probablement pour renforcer la qualité autographe de la création en question. Ce sont des phrases improvisées, immédiates, qui mises  bout à bout, forment des fragments d’un journal intime, sont les reflets de ses inspirations et de ses humeurs. 

Véritable artiste dont l’activité créatrice s’inscrit dans une recherche permanente, Lucio Fontana s’est d’abord intéressé à  la sculpture, et en particulier la céramique, dont il explore les ressources possibles entre les années 1920 et 1940. Dans ce domaine, il collaborera avec des architectes d’avant-garde, travaillant des matériaux traditionnels comme la terre cuite ou le bronze mais aussi plus novateurs comme des matières phosphorescentes.

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Lucio Fontana : Concetto spaziale, 1957, 130 cm x 96 cm. Ancienne collection Alberto Galimberti. Crédit photographique : Tornabuoni Arte.

À force de recherches et de travail, Fontana finira par inventer quelque chose de radicalement nouveau qui va marquer l’histoire de la peinture et inspirer la nouvelle génération d’artistes des années 1960 comme Yves Klein.  il s’agit de ses fameux concetto spaziale (concepts spatiaux) où, selon le communiqué de presse de l’exposition  la surface de la toile ne sert plus à déposer des couleurs, c’est un espace monochrome qu’il faut faire exister en tant que tel et les seules actions permises ne sont plus additives mais pour ainsi dire soustractives : la perforation puis la lacération.

En évoquant la relation particulière de Lucio Fontana avec Paris  (son séjour de quelque mois en 1937, pour son travail de sculpteur-céramiste à Sèvres, et deux de ses expositions personnelles, de céramiques dans la Galerie Jeanne Bucher-Myrbor, et de terres cuites dans le Galerie Zack, aux nombreuses expositions d’Iris Clert, dans la Galerie Rive droite, d’Alexandre Jolas, dans les années soixante), cette rétrospective retracera dans toute sa fascinante diversité, la créativité de l’artiste pendant les vingt-cinq dernières années de sa vie. À travers les cycles des “pierres ”, du “baroque”, des “plâtres” et des “encres”, les amateurs pourront (re)découvrir les œuvres d’un Fontana historiquement protagoniste de l’art informel européen, un artiste qui a ouvert de nouvelles perspectives pour la recherche artistique.

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Lucio Fontana, Concetto spaziale, 1953, 60 cm x 70 cm. Crédit photographique : Tornabuoni Arte.

Pour compléter l’exposition, un catalogue trilingue, publié par Tornabuoni Arte, présentera un essai de l’historien d’art Enrico Crispolti. Cette sommité en matière d’art contemporain est notamment  l’auteur  du catalogue Discussion de sculptures, peintures, et acclimatations et collaborations architectoniques, dont la troisième édition, (Skira, Milan) est parue en 2006. 

Lucio Fontana – Rétrospective

Je pars pour Paris

Tornabuoni Arte, 16, avenue Matignon.75008 Paris.

Du 1er octobre au 10 décembre 2009

Vernissage (sur invitation), le 1er octobre à partir de 18 heures

http://www.tornabuoniart.fr/exposition-francais.html

Exposition “Le Futurisme à Paris” au centre Pompidou

16 décembre 2008

Le cubisme se sort mal d’une comparaison avec le mouvement futuriste italien 

S’il est une exposition qu’il ne faut pas rater en ce moment à Paris, c’est bien Le Futurisme à Paris proposée au Centre Pompidou jusqu’au 26 janvier 2009. Dans cette période grise, offrez-vous un bain d’énergie revigorant avec les œuvres des artistes futuristes italiens. Moins cher qu’un SPA et l’humidité en moins.  

En dehors de toute considération didactique et d’une mise en perspective particulièrement intéressante du mouvement futuriste par les organisateurs, il faut voir cette exposition pour les…..tableaux des futuristes italiens!  Des peintures dont il se dégage une incroyable énergie, avec des couleurs somptueuses et surprenantes, des touches délicates ou emportées. Des œuvres toniques, vivantes, qui établissent une relation  avec celui qui regarde ; des œuvres à l’opposé  de celles du mouvement cubiste (avec lequel l’exposition révèle les connexions en montrant des tableaux) dont  l’énergie est brisée par le morcellement, trop de fractures et de tons ternes qui alourdissent les compositions, semblent parfois les menacer d’effondrement pour donner une chose “morte”, un simple image à regarder qui ne vous renvoie rien, un objet dénué de toute vie intérieure. Une confrontation (ce qui n’est pas le but de l’exposition, mais la comparaison se fait naturellement) dont se remet mal le cubisme des années 1910 qui paraît  uniquement revendiquer une certaine forme d’esthétisme dans des compositions qui se voudraient “modernes”, quelquefois inspirées par l’art africain (la belle affaire, finalement).  

Ces œuvres des  futuristes italiens ont quasiment un siècle, elles  n’ont pas pris une ride. Elles sont toujours inscrites dans l’avenir.    

Pierrick Moritz

Art contemporain : rayon de soleil italien à Londres

22 octobre 2008

Les ventes d’art italien du 20 octobre ont offert une respiration bienvenue à Sotheby’s et Christie’s juste avant la fin d’une série de vacations d’art contemporain aux résultats médiocres.

Sotheby’s a vendu 46 des 52 lots présentés dans sa vente pour un chiffre d’affaires de 13,57 £millions ALF.

7 œuvres de Marino Marini ont été vendues entre 62.250 £ ALF et 769.250 £ ALF ; 8 œuvres de Lucio Fontana ont atteint des prix allant de 121.250 £ et jusqu’à 1,04 £million ALF sur une estimation de 800.000 £/1,2 £million pour une sculpture en fer peint.  

Une nature morte de Giorgio Morandi a été payée 657.250 £ ALF sur la base d’une estimation de 500.000/700.000 £ SLF et une Merda d’Artista de Piero Manzoni a dépassé son estimation haute de 70.000 £ SLF, elle a été  achetée 97.250 £ ALF.

Christie’s devait vendre la totalité des 32 lots composant son catalogue pour un total de 11,01 £millions.

L’œuvre la plus chère de la vente, un Achrome de Piero Manzoni, a été acheté 1,60 £million ALF sur la base d’une estimation de 1,5 £million/2 £millions SLF.

Les œuvres de Fontana présentées ont été payées entre 397.50 £ ALF et 758.050 £ ALF, celle de Morandi entre 157.250 £ ALF et 802.850 £ ALF et celles de de Chirico entre 241.250 ALF et 301.250 ALF.

Pierrick Moritz

Abréviations : ALF (avec les frais), SLF (sans les frais).