Archive pour la catégorie ‘Livres’

Manuscrits musicaux de Jules Massenet, bandes magnétiques tricotées de Michel Magne et écrits inédits de Françoise Sagan aux enchères

21 avril 2011

Dispersion des archives de la famille Heugel et des œuvres et souvenirs du génial Michel Magne à Drouot

Après la vente consacrée à Jacques Prévert en juin dernier (avec un résultat de quelque 2,2 millions d’euros dont 560.000 pour le manuscrit original du scénario de Quai des brumes), et avant celle des archives de Sacha Guitry au mois d’octobre, l’étude Ader mettra à l’encan les souvenirs de la famille Heugel, éditrice de musique depuis 1839, en mai, et ceux de l’inclassable Michel Magne en juin. La vente Heugel comporte notamment des manuscrits musicaux de Jules Massenet, celle consacrée à Michel Magne une centaine de ses créations plastiques (dont ses fameuses bandes magnétiques tricotées) ainsi que des écrits inédits de Françoise Sagan.  

Les archives Heugel, dispersées le 26 mai à Drouot, contiennent des manuscrits d’opéra et d’orchestres importants. Il s’agit notamment de ceux du Jongleur de Notre-Dame de Jules Massenet (25.000/30.000 euros) ou du Dieu bleu de Reynaldo Hahn, créé au théâtre du Châtelet en 1912 sur un livret de Jean Cocteau (10.000/15.000€). On y trouve également un ensemble de plus de 4.000 lettres datant des années 1840 à 1950, et notamment signées Offenbach, Berlioz, Gounod, Delibes, Musset ou Strauss. 

Dans leur maison de Passy, puis avenue du Bois (avenue Foch), les Heugel recevaient le Tout-Paris financier et artistique : Rothschild, Proust, Hahn, et aussi, comme en témoignent les 21 signatures gravées à l’intérieur du piano Pleyel de 1875 qui sera également vendu, Philipp, Massenet, Paderewski ou Delibes. Des affiches lithographiques d’opéras célèbres seront également mises à l’encan.

Le 1er juin, toujours à Drouot, la même étude dispersera des souvenirs de Michel Magne. Cet artiste inclassable, tragiquement disparu en 1984, créa les musiques d’Angélique, marquise des Anges, des Tontons Flingueurs ou de Fantomas. Il fut aussi tricoteur de bandes magnétiques pour certaines de ses créations visuelles et monta le premier orchestre de musique électronique dans les années 1950. Entre autres performances, on lui doit  d’avoir fait “ravaler” ses paroles à Hitler en enregistrant l’un de ses discours à l’envers.

Michel Magne s’est rendu célèbre avec un concert de “musique inaudible” joué en 1954 à la salle Gaveau. Les spectateurs en ressortirent avec de violentes nausées, la prestation étant tout de même saluée par l’un d’entre eux, un dénommé Abel Gance.

Magne rencontra Françoise Sagan en juin 1955. L’écrivain était déjà célèbre, avec la sortie de Bonjour Tristesse l’année précédente. Ils écrivirent ensemble un ballet intitulé Le Rendez-vous manqué, puis des chansons pour Juliette Gréco, Annabel Buffet et Mouloudji. Un disque, fruit de la collaboration Sagan-Gréco-Magne, sortit en mai 1956.

Des manuscrits inédits de Françoise Sagan, retrouvés dans les archives de Michel Magne, seront également proposés aux enchères. Il s’agit de textes assortis de dessins qui lui sont adressés, de projets de chanson et d’écrits datant de leur voyage à New York.

Archives et souvenirs de la famille Heugel, éditeurs de musique. Ventes aux enchères publiques le jeudi 26 mai à Drouot-Richelieu par l’étude Ader Nordmann. 

Exposition partielle à la salle des ventes Favart. 3, rue Favart (gace à l’Opéra-Comique).

Michel Magne, Le Fantaisiste pop (1930-1984) (1). Vente aux enchères publiques de ses œuvres et archives par l’étude Ader Nordmann. Mercredi 1er juin à Drouot Richelieu.  

“6mois” pour le photojournalisme

31 mars 2011

La direction éditoriale de XXI lance 6mois, un  semestriel consacré au photojournalisme   

L’information est désormais principalement engloutie par des robots insatiables, et dont la vitesse de digestion va finir par dépasser celle de la lumière.

La durée de vie d’un article publié sur Internet se raccourcit de façon exponentielle, et à un point où le rythme de production qu’il faudrait soutenir pour maintenir ses audiences n’est tout simplement plus envisageable. 

On assiste à l’avènement d’une production rédactionnelle miniaturisée sans échelle logique, du raccourci qui donne le plus souvent dans le tronqué que dans la synthèse.   

Quant à l’information en continu, le genre, engagé dans un ronronnement addictif, s’apparente désormais à un antidépresseur de masse qui, entre autres, normalise les pires catastrophes.

 

 

C’est dans ce paysage journalistique appauvri que  la direction éditoriale du trimestriel XXI lance 6mois, une revue qui consacre le meilleur du photojournalisme planétaire, dans la séquence de la grande tradition du reporter d’images, où Cappa et Cartier-Bresson prêtaient leurs yeux au monde, le révélaient.*

Le premier numéro de 6mois est sorti le 24 mars, sous la forme d’un généreux pavé de 352 pages, sans publicité, et qui vaut largement ses 25 euros, même si pour beaucoup un tel prix de vente peut être rédhibitoire.

Le pari de montrer la puissance du témoignage photojournalistique est réussi. Le relief  de ces images-là est incomparable, leur empreinte indélébile. Seules les images nous restent exactement en mémoire, rares sont les textes capables de nous sidérer comme elles. L’image c’est  l’icône, et l’icône se transforme en symbole.  

Le portfolio de Justin Jin, consacré aux ouvriers du jean à Zhongshan, en Chine, nous montre notamment une mère travaillant la nuit, son enfant dormant derrière elle, au sommet d’une pile de jeans, les deux êtres littéralement engloutis dans les pantalons et les cartons.

Celui de Christopher Furlong sur Eton, le collège de l’élite anglophone, témoigne pour la première fois du quotidien d’un monde clos, aux traditions singulières. Celle qui oblige, le temps d’une journée, au port d’un chapeau chargé de fleurs, pourrait trouver des équivalences avec des rites de tribus primitives.   

Les bras et les mains des politiques et des médecins tunisiens au chevet  du corps embaumé de Mohamed Bouazizi, le jeune homme qui s’est immolé par le feu en décembre dernier, trahissent la fuite émotionnelle, pour des raisons différentes.

Des images fortes, de vrais regards sur le monde et l’actualité, sujets de réflexion et de prise de conscience, on en trouve des centaines dans cette revue. À regarder sans modération, en prenant le temps, au moins pendant 6 mois.

Pierrick Moritz  

*On notera que sur le terrain du photojournalisme, Polka Magazine est déjà présent.       

8,67 millions d’euros pour “The birds of America” de John James Audubon

7 décembre 2010

Un ensemble complet de ses 4 volumes du monumental The Birds of America, de et publié par John James Audubon par souscription en 1827-1838, avec ses 435 gravures aquarellées à la main, a été payé l’équivalent de 8,67 millions euros, ce soir chez Sotheby’s Londres.

Cet exemplaire d’une publication dont chaque volume mesure environ 97 cm de hauteur sur 64 cm de largeur, et considérée comme la plus belle de la grande époque de l’histoire naturelle, était estimé l’équivalent de 4,74/7 millions d’euros sans les frais. 

Selon le catalogue de Sotheby’s, 119 ensembles complets de The Birds of America ont été répertoriés dans le monde, dont 107 appartiennent à des institutions.

PM

Un manuscrit médiéval en français vendu 2,84 millions d’euros à Londres

7 décembre 2010

Sotheby’s Londres a vendu aujourd’hui un très important manuscrit en français enluminé sur vélin pour l’équivalent de 2,84 millions d’euros. Présentée en trois gros volumes, cette somme en prose, et illustrée de plus de 100 miniatures, évoque la guerre, la chevalerie et les amours courtois. Elle a été réalisée dans l’Est de l’Artois ou en Flandre occidentale vers 1320-1339, et peut-être pour Guy VII, baron de la Rochefoucauld. Initialement, ces trois volumes faisaient partie d’une série de quatre dispersée vers la fin du XVIIe siècle, mais dont ils sont les premiers. L’ensemble vendu était estimé l’équivalent de 1,8/2 millions d’euros.  PM

Noël et famille toxique : un kit de survie

7 décembre 2010

ELLE vous a laissé entendre qu’elle venait de consacrer 72 heures de son existence à farcir une dinde. Du coup, ELLE semble prête à dégainer son rouleau à pâtisserie pour le braquer sur votre tempe si jamais vous laissiez passer plus de trente secondes sans revenir sur son sens du sacrifice. LUI, de toute façon, ne vous voit pas, il ne vous a jamais vu. L’AUTRE, frappé par le syndrome du gourou depuis qu’il est en analyse, est à l’affût de la moindre erreur de vocabulaire que vous pourriez commettre, et qui serait forcément un lapsus, pour tenter de vous désincarner. Et il ne faudra surtout pas contredire la jeune et sournoise RIBAMBELLE, 85 cadeaux chacun, qui semble avoir prévu d’envoyer la bûche pâtissière dans la figure de l’AÏEULE à la fin de repas. Un incident qui pourrait toutefois remettre en place les idées de la  centenaire qui ne cesse de réclamer un éventail, car elle se croit en plein été et à Madagascar, et ceci bien que vous soyez en France, un 24 décembre au soir, dans une maison de famille mal chauffée, et que l’extra-vieille n’ait jamais mis les pieds dans cette région du globe. Voilà, tout le monde est réuni près d’un sapin au clignotement aussi harmonieux que celui d’une alarme à incendie, signe que le pire est revenu, c’est-à-dire un cauchemar nommé Noël. SEUL(E) dans ce bourbier tout en guirlandes et boules mercurisées, vous auriez bien besoin d’un soutien extérieur. The Dysfunctional Family Survival Fun Kit peut vous aider.

 

 Le kit est composé :

- d’une flasque censée contenir un liquide vous donnant du relief  (au cas où vous seriez invisible aux yeux des autres).

- d’un masque réversible : yeux ouverts (vous avez l’air d’être là mais, derrière, vous pouvez dormir) et yeux fermés (vous revendiquez ostensiblement le droit de dormir pendant le réveillon).

 - d’ un jeu de huit cartes avec des réponses de secours vous permettant de conclure n’importe quelle conversation pénible à l’aide d’une formule bien sentie. Ainsi, par exemple, vous pouvez dire :  “Je vais partir maintenant, avant que le son de ta voix ne finisse par me rendre malade”.

 - et d’un mini-livre distrayant (diverses activités à faire tout seul en réunion, mode d’emploi des éléments du kit, …).

Édité par Runningpress, ce kit est uniquement disponible en langue anglaise. Il coûte autour de 10 dollars (7,46 euros).

Pierrick Moritz

Épreuve très positive pour la vente Richard Avedon chez Christie’s Paris

20 novembre 2010

La présentation à Paris d’une vente aux enchères consacrée aux œuvres d’un photographe américain, aussi célèbre soit-il, représentait un défi inédit que Christie’s a brillamment relevé aujourd’hui, avec la dispersion de 65 tirages de photographies de Richard Avedon provenant de la fondation qui porte son nom. Tous les lots ont été vendus, et des records absolus pour des tirages du photographe négociés en vente publique ont été battus. Un tirage géant de 1978 de la célèbre Dovima with elephants des années 1950 a été payé 841.000 euros et 445.000 euros ont été déboursés pour ceux, réalisés en dye-transfer en 1990, du Beatles Portfolio de 1967. Les 5,46 millions d’euros engrangés par Christie’s représentent le plus important chiffre d’affaires réalisé pour une vente aux enchères de photographies à Paris.

Les 65 tirages photographiques de la vente consacrée au travail de Richard Avedon proposée aujourd’hui à Paris chez Christie’s formaient la plus importante réunion d’œuvres de l’artiste jamais présentée dans une vente publique. Le succès a été au rendez-vous, avec un chiffre d’affaires de 5,46 milllions d’euros et des lots vendus bien au-dessus des estimations, dont certains ont battu des records internationaux. Jamais une vente aux enchères sur le thème de la photographie présentée à Paris n’avait rapporté autant d’argent.

841.000 euros pour Dovima with elephants,…

Le lot vedette, le célèbre Dovima with elephants, Evening dress by Dior, Cirque d’Hiver, Paris, August 1955, tirage unique réalisé en 1978, monté sur lin et signé, dans une version géante de 216,8 x 166,7 cm, a été payé 841.000 euros sur une estimation 400.000/600.000 euros.

The Beatles Portfolio, London, England, 8-11-67, un ensemble 4 tirages dye-transfer, tirés en 1990, chacun signé et mesurant environ 55 x 43,9 cm, dans une boîte blanche, estimé 250.000/350.000 euros, a été payé 445.000 euros.

Christie’s fait beaucoup mieux que Sotheby’s pour un portrait de Stephanie Seymour de 1992  

Stephanie Seymour, model, New York City, May 9, 1992, important tirage argentique réalisé en 1997 (155,2 x 122cm), estimé 120.000/180.000 euros, a été payé 265.000 euros. 

Hier, toujours à Paris et pour une vente dans la même spécialité mais très eclectique*, Sotheby’s n’a récolté que 96.750 euros pour le même cliché et pour un tirage de 145 x 115 cm qui était estimé 100.000/150.000 euros sans les frais. 

De la politique à Dior

The Family, 1976. 69 tirages argentiques, chacun numéroté 21/25, portraits en rapport avec l’élection présidentielle américaine de 1976, année du bicentenaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, ensemble édité en association avec le magazine Rolling Stone, chaque tirage mesurant environ 25,6 x 20,2cm, dans une boîte en carton avec un exemplaire d’époque de Rolling Stone, estimé 80.000/120.000 euros, a été payé 205.000 euros.   

Suzy Parker and Robin Tattersall, Dress by Dior, Place de la Concorde, Paris, August 1956, tirage argentique réalisé en 2002, signé, numéroté, 46 x 46,4cm,  estimé 25.000/35.000 euros, a été payé 217.000 euros.

Le torse martyrisé d’Andy Warhol

Une photographie du torse martyrisé d’Andy Warhol, prise en 1969 et pour un tirage de 1993 de très grand format (150 x 121,5cm), a été payée 169.000 euros sur une estimation de 80.000/120.000 euros.

En 1968, Warhol fut victime d’une tentative d’assassinat à l’arme à feu. Touché au thorax, il échappa de peu à la mort. De très lourdes interventions chirurgicales laissèrent d’impressionnantes cicatrices sur son torse.  

Aucune photographie n’est la vérité

Richard Avedon disait qu’aucune photographie n’est la vérité, une formule parfaitement illustrée par son emblématique portrait de Marilyn Monroe de 1957, où l’actrice apparaît avec le regard vide, et dont un petit tirage ( 18,5cm x 18,5 cm), antérieur à 1960, a été payé 169.000 euros sur une estimation de 80.000/120.000 euros. Cette image pourrait conforter la légende de la star perturbée, voire le ragot de la poupée creuse (un malentendu notoirement dissipé par la publication récente de Fragments, recueil des écrits de l’actrice, au Seuil).

En fait, Marilyn Monroe avait dansé et joué la comédie durant des heures avant cette prise de vue.  Son expression saisie sur le cliché  peut tout aussi bien montrer l’état d’épuisement d’une femme qui vient de se donner totalement, vidée au sens littéral du terme, qu’être révélatrice d’une vérité psychologique.

Pour en savoir plus sur l’Œuvre de Richard Avedon : http://artwithoutskin.com/2008/08/17/richard-avedon-au-jeu-de-paume/

Pierrick Moritz

* La vente de photographies de Sotheby’s, hier à Paris, a rencontré un succès plus relatif,  avec quelque 33 % d’invendus pour un catalogue de 152 lots, mais a tout de même rapporté  2,7 millions d’euros, soit un record pour une vente de photographies à Paris, et avec des prix exceptionnels pour deux photographies de 1952 de Josef Sudek , deux natures mortes payées 228.750 et 300.750 euros quand elles étaient respectivement estimées 14.000/18.000 euros et 18.000/23.000 euros.

Un Portrait de l’ Éternel de Manuel Alvarez Bravo, réalisé à Mexico en 1935, tirage argentique d’époque a été payé 228.500 euros sur une estimation de 70.000/90.000 euros, soit également un prix record pour une photographie de cet artiste.  

Les trois photographies qui étaient assorties des estimations les plus importantes du catalogue, des  nus (avec Anita Brenner comme modèle) d’Edward Weston estimés 120.000/180.000 euros pour deux et 150.000/200.000 euros pour l’autre, n’ont pas trouvé preneur.

Le quatrième tirage le plus important, Le Pont du Gard, de Gustave Le Gray, travail de 1850-1851 estimé 100.000/120.000 euros sans les frais (20%) a été abandonné à 90.750 euros avec les frais.

Six  photographies par Eugène Atget sont restées coups sur coup sur le carreau (des vues prises à  Paris entre 1898 et 1926 ;  deux estimées 8/12.000  euros, une à 10.000/15.000 euros, deux autres à 15.000/25.000 euros et une à 30.000/40.000 euros).

PM

Un film inédit montrant Saint-Exupéry

18 mai 2010

Cet après-midi, à Paris, Sotheby’s a vendu pour quelque 68.000 euros une bobine 16 mm sur laquelle Antoine de Saint-Exupéry et sa femme Consuelo sont filmés sur un bateau.

Le document inédit et en couleurs, d’une durée d’1 minute et 50 secondes, est situé à Montréal en 1942.

Il était accompagné par le livre d’or du bateau, notamment signé par Saint-Exupéry, et d’un dessin du Petit Prince.