Archive pour la catégorie ‘Londres’

Un tableau exceptionnel de Natalia Goncharova en vente à Londres

26 mai 2012

Le 28 mai, à Londres, Sotheby’s mettra à l’encan une exceptionnelle Nature morte aux jacinthes de Natalia Goncharova (ou Gontcharova), conceptrice, avec son mari Mikhaïl (Michel) Larionov, du rayonnisme, autour de 1910. Les deux artistes  figurent parmi les plus grands de l’avant-garde russe pré-révolutionnaire.

L’huile sur toile  (100 x 72,5 cm) présentée chez Sotheby’s s’inscrit quant à elle dans l’influence des natures mortes réalisées par Matisse autour de 1910. L’arrière-plan montre une partie de Le Blanchissage du linge, peint en 1908 par Goncharova et conservé au Musée historique d’État de Russie. Selon les informations du catalogue, cette nature morte aux jacinthes a fait partie de Exposition de peinture de Natalia Goncharova, 1900-1913, organisée au Bureau d’Art Nadezhda Dobychina de Saint-Pétersbourg en 1914.

Un grand nombre d’œuvres de Natalia Goncharova ne sont pas signées, ce qui constitue un véritable casse-tête pour les historiens et experts de l’art. Dans le catalogue de l’exposition Michel Larionov et son temps, organisée en 1973 au musée Toulouse-Lautrec d’Albi, où des œuvres de Natalia Goncharova accompagnaient celles de son mari, on constate que  la moitié des 18 huiles sur toile créées par elle entre 1907 et 1924  et exposées ne sont pas signées. La nature morte aux jacinthes mis en vente par Sotheby’s présente, au dos, des mentions manuscrites en caractères latins et cyrilliques, un numéro et des étiquettes d’expositions.

L’œuvre est estimée 3/4 millions de livres quand le présent vendeur l’avait payée 3 millions dans une vente aux enchères londonienne du même opérateur, en novembre 2007.  Si l’intervalle entre ces deux ventes est relativement court, il s’agit d’une création de qualité muséale pour une artiste dont la cote ne cesse de monter, rivalisant désormais avec celle de Larionov.

À Londres, en février 2010, Christie’s a vendu Espagnole, une  huile sur toile (130,3 x 81,3 cm) peinte en 1916 par Natalia Goncharova, pour la somme de 6,25 millions de livres (7,35 millions d’euros au cours du change de l’époque). Il s’agit du plus haut prix jamais engagé en vente publique pour une œuvre d’une femme peintre.

Natalia Goncharova est aussi connue pour ses décors et costumes réalisés pour les Ballets russes à partir des années 1910.

Pierrick Moritz

41 millions de livres pour la dispersion de la collection Gunter Sachs

24 mai 2012

Programmée les 22 et 23 mai à Londres, la dispersion par Sotheby’s de la collection d’art contemporain et d’art décoratif de Gunter Sachs, disparu l’année dernière, a généré 41,4 millions de livres (avec les frais), soit le double de l’estimation basse du catalogue (sans les frais).

Les quatre prix les plus importants concernent des œuvres d’Andy Warhol. Le plus élevé, 5,36 millions de livres, va à un des autoportrait Fright Wig, réalisé à l’acrylique et à l’encre sérigraphique sur toile (102 x 102 cm) en 1986, qui était estimé 2/3 millions. Gunter Sachs avait acheté cette œuvre chez Christie’s en 1998, lors d’une vente aux enchères à Londres, pour 397.550 livres.

L’estimation de 700.000/900.000 livres d’un Kiss (Bela Lugosi) du même Warhol, sérigraphie d’une image de film de l’icône-interprète de Dracula, pièce unique de 1964, a été pulvérisée pour arriver à un prix d’achat de 3,17 millions de livres. Un portrait de Brigitte Bardot, ex-femme de Sachs, toujours de Warhol et d’une série vue et revue, s’est vendu plus difficilement, 3 millions avec les frais (12 %) pour une estimation de 3/4 millions sans ces frais.

Parmi les autres créations de Warhol présentées, un portrait de Gunter Sachs, sérigraphie de 1972, estimé 400.000/600.000 livres, a été facturé 1,27 million.

Un enchérisseur a engagé 1,6 million de livres sur un ensemble de sièges Moutons de laine de François-Xavier Lalanne, une création de 1968 estimée 250.000/350.000 livres. En février 2009, à Paris, lors de la dispersion de la collection Saint Laurent/Bergé par Christie’s, un bar YSL, une commande de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent à François-Xavier Lalanne, avait été payé 2,75 millions d’euros sur la base d’une estimation haute de 300.000 euros.

Pour de l’art décoratif relevant également de la sculpture, des créations singulières d’Allen Jones datées de 1969, de multiples de 6, et évoquant sans ambages certains “fantasmes”, ont pulvérisé leur estimation de 30.000/40.000 livres pièce. La facture d’une “femme-table” affiche 970.850 livres,  celle d’une “femme-chaise” 836.450 livres et celle d’une “femme-porte-chapeaux” 780.750 livres.

PM

Art traditionnel chinois : meilleur résultat chez Sotheby’s, taux d’invendus toujours élevé

17 mai 2012

Si, hier, à Londres, Sotheby’s a fait mieux que Christie’s, la veille, pour une vente concurrente de céramiques et d’objets d’art chinois, sa vacation présente deux caractéristiques désormais récurrentes pour la spécialité négociée aux enchères : un taux d’invendus élevé (33,4 % contre 50 % chez Christie’s) et des enchères finales très au-dessus des estimations pour certains lots, ici en plus forte proportion. Chez les deux opérateurs, plus de 90 % des lots ont été vendus sous le seuil des 100.000 livres.

Sotheby’s réalise un chiffre d’affaires de 12,86 millions de livres pour un catalogue de 338 lots, quand celui de Christie’s est de 11,84 millions pour 410 lots présentés. 50 % du chiffre d’affaires est généré par 16 des lots les plus chers contre, pour la même comparaison, 10, la veille, chez Christie’s.

Avec 27 lots  facturés  au moins 100.000 livres chez Sotheby’s contre 17 chez Christie’s,  ceux vendus sous ce seuil représentent quelque 92 % du nombre total présenté dans le catalogue du premier, contre quelque 95 % dans celui du second.

Selon le communiqué publié par Sotheby’s sur son site, 9 des 10 prix les plus élevés sont le fait du commerce asiatique. L’Occidental Eskenazi, installé à Londres sur Clifford Street, l’un des plus grands marchands d’art asiatique et chinois au monde, réputé pour le négoce de pièces exceptionnelles depuis des décennies,  s’est porté acquéreur, pour 505.250 livres, d’une assiette Jun à couverte à éclaboussures mauves sur fond lavande, dynasties Song-Yuan. L’objet d’art était estimé 5.000/7.000 livres.

Pour d’autres lots facturés très au-dessus des estimations, on trouve, notamment, un pot à pinceau en jade blanc et roussâtre à décor d’immortels dans un paysage, période Qianlong, à 1,55 million de livres (estimé 250.000/350.000), un autre, de la même période, en jade céladon sculpté d’un paysage, période Qianlong, à 553.250 livres (80.000/120.000), une petite sculpture de buffle en jade du XVIIIe siècle à 668.450 livres (150.000/250.000).

Et encore : un vase céladon de forme archaïque, période et marque Yongzheng, à 589.250 livres (estimé 200.000/300.000), une statue en bronze doré (H.44 cm) représentant le bouddha Amitayus, période Kangxi, à 541.250 livres (200.000/300.000),  un bol en porcelaine à fond rouge sous couverte d’un décor aux huit immortels en bleu cobalt, marque et période Kangxi, à 361.250 livres (estimé 30.000/50.000).

Les invendus les plus chers sont un bol à fruits en porcelaine blanc bleu dit “lingzhi”, marque et période Xuande, estimé 150.000/250.000 livres,  un  vase en bronze doré incrusté d’émail cloisonné, dynastie Qing, période Wanli, H. 58 cm, estimé 120.000/180.000 livres et une paire de pots couverts en porcelaine émaillée vert à décor de dragons, marque et période Qianlong, estimée 160.000/200.000 livres.

Pierrick Moritz

Les estimations sont données sans les frais à la charge de l’acheteur (25 % jusqu’à 25.000 livres, 20 % entre 25.000 et 500.000 livres, 12 % au-dessus). Ces frais sont inclus dans les résultats. Ces résultats sont valables dans la mesures où les lots seront effectivement payés.

Encore une vente d’art chinois malade

16 mai 2012

Au grand casino du marché de l’art traditionnel chinois, 206 des 410 lots finalement présentés dans le cadre de  l’importante vacation proposée hier par Christie’s, à Londres, n’ont pas trouvé preneur.

Poussées de fièvre spectaculaires moins nombreuses et chutes de tension plus longues (un tunnel de 20 lots invendus à la suite) caractérisent cette vacation, confirmant que la défiance prend le pas sur la spéculation dans cette spécialité imprévisible.

17 lots sur 410 passés sous le feu des enchères (4 retirés) ont été payés au moins 100.000 livres, dont 10 au moins 300.000 livres, représentant plus de 50 % du chiffre d’affaires de 11,84 millions.

Pour des prix spectaculaires en regard des estimations, on relève 825.250 livres pour un petit bol polylobé de type Ge, pédiode des Song du Sud (1127-1279), recouvert d’une glaçure craquelée gris pâle (estimé 20.000/30.000 livres), 505.250 livres pour un vase en jade à décor gravé d’un dragon de la période Qianlong (1736-1795), dont 60.000/80.000 livres étaient attendus, 481.250 livres pour une petite cloche en porcelaine blanc bleu de la période Qianlong, à décor de feuilles de lotus, de grues, de deux animaux fantastiques et d’une calligraphie, estimée 30.000/50.000 livres et 337.250 livres pour une paire de bols dit boys de la famille rose et datée du XXe siècle (estimée 10.000/15.000 livres).

Estimé 2.000/3.000 livres, un ensemble composé d’une petite tabatière et d’une assiette, en émail polychrome et daté du XIXe siècle, a été payé 133.250 livres.

Le lot phare du catalogue, une paire de grands vases impériaux de la famille rose de la période Jiaqing (1796-1820), a été payé 1,27 million de livres avec les frais (12 %) pour une estimation de 800.000/1,2 million.

Des lots pressentis pour atteindre des enchères très élevés n’ont pas trouvé preneur, comme cet ensemble de 3 sceaux en jade céladon du XVIIIe siècle (estimé 400.000/500.000 livres), cet encensoir dit “double grue” en jade blanc du XIXe siècle (300.000/500.000 livres), cet autre de forme archaïque en jade blanc, XVIIIe-XIXe siècle (250.000/300.000), ou cette grande sculpture de montagnes en jade céladon de la période Qianlong  (200.000/300.000 livres).

Les ventes d’art dans la spécialité organisées par Sotheby’s et Christie’s lors de l’Asian Week new-yorkaise du mois de mars affichent des taux d’invendus compris entre 28 et 36 %, avec des objets d’art chinois très importants restés sur le carreau.

À Hong Kong,  les ventes de printemps de Sotheby’s ont enregistré une baisse sensible par rapport à sa dernière opération équivalente, 316 millions de dollars américains contre 412,5 millions. Les céramiques et objets d’art chinois ont produit 98,9 millions contre 124 millions.

Articles en rapport :

Les valeurs de l’art chinois ancien (analyse) : http://artwithoutskin.com/2012/04/23/les-valeurs-de-lart-chinois-ancien-analyse/

Les performances des objets d’art chinois ont du plomb dans l’aile : http://artwithoutskin.com/2012/03/24/les-performances-des-objets-dart-chinois-ont-du-plomb-dans-laile

Pierrick Moritz

Les estimations sont données sans les frais à la charge de l’acheteur (25 % jusqu’à 25.000 livres, 20 % entre 25.000 et 500.000 livres, 12 % au-dessus). Ces frais sont inclus dans les résultats. Ces résultats sont valables dans la mesures où les lots sont effectivement payés.

1,68 million d’euros pour une feuille de manuscrit enluminé perse

25 avril 2012

Traduite en français par Réunion après l’hommage rendu par les nobles à Kay Khosraw suite à son intronisation, une feuille de manuscrit enluminé perse du XVIe siècle, tirée du Shah Isma’ll Shahnameh, estimée 60.000/80.000 livres (73.000/98.000 livres), a été payée 1,38 millions de livres (1,68 million d’euros) aujourd’hui chez Sotheby’s, à Londres.

Si cette œuvre d’origine impériale est très exceptionnelle, la facture, équivalent à environ 20 fois l’estimation moyenne, constitue un record dans la spécialité.

D’une dimension de 41 x 29 cm, elle est peinte à la gouache et à l’or sur papier renforcé et comporte 10 lignes de texte sur 4 colonnes, ainsi qu’un autre texte écrit en diagonale dans la marge supérieure.

PM

661.000 euros pour une coupe des premiers Jeux Olympiques modernes

18 avril 2012

La coupe en argent ouvragé  ayant récompensé Spyros Louis, vainqueur du marathon des premiers Jeux Olympiques modernes d’Athènes de 1896, a été payée l’équivalent de 661.000 euros (541.250 livres) aujourd’hui à Londres, lors d’une vente d’affiches et de souvenirs olympiques proposée par Christie’s. L’objet de 15 cm de hauteur était mis en vente par le petit-fils de Spyros Louis.

Selon des informations publiées il y a quelques temps par le Athens News, l’ex-athlète olympique Voula Patoulidou a lancé un appel à une collecte de fonds en Grèce pour pouvoir enchérir lors de cette vente, dans l’espoir de rapatrier ce trésor hautement symbolique dans son  pays.

PM

Qui veut dépenser des millions pour un œuf surdimensionné de Jeff Koons ?

9 avril 2012

Un œuf de Pâques surdimensionné (199 x 195 x 163 cm) de Jeff Koons, en acier chromé bleu/turquoise, l’extérieur imitant un traditionnel emballage en papier métallique et coiffé d’un nœud de ruban, fera partie de la vente d’art contemporain proposée par Christie’s, le 27 juin à Londres.

Ce Baroque Egg with Bowe existe en 5 exemplaires réalisés entre 1994 et 2008. Tous présentent une association de couleurs œuf/nœud différente. Cette version est assortie d’une estimation équivalant à 4,7/5,5 millions de dollars (2,5/3,5 millions de livres).

L’exemplaire est le dernier disponible sur le marché, du moins jusqu’à ce que l’un des propriétaires des autres se décide à revendre le sien.

En novembre dernier, à New York, Christie’s vendait une version de ce Baroque Egg with Bow, variante orange/magenta, un peu plus grande (212,1 x 196,9 x 152,4 cm), pour 6,42 millions de dollars avec les frais (12%) pour une estimation de 5,5/6,5 millions.

En mai 2009, toujours à New York, Sotheby’s consentait à un rabais de 20 % pour écouler un troisième exemplaire, bleu/magenta, les dimensions identiques au précédent, alors estimé 6/8 millions de dollars sans les frais (12 %). L’œuf était finalement payé 5,48 millions avec les frais.

En juin 2008, un exemplaire de Balloon Flower (Magenta), sculpture en métal imitant une baudruche nouée en forme de fleur, était payé l’équivalent de 25,8 millions de dollars chez Christie’s Londres, devenant l’œuvre de Koons la plus chère de Koons en vente publique. Deux ans et demi plus tard, chez Christie’s, à New York, un autre exemplaire en version bleue, estimée 12/16 millions, était payé 16,88 millions. La seule différence de couleur explique difficilement cet écart, à moins que l’on ne soit plus dans le domaine de l’art, mais dans celui de la décoration.

En mai 2011, chez Sotheby’s, à New York, Pink Panther, une sculpture en porcelaine représentant une femme blonde torse nu, tenant dans ses bras une panthère rose en peluche sur le modèle de celle du film de Blake Edwards, assortie de l’estimation délirante de 20/30 millions de dollars sans les frais (12%), avait été laissée à 16,88 millions avec les frais. Cet exemplaire d’un multiple de 3 + 1 épreuve d’artiste faisait partie de l’encombrante exposition Jeff Koons proposée au château de Versailles en 2008.

L’année précédente, un mille-pattes gonflable encastré dans un escabeau, estimé 5,5/7,5 millions de dollars, n’avait pas trouvé preneur dans une autre vente aux enchères.

Même si la cote de Koons est globalement en baisse, avec une œuvre, comme celle de Damien Hirst, semblant témoigner d’une époque révolue (celle d’avant la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, en pleine crise des subprimes), et malgré un phénomène de rareté habilement géré pour ce genre de situation, certaines de ses œuvres continuent à se vendre à des prix bien plus élevés que dans les années 2000.

En mai 2008, chez Christie’s New York, un New Hoover Convertibles, New Shelton Wet/Drys 5-Gallon, Double Decker de Jeff Koons, une installation de 4 aspirateurs éclairée par des néons fluorescents, était payée 11,8 millions de dollars. En novembre 2009, même lieu, même opérateur, une œuvre du même type mais avec seulement 2 aspirateurs, était encore enlevée pour 3,1 millions. Cette dernière avait été payée 358.000 dollars en mai 2000 chez Christie’s, à New York.

En mai 2010, sur la même place, Sotheby’s avait vendu une pièce de la série Jim Bean (wagons ou locomotives de trains remplis de bourbon, sur le modèle des bouteilles à liqueur fantaisie), J.B. Turner Engine, numéro 3 d’une série de 3 plus 1 épreuve d’artiste, pour 2,32 millions de dollars. Trois ans plus tôt, pour cette série de 1986 et avec le même tirage et le même ordre de dimensions, un Cadoose (2/3) et un Observation Car (2/3) avaient été payés nettement moins cher : 1,6 million pièce. En 2000, ce genre de “babioles” se vendait autour de 56.000 livres chez Sotheby’s Londres.

En novembre 2009, chez Christie’s, à New York, un bouquet de fleurs en bois polychrome de l’artiste, payé l’équivalent de 994.961 dollars en 2000, lors d’une vente chez le même opérateur à Londres, était acheté pour 5,68 millions.

Une question demeure : quel est le profil des acheteurs qui peuvent engager aujourd’hui des sommes aussi importantes sur des œuvres de Koons ?

Pierrick Moritz


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