Archive pour la catégorie ‘New York City’

Résultats très mitigés pour la peinture ancienne à New York : situation de crise jouant toujours en faveur des opérateurs

1 février 2012

Actualisé le 02/02/2012 à 12 heures 59

Les traditionnelles vacations de peintures et d’objets d’art anciens et du XIXe siècle de janvier chez Sotheby’s et Christie’s New York sont le premier grand rendez-vous international de l’année pour le marché de l’art en vente publique occidental. Les résultats des vacations des 25, 26 et 27 janvier mis en regard du symbole du calendrier n’annoncent rien de nouveau pour 2012 mais confirment la tendance lourde des mois passés  : des  taux d’invendus globalement élevés au sein d’une situation de crise jouant en faveur des opérateurs.  

L’Old Masters Week de janvier à New York, traditionnelle programmation des commerçants de l’art autour de la peinture ancienne, s’est déroulée la semaine dernière à New York. Du côté des ventes publiques, Sotheby’s et Christie’s proposaient chacune 3 vacations dans la spécialité. Les résultats de la vente de dessins anciens de Sotheby’s du 25 janvier, avec un taux d’invendus de quelque 49 % mais un chiffre d’affaires atteignant 75 % de l’estimation pré-vente du calalogue, illustrent notamment la tendance d’un avantage en faveur des commissions des opérateurs tandis que de nombreux vendeurs se retrouvent en situation difficile.

Une incertitude néfaste à la transparence du marché de l’art

Si, en cas d’accord entre les deux parties, les vendeurs déçus  – mais aussi redevables de frais parfois importants - peuvent revendre leur bien dans le cadre d’une transaction privée qui rapportera notamment des commissions aux opérateurs, le climat d’incertitude conduit les vendeurs potentiels à l’attentisme.

Les œuvres les plus prestigieuses sont confiées plus difficilement, à moins d’obtenir des garanties pour certains vendeurs, un procédé dont on peut dire qu’il jette d’emblé une part de doute sur la solidité du marché. Les vendeurs peuvent aussi décider de passer directement par l’option vente privée.

Intégrant ces renégociations d’après vacation sur des lots notoirement connus comme invendus, les ventes privées menées par les opérateurs en vente publique, seule place d’information à peu près fiable, en rajoutent encore au niveau de l’opacité du marché de l’art.

40 et 30 % d’invendus pour les ventes majeures de Sotheby’s et Christie’s

La vacation de Sotheby’s du 26 janvier, avec un important catalogue de 351 lots majoritairement constitué  de peintures et sculptures anciennes, puis d’objets d’arts (tapisseries et faïences européennes anciennes, …), a enregistré quelque 40 % d’invendus (140 lots).

Les déconvenues les plus importantes concernent une nature morte de fleurs de Jan Van Huysum (1682-1749), peinte à l’huile sur cuivre (79 x 60,5 cm) et estimée 4/6 millions de dollars, ainsi qu’une Fuite en Égypte d’Antony Van Dyck (1599-1641), une huile en grisaille sur panneau (38,4 x 32,4 cm) dont 3/5 millions étaient attendus.

Fréquence des invendus moins importante pour les objets d’art

Dans cette vente, la fréquence des invendus a été moins importante pour les objets d’art. La plus forte enchère concerne une paire de portraits en forme de médaillon (D. 43,2 cm chacun), des terres cuites émaillées réalisées par Andrea della Robia à Florence vers 1470-1480. Elle a été payée 1,65 million de dollars sur une estimation de 400.000/600.000 dollars.

5,6 millions de dollars pour une vue de Venise par le Canaletto

Le lot vedette du catalogue, une vue de Venise du Canaletto (1697-1768) à l’huile sur toile (60 x 94,5 cm), a été payé 5,6 millions de dollars avec les frais (12%), soit au niveau bas d’une estimation de 5/6 millions sans les frais.

Toujours pour les lots aux estimations les plus élevées, une Lucrèce à l’huile sur panneau (60,3 x 48,9 cm) de Lucas Cranach le Vieux (1472-1553) a été payée 5,12 millions de dollars sur une estimation de 4/6 millions ; de Simone Martini (1284-1344), une Annonciation de la Vierge, tempera sur fond or sur panneau (29,2 x 20,6 cm), a été acquise pour 4,11 millions sur une estimation de 3/4 millions.

Des œuvres vendues très au-dessus des estimations

Parmi  les peintures vendues très au-dessus des estimations, on remarque un Saint Jérôme dans le désert par Fra Bartolommeo (1472-1517). Cette œuvre peinte à l’huile sur un panneau en forme d’arche (45,1 x 27,9 cm) a été payée 4,89 millions de dollars sur une estimation de 1,5/2 millions.

De Botticelli et son atelier (1445-1510), une Madone à l’Enfant à la tempera sur panneau rond (D. 121 cm), a été payée 4,56 millions de dollars sur une estimation de 1/1,5 million. Roland et le mariage d’Angélique, une huile sur toile monumentale de Charles-Antoine Coypel (1694-1752) estimée 700.000/900.000 dollars, a été payée 3,55 millions.

De Pieter de Hooch (1629-1684), un Intérieur avec un enfant nourrissant un perroquet peint à l’huile sur toile (79,5 x 66 cm), daté 1672, a été payé 3,66 millions de dollars sur une estimation de 1,5/2 millions.

Un tableau ancien estimé 6/8 millions de dollars invendu chez Christie’s

La très importante vacation de peinture ancienne de Christie’s, le 25 janvier, a vu 18 des 60 lots du catalogue ne pas trouver preneur. Le tableau le plus cher du catalogue en fait partie. Cette variation de la Vierge Marie nourrissant le Christ enfant d’Hans Memling (1430/40-1494), une petite huile sur panneau circulaire à fond or  (D. 17,4 cm), était estimée 6/8 millions de dollars.

L’opérateur avait un intérêt financier direct sur ce lot par une garantie d’un prix minimum de vente ou une avance faites au vendeur. Cette situation concerne à la fois les cas où l’opérateur détient des intérêts financiers propres et ceux où il a financé tout ou partie de tels intérêt à travers une tierce partie. Cette dernière engrangent un gain si la vente réussit et peuvent subir une perte si elle échoue.

Les déboires de certains vendeurs

Payé 1,43 million de dollars chez Sotheby’s New York en janvier 2000, un portrait d’homme de Giuseppe Arcimboldo (1527-1593), une composition réversible de fruits peinte à l’huile sur panneau (55,9 x 41,6 cm), n’a pas trouvé preneur. L’œuvre était estimée 3/5 millions.

Acquise pour 3,06 millions de livres par le présent vendeur en juillet 2008 chez Christie’s Londres, une peinture de cheval à l’huile sur toile (109  x 115,6 cm) d’Anthony van Dyck (1599-1641), a été payée 2,54 millions de dollars avec les frais (12 %). Son estimation était de 2,5/3,5 millions sans les frais.

Achetées à l’unité par le présent vendeur pour un total de 2,33 millions de dollars chez Christie’s New York en avril 2007, une série de 4 petites toiles circulaires (diamètre de chacune : 17, 8 cm) présentant des scènes de genre transférées sur un seul panneau n’a pas trouvé preneur. L’estimation était de 1,8/2,2 millions de dollars.

Les œuvres les mieux vendues

Figurant parmi les lots les plus chers du catalogue, L’Arrivée d’Henri III à la villa Contarini, une huile sur toile (71,7 x 106,7 cm) de Giambattista Tiepolo (1696-1770), a été payée 5,9 millions de dollars sur une estimation de 4/6 millions.

Pour les lots vendus très au-dessus des estimations, Jeune femme au clavecin, une petite huile sur panneau (39 x 32 cm) de Gerrit Dou (1613-1675), a été payée 3,33 millions sur une estimation de 1/2 millions. De Thomas de Keyser (1596/7-1667), un portrait d’homme daté de 1627, peint à l’huile sur cuivre dans un format octogonal (28 x 22,2 cm.) a été payé 1,48 million de dollars sur une estimation de 300.000/500.000 dollars.

2,09 millions de dollars pour une œuvre de la collection Elizabeth Taylor

Un portrait d’homme de Frans Hals (1581/5-1666) peint à l’huile sur toile (77,7 x 66 cm) et estimé 700.000/900.000 dollars a été payé 2,09 millions de dollars. Ce tableau provient de la collection de l’actrice Elizabeth Taylor où, en matière de peinture ancienne, le nom de Rembrandt figure également.

Taux d’invendus record pour les dessins anciens chez Sotheby’s 

Le 25 janvier, Sotheby’s ouvrait ces séries de vente autour de la peinture ancienne avec un catalogue de 223 lot dans la spécialité du dessin. Les résultats de cette vacation sont marqués par un taux d’invendus record de quelque 49 %.

Du côté de l’opérateur, la déconvenue est compensée par certains lots payés très au-dessus des estimations, et d’autant plus facilement que l’estimation la plus élevée du catalogue culminait à “seulement” 300.000/400.000 dollars. Elle concernait un petit portrait de jeune homme attribué à Piero del Pollaiuolo (1443-1496), crayon et encre brune sur craie noire, qui a enregistré la plus forte enchère. Le J. Paul Getty Museum de Los Angeles l’a acquis pour 1,39 million de dollars.

Des albums d’un suiveur de Rubens et de l’atelier de Poussin payés au prix fort

Parmi les lots les mieux vendus, une étude de de femme au crayon par Thomas Gainsborough (1727-1788) a été payée 314.500 dollars sur une estimation de 100.000/150.000 dollars ; un album intitulé De Figuris Humanis, 66 pages de texte et d’illustrations manuscrits d’un suiveur de Peter Paul Rubens, seconde moitié du XVIIe siècle avec une page de titre du XVIIIe siècle,  a été payé  302.500 dollars sur une estimation de 70.000/90.000 dollars ; de l’atelier de Nicolas Poussin, un album de 162 pages de texte et d’illustrations manuscrits consacrés à Leonardo de Vinci, milieu du XVIIe siècle, a été payé 200.500 dollars sur une estimation de 60.000/80.000 dollars.

Une feuille de Watteau invendue

La seconde estimation la plus importante du catalogue, 120.000/160.000 dollars, espérée pour pour une petite feuille recto/verso de Jean Antoine Watteau (1684-1721) représentant des études de personnages à la craie rouge, n’a pas été atteinte.

Troisième vacation de Sotheby’s : 38 % d’invendus

La dernière vacation de Sotheby’s, consacrée à la peinture ancienne et du XIXe siècle, est également marqué par un fort taux d’invendu. Il s’agit de quelque 38 % dans un catalogue de 226 lots, avec une proportion plus marquée sur la peinture ancienne, minoritaire avec 89 lots présentés dont 55% sont restés sur le carreau. L’estimation basse la plus importante était de 100.000 dollars.

Prix minimum pour le lot le plus cher du catalogue

Le lot le plus cher, une marine d’Ivan Konstantinovich Aivazovsky (1817-1900) peinte en 1895 à l’huile sur toile (62,5 cm x 83,5 cm)a été payée 122.500 dollars avec les frais (20%) sur une estimation de 100.000/150.000 dollars sans ces frais.

Jean-Baptiste Detaille : vendu et invendu

Toujours pour les estimations les plus élevées, Champigny, décembre 1870, une scène militaire peinte à l’ huile sur toile (121,9 x 218,4 cm) de Jean-Baptiste Detaille (1848-1912), a été abandonnée à 68.500 dollars avec les frais (20%) sur une estimation de 70.000/100.000 dollars sans ces frais.

Du même artiste, une autre scène de la bataille de Champigny peinte à l’huile sur une toile encore plus monumentale (160 x 304, 3 cm), n’a pas trouvé preneur avec une estimation de 50.000/70.000 dollars. Ces deux œuvres proviennent de la collection Forbes.

Les mieux vendus

Parmi les lots les mieux vendus et au-dessus de l’estimation, on trouve Miranda, une huile sur toile (152,4 x 84,5 cm) de Thomas Francis Dicksee  (1819-1895). Elle a  été payée 86.500 dollars sur la base d’une estimation de 20.000/30.000 dollars.

Du côté de la peinture ancienne, l’enchère la plus importante est allée à un Saint Jacques le Mineur du cercle du Greco, peint à l’huile sur toile (89,5 x 73 cm). L’œuvre a été payée 68.500 dollars sur une estimation de 20.000/30.000 dollars.

Peinture ancienne et dessins et aquarelles britanniques chez Christie’s : 25 % d’invendus 

La vacation de Christie’s du 26 janvier consacrée à la peinture ancienne et aux dessins et aquarelles britanniques des XVIIIe et XIXe siècles  a vu 112 des 140 lots présentés au catalogue trouver preneur.

Dessin de Turner abandonné sous son estimation

L’œuvre à l’estimation la plus élevée, The Chain Pier, Brighton, crayon et encre sur papier Whatman (14,6 x 22,2 cm) de Joseph Mallord William Turner (1775-1851), a été laissée sous son estimation de 300.000/500.000 dollars sans les frais (20%) en étant payée  338.000 dollars avec ces frais.

Vendus au-dessus des estimations

D’Edward Lear (1812-1888 ), Montenegro, un dessin aquarellé monogrammé et daté de 1870-72 sur papier Whatman (76,2 x 121,9 cm) contrecollé sur panneau, a été payé 422.500 dollars sur une estimation de 120.000/180.000 dollars.

De Friedrich Overbeck (1789-1869), une Madone à l’Enfant, crayon sur papier (42,4 x 42,9 cm) daté de 1841, a été payée 68.500 dollars sur une estimation de 10.000/15.000 dollars.

Attribué à Lucas Cranach Le Jeune 1515-1586), un portrait de dame à la gouache sur vélin (24,5 x 18,4 cm) a été payé 104.500 dollars sur une estimation de 50.000/60.000 dollars.

De Jean-François de Troy (1679-1752), une étude de Christ aux craies rouge et blanche sur papier chamois (25,6 x 43,4 cm) a été payée 86.500 dollars sur une estimation de 20.000/30.000 dollars.

Dessin à la craie de Thomas Gainsborough invendu et rabais marginaux

Un dessin animalier aux craies blanche et noire de Thomas Gainsborough (1727-1788) sur papier Amsterdam (21,3 cm x 18,5 cm), estimé 120.000/180.000 dollars, n’a pas trouvé preneur.

À la marge, quelques lots ont été abandonnés sous leur estimation. Un Couronnement de Charlemagne par Andrea Boscoli (1560-1607), trace de craies blanche et rouge, crayon et encre brune, lavis marron, 17 x 26 cma été payé 1.625 dollars sur une estimation de 4.000/6.000 dollarsDe Giovanni Battista Beinaschi (1636-1688), un sujet à la Madone et l’Enfant, pastel avec traces de craie blanche sur papier chamois (24,7 x 34,5 cm) a été payé le même prix que le précédent mais pour estimation de 3.000/5.000 dollars.

 24 % d’invendus pour la vente de peinture ancienne du Christie’s du 26 janvier

Le catalogue de cette vacation, deuxième partie de celle du 25 janvier mais regroupant des œuvres beaucoup moins importantes, comptait 112 lots. 85 ont trouvé preneur.

Vendu et invendu pour Giovanni Francesco Barbieri

L’enchère la plus importante est allée à Giovanni Francesco Barbieri (1591-1666) pour un Amnon and Tamar à l’huile sur toile (109,8 x 15,5 cm). Estimée 150.000/250.000 dollars, l’œuvre a été payée 266.500 dollars. Un Saint Paul (121,3 x 102,2 cm) peint à l’huile sur toile par le même artiste et estimé 150.000/200.000 dollars n’a pas trouvé preneur.

Enchère importante pour Girolamo Figino

Parmi les enchères les plus importantes, une Madone nourrissant le Christ enfant de Girolamo Figino (actif à Milan durant la seconde moitié du XVIe siècle), peinte à l’huile sur panneau (64,7 x 47,6 cm) a été payée 158.500 dollars sur une estimation de 40.000/60.000 dollars.

Estimation pulvérisée pour Jacopo Amgoni  

L’enchère la plus spectaculaire a été portée sur une huile sur toile (125,7 x 102,8 cm) de Jacopo Amigoni (vers 1685-1752) représentant un jeune ramoneur. Estimée 10.000/15.000 dollars, cette œuvre a été payée 230.500 dollars.

Payé 20.700 livres en 1997, revendu 182.500 dollars en 2012

Un Portrait de Bessela Pelgrom par Cornelis de Vos (1584-1651), peint à l’huile sur panneau (104,7 x 73,7 cm), a été payé 182.500 dollars sur une estimation de 60.000/80.000 dollars. L’avant-dernier vendeur avait payé cette œuvre 20.700 livres en juillet 1997 chez Christie’s Londres. Elle était alors attribuée à Gaspar de Crayer, peintre un peu moins cher que de Vos en vente publique.

Pierrick Moritz

“Conversations avec James Gray” : un grand livre sur le cinéma à travers un grand réalisateur

31 décembre 2011

Conversations avec James Gray est édité par David Frenkel/Cynecdoche et mené par Jordan Mintzer, critique de cinéma pour The Hollywood Reporter et producteur. Comme James Gray, l’auteur est originaire du Queens, quartier populaire de New York City qui marque l’Œuvre du réalisateur.

En un court-métrage (Cowboys and Angels) et quatre films (Little Odessa, The Yards, We Own the Night et Two Lovers) nés entre 1991 et 2008, James Gray et son univers original et puissant se sont imposés comme créateur et création majeurs du cinéma mondial.

Cette somme passionnante et accessible explore l’Œuvre de Gray à travers une série de longs entretiens exclusifs avec lui, et d’autres avec quelques uns de ses collaborateurs majeurs (acteurs, producteurs, scénariste, chef décorateur,…), des témoignages qui intéresseront aussi bien les fans du cinéaste culte que tout ceux qui sont à la recherche d’une référence pédagogique sur les métiers du cinéma.

Au fil d’une mise en page soignée, de nombreux documents, comme des photographies personnelles et de tournage, des extraits de scénarios et de story-boards, viennent rythmer le texte bilingue (français/anglais).

Par ses dimensions de vitalité, d’humanité et d’intimité, cet ouvrage m’a rappelé Les Maîtres de l’art contemporain d’Alexander Liberman (Arthaud, 1961), l’un des meilleurs livres sur les peintres et les artistes en général. Ces Conversations avec James Gray trouveront leur place dans votre bibliothèque serrées contre le Hitchcock/Truffaut (Gallimard).

Conversations avec James Gray de Jordan Mintzer, préface de Jean Douchet, introduction de Francis Ford Coppola. Édition bilingue français/anglais, “beau livre” relié avec couverture entoilée (21 cm x 28 cm), 240 pages, environ 300 documents reproduits en plus du texte, édité par Synecdoche. 49 euros.

Pierrick Moritz

Quand Malcolm Forbes offrait des bijoux en papier à Elizabeth Taylor

15 décembre 2011

Un ensemble en papier découpé et imprimé des photographies d’une parure de haute joaillerie, cadeau de Malcolm Forbes à Elizabeth Taylor, a été payé 6.875 dollars, hier chez Christie’s New York, lors d’une des vacations consacrées aux bijoux de l’actrice.

Contenue dans un écrin, la plaisanterie était estimée 200/300 dollars.

À l’allure où vont les choses, on peut se demander si le marché de l’art ne finira par transformer ce leurre en œuvre d’art conceptuel à plusieurs millions de dollars.

Peut-être la meilleure affaire de la vente des bijoux d’Elizabeth Taylor.

Pierrick Moritz

Vent de passion sur les bijoux d’Elizabeth Taylor chez Christie’s New York

14 décembre 2011

Hier soir, chez Christie’s New York, la première des deux ventes des bijoux d’Elizabeth Taylor, celle-ci consacrée aux pièces les plus importantes de son écrin, a généré la somme record de quelque 116 millions de dollars en 80 lots.Tous les bijoux ont été vendus et à des prix toujours très supérieurs aux estimations.

L’enchère la plus élevée, 11,84 millions de dollars, est allée au collier portant la légendaire Pérégrina, une perle blanche en forme de poire pesant 202,24 grains ou 50,56 carats. Estimée 2/3 millions de dollars, cette perle connue depuis le XVIe siècle a notamment fait partie de l’écrin royal de la cour d’Espagne depuis Philippe II – et fut en possession de Marie 1ère d’Angleterre, sa seconde épouse à laquelle il l’avait offerte – avant de tomber dans l’escarcelle des Bonaparte au XIXe siècle. Elizabeth Taylor l’avait acquise en 1969 et, quelques années plus tard, fait monter en pendant d’un riche collier de rubis, diamants et autres perles, dessiné par elle-même et Cartier. La perle peut être portée seule, en broche.

Marie 1ère d’Angleterre portant la Pérégrina sur le détail d’une huile sur panneau peinte en 1554 par Anthonis Mor, Musée du Prado, Madrid. Source photo : Wikimedia Commons 

Le Taj Mahal, un pendentif en jade au dos émaillé et serti de pierres rouges et de diamants, encadrant un diamant plus important en forme de cœur gravé d’une inscription en arabe, daté 1037 (1627-1628) du calendrier arabe, et tenu par un collier en or, jade et rubis à l’imitation d’une cordelette, dessiné par l’actrice et Cartier, a été payé 8,81 millions de dollars sur une estimation de 300.000/500.000. Ce pendentif avait été offert à Elizabeth Taylor par Richard Burton en 1972, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’actrice. Un autre cadeau de Burton, le diamant de 33,9 carats monté en bague et qui porte le nom de l’actrice, a été échangé contre la même somme sur une estimation de 2,5/3,5 millions de dollars.

Les pièces les moins chères du catalogue ont également été enlevées à des prix ahurissants, celles estimées autour de 10.000 dollars multipliant souvent par 10 leur estimation. Un papillon d’époque art nouveau par Boucheron, les ailes recouvertes d’émail plique-à-jour, serti de gemmes dont une aigue-marine, à l’origine un élément de peigne monté en broche, a été payé 122.500 dollars sur une estimation de 10.000/15.000.

De Bvlgari, un bracelet en or portant une succession de drapeaux émaillés a été échangé contre 116.500 dollars quand 8.000 à 12.000 en étaient attendus.

Une partie des bénéfices des ventes des souvenirs d’Elizabeth Taylor, qui font l’objet de 5 ventes  pour ses bijoux et sa garde-robe de femme et d’actrice chez Christie’s New York ce mois-ci, dont une d’enchères en ligne jusqu’au 17 décembre sur le site de la maison de vente, est destinée à sa fondation de lutte contre le SIDA créée en 1991.

Les bénéfices de la vente d’un coffret comprenant le livre Mon histoire d’amour avec les bijoux et le catalogue de la vente d’hier soir (600$) seront également reversée à cette œuvre.

http://www.elizabethtayloraidsfoundation.org/

Pierrick Moritz

Prix record pour une sculpture d’époque romaine chez Sotheby’s New York

12 décembre 2011

Une sculpture en marbre représentant Léda et le cygne d’époque romaine, copie du IIe siècle d’une œuvre grecque de Timotheos, a été échangée contre la somme astronomique de 19,12 millions de dollars jeudi dernier chez Sotheby’s New York.

Il s’agit d’un prix record pour une copie romaine d’une sculpture grecque et pour une œuvre de l’antiquité. Celle-ci, d’une hauteur de 135,2 cm et estimée 2/3 millions de dollars, était totalement inconnue des spécialistes jusqu’à sa redécouverte en Grande Bretagne l’année dernière. Les plus anciennes archives modernes connues concernant cette statue remontent au XVIIIe siècle.

Dans la même vacation, une tête de Zeus d’inspiration grecque, également d’époque romaine (vers 120-160), a été payée 3,5 millions de dollars sur une estimation de 800.000/1,2 million. Selon le communiqué de la maison de vente,  l’acquéreur de cette dernière œuvre est le Metropolitan Museum of Art.

Pierrick Moritz

Enchères : d’importants diamants n’ont pas fait rêver à New York

8 décembre 2011

À quelques jours de la dispersion de l’écrin d’Elizabeth Taylor à New York, caution morale de la débauche de millions des ventes aux enchères new-yorkaises d’automne puisqu’une partie des bénéfices sera versée à des œuvres charitables, il semblerait que le bouchon de carafe de plus de 10 carats et autres obscénités bijoutières du genre n’aient pas le vent en poupe sur la place américaine. C’est ce que montre les résultats de la vente de joaillerie proposée hier soir chez Sotheby’s New  York. Si  le taux d’invendus, quelque 31,5 %, est d’un ordre récurrent dans les ventes aux enchères publiques proposées depuis la rentrée, le problème est ici aggravé par le fait que la déconvenue concerne également les lots phares.

Pour des estimations confidentielles (de l’ordre de plusieurs millions de dollars pièce), un diamant rose de 22,5 carats et un diamant blanc de 33 carats, les deux montés en bague, n’ont pas trouvé preneur. Une autre bague, celle-ci chargée d’un rubis de 10,37 carats et estimée 1,5/3 millions de dollars, a connu le même sort. Il s’agissait des lots les plus importants du catalogue.

Quelques 35 bijoux dont les estimations étaient au moins égales à 100.000 dollars sont ainsi restés sur le carreau dont, pour les plus importants, deux  autres bagues avec un diamant rose (estimées 800.000/1,2 million de dollars et 500.000/700.000 dollars), une paire de boucles d’oreilles en émeraudes et diamants (600.0000/800.000 dollars) ou un important diamant navette monté en bague par Harry Winston (400.000/600.000 dollars).  En tout, quelque 114 bijoux sur les 340 présentés n’ont pas trouvé preneur.

Une bague en diamants à 1,87 million de dollars (estimée 1,2/1,6 million), un sautoir en platine et diamants à 1,65 million (estimé 750.000/1 million de dollars), une bague montée d’un gros saphir à 1,59 million (estimée 1/1,5 million de dollars), un colliers en perles et diamants à 1,11 millions (estimé 750.000/1 million) et, enfin, une autre bague monté d’un diamant important à 986.500 dollars (estimée 750.000/1 million de dollars), sont les bijoux payés le plus cher de la vacation.

Pour des enchères largement dépassées, un pendentif émaillé et sa chaîne d’époque art nouveau par René Lalique (estimé 50.000/70.000 dollars) et un collier en perles naturelles des années 1930 (estimé 80.000/120.000 dollars) ont respectivement été payés 326.500 et 518.500 dollars.

Pierrick Moritz


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