Archive pour la catégorie ‘Peinture ancienne’

New York : la tendance négative se poursuit pour les ventes de peinture ancienne

27 janvier 2011

Après les mauvais résultats enregistrés à New York pour les premières ventes de peinture ancienne, la tendance négative s’est poursuivie dans la soirée d’hier chez Sotheby’s. La dispersion d’œuvres de la collection Jacob Elie Safra a généré 37 % d’invendus et de nombreuses concessions sur les estimations basses.

Celle de l’œuvre la plus importante du catalogue a ainsi été revue à la baisse. Cette troupe de musiciens jouant pour une jeune femme, peinte à l’huile sur toile en 1661 par Hendrick Maertensz (dit Sorgh), 68 x 82 cm, et estimée 2/3 millions de dollars sans la commission de 12 % facturée en plus du prix marteau au vendeur, a été payée 1,77 millions avec ces frais.

Ce tableau avait été acheté au quadruple de son estimation haute en décembre 1998 chez Sotheby’s Londres, soit 956.500 livres.

Avec les frais de vente, dont la commission payée à Sotheby’s, que le vendeur devra aussi soustraire du prix marteau de 1,55 million de dollars, l’opération est beaucoup moins rentable qu’il n’y paraît au premier abord.  

Parmi les invendus figurent les trois œuvres les plus importantes en termes d’estimations et après celle d’Hendrick Maertensz.

Il s’agit d’un Vénus et Adonis peint à l’huile sur toile par Jacopo Amigoni (1682-1752), 216 cm x 150,3 cm, estimé 1,5 /2,5 millions de dollars, d’une vue de ruines antiques peinte à l’huile sur toile par Giovanni Paolo Panini (1691-1765), 74,3 cm x 99,5 cm, estimée 1/1,5 million, et d’un Cérès, Bacchus et Vénus peint à l’huile sur toile en 1645 par Jan Miel, 142,5 x 162,7 cm, estimé 800.000/1,2 million.

Pour des œuvres dont les estimations basses étaient inférieures à 1 million de dollars, soit la majorité, une quinzaine a été cédée sous ce seuil avec des remises oscillant entre 15 et 20 % environ.

En tête des quelques œuvres très bien vendues, figure une nature morte aux fleurs de Maria van Oosterwijck, peinte à l’huile sur toile en 1680, 97 x 77 cm, estimée  600.000/900.000 dollars sans les frais (20%) et payée 1,4 million.

Elle est suivie par une marine au crayon et à l’huile sur panneau de Willem van de Velde le Vieux (1611-1693), 69,5 x 91 cm, estimée 400.000/600.000 dollars sans les frais (20 %) et payée 902.500 avec les frais.  

La vacation a généré un chiffre d’affaires de 12,38 millions de dollars.

Chez Christie’s, la deuxième partie d’une vente de peintures, dessins, aquarelles anciens  et du XIXe siècle  a été moins calamiteuse que la première avec un taux d’invendus de 28,5 % contre 38 %. Le nombre d’œuvres n’ayant pas trouvé preneur demeure toutefois conséquent, 65 sur 228 présentées.

Les lots étaient beaucoup moins importants en valeur que lors de la première vacation et le chiffre d’affaires s’élève à 8,5 millions de dollars.

Toujours dans la catégorie peinture ancienne (et sculptures), Sotheby’s New York propose aujourd’hui une vacation en tête de laquelle figure une très importante huile sur toile du Titien.

15 à 20 millions de dollars sont attendus pour cette Conversation sacrée entre La Vierge à l’Enfant, saint Luc et Catherine d’Alexandrie, peinte à l’huile sur toile vers 1560 et d’un format de 127,8 cm x 169,7 cm.

Bardée d’un solide dossier documentaire, énumérant notamment ses propriétaires successifs au cours de l’histoire, il s’agit de la plus importante œuvre du maître vue sur le marché des ventes publiques depuis 20 ans.

On se trouve ici dans la catégorie des œuvres réellement exceptionnelles qui ne peuvent être représentatives de toute une spécialité du marché de l’art.     

La maison de vente tentera d’écouler pas moins de 378 lots. Les estimations basses de 30 d’entre eux sont au moins égales à 400.000 dollars dont 13 au moins égales à 1 million de dollars.

Article en rapport : http://artwithoutskin.com/2011/01/26/a-new-york-les-vacation-de-peintures-anciennes-commencent-mal/

Pierrick Moritz

À New York, les vacations de peinture ancienne commencent mal

26 janvier 2011

Premier temps fort des grandes ventes de peinture ancienne de cette semaine à New York,  la première partie de l’importante vacation de peintures, dessins et aquarelles anciens et du XIXe siècle organisée cet après-midi chez Christie’s affiche une tendance négative. Si une huile sur toile de Luca Carlevarijs a été payée quelque 4 millions de dollars sur une estimation de 3,5/4 millions, 38 % des lots, dont une grande proportion d’œuvres importantes, n’ont pas trouvé preneur.   

29 lots sur 75  présentés sont restés sur le carreau  et la vacation affiche un résultat de quelque 28 millions de dollars.

Si, pour la plus forte enchère de la vente, une huile sur toile de Luca Carlevarijs (1663-1730), une grande vue de Venise (102 cm x 174,5 cm), a été payée quelque 4 millions de dollars, le  bilan global reste mauvais car des œuvres très importantes du catalogue n’ont pas trouvé preneur.  

Il s’agit de tableaux du Canaletto, avec une Vue de Mestre dont 2,5/3,5 millions de dollars étaient attendus, du Grechetto (Giovanni Benedetto Castiglione, 1609-1664) avec un grand Circé changeant les compagnons d’Ulysse en verrats affichant une estimation de 1,2/1,8 million, d’Artemisia Gentileschi (1593-1654), pour une Madeleine pénitente estimée  800.000/1,2 million , et de Peter Paul Rubens, pour un Portrait de Ferdinando Gonzaga enfant à 700.000/1 million.

Pas moins de 18 œuvres dont l’estimation basse était au moins égale à 300.000 dollars sans les frais n’ont pas trouvé preneur.    

La maison de ventes pourra toujours se consoler avec le fait que les œuvres les mieux vendues ont été payées au-dessus des estimations.

Une Tête de vieil homme par Jean-Honoré Fragonard a été payée 1,37 million de dollars sur une estimation de 500.000/700.000, 1,76 million a été donné pour un grand Vénus caressant Cupidon de Pompeo Girolamo Batoni (1708-1787) dont 400.000/600.000 dollars étaient attendus.

Une huile sur toile à sujet animalier de Melchior d’Hondecoeter (1636-1695) est montée à 1,65 million de dollars pour une estimation identique à celle de l’œuvre précédente.

Une minuscule nature morte de fleurs d’Ambrosius Bosschaert  le Vieux (1573-1621) a été payée 1,42 million de dollars quand l’estimation était de 800.000/1,2 million, une huile sur toile de Jean-François Millet, La Fin de la journée, effet du soir, seulement signée du cachet d’atelier, a été payée 1,53 million sur une estimation de 800.000/1,2 million.

Une toile orientaliste de Jean-Léon Gérôme a été enlevée à 1,65 million de dollars quand 700.000/1 million  en était attendu et un Laurier-rose de Lawrence Alma-Tadema a été payé 902.500 dollars sur une estimation de 500.000/700.000.  

Pendant ce temps et toujours à New York, Sotheby’s vivait la même situation avec 79 lots invendus sur les 194 que comptait un catalogue de dessins anciens. Si les estimations étaient de fait beaucoup moins importantes, et que l’œuvre la plus chère a été payée 782.500 dollars, conformément à son estimation, des lots conséquents n’ont également pas trouvé preneur.

Le lot vedette, un dessin de Perino del Vaga (Pietro Buonaccorsi, 1501-1547) représentant Jupiter et Junon dans une alcôve et avec des amours dont l’un tient un bouclier héraldique, plume, encre brune, lavis brun et gris avec rehauts de blanc,  43,5 x 40,4 cm, a été payé 782.500 dollars avec les frais sur une estimation de 600.000/800.000 sans les frais.

Cette œuvre préparatoire est la seule connue d’une série réalisée pour La Furti di Giove, une célèbre série de tapisseries dessinée par l’artiste pour le condottiere génois Andrea Doria. Ce dessin n’avait pas été revu sur le marché de l’art depuis 1935.

Une étude de femme exécutée à la sanguine par le Guernico (Giovanni Francesco Barbieri,1591-1666), 27,4 cm x 22,1 cm, a été payée au niveau de son estimation basse, soit 218.500 dollars avec les frais sur une estimation de 180.000/240.000 sans les frais.  

En tête des 40% d’invendus figurent  certains des lots les plus importants du catalogue. Il s’agit d’une Vierge à l’Enfant par Isaac Oliver (1556-1617), une gouache et aquarelle sur vélin marouflé sur panneau, 27,6 cm x 20,3 cm, estimée 200.000/300.000 dollars, un dessin de Peter Paul Rubens, une Vénus nourrissant les cupidons, à 500.000/800.000, et un autre de Rembrandt, un Musicien de rue dont 300.000/500.000 étaient attendus. 

La vacation a rapporté 4,54 millions de dollars.

Christie’s assurera un peu plus tard dans la journée la deuxième et dernière partie de sa vente, tandis que Sotheby’s dispersera d’importantes peintures anciennes et du XIXe siècle issues de la collection Jacob Elie Safra.   

Pierrick Moritz 

Stubbs et Canaletto peinent à se vendre à Londres

8 décembre 2010

Une importante toile de George Stubbs (1724-1806),  représentant une poulinière et des poulains, a été payée l’équivalent de 12 millions d’euros avec les frais (12 %) ce soir chez Sotheby’s Londres, c’est-à-dire juste sous la fourchette de son estimation de 11/18 millions d’euros sans les frais.  

Il s’agissait du lot le plus important d’une vacation de peinture ancienne et anglaise, devant une vue de Venise de Canaletto qui, dans les mêmes conditions et avec un  prix payé de 2,65 millions d’euros, aura à peine fait mieux en se vendant ainsi au ras d’une estimation de 2,4/ 3,5 millions d’euros.

Le présent vendeur l’avait acquise pour 1,32 million de livres chez Sotheby’s Londres en juin 2006.  

33 des 44 lots (pas de lot 11) de cette vacation ont été vendus, et pour un chiffre d’affaires équivalent à 28 millions d’euros.

PM

Série noire pour la peinture ancienne chez Christie’s

8 décembre 2010

Après la déconvenue essuyée hier soir par une Ordination de Nicolas Poussin dont 15 à 20 millions de livres étaient attendus et qui n’a pas trouvé preneur, la série noire pour la peinture ancienne s’est poursuivie aujourd’hui chez Christie’s Londres.

129 des 248 lots d’une nouvelle vente dans la spécialité sont restés sur le carreau, soit 52 % d’invendus.

Les estimations basses de la quasi-totalité de ces œuvres, beaucoup moins importantes que celles de la veille, étaient inférieures à 100.000 livres.   

PM

“L’ordination” de Nicolas Poussin invendue à Londres

7 décembre 2010

Une Ordination de Nicolas Poussin estimée 18/24 millions d’euros n’a pas trouvé preneur  lors d’une vacation de peinture ancienne et du XIXe siècle proposée ce soir chez Christie’s Londres.  Il s’agissait de la peinture ancienne la plus chère proposée sur le marché de l’art en vente publique depuis le début de l’année.  

Demeurée dans la même collection depuis 225 ans, cette œuvre très importante faisait partie d’un ensemble de cinq aujourd’hui divisé et qui formait le groupe des 7 Sacrements, un monument de l’Histoire de l’art réalisé dans les années 1630 par l’artiste. L’une d’entre elles, Pénitence, a été détruite dans un incendie. Un autre, Baptême, fait partie des collections de la National Gallery of Art de Washington DC.

Au cours de la même vente, une Pentecôte sur panneau du Maître des Portraits Baroncelli (actif  à Bruges autour de 1489) a été payée l’équivalent de quelque 5 millions d’euros  sur une estimation de 1,2/1,8 million d’euros.

13 œuvres sur les 53 que présentait le catalogue n’ont pas trouvé preneur. La vacation a rapporté l’équivalent de 30 millions d’euros.

Pierrick Moritz

Un tableau ancien estimé 20.000 euros payé 1 million d’euros chez Christie’s Paris

27 octobre 2010

Un Portrait d’une jeune fille tenant un éventail, une huile sur toile anonyme présentée comme une école  flamande du XVIIe siècle  et assortie d’une estimation de 15.000/20.000 euros, a été payé 1 million aujourd’hui à Paris au cours d’une dispersion d’œuvres et objets d’art provenant des collections Rothschild chez Christie’s.  

Selon le catalogue, la toile rectangulaire (99 cm x 83 cm) était probablement ovale à l’origine. 

Le tableau, remarquable, avait été autrefois attribué à Anthony Van Dyck (1599-1641) avec  le modèle identifié comme étant Henriette de France (fille d’Henri IV et de Marie de Médicis, et qui allait devenir reine d’Angleterre).

Le million d’euros donné aujourd’hui pour cette toile correspond au prix d’une œuvre authentique de Van Dyck.

Articles en rapport :

http://artwithoutskin.com/2010/01/28/de-la-peinture-ancienne-plus-ou-moins-bien-appreciee/

http://artwithoutskin.com/2010/01/31/sothebys-vend-pour-68-millions-de-dollars-de-peinture-et-de-sculpture-anciennes/

Pierrick Moritz http://artwithoutskin.com/

À Milan, l’art traditionnel chinois éclipse les grands maîtres italiens du XVIIIIe siècle

20 octobre 2010
 
Des jades chinois du début du XXeme siècle, dont certains estimés quelques centaines d’euros, qui s’arrachent à des prix fous, et des œuvres importantes du Canaletto et de Guardi qui restent sur le carreau :  tel est le bilan stupéfiant de la dispersion d’une grande collection privée italienne réalisée par Sotheby’s hier à Milan. Tempéré aujourd’hui par des explications de la maison de ventes, l’évènement illustre néanmoins l’évolution d’un marché de l’art mondialisé où l’intérêt des investisseurs pour les objets d’art traditionnel chinois s’accroît de façon exponentielle.

Hier à Milan, Sotheby’s assurait la dispersion d’une collection privée italienne, un ensemble cohérent mais composé de pièces de qualités diverses et pour lesquelles les estimations allaient de quelques dizaines à plusieurs millions d’euros. 

Derrière les lots vedettes, une paire de toiles du Canaletto (1697-1768) estimée 4,5/5,5 millions d’euros, deux vues de Venise  jamais présentées en vente publique, et un autre tableau à thème vénitien de Francesco Guardi (1712-1793) dont 1,5/2 millions d’euros étaient attendus, le catalogue de 229 lots proposait une centaine d’objets d’art traditionnel chinois, dont une forte proportion de jades et d’ivoires, souvent relativement récents et dont les estimations étaient principalement situées entre quelques centaines et quelques dizaines de milliers d’euros.

Contre toute attente, le Canaletto et le Guardi n’ont pas trouvé preneur, tout comme une belle Crucifixion de Giambattista  Tiepolo (1696-1770), le troisième lot le plus cher avec une estimation de 600.000/800.000 euros, et les acheteurs se sont montrés particulièrement actifs pour acquérir les objets d’art traditionnel chinois.  

Le pendant du Canaletto qui n’en serait pas un, des informations de dernières minutes qui détournent les acheteurs du Guardi   

Selon un communiqué publié aujourd’hui par Sotheby’s, les explications aux déconvenues de ces peintures anciennes seraient que les deux œuvres du Canaletto, toiles connues comme étant des pendants, devaient être vendues séparément sur injonction du Ministère de la Culture Régional de la Lombardie. L’artiste ne les aurait pas considérées comme une paire (il est vrai que la seule correspondance entre les deux compositions est qu’il s’agit de vues de Venise, leurs dimensions étant un autre point commun, ce qui n’est pas suffisant pour affirmer qu’il s’agit d’un ensemble). Les acheteurs potentiels n’auraient pas voulu de cette division.

Quant au tableau de Guardi, l’œuvre aurait  fait l’objet d’un complément d’information de dernières minutes qui en aurait détourné les acheteurs. Par contre, pas d’explications pour la Crucifixion de Tiepolo, également ravalée.

Des estimations pulvérisées pour les objets d’art chinois

Quant aux  estimations des objets d’art traditionnel chinois, elles ont été littéralement pulvérisées, notamment pour la catégorie des jades, et dans une mesure hors de proportion avec le fait qu’elles étaient très raisonnables.

Parmi les enchères les plus spectaculaires, une sculpture en jade vert clair et rouge représentant la divinité Guanyin, datée de la première moitié du XXe siècle, et d’une hauteur de 41,5 cm, a  été payée 336.750 euros sur une estimation de 4.000/6.000 euros (il existe des exemples de pièces de ce type vendues généralement plusieurs dizaines de milliers d’euros).

Le prix le plus  élevé de la vacation revient à une paire de défenses d’éléphant en ivoire sculpté, Chine, début du XXe siècle, montée sur un socle en bois et décorée de médaillons en ivoire suspendus entre les deux pièces. Elle a été  payée 504.750 euros sur une estimation de 30.000/40.000 euros.

Une rare garniture d’autel dite “altar”, composée de 5 pièces en jadéïte verte très finement sculptée et datée de la première moitié du XXe siècle, a été payée 420.750 euros sur une estimation de 70.000/90.000 euros.

Un petit vase en jade blanc sculpté d’un phœnix, dynastie Qing, seconde moitié du XIXe siècle, a été payé 99.150 euros avec une estimation de 10.000/15.000 euros.

Assortie d’une estimation identique, une paire de vases couverts en jade de couleur lavande, Chine première moitié du XXème siècle, a été payée 106.350 euros.  

Du côté des objets en corail rouge sculpté, un groupe de la première moitié du XXème siècle, d’une hauteur de 27,5 cm, a été payé 120.750 euros quand 500 à 700 euros en étaient attendus.

 Pierrick Moritz

Articles en rapport :

http://artwithoutskin.com/2010/10/08/sothebys-atteint-un-nouveau-record-pour-une-serie-de-de-ventes-a-hong-kong/

http://artwithoutskin.com/2010/10/07/hong-kong-record-de-61-millions-deuros-pour-13-porcelaines-chinoises-imperiales/

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