Archive pour la catégorie ‘Peinture ancienne’

À Milan, l’art traditionnel chinois éclipse les grands maîtres italiens du XVIIIIe siècle

20 octobre 2010
 
Des jades chinois du début du XXeme siècle, dont certains estimés quelques centaines d’euros, qui s’arrachent à des prix fous, et des œuvres importantes du Canaletto et de Guardi qui restent sur le carreau :  tel est le bilan stupéfiant de la dispersion d’une grande collection privée italienne réalisée par Sotheby’s hier à Milan. Tempéré aujourd’hui par des explications de la maison de ventes, l’évènement illustre néanmoins l’évolution d’un marché de l’art mondialisé où l’intérêt des investisseurs pour les objets d’art traditionnel chinois s’accroît de façon exponentielle.

Hier à Milan, Sotheby’s assurait la dispersion d’une collection privée italienne, un ensemble cohérent mais composé de pièces de qualités diverses et pour lesquelles les estimations allaient de quelques dizaines à plusieurs millions d’euros. 

Derrière les lots vedettes, une paire de toiles du Canaletto (1697-1768) estimée 4,5/5,5 millions d’euros, deux vues de Venise  jamais présentées en vente publique, et un autre tableau à thème vénitien de Francesco Guardi (1712-1793) dont 1,5/2 millions d’euros étaient attendus, le catalogue de 229 lots proposait une centaine d’objets d’art traditionnel chinois, dont une forte proportion de jades et d’ivoires, souvent relativement récents et dont les estimations étaient principalement situées entre quelques centaines et quelques dizaines de milliers d’euros.

Contre toute attente, le Canaletto et le Guardi n’ont pas trouvé preneur, tout comme une belle Crucifixion de Giambattista  Tiepolo (1696-1770), le troisième lot le plus cher avec une estimation de 600.000/800.000 euros, et les acheteurs se sont montrés particulièrement actifs pour acquérir les objets d’art traditionnel chinois.  

Le pendant du Canaletto qui n’en serait pas un, des informations de dernières minutes qui détournent les acheteurs du Guardi   

Selon un communiqué publié aujourd’hui par Sotheby’s, les explications aux déconvenues de ces peintures anciennes seraient que les deux œuvres du Canaletto, toiles connues comme étant des pendants, devaient être vendues séparément sur injonction du Ministère de la Culture Régional de la Lombardie. L’artiste ne les aurait pas considérées comme une paire (il est vrai que la seule correspondance entre les deux compositions est qu’il s’agit de vues de Venise, leurs dimensions étant un autre point commun, ce qui n’est pas suffisant pour affirmer qu’il s’agit d’un ensemble). Les acheteurs potentiels n’auraient pas voulu de cette division.

Quant au tableau de Guardi, l’œuvre aurait  fait l’objet d’un complément d’information de dernières minutes qui en aurait détourné les acheteurs. Par contre, pas d’explications pour la Crucifixion de Tiepolo, également ravalée.

Des estimations pulvérisées pour les objets d’art chinois

Quant aux  estimations des objets d’art traditionnel chinois, elles ont été littéralement pulvérisées, notamment pour la catégorie des jades, et dans une mesure hors de proportion avec le fait qu’elles étaient très raisonnables.

Parmi les enchères les plus spectaculaires, une sculpture en jade vert clair et rouge représentant la divinité Guanyin, datée de la première moitié du XXe siècle, et d’une hauteur de 41,5 cm, a  été payée 336.750 euros sur une estimation de 4.000/6.000 euros (il existe des exemples de pièces de ce type vendues généralement plusieurs dizaines de milliers d’euros).

Le prix le plus  élevé de la vacation revient à une paire de défenses d’éléphant en ivoire sculpté, Chine, début du XXe siècle, montée sur un socle en bois et décorée de médaillons en ivoire suspendus entre les deux pièces. Elle a été  payée 504.750 euros sur une estimation de 30.000/40.000 euros.

Une rare garniture d’autel dite “altar”, composée de 5 pièces en jadéïte verte très finement sculptée et datée de la première moitié du XXe siècle, a été payée 420.750 euros sur une estimation de 70.000/90.000 euros.

Un petit vase en jade blanc sculpté d’un phœnix, dynastie Qing, seconde moitié du XIXe siècle, a été payé 99.150 euros avec une estimation de 10.000/15.000 euros.

Assortie d’une estimation identique, une paire de vases couverts en jade de couleur lavande, Chine première moitié du XXème siècle, a été payée 106.350 euros.  

Du côté des objets en corail rouge sculpté, un groupe de la première moitié du XXème siècle, d’une hauteur de 27,5 cm, a été payé 120.750 euros quand 500 à 700 euros en étaient attendus.

 Pierrick Moritz

Articles en rapport :

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Chef-d’œuvre de Nicolas Poussin chez Christie’s

7 septembre 2010

Christie’s va proposer une œuvre exceptionnelle de Nicolas Poussin (1594-1665)  dans une vacation de peinture ancienne et du XIXe siècle en décembre prochain à Londres. Demeurée dans la même collection depuis 225 ans, cette Ordination est estimée pour l’équivalent de 18/24 millions d’euros. L’œuvre faisait partie d’un ensemble de cinq tableaux aujourd’hui divisé et qui formait le groupe des 7 Sacrements, un monument de l’Histoire de l’art réalisé dans les années 1630 par Nicolas Poussin. L’un d’entre eux, Pénitence,  a été détruit dans un incendie.  Un autre, Baptême,  fait partie des collections de la National Gallery of Art de Washington DC.

Un tableau du Caravage, une des plus importantes œuvres d’art volées ces dernières années, retrouvé à Berlin

21 août 2010

En collaboration avec  des services de polices allemands et ukrainiens, Interpol a retrouvé à Berlin au début de l’été un important tableau du Caravage dérobé au Musée de l’Art occidental et oriental d’Odessa en juillet 2008.

Cette œuvre majeure, intitulée  L’arrestation du Christ ou Le Baiser de Judas, est estimée plusieurs dizaines de millions d’euros.

Il s’agit de la récupération de l’une des plus importantes œuvres d’art volées ces dernières années.

Lire le communiqué original : http://www.interpol.int/Public/ICPO/PressReleases/PR2010/PR054FR.asp

La peinture ancienne rapporte 42 millions de livres chez Christie’s

7 juillet 2010

L’importante vacation de peinture ancienne et du XIXe siècle proposée hier soir par Christie’s à Londres a généré 42,33 millions de livres.

Ce chiffre d’affaires représente le double de la vacation équivalente de l’année dernière. Celle de 2008 avait rapporté 24 millions.  

Comme souvent depuis le printemps, le taux d’invendus est important (30 %), mais ici plutôt concentré sur les œuvres de valeur moyenne, les tableaux-vedettes ont été payés au niveau de l’estimation basse et d’autres ont rattrapé leur sous-évaluation en cassant vers le haut le cadre de l’estimation.  

Le tableau- phare du catalogue, un portrait militaire par Rubens, a été payé 9 millions de livres avec les frais (12%) sur une estimation de 8/12 millions sans les frais.

Également vendues autour de l’estimation basse, mais ici avec une enchère au marteau située  légèrement sous le prix minimum affiché, une œuvre de Georg Pencz et une autre de Giovanni Francesco Barbieri, chacune estimée 5/8 millions de livres sans les frais, ont été respectivement vendues 5,64 et 5,19 millions.

D’autres œuvres du catalogue, moins importantes en valeur, ont également été vendues au niveau de leur estimation basse.

Du côté des œuvres très bien négociées, une Madone à L’Enfant de Giovanni Bellini a été payée 3,51 millions de livres sur une estimation de 2,5/3,5 millions et une vue de Venise par Michele Marieschi 1,6 million  (estimée 800.000/1,2 million).

Un autre tableau de cet artiste, même sujet et même estimation, a été ravalé.

Un portrait d’homme de Salvador Rosa et un panneau de Lucas Cranach I, chacun estimé 100.000/150.000 livres, ont explosé  le cadre de leur estimation en étant respectivement appréciés à 769.250 et 553.250 livres.

Une huile sur papier d’Ubaldo Gandolfi  estimée 40.000/60.000 livres a finalement été payée 373.250 livres et  361.250 livres sont allées à une aquarelle de Turner estimée 80.000/120.000 livres.

Pour ce dernier artiste, une huile sur panneau (250.000/350.000) et une autre aquarelle (200.000/300.000) ont été ravalées.

Du côté de la peinture XIXe, des œuvres de Joaquim Sorrola y Batisda et Alfred Stevens ont également été payées au prix fort.  

La toile de l’Espagnol a été payée 1,44 million de livres (estimée 800.000/1,2 million) et celle du Belge  657.250 livres (estimée  200.000/300.000).

Une autre création de Sorrola y Batisda  (200.000/300.000 livres) n’a pas trouvé preneur.

Pierrick Moritz

Articles en rapport :

http://artwithoutskin.com/2010/01/31/sothebys-vend-pour-68-millions-de-dollars-de-peinture-et-de-sculpture-anciennes/

http://artwithoutskin.com/2010/01/28/de-la-peinture-ancienne-plus-ou-moins-bien-appreciee/

http://artwithoutskin.com/2009/11/10/la-peinture-ancienne-star-de-lannee-2009/

http://artwithoutskin.com/2009/01/29/la-peinture-ancienne-substitut-de-crise-pour-le-marche-de-lart/

Un tableau de Rubens mis en vente chez Christie’s Londres

6 juillet 2010

Portrait” d’un commandant, de trois-quarts, se faisant vêtir pour la bataille, une huile sur panneau (122,6 x 98,2 cm) de Pierre Paul Rubens est l’œuvre phare d’une importante vacation de peinture ancienne et du XIXe siècle proposée ce soir chez Christie’s Londres.

Le tableau, qui aurait été peint autour de 1612-1614  et dont l’attribution est relativement récente – et peut toujours être sujette à controverse – est estimé l’équivalent de 12/18 millions d’euros. Il provient des collections Spencer.

Dans la foisonnante production du peintre flamand, avec des œuvres réalisées par lui seul, comme est présenté le tableau vendu ce soir, ou par son atelier (Rubens pouvait se contenter d’effectuer de simples retouches sur le remplissage de couleurs effectué par ses assistants), voire en collaboration avec des peintres célèbres de l’époque, d’autres portraits de ce type sont connus, comme celui d’Ambrogio Spinola (1625, Brunswick, Herzog Anton Ulrich Museum) ou de  l’archiduc Ferdinand  (1635, The John and Mable Ringling Museum of Art, Sarasota).* À la différence du tableau vendu ce soir chez Christie’s, où le modèle anonyme est entouré de deux serviteurs, ces deux-là le présentent seul.

En novembre dernier, chez Sotheby’ Londres, un portrait de femme par Rubens estimé l’équivalent de 4,4/6,6 millions d’euros n’avait pas trouvé preneur.

PM

* Voir : Le Siècle de Rubens par Peter C. Sutton. Fonds Mercator. Albin Michel.

Sotheby’s vend pour 68 millions de dollars de peinture et de sculpture anciennes (janvier 2010)

31 janvier 2010

Des œuvres souvent revalorisées par les acheteurs  

Les deux importantes vacations de peinture et sculpture anciennes des 28 et 29 janvier chez Sotheby’s à New York ont généré 68,41 millions de dollars. 61,59 millions ont été produits par la vente la plus prestigieuse, celle du 28 janvier, avec un taux d’invendus de l’ordre de 22 % et un résultat en progression par rapport à la vacation équivalente de l’année dernière (57,47 millions de dollars). La prudence des  experts pour les estimations et les attributions laisse une marge d’appréciation importante aux acheteurs dont les enchères finales revalorisent souvent les œuvres.  

Si l’œuvre la plus importante de ces deux ventes, un Jupiter et Antiope peint en 1612 par Hendrick Goltzius a été vendue sous son estimation de 8/12 millions de dollars à 6,80 millions, l’enchère la plus élevée revenant finalement à une étude d’un homme barbu de la première moitié du XVIIe siècle  par Anthony van Dyck, payée 7,25 millions de dollars sur une estimation de 5/7 millions,  celles qui ont été payées bien au-dessus des prix du catalogue sont nombreuses, comme, parmi  les enchères les plus importantes :  

- une huile sur panneau de 1650 par Salomon van Ruysdael représentant une vue du village hollandais de Weesp et payée 3,33 millions de dollars quand 800.000/1 million en étaient attendus.

- une paire d’huiles sur panneau par le Canaletto, deux vues de Venise estimées 1,5 million/2 millions de dollars et vendues 3,89 millions.

- une petite sculpture en ivoire sculpté à sujet mythologique, d’une hauteur de 26 cm, vers 1700 et  attribuée à Matthias Stein, a été payée 1,2 million de dollars, soit quasiment dix fois son estimation de 120.000/150.000 dollars.  

Les exemples d’estimations décuplées dans des ordres de prix plus modestes sont également légion, comme pour cette sculpture d’une quarantaine de centimètres réalisée, vers 1729 par Giuseppe Piamontini et qui,  estimée 70.000/90.000 dollars, a été vendue 302.500, ou ce buste en terre cuite  d’un doge, expertisé comme provenant du cercle de Danese Cattaneo (XVIe siècle) et payé 182.500 dollars sur une estimation de 60.000/80.000.

Pierrick Moritz 

Lire aussi :  http://artwithoutskin.com/2010/01/28/de-la-peinture-ancienne-plus-ou-moins-bien-appreciee/

Les estimations sont données sans les frais supplémentaires à la charge de l’acheteur (20% entre 50.000 et 1 million de dollars, 12 % au-dessus d’un million de dollars). Les résultats incluent ces frais.

De la peinture ancienne plus ou moins bien appréciée

28 janvier 2010

Malgré un nombre d’invendus conséquent lors de la vente de peinture ancienne et XIXe organisée hier par Christie’s à New York, de très belles enchères ont été réalisées là où elles n’étaient pas forcément attendues. Estimations et critères d’appréciation des collectionneurs semblent être testés par les experts d’une spécialité qui monte en puissance et en valeur depuis fin 2008.  

Avec 331 lots présentés, la vente-fleuve de peinture ancienne et du XIXe, dessins et aquarelles orchestrée hier à New York par Christie’s a généré 39,52 millions de dollars et un nombre important d’invendus (37 %). Parmi les œuvres ravalées, figurent des têtes de gondole de la vacation, comme une représentation de Bacchus sur panneau de Lucas Cranach dit le Vieux (peinte en 1530) estimée 2,5/3,5 millions, une composition de Samuel Palmer (XIXe), La Sieste du Berger, assortie de la même estimation, un Pont sur le torrent du XVIIIe siècle par Hubert Robert dont 2 à 3 millions étaient attendus, un paysage de Thomas Gainsborough (XVIIIe) pour la même estimation et une Etoile du Berger à l’huile sur toile par Jean-Baptiste Corot, peinte en 1863 et estimée 1,2/1,8 million.

Comme prévu, 8 œuvres vendues au dessus du million de dollars

Si, sur les 8 œuvres du catalogue estimées au moins de 1 million de dollars, 5 n’ont donc pas trouvé preneur, Christie’s a toutefois vendu exactement le nombre espéré au-dessus de ce palier. Le tableau le plus cher, L’Entrée du jardin du café turc, peint en 1812 par Louis-Léopold Boilly a été payé dans la fourchette haute de son estimation (3/5 millions) à 4,5 millions. Une toile de la fin du XVIIIe siècle de Gaetano Gandolfi a pulvérisé son estimation de 800.000/1,2 million en étant finalement payée 4,11 millions. 1,87 million a été donné pour une vue de Venise par Luca Carlevarijs (1663-1730). Elle était estimée entre 800.000 et 1,2 million. Deux œuvres de Jan Brueghel II (XVIIe) ont été vendues plus ou moins sur le fil de leur estimation basse à 2,88 et 2,21 millions.

Un dessin d’architecture estimé 20.000 dollars payé 410.500 dollars

À propos d’enchères finales moins spectaculaires mais qui dépassent allégrement les estimations, un dessin d’architecture du XVIIe siècle par Alonso Cano a été payé 194.500 dollars quand il était estimé 15.000/20.000 ; 410.500 dollars ont été déboursés pour un dessin de 1846 par Jean-Dominique Ingres, une œuvre  dont 150.000/250.000 dollars étaient attendus.

Des ventes sous les estimations

Certaines œuvres ont été abandonnées sous leur estimation. Les écarts les plus importants par rapport à l’estimation basse concernent notamment une composition religieuse du XVIe siècle de Francesco Granacci, payée 362.500 dollars quand on en attendait 500.000/700.000 et  une paire de portraits réalisée en 1629 par Cornelis Jonson van Ceulen I, payée 182.500 dollars sur une estimation de 200.000/300.000.

Succès pour la vente de dessins anciens de Sotheby’s

Le même jour et toujours à New York, la concurrence, c’est-à-dire Sotheby’s, a rencontré plus de succès avec une vente de dessins anciens moins importante en quantité et en valeur (103 lots et une estimation maximale de 300.000 dollars). 87 lots ont été vendus et l’œuvre-phare de la vacation, un dessin du Canaletto estimé 200.000/300.000  a été payé 542.000. Le second prix le plus élevé revient à un dessin de la même main : estimé 250.000/350.000, il a finalement été payé 302.500. Une paire d’aquarelles de Jacques Barraband (fin XVIIIe-tout début XIXe), représentant des oiseaux et assortie d’une estimation de 6.000/8.000, a été payée 50.000.

Intégrité des œuvres anciennes et potentiel d’investigation

Dans le domaine de la peinture ancienne, la question de l’intégrité des œuvres, avec des parcours et des provenances parfois mal ou pas définis se pose. Par exemple, certains tableaux des XVIe-XVIIe siècles sont apparus, comme sortis de nulle part, dans des collections au cours du XXe siècle. Cette spécificité induit un potentiel d’investigation important pour des œuvres dont le parcours dans le temps comporte des zones d’ombre ou susceptibles d’être assorties d’une mauvaise attribution, avec de bonnes (ou de mauvaises) surprises à la clef. Ainsi, un portrait d’Erasme vendu à paris dans une vente non cataloguée en septembre 2000 pour l’équivalent de 2.000 euros  pourrait être attribué au peintre du XVIe siècle Hans Holbein le Jeune  (il vaudrait dans ce cas autour de 10 millions).

Faux trésors et fausses croûtes

Aujourd’hui, dans une autre grande vente de peinture et sculpture anciennes à New York (200 lots présentés), Sotheby’s propose un portrait de jeune femme apparu en 1920 aux Etats-Unis et présenté à l’époque comme étant de Léonard de Vinci , une authenticité qui fut tout de suite remise en question. Après des décennies d’une controverse arrêtée par de récentes analyses scientifiques des matériaux utilisés par le peintre, il s’avère que le tableau est définitivement considéré comme faisant partie de l’école du Maître et réalisé bien après sa mort. D’une valeur, au bas mot, de plusieurs dizaines de millions de dollars si elle avait été de Vinci, l’œuvre est estimée aujourd’hui 350.000/500.000. Dans la même vente, on trouve également un portrait que l’on pourrait jurer avoir été peint par Rembrandt s’il n’était officiellement reconnu comme étant de la main de Ferdinand Bols, un artiste contemporain de Rembrandt. En conséquence, il est estimé 80.000/120.000.

Une vente trop importante en quantité

La spécialité de la peinture ancienne est, devant l’art moderne et contemporain, la seule qui connaisse une progression sensible de ses prix depuis fin 2008. Le phénomène étant relativement récent, ce marché spécifique cherche ses marques. Et, dans un environnement économique  peu favorable, il n’est visiblement pas capable d’absorber une quantité d’œuvres trop importante en une seule vacation, comme le montre le bilan de la dispersion d’hier soir chez Christie’s où la très grande majorité des lots était estimée sous les 100.000 dollars.

Pierrick Moritz

Les estimations sont données sans les frais supplémentaires à la charge de l’acheteur (20% entre 50.000 et 1 million de dollars, 12 % au-dessus d’un million de dollars). Les résultats incluent ces frais.