Archive pour la catégorie ‘Ventes aux enchères’

Des œuvres de Bacon, de Staël, Freud et Wols, joyaux d’une vente d’art contemporain de Christie’s Londres

13 février 2012

66 œuvres, dont 13 sont estimées au moins 1 million de livres, figurent au catalogue de la vente d’art contemporain proposée demain soir chez Christie’s Londres. Ce programme se caractérise notamment par la présence de tableaux de qualité muséale puisés dans les répertoires de Francis Bacon, Nicolas de Staël, Lucian Freud et Wols.

Le clou de la vacation est un saisissant portrait d’Henrietta Moraes réalisé en 1963 par Francis Bacon d’après une photographie de John Deakin. L’estimation de ce chef-d’œuvre, un grand format (165 x 142 cm) présentant un fond lilas très intense, n’a pas été rendue publique. Selon plusieurs sources concordantes, elle serait de l’ordre de 18 millions de livres (21,44 millions d’euros). Le tableau a été acquis par le présent vendeur à la galerie Beyeler de Basel en 1983.

86,21 millions de dollars, le prix le plus élevé payé en vente publique pour une œuvre de Francis Bacon, et aussi l’un des plus importants enregistrés sur ce marché pour une œuvre d’art, ont été engagés sur son Triptych 76 en mai 2008 chez Sotheby’s New York. Cette œuvre monumentale, dont chacune des trois parties mesure 198 x 147,5 cm, a été peinte par l’artiste à l’huile et aux pastels sur toile en 1976. Il s’agit d’une adaptation de la légende de Prométhée.

Une autre œuvre de Francis Bacon, un Studies of Isabel Rawsthorne de 1983, diptyque à l’huile sur toile dont chaque partie mesure 33,5 x 30,5 cm, apparaît dans la vacation de demain soir, moins de 5 ans après son dernier passage en vente publique. Estimée 1,8/2,5 million de livres chez Christie’s, cette œuvre a été payée 1,81 million de livres chez Sotheby’s Londres en octobre 2007.

Un resplendissant tableau de Nicolas de Staël figure également au catalogue de Christie’s. Cette huile sur toile (89,2 x 130 cm) de 1953,  issue de la série que le peintre consacra à la ville sicilienne d’Agrigente au retour d’un périple en Italie, est estimée 3,5/5 millions de livres. En mai 2011, chez Christie’s Paris, un Agrigente de 1954 (60 cm x 81 cm) avait été payé 2,47 millions d’euros, soit la somme la plus importante alors engagée en vente publique pour une œuvre de Nicolas de Staël. En décembre dernier, chez Artcurial à Paris, un Nu couché peint à l’huile sur toile (97 x 146 cm) par l’artiste en 1954 et payé 7 millions d’euros est venu battre ce record.

De 4 œuvres de Lucian Freud proposées, on remarque un nu féminin peint à l’huile sur une toile de petit format (22,5 x 33 cm) en 1983-1984 et qui a tout d’un grand Freud. Le tableau est estimé 1,5/2 millions de livres.

Un Feu, peint à l’huile sur toile (65 x 81 cm) par Wols en 1947-1949, figure également dans le haut du panier du catalogue et avec une estimation de 800.000/1,2 million de livres.

La cote de cet artiste d’origine allemande, disparu en 1951 à l’âge de 38 ans et qui a profondément influencé l’abstraction lyrique française des années 1950, a littéralement explosé l’année dernière. Auparavant, on connaissait des enchères maximales enregistrées en vente publique pour ses huiles tournant autour de 100.000 euros, et beaucoup moins pour ses œuvres sur papier.

Ce tournant radical a été opéré le 10 février 2011 chez Sotheby’s Londres, quand une huile sur toile (81 x 65 cm) non titrée de l’artiste et datée de 1947 a été payée 2,61 millions de livres quand 100.000/150.000 livres en étaient attendus.

Chez Sotheby’s Paris, en mai 2011, avec une estimation de 600.000/800.000 euros dont le niveau relativement élévé s’appuyait sur le résultat précédent, une Flamme peinte à l’huile sur toile (41 x 33 cm) par Wols en 1946-1947, était payée 1,52 million d’euros.

Le mois suivant, dans une vente consacrée à l’artiste à Drouot et conduite par la maison de vente Aponem-Deburaux, une suite de records avaient été enregistrée pour des œuvres sur papier de l’artiste.

La dernière gouache, Dimanche 25 août, une œuvre de 1951, encre et aquarelle sur papier (25 x 16 cm), avait été  payée 153.010 euros sur une estimation de 12.000/15.000 euros. Pour la même estimation, Nébuleuse grise de 1947encre, gouache et grattage sur papier (31,5 x 23,5 cm), avait été payée 104.557 euros euros. Le Tank, aquarelle, trait de plume et gouache sur papier (31,6 x 38 cm) de 1940, avait été payé 72.680 euros quand 15.000/20.000 euros en étaient attendus.

Le deuxième lot le plus important du catalogue de Christie’s est une toile de Mark Rothko de 1955. Cette œuvre a pour atouts de dater encore de l’époque la plus recherchée pour les aplats de couleurs lumineux de l’artiste et de se présenter sur un grand format (175,8 x 157 cm).

En regard d’une estimation très élevée, 9/12 millions de livres selon Bloomberg (10,7/14,31 millions d’euros), cette œuvre pourrait souffrir de son manque de contrastes pour être enlevée facilement dans un marché extrêmement exigeant.

En mai 2007, chez Sotheby’s New York, un tableau de Rothko avait été échangé contre la somme record de 72,84 millions de dollars, en faisant l’une des œuvres d’art les plus chères négociées en vente publique. Ce White Center (Yellow, Pink, and Lavender on Rose), peint en 1950 sur un format de 205,8 cm x 141 cm, provenait de la collection de David et Peggy Rockefeller où il avait été conservé pendant 47 ans.

Un ensemble d’œuvres de Rothko a également été l’objet d’une des plus importantes transactions privées du marché de l’art de ces dernières années. En juillet 2009, aux États-Unis, 12 tableaux et 1 œuvre sur papier de l’artiste, datés de 1949 à 1969, ont été vendus pour 310 millions de dollars par Jacob Ezra Merkin, un financier new-yorkais impliqué dans l’affaire Madoff, au milliardaire russe Roman Abramovich. Le produit de la transaction, notamment amputé d’une commission de 11 millions de dollars versée à l’intermédiaire, avait été gelé par le Procureur de l’État de New York chargé de l’enquête sur l’affaire Madoff.

La troisième estimation la plus importante du catalogue de Christie’s, 5/7 millions de livres, concerne une Abstraktes Bild peinte à l’huile sur toile (250,2 x 200 cm) par Gerhard Richter en 1994. Trois autres œuvres du même artiste, décidément très représenté dans les grandes ventes publiques d’art contemporain, font également partie de la vacation.

Au programme de la vente équivalente du lendemain chez Sotheby’s Londres, on trouve pas moins de 6 œuvres de Richter dont une assortie d’une estimation de 3/4 millions de livres, soit la plus importante d’un catalogue comprenant également 66 lots.

Pierrick Moritz

À 5,7 milliards de dollars, le chiffre d’affaires de Christie’s grimpe de 14 %

2 février 2012

Très forte progression des ventes privées

Christie’s, opérateur de ventes aux enchères non coté en bourse, annonce un chiffre d’affaires de 5,7 milliards de dollars pour l’ensemble de ses ventes en 2011, soit une augmentation de 14 % par rapport à 2010 (+ 9% pour le chiffre d’affaires en livres). Il s’agit de son plus important chiffre d’affaires de ces dernières années, après 2007 où la maison de vente avait réalisé 6,3 milliards de dollars contre 4,7 milliards l’année précédente.

Ses ventes privées, qui avait augmenté de 39 % en 2010, ont encore progressé de 50 % pour atteindre 806 millions de dollars (+ 44 % en livres).

La moyenne des taux d’objets vendus (incluant les ventes privées) est resté stable à 79%, sur un pied d’égalité avec l’année précédente.

Les Américains et les Européens représentent désormais 77%  de la clientèle de la maison de vente, les Chinois 13 %. Les clients de la Russie et de la Communauté des États Indépendants ont augmenté de 15%.

En 2011, le site internet de la maison de ventes a accueilli 77 % de visiteurs uniques supplémentaires. Sa plate-forme d’enchères en ligne a enregistré 25% d’enchérisseurs supplémentaires.

Les ventes aux enchères en Europe continentale et au Royaume-Uni ont rapporté 1,3 milliard de livres (2,2 milliards de dollars), soit une hausse de 21%, celles d’Amérique 1,2 milliard de livres (1,9 milliard de dollars), en baisse de 6% (et de 3% en dollars).  Le chiffre d’affaires en Asie et au Moyen-Orient s’élève à 530,6 millions de livres (854,3 millions de dollars), en hausse de 6%.

Les ventes de l’opérateur sur la place de Paris ont généré 172,6 millions de livres (277,9 millions de dollars). Il s’agit d’une progression de 23% en dollars et de 18% en livres.

Du “miracle” du marché de l’art et d’internet

19 janvier 2012

Actualisé le 20/01/2011 à 7h13

“On peut toujours nous rabattre les oreilles avec l’avenir que représente le transfert de l’activité physique des commerçants vers le numérique, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un déplacement vers une technologie du XXIe siècle qui consacre le modèle socio-économique du XIXe  : plus pyramidal, tu meurs et dévalorisation du travail. En prime, la marchandise y est considérablement dépréciée.”

Les performances du marché de l’art sont louées de façon très exagérée dans ce que l’on peut lire et entendre en ce moment. S’il est vrai que les milliardaires ne connaissent pas la crise, ce qui n’est pas vraiment une nouveauté, la réalité de cet univers très opaque, dont seules les informations et la communication émanant des opérateurs de ventes volontaires aux enchères publiques et en courtage parviennent jusqu’à nous, est beaucoup plus nuancée. Le marché de l’art intégre également une partie  privée extrêmement importante et dont on ignore à peu près tout.

Progression des chiffres d’affaires, invendus et défaillances

La progression des chiffres d’affaires des maisons de ventes aux enchères publiques en 2011 repose en partie sur des transactions à des niveaux records plus nombreuses, baobabs qui cachent des déserts d’invendus depuis septembre 2008, encore plus nombreux depuis la rentrée 2011. Ces taux ont pu monter jusqu’à 70 % dans les grandes ventes internationales ces derniers mois. Ils concernent également des œuvres et objets d’art majeurs, de toiles de Picasso jusqu’à des objets d’art chinois rarissimes.

Pour cette dernière spécialité, extrêmement spéculative, le phénomène grandissant des  cautions réclamées par les maisons de ventes aux enchères à des enchérisseurs pré-inscrits révèle que les cas d’impayés sont plus nombreux. Les résultats des dernières séries de ventes à Hong Kong des grands opérateurs occidentaux indiquent un net repli, avec pléthore de lots majeurs restés sur le carreau.

Pour les mandats où les vendeurs assument tous les frais de mise en vente, comme c’est le cas dans les transactions avec les sociétés anglo-saxonnes, la rentabilité de ces opérateurs pourrait ne pas être trop impactée par ces déconvenues. Il n’empêche que ces forts taux d’invendus constituent une très mauvaise publicité et placent les vendeurs potentiels des biens les plus intéressants en position attentiste.

Au bord de la crise de panique

Dans l’édition du mois de novembre du Art Newspaper, vrai succès éditorial britannique dont on aimerait bien avoir un l’équivalent qualitatif en France, figure une analyse qui décrit le milieu des marchands anglo-saxons opérant dans le milieu de gamme comme étant au bord de la crise de panique face au désastre de la situation.

Pour constater ce genre de réalité en France, il faut visiter les galeries où règne majoritairement une grande morosité. Au Louvre des Antiquaires, à Paris, le nombre de boutiques inoccupées bat des records.

On peut toujours nous rabattre les oreilles avec “l’avenir” que représente le transfert de l’activité physique d’une partie de ces commerçants sur le numérique, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un déplacement vers une technologie du XXIe siècle qui importe le modèle socio-économique du XIXe  : plus pyramidale, tu meurs et sous-valorisation du travail. En prime, la marchandise y est considérablement dépréciée.

Artprice, eBay, l’art vendu sur Internet

Au sujet du l’art vendu sur internet, l’évènement du mois de janvier en France a été le lancement du courtage aux enchères sur Artprice, une nouvelle activité qui va forcément augmenter le chiffre d’affaires de la société. Reste à savoir dans quelles proportions.

La menace d’assignation en référé par le Conseil des Ventes Volontaires au sujet de la communication initiale d’Artprice, concernant une confusion possible des activités de courtage du site avec celles des maisons de vente aux enchères, aura été profitable aux deux parties. L’entreprise a bénéficié d’une campagne de publicité à l’œil et l’autorité de régulation d’une clarification publique de la situation.

Une différence notable entre ces deux types de commerce concerne la responsabilité de l’opérateur en cas de problèmes découlant de la transaction. Elle est totale pour une maison de vente aux enchères, argument qui peut convaincre l’acheteur malgré une commission très élevée, quand elle ne concerne que le vendeur (et non l’intermédiaire) dans le cas du courtage. Néanmoins, on sait que la responsabilité d’eBay, seul exemple de société de courtage aux enchères en ligne à grande échelle connu, et le plus ancien, a été pointé du doigt dans certaines affaires juridiques. Il s’agit de la lutte conte la contrefaçon et du libre choix des distributeurs pour des marques de luxe.

Les courtiers d’art aux enchères de l’internet concurrencent bien les maisons de ventes aux enchères, mais jusqu’à un certain niveau de prix

Dans la rubrique “art/antiquités” d’eBay, une céramique chinoise est parfois enlevée à 15.000 euros ou un tableau à 20.000 euros. Dans un contexte de biens invendus conséquents, ces cas restent minoritaires et concernent principalement la marchandise de vendeurs professionnels. Ces derniers sont juridiquement obligés d’accepter le retour des objets et de les rembourser au cas où les acheteurs ne les jugeraient pas conformes, ce qui n’est pas le cas pour les vendeurs particuliers.

Si le modèle et la marchandise proposés par ce courtage aux enchères en ligne concurrencent directement les maisons de vente aux enchères publiques, le phénomène s’inscrit dans une certaine limite de prix. Depuis bientôt 11 ans qu’eBay a ouvert sa plateforme française, les maisons de vente aux enchères publiques ont progressivement revu leur stratégie en montant en gamme, mais aussi en proposant parfois des ventes à des prix bien plus attractifs que sur le site américain, notamment dans le domaine des objets de collection.

Courtage : prudence et risques de détournement de commission

On n’achète pas plus une œuvre d’art d’une certaine valeur sans la voir physiquement, qu’une voiture sans l’essayer ou un appartement sans le visiter. Et avant même d’engager ne serait-ce que plusieurs centaines d’euros pour acquérir un bien sur photographie, les acheteurs potentiels veulent la garantie d’un intermédiaire fiable, la possibilité d’une mise en relation avec le vendeur avant échéance et ils peuvent souhaiter voir l’œuvre en question avant le règlement.

C’est dans cette possibilité du contact direct entre vendeur et acheteur qu’on trouve la situation du détournement de commission, c’est-à-dire quand le vendeur qui a trouvé preneur grâce au courtier décide de se débrouiller pour ne pas rénumérer ce dernier. Il peut également proposer son bien auprès de plusieurs courtiers et donc annuler certaines mises en vente à tout moment.

Difficulté à trouver une marchandise de qualité

Nombreux sont ceux qui ont créé des sites sur Internet dans le but de capter les biens des particuliers et de manière plus ou moins frontale. Depuis 20 ans que je traîne dans ce milieu, je peux vous affirmer que la marchandise réellement intéressante est rare. Et les choses ne vont pas en s’arrangeant. Avant de trouver un tableau un tant soit peu valable, il faut en avoir vu des milliers. Si les catalogues des maisons de vente, les galeries et les boutiques d’antiquités les plus prestigieux donnent une impression de qualité généralisée, l’écrémage est de plus en plus rude pour arriver à pareille concentration.

Pour les maisons de ventes aux enchères les plus célèbres, la récupération de prestigieuses collections nécessite un important travail de suivi et de communication, des moyens financiers colossaux et de pouvoir s’offrir un personnel maniant les codes sociaux de milieux très privilégiés. Comme pour l’immobilier haut de gamme, il est recruté dans les mêmes univers sociaux-culturels que ceux auxquels appartient la clientèle potentielle. Cette éducation plutôt aristocratique implique d’être capable des mêmes égards envers les clients plus modestes.

Pierrick Moritz

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http://artwithoutskin.com/2011/05/24/la-chute-des-prix-des-objets-de-collection-des-antiquites-des-objets-et-des-oeuvres-d%e2%80%99art-plus-ou-moins-courants

http://artwithoutskin.com/2011/01/28/chiffre-daffaires-record-pour-christies-les-vendeurs-occidentaux-paient-les-effets-de-la-crise

Centenaire du naufrage du Titanic : ventes aux enchères et produits inspirés du paquebot

13 janvier 2012

2012 est l’année du centenaire du naufrage du Titanic, paquebot mythique coulé par un choc avec un iceberg au large de la Nouvelle-Écosse au cours de son voyage inaugural vers New York, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. Actualité des ventes aux enchères et mise en avant de produits et créations inspirés du paquebot marquent cet évènement.

Si, entre une tête de rivet payée 504 livres, des clés des toilettes de première classe parties à 43.000 livres et un plan en coupe à 220.200 livres, on trouve régulièrement des souvenirs du Titanic dans les ventes aux enchères internationales, le centenaire du naufrage le plus célèbre du monde engendre une actualité plus fournie dans ce domaine, notamment avec la mise sur le marché d’une exceptionnelle collection de plus 5.000 objets collectés sur le site de l’épave.

Les produits et créations inspirés de l’histoire du Titanic sont également mis en avant en 2012, comme un  livre de recettes du dernier dîner en première classe (prévoir homard et caviar frais), une édition commémorative du service à vaisselle du restaurant “à la carte” et la sortie en 3-D du Titanic de James Cameron, le 4 avril dans les salles de cinéma françaises.

Plus de 5.000 objets récupérés sur le site du naufrage

Quand les objets en rapport avec le Titanic habituellement proposés à la vente ont été sauvés du naufrage par des passagers ou n’ont jamais été présents à bord, les quelque 5.000 reliques de la vacation du 11 avril à New York par l’opérateur Guernesey sont exceptionnelles car directement collectées sur le site de l’épave par RMS Titanic, Inc. Cette entreprise a mené de manière exclusive les missions de recherche et de récupération sous-marines depuis la localisation du Titanic en 1985.

Il s’agit notamment d’effets personnels de passagers, comme une épingle à cheveux, une paire de lunettes ou un sac en maille, un gilet en laine retrouvé dans une valise et un bracelet, de vaisselle, d’art décoratif comme ce chérubin en bronze, porte-torchère qui ornait la rampe du grand escalier, et d’éléments de construction du navire.

Ces vestiges ont été prélevés au cours de sept campagnes de fouilles sous-marines organisées pendant 25 ans. Le lot comprend également les droits des vidéos des plongées, des images 3-D du navire, et la carte de la première enquête complète et unique réalisée sur le site de l’épave.

Clauses restrictives

Cette collection est proposée aux enchères en un seul lot estimé 189 millions de dollars. Son acquisition est subordonnée à certaines clauses restrictives comme l’entretien des objets et leur exposition publique.

L’acheteur aura également la possibilité d’assumer un rôle “d’intendant” du Titanic, avec la mission de protéger et de préserver le site du naufrage pour les générations futures. Une partie des bénéfices de la vente sera consacrée à un fonds de dotation pour la conservation des futurs objets collectés.

220.000 livres pour une coupe en largeur du paquebot

Le prix le plus élevé obtenu en vente publique pour un souvenir du Titanic a été enregistré l’année dernière chez l’opérateur britannique Henry Aldridge & Son, avec 220.000 livres engagées sur un plan d’époque montrant une coupe en largeur du paquebot. Dans la même vacation, un ensemble de deux clefs des toilettes de première classe a été payé 43.000 livres.

Henry Aldridge & Son, qui a régulièrement proposé des souvenirs du Titanic ces dernières années, a annoncé la présence de souvenirs provenant du paquebot mythique dans une vacation sur le thème de la marine proposée le 31 mars prochain. On y trouvera notamment un menu de première classe pour le déjeuner du 14 avril 1912 et un trousseau de clés de magasinier.

60.000 livres pour un gilet de sauvetage

Parmi d’autres reliques rattachées au Titanic et vues en vente publique ces dernières années, un ensemble de 8 télégrammes envoyés entre le 15 et le 18 avril 1912 par Bruce Ismay, directeur général de la White Star Line, à leur bureau de New York et au sujet du naufrage a été payé 86.500 dollars chez Sotheby’s New York en décembre dernier. En mai 2007, Christie’s Londres vendait le filet de sauvetage d’une rescapée (et dédicacé par d’autres passagers) pour 60.000 livres ; une tête de rivet du paquebot du même catalogue portant l’inscription R.M.S. Titanic était payée 504 livres dans la même vacation.

Cameron et Last Dinner on the Titanic

2012, année du centenaire du naufrage du Titanic, voit aussi la mise en avant de produits et créations inspirés de son histoire. James Cameron en profite pour une sortie, le 4 avril en France, de son célèbre film en version 3-D. Côté cuisine, on retrouve Last Dinner on the Titanic (sorti en 1997), un manuel proposant de recréer l’atmosphère du dernier dîner de première classe avec le menu historique, une superproduction - naufrage non compris - où homard Thermidor et œufs de caille en gelée au caviar ouvrent la marche.

La Titanic, une célèbre bière québécoise. L’acool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération  

1 dollar pour un fac-similé de billet de première classe

On peut aussi se procurer une édition  spéciale “100 ème anniversaire” du service à vaisselle du restaurant “à la carte” du Titanic (120 dollars l’assiette plate), fabriquée par la faïencerie anglaise d’origine, et même la musique jouée à bord (18,95 dollars le CD). Les moins fortunés trouveront leur bonheur dans le choix d’élements d’un kit Titanic Dinner Party. Icicomptez 1 dollar pour un fac-similé de billet de première classe.    

Tee-shirt humoristique dans une vitrine nord-américaine

“Authentique poudre de charbon du Titanic

Croisière sur les lieux du naufrage ou traversée de l’Atlantique en version luxe ou “charter” suivant l’itinéraire du paquebot (jusqu’à New York et si tout se passe bien vu le trafic en perspective), maquettes, pièces et autres médailles commémoratives, dont une recouverte de poudre de charbon certifiée comme provenant du Titanic, font également partie du programme marchand du centenaire du naufrage du paquebot.

Pierrick Moritz

Le Conseil des Ventes Volontaires lance un référé sur les futures enchères en ligne d’Artprice

6 janvier 2012

Actualisé le 7 janvier, 11 heures 30.

Avec une jurisprudence défavorable, l’assignation en référé d’Artprice par le Conseil des Ventes Volontaires montre la détermination des commissaires-priseurs à démarquer leur activité de mandataire de celle du courtage en ligne, mais aussi l’inquiétude concurrentielle suscitée par les nouvelles activités d’Artprice chez ces opérateurs traditionnels du marché de l’art.

À 10 jours du lancement des enchères d’œuvres d’art sur Artprice,  le Conseil des Ventes Volontaires de meubles aux enchères publiques a déposé un référé pour déterminer si l’opérateur doit déclarer une activité de ventes aux enchères par voie électronique, a annoncé hier l’AFP.

Selon la loi et la jurisprudence en la matière, la vente aux enchères publiques est définie par un mandat et une adjudication au meilleur enchérisseur intégralement gérée par cet intermédiaire. Il s’agit d’un engagement ferme établi par un contrat spécifique.

Si des activités commerciales d’Artprice étaient définies par la loi comme relevant de celles d’une maison de ventes aux enchères, l’opérateur se devrait d’obtenir l’agrément de cette autorité de régulation pour le secteur en France, le commerce des ventes aux enchères obéissant à des obligations spécifiques, notamment en termes de protection des consommateurs.

Pour ne pas entrer dans cette catégorie tout en pratiquant le mode de l’enchère, c’est le cas du site eBay, il faut pouvoir être défini comme courtier, un intermédiaire qui, moyennant rétribution, rapproche les acheteurs potentiels du vendeur mais où ce dernier conserve l’entière maîtrise de la transaction. Il peut choisir l’acheteur parmi les meilleurs enchérisseurs et même de ne pas vendre son objet si le montant des offres lui semble insuffisant (ce qui, au niveau de la réputation, n’est pas conseillé ; à lui de placer un prix de départ conforme à ses attentes ou un prix de réserve). Il encaisse directement le règlement et s’occupe de la remise de l’objet à l’acheteur quand dans le cas de la vente aux enchères ces opérations sont déléguées au mandataire.

Dans le cadre du courtage, le vendeur assume également l’entière gestion et responsabilité des litiges qui pourraient découler de la transaction.

Le Conseil des Ventes Volontaires a déjà lancé une action en justice contre le site eBay pour les mêmes raisons. En mai 2010, le TGI de Paris l’a débouté au motif qu’il s’agit justement de courtage aux enchères en ligne.

L’agrément du Conseil des Ventes Volontaires en termes de pouvoir sur une entreprise proposé dans cette affaire montre aussi l’inquiétude concurrentielle suscitée par les nouvelles activités d’Artprice chez les opérateurs traditionnels du marché de l’art, et bien que ces derniers s’en défendent.

Pierrick Moritz

À lire  : http://www.jurilexblog.com/zoom-contentieux-ebay-conseil-ventes-volontaires-262078et http://www.legalis.net/spip.php?page=jurisprudence-decision&id_article=2925).

http://www.legalis.net/spip.php?page=jurisprudence-decision&id_article=2925).

Art dans les ventes publiques : les deux enchères les plus importantes de 2011 en France réalisées par des études françaises

5 janvier 2012

Les deux enchères les plus élevées obtenues en France en 2011 ont été réalisées à Toulouse le 26 mars dernier par des commissaires-priseurs français et pour des objets d’art chinois. Marc Labarbe, de l’étude toulousaine qui a vendu un rouleau chinois de l’empereur Qianlong pour la somme astronomique de 22 millions d’euros sera, avec  Jack Philippe Ruellan et son étude de Vannes, le premier commissaire-priseur français à organiser une grande vente de vins français à Hong Kong en mai prochain.  

Le commissaire-priseur Marc Labarbe posant avec le rouleau d’une longueur de 24 mètres et datant du règne de l’empereur Qianlong. Crédit photo : étude Labarbe.

Avec une facture finale de 22,05 millions d’euros (17,8 millions hors frais), le rouleau impérial chinois long de 24 mètres ayant appartenu à l’empereur Qianlong (règne de 1736 à 1795), estimé 3 à 4 millions d’euros, et adjugé par Marc Labarbe à Toulouse le 26 mars dernier, constitue l’enchère la plus importante de l’année en France. Ce résultat dépasse très largement l’équivalent de 6 millions d’euros payé en octobre 2008 à Hong Kong pour la troisième peinture de cette même série qui en compte quatre, et les 6,06 millions engagés sur le rouleau impérial de la collection de Paul Doumer, un Banquet de la victoire dans les jardins de l’Ouest daté la même période, chez Christie’s Paris le 22 novembre 2005.

Détail du rouleau. Cette œuvre à sujet militaire intitulée Manœuvres, peinte par plusieurs artistes de la cour en 1748 ou 1749, et marquée de nombreux sceaux impériaux, fait partie d’une série de quatre, La Grande Revue. Crédit Photo : étude Labarde.

Il s’agit également de la plus grosse enchère jamais réalisée en France pour un objet chinois, record qui était auparavant détenu par Christie’s, pour une paire de cloisonnés payés 6,5 millions d’euros en juin 2007.

Selon le commissaire-priseurla facture astronomique a été réglée en 3 mois par l’acheteur chinois. Un délai très raisonnable pour ce type d’acquisition, et d’autant plus que les cas d’impayés sur les objets et œuvres d’art chinois importants ont été récurrents ces dernières années*. Et au point que certaines maisons de vente, comme Christie’s pour ses vacations dans la spécialité à Hong Kong, en sont venues à demander le versement de cautions aux enchérisseurs préalablement déclarés

Par ailleurs, et en collaboration avec le commissaire-priseur Jack Philippe Ruellan de Vannes, Marc Labarbe est le premier commissaire-priseur français à organiser une vente de vins à Hong Kong, les 11,12 et 13 mai prochains. 1200 lots de grands crus français y seront dispersés. Entre temps, il dirigera une autre vente d’art asiatique le 25 février et pour laquelle il annonce “d’autres surprises”.

La seconde enchère la plus élevée en France en 2011 a également été réalisée par une étude toulousaine et pour un objet d’art chinois. Il s’agit d’un sceau impérial en néphrite blanche de l’empereur Qianlong, payé 12,93 millions d’euros chez Xavier Marambat. Avec des enchères finales (donc hors frais) de 2,8 millions en 2010 et de 4,7 millions d’euros en 2008, cette étude française avait déjà vendu deux des sceaux impériaux chinois les plus chers du monde.

Ce sceau impérial payé 12,93 millions d’euros était estimé 1/1,5 million. Crédit photo : étude Marambat.

PM

*On se souvient notamment des têtes en bronze animalières de la vente Saint Laurent/Bergé, en 2009 chez Christie’s Paris, deux sculptures provenant de la fontaine zodiacale de l’ancien Palais d’été de Pékin pillé par les forces anglo-françaises en 1860 et vendues pour 31,5 millions d’euros avec les frais. L’enchérisseur, Cai Mingchao, célèbre pour être l’un des plus importants acquéreurs d’antiquités impériales chinoises, notamment en ventes publiques sur la place de Hong Kong, avait tenu une conférence de presse pour informer d’une démarche patriotique pour faire échouer la vente de ces trésors patrimoniaux. Pour un montant encore plus important, l’équivalent de 51 millions d’euros, un vase chinois d’époque Qianlong vendu par la maison de ventes britannique Bainbridges en novembre 2010 n’était toujours pas payé 5 mois plus tard.  En novembre 2011, le paiement devait se concrétiser mais, dans le cadre d’une rumeur contradictoire, l’opérateur déclarait dans les colonnes du Art Newspaper “qu’il n’était pas mesure de faire des commentaires” sur cette affaire.  PM