La quintessence de l’Art nouveau en bijoux
Le musée du Luxembourg propose jusqu’au 29 juillet une exposition consacrée aux bijoux de René Lalique de la période 1890-1912, c’est-à-dire en majorité ceux de sa période Art nouveau. Que l’on aime ces créations pour leur puissance d’évocation ou qu’on les déteste pour leurs aspects maniéré et mélancolique, on ne peut que reconnaître la prouesse technique.
L’exposition de bijoux de René Lalique au musée du Luxembourg rassemble une centaine de pièces du créateur. Il s’agit d’une réunion exceptionnelle en provenance des grands musées du monde (dont le Lalique Museum au Japon, le Metropolitan Museum de New-York, le musée Calouste Gulbekian*de Lisbonne et de collections privées).
René Lalique puisait son inspiration dans de nombreux répertoires ornementaux dont ceux de l’Égypte ancienne, des époques romaine, gothique, renaissance, romantique, du Japon et, plus contemporain de lui, dans celui du symbolisme.
Il en résulte un genre en soi, où se mêlent, dans les formes molles de l’Art nouveau, femmes, fleurs, plantes, insectes et femmes-insectes, chauve-souris, dragons, pour un style un tantinet vénéneux qui évoque parfois le funéraire.
Ce dernier trait d’inspiration symboliste est atténué par un travail et des matériaux (verre, or, diamants, turquoise, opales, améthystes, émaux, perles) qui animent les créations de gravures, brillances, transparences, reflets et irisations.
Certains bijoux surprennent par leurs dimensions et leur exubérance comme ce face-à-main Glycines ou cette épingle à chapeau Guêpes ; les énormes fleurs brillantées d’un serre-tête de théâtre réalisé pour Princesse Lointaine de Rostand transformeraient aujourd’hui n’importe quelle actrice en jardinière ambulante.
On préférera à ce type de pièces spectaculaires, la discrète volupté d’un collier Gui ou les petits pendentifs aux émaux translucides.
L’exposition présente également un grand nombre de dessins de bijoux réalisé par René Lalique ainsi que des objets japonais anciens comme des peignes, des gardes de sabre ou inros.
En fin de parcours, on peut découvrir quelques affiches de Mucha, verreries de Gallé et Daum, bijoux de Vever.
Pierrick Moritz
*Le musée Calouste Gulbekian de Lisbonne (seulement quelques pièces en provenance du lieu sont visibles au sein de cette exposition) possède une exceptionnelle collection de bijoux de René Lalique (probablement les plus beaux). Gulbekian était l’un des meilleurs clients de René Lalique.
*Le musée Calouste Gulbekian de Lisbonne (seulement quelques pièces en provenance du lieu sont visibles au sein de cette exposition) possède une exceptionnelle collection de bijoux de René Lalique (probablement les plus beaux). Gulbekian était l’un des meilleurs clients de René Lalique.
Pierrick Moritz
Exposition René Lalique Bijoux d’exception 1890-1912, musée du Luxembourg ( 19, rue de Vaugirard. 75006 Paris. RER B station Luxembourg. Métro Odéon ou Saint-Sulpice). Exposition du 07 mars au 29 juillet 2007. Tarif normal : 10 €. Tarif Réduit : 8 € (jeunes de 10 à 25 ans, adhérents maison des artistes, professeurs d’art plastique, RMI, ASS, personnes handicapées (sur justificatifs). Gratuité pour les enfants de moins de 10 ans accompagnés, les journalistes, Icom, guides, conférenciers ( sur justificatifs). Audio-guide : 4,50 €. Horaires : mardi, mercredi, jeudi et samedi de 10h30 à 19 h / Lundi et vendredi de 10 h30 à 22 h/ Dimanches et jours fériés de 9h à 19h.