Articles Tagués ‘Art précolombien’

La statue maya de Drouot déclarée authentique par des analyses scientifiques françaises

29 avril 2011

Le site internet du quotidien Le Monde révèle aujourd’hui que les analyses scientifiques menées par le MSMAP de Pessac soutiennent l’authenticité de la statue Maya vendue pour quelque 3 millions d’euros le 21 mars à Drouot. L’œuvre a été déclarée comme étant un faux par l’Institut National d’Antropologie et d’Histoire du Mexique au lendemain de la vente.

Lire  l’article : http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/04/29/la-divinite-assise-vraie-statue-maya_1514643_3246.html

Articles d’Artwithoutskin en rapport :

http://artwithoutskin.com/2010/05/04/le-mexique-preoccupe-par-le-pillage-de-ses-biens-culturels

http://artwithoutskin.com/2011/03/23/une-statue-maya-vendue-3-millions-deuros-a-drouot-serait-fausse

Une statue maya vendue 3 millions d’euros à Drouot serait fausse

23 mars 2011

 L’Institut National d’Antropologie et d’Histoire du Mexique (INAH) et le Ministère des Affaires étrangères mexicain ont publié un communiqué conjoint affirmant que la grande sculpture maya vendue lundi dernier à Drouot par l’étude Binoche et Giquello pour la somme record de quelque 3 millions d’euros avec les frais est un faux.

Nouveau scandale pour le marché de l’art : l’INAH, autorité absolue dans le domaine des antiquités préhispaniques mexicaines, a déclaré hier que la statue de divinité maya payée quelque 3 millions d’euros à l’étude Binoche-Giquello est un faux, et parmi d’autres objets du catalogue de sa vente d’art précolombien de lundi dernier à Drouot. Le Mexique compte demander la restitution des pièces authentiques de cette vacation.

67 lots du catalogue seraient des faux

Selon le communiqué, l’étude du catalogue de cette dispersion de la collection d’art préhispanique de l’industriel suisse Henri Law a révélé que 67 objets sur les 215 présentés sont de fabrication récente.

Parmi les enchères les plus élevées de la vacation, une figure olmèque en serpentine a été adjugée 720. 000 euros, une urne-autel de la Culture de Vera Cruz représentant un dieu fantastique 330.000 euros, un joug de jeu de pelote de la même origine 260.000 euros, et un grand masque funéraire Teotihuacan en serpentine 180.000 euros.

 En outre, 95 lots n’ont pas trouvé preneur.

Conditions exceptionnelles

La notice du catalogue présente la statue incriminée comme une sculpture en stuc polychrome sur noyau de pierre d’une grande divinité  maya – dont l’éventuel trône aurait disparu - et pouvant provenir d’une région située entre le Sud du Yucatan et le Nord du Belize et du Guatemala, dans un territoire où les fouilles scientifiques ne font que débuter, et la date de la période classique (550 à 950 après J.-C.). 

Elle précise également que le caractère périssable du stuc laisse supposer que l’œuvre ne nous est parvenue que grâce à des conditions exceptionnelles, qui permirent en outre la conservation de sa polychromie.  

Biennale des Antiquaires et références bibliographiques  

Toujours selon le catalogue, et pour la plus ancienne référence indiquée, cette statue d’une hauteur de 156,5 cm a été présentée par la galerie Mermoz en 1986 dans le cadre de la XIIIe Biennale des Antiquaires à Paris, avant de partir pour une galerie de Los Angeles, puis pour Anvers, et enfin de revenir à Paris. 

L’objet est répertorié dans des ouvrages comme The Maya chez Taschen et a notamment été reproduit en couverture du numéro de la revue LŒil de septembre 1993.

Une sculpture d’un genre inconnu, un vieillissement artificiel  

Dans son argumentaire, l’INAH indique que, selon l’expertise de ses archéologues, la sculpture n’entre pas dans le corpus des caractéristiques formelles et stylistiques de la statuaire des cultures anciennes du Mexique.

L’institut ajoute que, si la figure tente de reconstituer les traits propres à des représentations préhispaniques élaborées dans la zone maya du sud-est du Mexique, sa hauteur, sa posture avec les jambes fléchies et les lanières des chaussures ne sont pas caractéristiques de cette culture particulière.

Toujours selon les archéologues, les signes d’érosion ont été créés artificiellement pour vieillir l’objet.  

Le problème signalé avant la vente et demande de restitution

L’INAH précise également que, averti de la vente de l’étude Binoche et Giquello, il a déposé plainte auprès des autorités compétentes de son pays dès le 21 janvier.

Le ministère mexicain des Affaires étrangères, par l’intermédiaire de sa représentation diplomatique en France, a signalé la situation aux autorités françaises avant la vacation. L’institut et ce ministère entendent recourir à des moyens diplomatiques, mais aussi légaux, pour récupérer les pièces d’intérêt patrimonial pour leur pays.

L’art préhispanique mexicain interdit de sortie de territoire depuis 1827

Le Mexique interdit la sortie de pièces préhispaniques de son territoire depuis 1827. 

L’année dernière, dans un communiqué de son ambassade en France, son gouvernement avait exprimé sa préoccupation concernant le pillage croissant de ses biens culturels. Il rappelait qu’un pourcentage important des biens archéologiques provenant de l’actuel territoire mexicain sont des faux.

Collection saisie à la demande du Mexique

En 2008, en Bavière, le Mexique avait fait mettre sous scellés 252 objets précolombiens à l’authenticité suspecte sur les 1.029 l’intéressant (dans la mesure où ils proviendraient supposément du territoire mexicain) de la collection Leonardo Patterson.

L’ensemble avait été saisi en Allemagne, après être resté 10 ans sur le sol espagnol, et en vertu d’une loi qui classe patrimoine national toute collection de ce type demeurant pendant ce délai sur son territoire et qui en interdit l’exportation sans licence.

Une demande de restitution, à laquelle s’était jointe le Pérou et le Guatemala, et portant sur les objets authentiques, avait été formulée.

Annulation de la vente

Contredire les expertises de l’INAH pour l’art préhispanique mexicain revient à remettre en question celles du Musée du Caire pour les antiquités égyptiennes.

Son avis sur cette sculpture peut conduire à l’annulation de la vente, si l’acheteur le souhaite. Dans ce cas, il est remboursé et le vendeur récupère son bien. En France, l’authenticité d’un objet vendu par un commissaire-priseur est garantie pendant 10 ans.

Une fausse clef de la Kaaba vendue à Londres en 2008

Un cas d’annulation de vente pour une enchère record a été vu en 2009. Il concernait une clé présentée comme provenant de la Kaaba à la Mecque et datant du XIIe siècle. Payée 9,2 millions de livres chez Sotheby’s en 2008, elle avait finalement été considérée comme un faux par des experts.

Dans The International Herald Tribune, Souren Melikian, chercheur de réputation internationale dans le domaine de  l’Histoire culturelle du monde islamique, avait notamment souligné des incohérences dans la traduction et la formulation de l’inscription en caractères coufiques sur l’objet.

Article en rapport : http://artwithoutskin.com/2010/05/04/le-mexique-preoccupe-par-le-pillage-de-ses-biens-culturels

Pierrick Moritz

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L’Année du Mexique en France officiellement annulée

9 mars 2011

Selon les déclarations du porte-parole du Ministère des Affaires Étrangères et Européennes, les discussions engagées ces derniers jours entre des représentants des autorités mexicaines et françaises, afin d’examiner les conditions d’une reprise de l’Année du Mexique en France, n’ont pas abouti.

Ce qui veut dire, en langage non diplomatique, que vu les tensions entre les deux pays, l’enterrement de l’évènement est officiellement signifié, et même si quelques manifestations prévues peuvent ou pourront avoir lieu sans ce label.   

Le Mexique s’est retiré de l’Année du Mexique en France suite à la décision de Nicolas Sarkozy de la dédier à Florence Cassez.

Son gouvernement réclamait l’annulation de cette dédicace pour reprendre sa participation, ce qui revenait à vouloir placer la France dans la situation d’humiliation vécue après l’annonce de Nicolas Sarkozy.   

Pour la culture, des sommes d’argent et des prêts d’œuvres d’art considérables devaient être engagés par le Mexique auprès d’opérateurs français.

Ces derniers se retrouvent désormais en situation de devoir imaginer des programmations de substitution dans l’urgence et avec des budgets considérablement diminués.

Il faut également tenir compte du temps, du travail et de l’argent perdus en amont pour la préparation de ces évènements, et au Mexique comme en France.

Pierrick Moritz

Articles en rapport  :

 http://artwithoutskin.com/2011/02/25/annulation-de-lannee-du-mexique-ou-une-catastrophe-culturelle-et-economique-un-appel-adresse-a-nicolas-sarkozy/

http://artwithoutskin.com/2011/02/20/lexposition-%e2%80%9cles-masques-de-jade-mayas%e2%80%9d-a-la-pinacotheque-de-paris-annoncee-comme-annulee/

http://artwithoutskin.com/2011/02/05/annee-du-mexique-en-france-un-programme-culturel-intense/

Annulation de “L’Année du Mexique” ou une catastrophe culturelle et économique : un appel adressé à Nicolas Sarkozy

25 février 2011

Les organisateurs de manifestations culturelles dans le cadre de L’Année du Mexique en France ont rédigé une lettre ouverte à l’attention du Gouvernement français, un appel dans lequel ils demandent à Nicolas Sarkozy de revenir sur sa décision de dédier l’évènement à Florence Cassez.

Dans sa missive, le collectif rappelle les prises de position des écrivains Jean-Marie Le Clezio et Carlos Fuentes, des universitaires français et mexicains et des députés mexicains pour soutenir le maintien de L’Année du Mexique en France.

Plus d’une centaine de manifestations culturelles sont prévues dans toute la France dans le cadre de cet évènement, avec notamment des retombées économiques locales extrêmement importantes.

Pour le domaine de l’art mexicain préhispanique, les expositions Masques de jade mayas à la Pinacothèque de Paris et Cultures Antiques de Veracruz à Saint-Romain-en-Gal ont déjà été annulées.

Il s’agissait de réunions d’œuvres exceptionnelles, pour la plupart jamais vues en France, dont un ensemble de 200 des cultures Olmèque, Tononaque et Huastèque pour Saint-Romain-en-Gal.

Masque en mosaïque de jade. Musée du site de Palenque. Photo P.B. 

La privation de l’opportunité qui était offerte aux Français de voir de telles pièces est un gâchis, peu d’œuvres d’art mexicain préhispanique de cette qualité sont présentes dans les collections de leurs musées. Le tourisme français est aussi très minoritaire au Mexique, ces œuvres n’ont donc jamais été vues par la très grande majorité de nos concitoyens.

 La lettre ouverte : http://presseslpj93.free.fr/mexiqueenfrance.html

Pierrick Moritz

Articles en rapport

http://artwithoutskin.com/2011/02/05/annee-du-mexique-en-france-un-programme-culturel-intense/

Et  pour voir d’exceptionnelles œuvres d’art mexicain préhispanique : http://artwithoutskin.com/2011/02/15/le-musee-rufino-tamayo-doaxaca-ou-lart-mexicain-prehispanique-en-tant-que-phenomene-purement-esthetique/

Sur la ville de Mexico :  http://artwithoutskin.com/2011/01/30/street-art-a-mexico/

L’exposition “Les Masques de jade mayas” à la Pinacothèque de Paris annoncée comme annulée

20 février 2011

Alors qu’aucune information ne figure sur le site de la Pinacothèque de Paris au sujet de son exposition Les Masques de jade mayas qui devait débuter le 1er mars prochain, d’importants sites de réservation en ligne, comme celui de Carrefour ou de France-billet.com, annoncent désormais que l’évènement est annulé.

L’exposition, programmée dans le cadre de 2011, l’année du Mexique en France, était sensée accueillir d’importants prêts de musées mexicains.

On connaît l’état actuel des relations entre les deux pays.

Pierrick Moritz

Année du Mexique en France : un programme culturel intens / annulations, réactions, modifications, mis à jour le 09/03/2011(via Artwithoutskin.com, l’art sans la peau)

19 février 2011

Les premières annulations d’évènements culturels.

Année du Mexique en France : un programme culturel intense 18/02/2011 : annulations et modifications Le 19/02/2011 : Saint-Romain-en-Gal, l’exposition Les Cultures Antiques de Veracruz  qui devait débuter hier a été annulée. Il s’agissait de la présentation d’un exceptionnel ensemble de 200 pièces des cultures Olmèque, Tononaque et Huastèque. À lire : http://forum.mexique-fr.com/2011-annee-mexique-veracruz-musee-gallo-romain-vienne-t12965.html Le 19/02/2011 : à Toulouse, l’édition 2011 de Rio Loco abandonne le thème du Mexique. À lire : http://t … Read More

via Artwithoutskin.com, l’art sans la peau

Le musée Rufino Tamayo d’Oaxaca ou l’art mexicain préhispanique en tant que phénomène purement esthétique

15 février 2011

La muséographie n’est pas simplement l’art de présenter … il s’agit d’une activité artistique dont la totale maîtrise exige une puissance créatrice, en plus de la culture et de l’inventivité visuelle, ainsi que la connaissance historique et théorique … Un bon muséographe est comme un poète qui traduit la poésie d’un autre poète. Fernando Gamboa

Le musée d’art mexicain préhispanique Rufino Tamayo d’Oaxaca (Mexique) peut revendiquer l’une des plus belles muséographies du monde dans le domaine des “arts premiers”, une excellence à la hauteur de la qualité de sa collection permanente, notamment pour des œuvres mayas, de Veracruz, nayarit, olmèques et toltèques, soit une réunion exceptionnelle née de la passion du peintre Rufino Tamayo (1899-1991) pour l’art mexicain ancien. Fernando Gamboa a admirablement assuré la muséographie de cet ensemble au début des années 1970, notamment par une approche sensible qui rejoignait le désir de Tamayo de montrer ces œuvres en tant que phénomène purement esthétique.

 

 

Rufino Tamayo lègue sa prestigieuse collection d’art préhispanique mexicain à Oaxaca, sa ville natale, en 1971. L’ouverture d’un musée pour la présenter au grand public est rapidement décidée. L’endroit sera une splendide et sobre demeure coloniale du XVIIIe siècle, avec de vastes pièces ouvrant sur un patio central dans une atmosphère de sérénité. Le muséographe Fernando Gamboa, doué d’une magnifique sensibilité artistique, dirige les travaux d’adaptation du bâtiment et de présentation de la collection, en accord avec Rufino Tamayo pour révéler la dimension artistique de ces œuvres. C’est-à-dire loin des dénominations péjoratives dont elles étaient encore affublées à l’époque.

Si  une telle reconnaissance  pour les “arts premiers” en général semble aller de soi aujourd’hui, elle émanait d’amateurs avertis à l’époque de la constitution de cette collection, et d’un public encore restreint lors de l’ouverture du Musée d’art mexicain préhispanique Rufino Tamayo en 1974.

 

 

Pour optimiser la spontanéité du face-à-face avec les œuvres, les  repères muséographiques habituels sont modifiés. Les créations sont réparties dans cinq vastes salles simplement nommées par la couleur spécifique des niches-vitrines creusées dans les murs. Rose, bleu, violet vert et orange, soit les couleurs de la palette de Tamayo. On limite les considérations ethnographiques, avec des explications allant à l’essentiel et discrètement placées.

Toujours dans la volonté de favoriser le jugement esthétique du visiteur, mais aussi de valoriser un caractère unique, les œuvres sont bien isolées dans l’espace et chaque réunion est limitée et absolument cohérente.    

Près de 40 ans après son inauguration, et loin de certains grands musées “d’art premier” d’aujourd’hui où l’accumulation transforme des œuvres d’art en objets parmi d’autres – et même si l’on ne s’y intéresse pas exclusivement à l’aspect esthétique – le Musée d’art mexicain préhispanique Rufino Tamayo reste un modèle pour le genre.  

Reportage : Pierrick Moritz pour le texte/Paul Bret pour les photographies.

Museo De Arte Prehispánico De México Rufino Tamayo : avenue Morelos 503, dans le centre-ville d’Oaxaca de Juárez, Oaxaca