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Résultats très mitigés pour les objets et les œuvres d’art russe à Londres

1 décembre 2011

Pour la même raison que celle concernant la spécialité des objets et œuvres d’art chinois – l’enrichissement d’une partie de la population du pays d’origine qui serait avide de se réapproprier les objets et œuvres d’art de l’époque impériale - le domaine des créations russes était présenté il y a encore quelques années comme extrêmement porteur.

Les résultats mitigés des ventes d’art russe organisées cette semaine par Sotheby’s et Christie’s à Londres confirment un phénomène de moindre intérêt encore plus avancé pour cette spécialité que pour celle des objets et œuvres d’art chinois et même si, dans les deux cas, certaines pièces peuvent toujours pulvériser leur estimation.

Sotheby’s présente le plus fort taux d’invendus de la semaine pour une vente dans la spécialité avec,  dans sa vacation de peinture russe moderne et contemporaine du 29 novembre, quelque 57 % pour un catalogue de 166 lots.

L’estimation la plus élevée était de 150.000/200.000 livres quand l’invendu le plus important était estimé 150.000/180.000 livres.

Finalement, l’œuvre la plus chère de la vente, avec 217.250 livres payées pour une estimation de 80.000/120.000 livres, est une grande nature morte aux fruits peinte en 1927 par Konstantin Alexeevich Korovin et Alexei Konstantinovich Korovin.

Chez le même opérateur, le 28 novembre et toujours à Londres, une vacation qui comtait 30 tableaux modernes russes a généré 10 invendus dont 7 toiles à l’estimation basse au moins égale à 150.000 livres.

Les deux invendus les plus chers sont, pour 400.000/600.000 livres pièce, une toile de Boris Izrailevich Anisfeld peinte en 1914-1916  et une autre d’Alexander Evgienevich Yakovlev de 1929.

Le prix le plus élevé, 915.000 livres, est allé à une nature morte peinte en 1916 par Petr Petrovich Konchalovsky. L’œuvre était estimée 500.000/700.000 livres.

Toujours chez Sotheby’s, dans une autre vacation d’objets d’art russe proposée d’hier, 38 % des lots n’ont pas trouvé preneur (97 pour 253 présentés).

La maison Fabergé, dont de très nombreuses créations étaient présentées, remporte à fois la palme de l’objet le plus cher  et celle de l’invendu le plus important.

337.250 livres ont été engagées sur une pendule en argent doré et émail, 1895-1899 (estimée 120.000/180.000 livres). Un encrier en néphrite monté en or, 1903-1904 (100.000/150.000 livres), n’a pas trouvé preneur.

Au rayon des surprises, un service à thé d’époque soviétique de la manufacture de porcelaine d’État a été payé 70.850 livres sur une estimation de 5.000/7.000 livres.

Le 28 novembre, pour son unique vente londonienne dans la spécialité, Christie’s a vendu 240 lots d’un catalogue qui en comptait 373.

Ces 36 % de lots restés sur le carreau intégrent le numéro phare de la vacation, à savoir une paire de vases peints monumentaux de la Manufacture Impériale de Porcelaine, Saint-Petersbourg, période de Nicolas 1er. L’ensemble, réalisé en 1835 et 1836, était estimé 1,7/2,2 millions de livres.

De la même manufacture, même époque, une autre paire de vases aux dimensions plus modestes a été payée quelque 1 million de livres sur une estimation de 500.000/700.000 livres.

Un très intéressant portrait de boxeur, peint à l’huile sur toile en 1933 par Konstantin Somov (1869-1939), a été payé 713.0000 livres sur une estimation de 500.000/700.000 livres.

Le présent vendeur avait acquis cette œuvre pour 580.000 livres en novembre 2007 (toujours chez Christie’s Londres). À l’époque, elle était estimée 80.000/120.000 livres.

Une Crucifixion par les Romains, une huile sur toile monumentale peinte par Vasily Vereshchagin en 1887, a été payée 1,72 million de livre sur une estimation de 1/1,5 million. D’un intérêt artistique tout aussi improbable, un grand portrait de chevalier par Viktor Vasnetsov a été payé 1,10 million sur une estimation de 300.000/500.000 livres.

Pierrick Moritz

Encore moins de ventes chez Sotheby’s et Christie’s à la rentrée

30 juillet 2010

Dans le cadre de programmes de redimensionnement qui incluent notamment des vacations moins nombreuses mais plus qualitatives, et aussi très  probablement devant les résultats parfois décevants enregistrés au cours de ces derniers mois, Christie’s et Sotheby’s diminuent encore la voilure à la rentrée.

À compter de la rentrée et dans la séquence du premier semestre 2010*, le  calendrier international de Sotheby’s et Christie’s affiche un nombre de ventes en baisse par rapport à l’agenda équivalent de 2008 et 2009.

Chez Christie’s, elles tombent à 61 en septembre/octobre contre 68 en 2009 et 83 en 2008, pour la période équivalente.

Chez Sotheby’s, 37 ventes sont programmées dans le monde en septembre/octobre 2010 contre 44 en 2009 et 65 en 2008 pour les mêmes mois.

Ce dernier semestre, le marché de l’art s’est globalement caractérisé par un afflux de chefs-d’œuvre de qualité muséale dont une proportion importante n’a pas dépassé les estimations basses, ou dans une mesure moindre, et par des vacations enregistrant de nombreuses œuvres ravalées.   

La présentation proportionnelle des invendus restitue parfois très mal l’ampleur du désastre, comme ces quelque 30 % dans la vente d’art contemporain en journée de Christie’s du 1er juillet dernier, soit une centaine de lots qui n’a  pas trouvé preneur sur un catalogue qui en présentait 319.

Des chiffres d’affaires très importants ont été néanmoins relevés au cours du premier semestre 2010, principalement lors de vacations présentant des œuvres exceptionnelles.

Cet ilôt particulier des pièces majeures, dont l’expansion a tout intérêt à être réfrénée vu les difficultés contastées au deuxième trimestre,  ne montre globalement pas d’effet d’entraînement sur le reste du marché de l’art.

En France, Drouot a présenté un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros pour le premier semestre 2010, soit  une augmentation de 17 % par rapport au premier semestre 2009 (particulièrement mauvais pour le marché de l’art), et  quand le chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’année 2009 s’élevait à 413 millions, à 411 en 2008 et à plus de 500 en 2006 et 2007.  

Comme chez les anglo-saxons, on a également assisté à une montée en gamme de la marchandise présentée et avec des prix obtenus parfois “historiquement” très élevés. 

Il faut néanmoins tenir compte du fait que les chiffres de Drouot incluent également des ventes judiciaires et de véhicules hors objets d’art et collection. 

Selon le texte d’une proposition du Sénat de l’année dernière, les ventes de véhicules d’occasion représentait 36,5 % du chiffre d’affaires de la Holding Drouot en 2007.

Sotheby’s présentera ses résultats pour le second trimestre 2010 la semaine prochaine. Son titre boursier est particulièrement malmené depuis le 24 avril dernier. 

L’action qui, revenue de loin, avait enregistré en un an une valorisation spectaculaire avec un “plus haut” a quasiment 39 dollars le 23 avril, vaut désormais 27,49 dollars après s’être un peu ressaisie.

Pierrick Moritz 

* Au premier semestre 2008, Sotheby’s avait organisé 147 ventes dans le monde. Pour la période équivalente de 2009 et 2010, ce chiffre est respectivement tombé à 139 et 116.

180 ventes ont été montées par Christie’s dans le monde  au premier semestre 2010, contre 190 en 2009 et 235 en 2008 pour la même période.

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Broche de Catherine II de Russie et diamant de l’empereur Maximilien

4 avril 2010

Le 22 avril prochain, à New York, Christie’s livrera aux enchères une broche ayant appartenu à l’impératrice Catherine II de Russie (une émeraude de 60/70 carats – la pierre est sertie de telle façon que son poids est difficile à indiquer précisément) et un diamant (39,55 carats) monté en bague qui, lui, fut la propriété de l’empereur Maximilien du Mexique.

Les deux bijoux sont estimés chacun 1/1,5 million de dollars.

PM

En Russie, l’art contemporain engagé est taxé d’extrémiste et de criminel par la justice

13 août 2009

Artem Loskutov, leader d’un groupe d’artistes engagés, sera à nouveau entendu par un tribunal russe le 24 août

Artem Loskutov, un artiste âgé de 22 ans, avait  été arrêté  le 15  mai dernier alors qu’il se promenait avec des  amis dans la ville sibérienne  de Novossibirsk. Il avait été embarqué par trois agents du Centre de Prévention  de l’Extrémisme, une cellule de police soupçonnée par plusieurs mouvements en faveur des Droits de l’homme de traquer les opposants politiques au Kremlin.  Il s’avère qu’Artem Loskutov est justement leader d’un groupe d’artistes engagé dans un travail  qui dénonce  les abus du monde politique, de celui des affaires et de la religion en Russie et ailleurs. Artem Loskutov aurait été arrêté suite au refus de se présenter à une convocation non-officielle auprès d’un membre de cette autorité dont les “bureaux” sont nommés les Centres E (E pour Extrémisme).

Artem Loskutov avait été aussitôt incarcéré et, cinq jours plus tard, accusé de possession de drogue et d’appartenance à un groupe criminel et extrémiste. Le jeune homme  a très vite été soutenu par des artistes de Saint-Pétersbourg, notamment à travers les sites Internet Kissmybabushka.com et  freekissmybabushka.com, qui prirent la décision d’entamer une grève de la faim devant l’Hôtel de ville pendant que se déroulait le Forum Économique de Saint-Pétersbourg, une manifestation de dimension internationale.

Devant la présence des médias étrangers, la police russe avait laissé les manifestants mener leur action sans intervenir.  Artem Loskutov a finalement été libéré le 10 juin dernier mais avec l’interdiction de quitter la ville de Novossibirsk. Il sera à nouveau entendu par un tribunal le 24 août prochain.

Artem Loskutov et ses amis affirment que les policiers ont glissé  11 grammes de cannabis dans son sac afin de l’incriminer. Le 1er mai dernier, l’artiste avait déjà eu un entretien avec le chef du Centre E concerné, un fait dont  le Centre de Prévention contre l’extrémisme nie désormais l’existence. Le représentant du Centre aurait fourni un document signé par des personnes  qui ne reconnaissent pas y avoir apposé leur signature.

L’avocat de Artem Loskutov a également souligné le fait que les noms des deux témoins principaux avaient été modifiés.  Quant au nom de l’université de Novossibirsk où l’artiste aurait revendu de la drogue, il n’existerait pas.

Sources: http://www.theartnewspaper.com/articles/Criminal-case-against-extremist-Siberian-artist-ongoing/18663 et  http://free.kissmybabushka.com/francais-represailles-contre-lartiste/ 

Un site qui dénonce les répressions en Russie :  http://chtodelat.wordpress.com/

Christie’s présente un œuf-pendule Fabergé en novembre (2007)

8 octobre 2007

L’un des trois exemplaires connus d’œufs Fabergé à la fois agrémentés d’une pendule et d’un automate sera livré aux enchères le 28 novembre prochain chez Christie’s Londres.

L’œuf de facture néoclassique et émaillée rose est estimée entre 6 et 9 millions de livres (9/13 millions d’euros). Daté de 1902, il provient des collections de la famille Rothschild.

Les pièces les plus recherchées dans la production des œufs Fabergé sont celles fabriquées pour la famille impériale. Si celle-ci  n’entre pas dans cette catégorie mais, elle fait partie des pas plus de douze qui ont été créées avec des standarts impériaux pour des clients privés selon la maison de vente.

Cockerell Egg, Chanticleer Egg

Si l’œuf présenté par Christie’s s’apparente au Cockerell Egg offert par Nicolas II à sa mère Maria Feodorovna pour les fêtes de Pâques de l’année 1900 (également avec pendule et coq-automate), il possède surtout de fortes simititudes stylistiques avec le Chanticleer Egg. Cette pièce de 1904 à l’émail bleu nuit est répertoriée comme pièce impériale.

Winter Egg

Le prix le plus important obtenu pour un objet d’art russe est justement un œuf Fabergé. Il s’agit du Winter Egg,  créé en 1913, une commande Impériale offerte par Nicolas II à Maria Feodorovna. Il a été vendu par Christie’s 6,6 millions  livres en 2002 ( 9,57 millions d’euros). Cette œuvre exceptionnelle et féérique, dont le piédouche en cristal de roche simule de la glace, est constituée de platine, diamants, brillants et pierres de lune et renferme un petit bouquets de fleurs en platine, or et pierres.

Œuf de Pâques au bouquet

Fin 2006, le dernier œuf Fabergé en date présenté sur le marché par une maison de ventes suisse, également de facture néoclassique et émaillé rose, n’avait pas trouvé preneur. Il s’agissait d’un Œuf de Pâques au bouquet, daté de 1895-1898, avec les poinçons Fabergé et Mikhail Perkhin.

Pierrick Moritz

Marché de l’art russe

22 février 2007

La nouvelle économie russe a créé des fortunes dont les propriétaires s’intéressent particulièrement à la Russie Impériale.

En 2004, Viktor Vekselberg, magnat du pétrole russe a acquis, pour une somme non communiquée, mais estimée au moins à plusieurs millions de dollars, la collection Forbes consituée d’oeuvres d’art réalisées par l’orfèvre Fabergé. L’ensemble devait initialement être mis aux enchères à New York chez Sotheby’s et l’évènement avait créé la discorde entre les Etats Unis et la Russie. L’affaire s’est finalement réglée directement entre la famille Forbes et le milliardaire russe.

Les ventes d’art russe du 29 novembre chez Christie’s Londres ont rapporté quelque 28 millions de livres. En 2002, le même opérateur a vendu un œuf  Fabergé pour  6,62 millions de livres (soit 9,57 millions d’euros). Le milliardaire russe Vekselberg possède quinze oeufs Fabergé.

PM


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