Articles Tagués ‘Berlin’

Otto Dix au Musée des Beaux-Arts de Montréal

11 octobre 2010

Une superbe exposition, un crève-cœur

Cette réunion de 220 créations d’Otto Dix et de documents-clefs liés à  l’histoire du peintre livre une rétrospective exceptionnelle de l’Œuvre d’un des premiers artistes  à avoir été  mis à l’index par le Troisième Reich, avant que ce régime ne classe son Œuvre dans la catégorie “art dégénéré” et n’en détruise une grande partie.

Esthétique froide contre profondeur psychologique

Si, dit-on, Otto Dix était l’un des artistes les plus détestés par Adolf  Hitler, c’est bien évidemment parce que son Œuvre est l’exact contraire des images de propagande de l’idéologie nazie : la profondeur psychologique par l’expressionnisme de choses pas jolies à regarder, mais susceptibles de réveiller les consciences, opposée à une esthétique froide, peuplée de robots “métropolisiens”, héros éternellement jeunes, en “bonne santé mentale et physique”, dans un monde fantasmé où le blond et le bleu sont synonymes de pureté, et destinée à fabriquer des jouets serviles à la confiance inaltérable.

Une vision à abattre

Repoussoir pour le Troisième Reich que cet Otto Dix donc, un artiste qui explore les horreurs de l’humanité dans des représentations frontales : champs de bataille de la guerre de 1914-1918, meurtres sordides, prostitution dans des bordels où les filles pouvaient être bossues ou estropiées selon les désirs des clients, corps  maigres et disloqués, sauvagerie sexuelle. Un monde avec la décrépitude, la maladie et la mort pour tout accomplissement, un regard qui fait de l’homme un bien curieux héros, c’est-à-dire une vision à abattre pour les nazis.

Comme une vache

L’exposition nous montre également le Dix auteur de portraits de commande, sans concession pour ses modèles, le Dix peintre de paysages, forcé à l’inexpressivité par les nazis, un homme loin de lui-même qui dit se sentir comme une vache lorsqu’il réalise ces travaux-là, et le Dix de l’Après-guerre qui crée toujours.

Un gâchis

On peut ressentir une terrible impression de gâchis devant un Œuvre amputé de créations majeures, détruites ou bien perdues (après avoir été vendues) par le Troisième Reich. Il n’en subsiste que de rares photographies dont certaines sont montrées ici.

Pierrick Moritz

Rouge Cabaret, le monde effroyable et beau d’Otto Dix, Musée des Beaux-Arts de Montréal, pavillon Jean-Noël Demarais (niveau 3), 1380, rue Sherbrook Ouest,  Montréal.  Infos : http://www.mbam.qc.ca/ottodix/fr/index.html  

Un tableau du Caravage, une des plus importantes œuvres d’art volées ces dernières années, retrouvé à Berlin

21 août 2010

En collaboration avec  des services de polices allemands et ukrainiens, Interpol a retrouvé à Berlin au début de l’été un important tableau du Caravage dérobé au Musée de l’Art occidental et oriental d’Odessa en juillet 2008.

Cette œuvre majeure, intitulée  L’arrestation du Christ ou Le Baiser de Judas, est estimée plusieurs dizaines de millions d’euros.

Il s’agit de la récupération de l’une des plus importantes œuvres d’art volées ces dernières années.

Lire le communiqué original : http://www.interpol.int/Public/ICPO/PressReleases/PR2010/PR054FR.asp

Exposition Kim Prisu à Lisbonne

29 mai 2010

Jusqu’au 12 juin, la Biblioteca Municipal Camões de Lisbonne expose des créations de Kim Prisu couvrant la période 2001/2010.

Issu du mouvement de la figuration libre des années 1980, Kim Prisu est notamment l’un des fondateurs de Nuklear-ART (art total).

Installé un temps à Paris, il participe à des expositions collectives avec Basquiat, Haring et Combas.

En 1990, il peint une partie des vestiges du mur de Berlin à l’invitation de l’East SideGallery- RDA.

19 ans plus tard, pour le vingtième anniversaire de la chute du mur, il œuvre à nouveau sur ce qui est devenu un mémorial pour les générations futures.

Exposition Kim Prisu à Lisbonne : jusqu’au 12 juin, Biblioteca Municipal Camões, Largo do Calhariz, N° 17, 2° esq/1200/086 

Le blog de l’artiste : http://kim-prisu.blogspot.com/

Pierrick Moritz

Berlin : l’avenir de la création sans les squats d’artistes

8 décembre 2008

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Si la création artistique alternative demeure encore vivace à Berlin, l’époque des squats d’artistes née après la Chute du Mur est quant à elle révolue.

Certains de ces endroits, vidés dans l’attente d’une réhabilitation, sont fantomatiques. D’autres, encore occupés par quelques résistants peu convaincus, tournent à la caricature et ne sont plus que des attractions touristiques.

Berlin est en train de rejoindre Londres et Paris dans le club des capitales européennes dont l’âme a été dévorée par la spéculation immobilière et où, histoire de faire oublier que l’on se retrouve en définitive au beau milieu de cimetières artistiques, la subversion institutionnalisée accouche de temps à autre d’une plume rose géante sur la voie publique.

Mais Berlin possède aujourd’hui d’autres dynamiques artistiques.

La ville est, entre autres, de plus en plus prisée pour les tournages de cinéma (moins chère et moins compliquée que Paris ou Londres), la beauté de son architecture contemporaine associée à l’éclairage est époustouflante.

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Texte et photos : Pierrick Moritz


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