Provenant de la collection Gérard Depardieu, Le Lézard aux plumes d’or, une œuvre en longueur réalisée à la gouache, encre de chine et au lavis sur papier par Joan Miró en 1969, a été vendue pour 1,05 million d’euros avec les frais (12%) lors d’une vente aux enchères d’art moderne proposée cet après-midi chez Christie’s, à Paris. La composition était estimée 700.000/1 million d’euros sans les frais. PM
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Mark Rothko et Yves Klein enflamment les enchères à New York
9 mai 2012Le très exceptionnel catalogue d’art d’après-guerre et contemporain de la vacation proposée par Christie’s, hier soir à New York, a rapporté la somme record de 388,48 millions de dollars. Les deux œuvres les plus importantes, un Orange, Red, Yellow de Mark Rothko et FC1 d’Yves Klein, ont été respectivement payées 86,88 et 36,48 millions de dollars, devenant les créations les plus chères de ces deux artistes en vente publique.
Avec 56 lots vendus sur 61 au catalogue, ces 388,48 millions de dollars représente l’un des plus importants chiffre d’affaires jamais réalisé pour une vente aux enchères dans la spécialité.
Il s’agissait principalement d’œuvres exceptionnelles d’artistes “historiques” (et en grande majorité disparus, hormis Gerhard Richter et Jasper Johns, pour les 22 enchères les plus importantes, soit 17 œuvres d’artistes disparus), issues de collections prestigieuses et pour la plupart jamais vues en vente publiques.
16 lots étaient estimés au moins 5 millions de dollars, soit un nombre exceptionnellement important d’œuvres très chères pour ce type de vente. 17 auront été payées au moins à ce prix en incluant les frais. Des records mondiaux ont été atteints pour des œuvres de Mark Rothko, Yves Klein, Jackson Pollock, Barnett Newman, Gerhard Richter et Alexander Calder.
Le lot vedette du catalogue, un Orange, Red, Yellow de Mark Rothko, une huile sur toile (236,2 x 206,4 cm) peinte en 1961, a été payé 86,88 millions de dollars sur une estimation de 35/45 millions.
Cette œuvre devient la plus chère de l’artiste négociée en vente publique. Le précédent record concernait un White Center ou Yellow, Pink, and Lavender on Rose, une œuvre aux dimensions moins importantes ( 205,8 cm x 141 cm), payée 72,84 millions de dollars en mai 2007 chez Sotheby’s, à New York.
FC1 d’Yves Klein, une création de 1962 aux pigments secs et résine synthétique sur panneau (141 x 299,5 x 3 cm), dans un cadre de l’artiste, a été payée 36,48 millions de dollars sur une estimation de 30/40 millions. Il s’agit du plus haut prix payé pour une œuvre de Klein dans une vente aux enchères publiques.
Mettant en œuvre le feu, l’anthropométrie, le bleu Klein et le pigment rose, l’œuvre était présentée par la maison de vente comme la plus importante de l’artiste jamais proposée aux enchères. Le précédent prix record pour une œuvre de Klein en vente publique, 23,56 millions de dollars, concerne MG 9, une création à base de feuilles d’or sur panneau vendue chez Sotheby’s, à New York, en mai 2008.
Pour la troisième enchère la plus importante, une œuvre de Jackson Pollock intitulée Number 28, réalisée en 1951 à l’huile sur toile (76,5 x 137,4 cm), a été payée 23 millions de dollars sur une estimation de 20/30 millions. Il s’agit là-aussi d’un record pour une œuvre de l’artiste négociée en vente publique.
De Gerhard Richter, une Abstraktes Bild (798-3), peinte à l’huile sur toile (240 x 240 cm) en 1993, a été payée quelque 23 millions de dollars pour une estimation de 14/18 millions ; quelque 19 millions ont été engagés sur un Seestück (leicht bewölkt), une huile sur toile de 1969 estimée 10/15 millions.
De Barnett Newman, Onement V, une huile sur toile (152,4 x 96,5 cm) de 1952 a été payée 22,48 millions de dollars sur une estimation de 10/15 millions. Record mondial pour une œuvre de cet artiste négociée en vente publique.
Deux mobiles d’Alexander Calder ont aussi pulvérisé leur estimation. Un Lily of Force (233 x 205,7 x 226,1 cm) de 1945 a été payé 18,5 millions de dollars (estimé 8/12 millions), un record mondial en vente publique pour l’artiste, et une Snow Flurry (152,4 x 213,4 cm) de 1950 a été payée 10,38 millions (estimé 3,5/,4,5 millions).
Les invendus les plus importants de la vacation sont des œuvres de Jean-Michel Basquiat (un Museum Security, Broadway Meltdown, estimé 9/12 millions) et Brice Marden (un Attendant 5 estimé 7/10 millions de dollars).
Pierrick Moritz
À New York, des ventes d’art moderne très élitistes, trop peut-être
4 mai 2012Clou du catalogue de 76 lots de la vente d’art moderne proposée par Sotheby’s le 2 mai à New York, une version au pastel du Cri d’Edvard Much devient le tableau le plus cher acheté en vente publique. 55 % du chiffre d’affaires record de 330 millions de dollars sont à verser au compte de seulement 5 œuvres (Munch, Picasso, Miro, Dali, Brancusi), un bilan assorti de 15 invendus, d’œuvres dont la valeur s’est très fortement appréciée en une dizaine d’année et d’autres cédées sous les estimations basses. Compte tenu de l’aspect aléatoire de la collecte d’œuvres d’art pour constituer de tels catalogues et des difficultés pour trouver les quelques-unes assurant la part la plus importante du chiffre d’affaires, la situation d’une clientèle d’acheteurs de plus en plus riche et exigeante augure aussi de grands défis pour les opérateurs de cette envergure.
Avec la recette de 330,5 millions de dollars tirée de sa vacation d’art moderne et impressionniste du 2 mai, à New York, Sotheby’s réalise son plus important chiffre d’affaires pour une vente aux enchères dans la spécialité. Des sommes stratosphériques ont été payées pour des œuvres de qualité muséale ; celles n’entrant pas dans cette catégorie ont connu des fortune diverses, y compris la veille, lors d’une vente organisée chez Christie’s, toujours à New York.
Le tableau le plus cher du monde en vente publique
Avec une estimation “symbolique” située autour de 80 millions de dollars, la version du Cri proposée dans cette vacation a été réalisée au pastel sur panneau (79 x 59 cm) en 1895. Elle est de deux années plus tardive que le célèbre tempera et crayons sur carton (91 x 73,5 cm) détenu par le musée national d’Oslo et la seule, des quatre connues, à être encore en mains privées. Elle était vendue par le transporteur maritime et milliardaire norvégien Petter Olsen. Son père, Thomas, était voisin et client de Munch à Hvitsten, où le peintre acheta une maison en 1911. Cette version du Cri était conservé dans la famille Olsen depuis plus de 70 ans.
Les 120 millions de dollars payés pour acquérir ce chef-d’œuvre de l’art moderne constitue la somme la plus importante jamais déboursée pour acquérir une œuvre d’art en vente publique. Avec 104,16 millions de dollars payés pour Garçon à la pipe de Pablo Picasso (mai 2004, New York) et 65 millions de livres engagés sur une sculpture d’Alberto Giacometti, un exemplaire de L’Homme qui marche I, œuvre de 183 cm de hauteur créée en 1960 et fondue en 1961 (février 2010, Londres), Sotheby’s détient désormais 3 des 4 prix records pour des œuvre d’art vendues aux enchères.
En mai 2010, à New york, Christie’s avait vendu Nu, feuilles vertes et buste (ou Nu au plateau de sculpteur) de Pablo Picasso pour 106,5 millions de dollars.
5 autres œuvres d’Edvard Munch au catalogue
Autour de cette version du Cri, le catalogue de Sotheby’s présentait 5 autres œuvres de Munch, pour lesquelles les estimations étaient comprises entre 1,5 et 7 millions de dollars. Mais comme, sur le marché de l’art, un nom ne suffit pas à faire un prix, une seule de ces œuvres a été vendue dans la fourchette de l’estimation. Il s’agit d’un Semeur peint à l’huile sur toile (90,8 x 115,5 cm ) en 1913. Estimé 2/3 millions, le tableau a été payé 2,88 millions.
Femme se regardant dans un miroir, une huile sur toile (92 x 73 cm), peinte en 1892, estimée 5/7 millions de dollars sans les frais (12%), a été payée 5,12 millions avec ces frais.
Datée de 1902, une Corde à linge chargée de vêtements à Åsgårdstrand, peinte à l’huile sur toile (67,5 x 72,5 cm), a été payée 2,09 millions avec les frais (12 %) sur une estimation de 2/3 millions sans ces frais.
Pour les mêmes conditions de frais, une Nuit à Saint-Cloud, une œuvre de 1912 peinte à l’huile sur papier monté sur un panneau (29 cm x 24,4 cm) a été payée 1,53 millions de dollars pour une estimation de 1,5/2 millions.
Assortie d’une estimation de 2,5/3,5 millions de dollars et jamais vue en vente publique, la cinquième, une Nuit d’Été peinte à l’huile sur toile (74,3 x 98,6 cm) en 1917 n’a pas trouvé preneur.
29 millions de dollars et des fortunes diverses pour Pablo Picasso
Pour la deuxième estimation la plus élevée, 20/30 millions de dollars, une Femme assise dans un fauteuil, peinte à l’huile sur toile en octobre 1941 par Pablo Picasso, a été payée 29,2 millions de dollars. Du même, une Tête de femme (portrait de Françoise), peinte à l’huile sur toile (55 x 38 cm) en 1946, a été payée 6,9 millions sur la base d’une estimation de 4/6 millions.
Toujours de Picasso, La Citronnade, une huile sur toile (72,7 x 59,7 cm) de 1954, estimée 3,5/5 millions de dollars, a été payée 3,89 millions et, Femme assise sur fond bleu-rouge, une huile sur toile (73 x 59 cm) de 1956, a été laissée sous son estimation de 4/6 millions de dollars sans les frais (12 %) avec un prix payé de 4 millions avec ces frais. L’Étrangleur, une grande gouache réalisée vers 1904 n’a pas trouvé preneur. L’œuvre était estimée 1/1,5 millions de dollars.
Un Chasseur de chez Maxim’s de Chaïm Soutine gagne 2,5 millions en 8 ans, un autre ne gagne rien
De Chaïm Soutine, un Chasseur de chez Maxim’s estimé 10/15 millions de dollars sans les frais (12 %) a été payé 9,37 millions avec ces frais. Bien que cédée sous son estimation basse, cette huile sur toile de 1925 avait été acquise chez Sotheby’s par le présent vendeur, en novembre 2004, pour 6,7 millions de dollars.
Du même artiste, une huile sur panneau marouflée sur toile (65,1 x 50,2 cm) intitulée Le Chasseur, estimée 4/6 millions de dollars, n’a pas trouvé preneur.
14,8 millions de dollars pour Joan Miro
Une Tête humaine de Joan Miro, estimée 10/15 millions de dollars, a été payée 14,8 millions. Cette technique mixte sur toile (81,3 x 65,4 cm), réalisée en 1931, n’avait jamais été vue en vente publique.
Une toile de Dali payée 1,36 million de livres en 1998, réévaluée à 16,32 millions de dollars
Un Printemps nécrophilique de Salvador Dali, a été payé 16,32 millions de dollars pour une estimation de 8/12 millions. Cette huile sur toile (54,6 x 65 cm) de 1936 faisait initialement partie de la collection Elsa Schiaparelli. Le présent vendeur l’avait payé 1,36 million de livres en 1998, chez Christie’s, à Londres.
Un bronze de Brancusi payé 1,21 million de dollars en 1999, réévalué à 12,68 millions
Prométhée, un “visage” en bronze de Constantin Brancusi, d’une largeur de 17,7 cm, conçu et fondu en 1911 dans une édition de 4, a été payé 12,68 millions de dollars pour une estimation de 6/8 millions. L’œuvre avait été acquise pour 1,2 million de dollars en 1999, chez Christie’s, à New York.
Une Cabane de Paul Gauguin passe de 4,62 millions à 8,48 millions en 10 ans
Cabane sous les arbres, de Paul Gauguin, une huile sur toile ( 72,4 x 43,5 cm) peinte en 1892, a été payée 8,48 millions de dollars sur une estimation de 5/7 millions. L’œuvre avait été acquise par le présent vendeur en novembre 2002 chez Christie’s, à New York, pour 4,62 millions de dollars.
Vendus sous l’estimation
Parmi les œuvres cédées sous leur estimation, on trouve aussi une Peinture, réalisée par Joan Miró en 1953, une grande huile sur toile (194,9 x 130,5 cm), payée 4,11 millions de dollars avec les frais (12 %) sur la base d’une estimation de 4,5/ 6,5 millions sans ces frais. Méme déconvenue pour L’Équilibriste, une huile sur toile (130 x 97 cm) de Kees van Dongen, peinte en 1907, estimé 4/6 millions sans les frais (12 %) et cédée 3,44 millions avec ces frais.
Invendus
Des œuvre de Paul Delvaux (Le Canapé bleu estimé 3,5/5,5 millions), Fernand Léger (une Joie de Vivre à 2,5/3,5 millions), Georges Braque (La Desserte I, estimée 2/3 millions) font partie des invendus les plus chers de la vacation.
117 millions de dollars pour une vente dans la spécialité, la veille, chez Christie’s
La veille, toujours à New York, pour une importante vente dans la spécialité, un catalogue de 32 lots proposé par Christie’s a généré 117 millions de dollars.
Si des prix très importants, avec des lots vendus bien au-dessus des estimations, ont été réalisés dans le cadre d’une vacation qui compte seulement 3 invendus, un nombre plus important d’œuvres a été laissé sous les estimations.
Paul Cézanne et Henri Matisse : 19,12 millions pour chacun
Clou du catalogue et estimée 15/20 millions de dollars, une étude préparatoire à l’aquarelle de Paul Cézanne pour la série Les Joueurs de Cartes, a été payée 19,12 millions. Cette œuvre datée entre 1892 et 1896, mesurant 46,7 x 30 cm, a été réalisée directement à l’aquarelle, sans sous-dessin au crayon. Le prix le plus important payé en vente publique pour une aquarelle de Cézanne, 25,5 millions de dollars engagés sur une Nature morte au melon vert, a été enregistré en 2007, chez Sotheby’s, à New York.
Des Pivoines d’Henri Matisse, peintes à l’huile sur toile (65 x 54,6 cm) en 1907, estimé 8/12 millions de dollars, ont été facturées le même prix.
Payée 3 millions de dollars en 2002, une toile de Picasso est facturée 9,88 millions
De Pablo Picasso, Le Repos (Marie-Thérèse Walter), une petite huile sur toile (27,3 x 46,3 cm) peinte à Boisgeloup en 1932, a été 9,88 millions de dollars sur la base d’une estimation de 5/7 millions. Le présent vendeur avait acquis cette œuvre chez Christie’s, en 2002, lors d’une vente new-yorkaise, pour quelque 3 millions de dollars.
Alberto Giacometti : un invendu estimé 8/12 millions de dollars
D’Alberto Giacometti, un Buste de Diego, bronze à patine brune, 6/6, conçu en 1957 et fondu en 1958, H. 61 cm, payé 3,6 millions de dollars chez Christie’s en novembre 2005 et nouvellement assorti d’une estimation de 8/12 millions de dollars, n’a pas trouvé preneur.
La même déconvenue a frappé une petite huile sur toile (31,8 x 46,4 cm) peinte par Salvador Dali en 1943, titrée New Accessories, apparitions et équilibres en perspective et estimée 3/4 millions de dollars.
8 lots vendus sous les estimations
Si d’autres œuvres ont été payée au-dessus des estimations, comme un Amour en plâtre de Paul Cézanne, une huile sur toile (57,2 cm x 24,8 cm), peinte en 1894-1895, estimée 500.000/700.000 dollars et facturée 1,53 millions, 8 (sur 29 vendues) ont été laissées sous les estimations.
Il s’agit notamment d’une Femme endormie de Pierre Bonnard, une œuvre à l’huile sur toile (50 x 71 cm) peinte vers 1928, estimée 1,8/2,5 millions de dollars sans les frais (12 %) et payée 1,42 million avec ces frais ; d’un Mousquetaire et nu assis de Pablo Picasso, une huile sur toile (99,7 x 80,6 cm) peinte à Mougins en 1967, estimée 5/8 millions sans les frais (12%) et payée 4,22 millions avec ces frais.
Pierrick Moritz
Qui veut dépenser des millions pour un œuf surdimensionné de Jeff Koons ?
9 avril 2012Un œuf de Pâques surdimensionné (199 x 195 x 163 cm) de Jeff Koons, en acier chromé bleu/turquoise, l’extérieur imitant un traditionnel emballage en papier métallique et coiffé d’un nœud de ruban, fera partie de la vente d’art contemporain proposée par Christie’s, le 27 juin à Londres.
Ce Baroque Egg with Bowe existe en 5 exemplaires réalisés entre 1994 et 2008. Tous présentent une association de couleurs œuf/nœud différente. Cette version est assortie d’une estimation équivalant à 4,7/5,5 millions de dollars (2,5/3,5 millions de livres).
L’exemplaire est le dernier disponible sur le marché, du moins jusqu’à ce que l’un des propriétaires des autres se décide à revendre le sien.
En novembre dernier, à New York, Christie’s vendait une version de ce Baroque Egg with Bow, variante orange/magenta, un peu plus grande (212,1 x 196,9 x 152,4 cm), pour 6,42 millions de dollars avec les frais (12%) pour une estimation de 5,5/6,5 millions.
En mai 2009, toujours à New York, Sotheby’s consentait à un rabais de 20 % pour écouler un troisième exemplaire, bleu/magenta, les dimensions identiques au précédent, alors estimé 6/8 millions de dollars sans les frais (12 %). L’œuf était finalement payé 5,48 millions avec les frais.
En juin 2008, un exemplaire de Balloon Flower (Magenta), sculpture en métal imitant une baudruche nouée en forme de fleur, était payé l’équivalent de 25,8 millions de dollars chez Christie’s Londres, devenant l’œuvre de Koons la plus chère de Koons en vente publique. Deux ans et demi plus tard, chez Christie’s, à New York, un autre exemplaire en version bleue, estimée 12/16 millions, était payé 16,88 millions. La seule différence de couleur explique difficilement cet écart, à moins que l’on ne soit plus dans le domaine de l’art, mais dans celui de la décoration.
En mai 2011, chez Sotheby’s, à New York, Pink Panther, une sculpture en porcelaine représentant une femme blonde torse nu, tenant dans ses bras une panthère rose en peluche sur le modèle de celle du film de Blake Edwards, assortie de l’estimation délirante de 20/30 millions de dollars sans les frais (12%), avait été laissée à 16,88 millions avec les frais. Cet exemplaire d’un multiple de 3 + 1 épreuve d’artiste faisait partie de l’encombrante exposition Jeff Koons proposée au château de Versailles en 2008.
L’année précédente, un mille-pattes gonflable encastré dans un escabeau, estimé 5,5/7,5 millions de dollars, n’avait pas trouvé preneur dans une autre vente aux enchères.
Même si la cote de Koons est globalement en baisse, avec une œuvre, comme celle de Damien Hirst, semblant témoigner d’une époque révolue (celle d’avant la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, en pleine crise des subprimes), et malgré un phénomène de rareté habilement géré pour ce genre de situation, certaines de ses œuvres continuent à se vendre à des prix bien plus élevés que dans les années 2000.
En mai 2008, chez Christie’s New York, un New Hoover Convertibles, New Shelton Wet/Drys 5-Gallon, Double Decker de Jeff Koons, une installation de 4 aspirateurs éclairée par des néons fluorescents, était payée 11,8 millions de dollars. En novembre 2009, même lieu, même opérateur, une œuvre du même type mais avec seulement 2 aspirateurs, était encore enlevée pour 3,1 millions. Cette dernière avait été payée 358.000 dollars en mai 2000 chez Christie’s, à New York.
En mai 2010, sur la même place, Sotheby’s avait vendu une pièce de la série Jim Bean (wagons ou locomotives de trains remplis de bourbon, sur le modèle des bouteilles à liqueur fantaisie), J.B. Turner Engine, numéro 3 d’une série de 3 plus 1 épreuve d’artiste, pour 2,32 millions de dollars. Trois ans plus tôt, pour cette série de 1986 et avec le même tirage et le même ordre de dimensions, un Cadoose (2/3) et un Observation Car (2/3) avaient été payés nettement moins cher : 1,6 million pièce. En 2000, ce genre de “babioles” se vendait autour de 56.000 livres chez Sotheby’s Londres.
En novembre 2009, chez Christie’s, à New York, un bouquet de fleurs en bois polychrome de l’artiste, payé l’équivalent de 994.961 dollars en 2000, lors d’une vente chez le même opérateur à Londres, était acheté pour 5,68 millions.
Une question demeure : quel est le profil des acheteurs qui peuvent engager aujourd’hui des sommes aussi importantes sur des œuvres de Koons ?
Pierrick Moritz
Christie’s localise une étude de Paul Cézanne et en attend le prix fort
28 mars 2012Une étude préparatoire à l’aquarelle de Paul Cézanne pour la série Les Joueurs de Cartes, localisée par Christie’s au Texas, après avoir été vue en public pour la dernière fois en 1953, figure au catalogue de la vente d’art moderne proposée par l’opérateur en mai à New York.
Représentant un joueur de cartes assis, cette création full-size (les dimensions ne sont pas précisées dans le communiqué), réalisée directement à l’aquarelle (sans sous-dessin au crayon), est estimée 15/20 millions de dollars.
Le prix le plus important payé en vente publique pour une aquarelle de Cézanne, 25,5 millions de dollars engagés sur une Nature morte au melon vert, a été enregistré en 2007 chez Sotheby’s, à New York.
Article en rapport : “Les Joueurs de cartes” de Cézanne, le tableau le plus cher du monde ? : http://artwithoutskin.com/2011/05/02/%e2%80%9cles-joueurs-de-cartes%e2%80%9d-de-cezanne-le-tableau-le-plus-cher-du-monde
Les performances des objets d’art chinois ont du plomb dans l’aile
24 mars 2012Si les grandes ventes aux enchères publiques internationales d’art traditionnel chinois sont toujours émaillées de prix spectaculaires en regard d’estimations beaucoup plus modestes, la tendance à l’accroissement du volume des invendus amorcé au printemps de l’année dernière, dans une configuration récurrente où des lots vedettes ne trouvent pas preneur, s’est à nouveau vérifiée dans les vacations de Sotheby’s et Christie’s proposées cette semaine dans le cadre de l’Asian Art Week de New York. La surabondance de l’offre pour cette spécialité hautement spéculative explique en partie le phénomène.
Si les maisons de vente peuvent réguler leur offre, elles sont de plus en plus dépendantes de ce marché spécifique essentiellement animé par la clientèle chinoise en terme d’achats, et notamment pour les lots les plus chers. Un ralentissement économique significatif en Chine amènerait très probablement à l’effondrement des prix dans la spécialité, excepté pour l’infime partie qui concerne des pièces impériales très exceptionnelles mais dont la majorité des sommets risquerait d’être sérieusement rabotée.
Dans le cadre de l’Asian Art Week de New York, Christie’s proposait, hier et avant-hier, une vente marathon de céramiques et d’objets d’art chinois qui regroupait pas moins de 647 lots. 182 lots n’ont pas trouvé preneur, soit un taux d’invendus de 28%.
Parmi eux, figurent les 6 objets les plus chers et pour des estimations basses comprises entre 500.000 et 2 millions de dollars. Il s’agit, pour les plus importants, d’une statue en bronze doré de la divinité Vairocana (H. 169,5 cm), datée du XVIe siècle (estimée 2/3 millions), d’une cloche rituelle en bronze nao, dynastie Zhou (H. 46,5 cm), vers les 11ème-10ème siècles avant J.-C. (800.000/1,2 million) et d’un pot à pinceau en jade blanc verdâtre sculpté en forme de tronc d’arbre (H.20,5 cm), daté de la dynastie Qing, sans autres précisions (700.000/900.000 dollars).
Les enchères les plus élevées ont été portées sur une longue table de peintre en huanghuali du XVIIème siècle, payée 1,2 million de dollars (estimée 400.000/600.000 dollars), un bronze rituel à nourriture de forme rectangulaire, vers les 12ème-11ème siècles avant J.-C, estimé 200.000/300.000 dollars, sur lequel 1,08 million ont été engagés. Une statuette en bronze partiellement doré de la divinité Tara, datée du XVIIIe siècle et marquée du sceau Qianlong, a très largement dépassé son estimation de 40.000/60.000 dollars en étant payée 842.500 dollars.
Dans la catégorie des objets d’art chinois dont les estimations ont été pulvérisées, on trouve, également et principalement, une cloche en bronze Zheng (H.25,5 cm), datée de 750-256 avant J.-C., payée 698.500 dollars sur une estimation de 60.000/80.000 dollars, un vase en jade blanc verdâtre (H. 19,8 cm) taillé à facettes et de forme “gu”, d’époque indéterminée, échangé contre 506.500 dollars quand 20.000/30.000 dollars en étaient attendus, 338.500 dollars ont été engagés sur un cabinet en huanghuali (H. 129, 8 cm), à incrustations de nacre, pierre à savon, os et verre pour un décor d’oiseaux parmi des fleurs, qui était estimé 40.000/60.000 dollars.
Malgré ces performances, le chiffre d’affaires de 31 millions de dollars reste 22 % inférieur à celui qui était attendu.
Le 22 mars, toujours dans le cadre de cette Asian Art Week, le même opérateur proposait une vente d’objets d’art chinois provenant d’une collection privée. 36 % des lots n’ont pas trouvé preneur, dont quelques-uns figurant parmi les plus chers du catalogue.
Le 31 mars, Sotheby’s ouvrira une traditionnelle série de ventes de printemps à Hong Kong, dont de très importantes consacrées aux objets et œuvres d’art chinois. En mai, ce sera le tour de Christie’s.
Pour des séquences comparables, incluant de l’art asiatique ancien et contemporain dont chinois, mais aussi des bijoux, des montres et du vin, le chiffre d’affaires réalisé par Christie’s en novembre 2011 équivalait à 385 millions de dollars américains quand il atteignait 515 millions (un record) 5 mois plus tôt, et 408 millions pour le programme de novembre 2010. En octobre 2011, la spécialité des objets d’art chinois négociés en vente publique chez Christie’s à Hong Kong confirmait les moins bonnes performances constatées depuis le printemps 2011. Sa vacation principale avait été ponctuée d’enchères très importantes, mais 43 % des lots n’avaient pas trouvé preneur.
Si Sotheby’s avait fait mieux en octobre 2011, pour une opération équivalente à celle proposée un mois plus tard par sa conccurente occidentale directe sur la place asiatique, avec un chiffre d’affaires de 412,5 millions de dollars, celui-ci était également en recul par rapport au précédent. La principale vacation d’objets d’art chinois s’était soldée par un taux d’invendus de 45 % .
Sotheby’s a annoncé un chiffre d’affaires incluant les ventes privées pour toutes les spécialités en augmentation de 40 % pour l’année 2011 sur la place de Hong Kong quand son chiffre d’affaires consolidé a progressé de 14 % pour la même période, ce qui confirme sa plus grande dépendance vis-à-vis de l’Asie, et notamment des acheteurs chinois.
Pierrick Moritz
Articles en rapport
Estimations pulvérisées et fort taux d’invendus pour l’art d’Asie chez Sotheby’s Paris : http://artwithoutskin.com/2011/12/16/estimations-pulverisees-et-fort-taux-dinvendus-pour-lart-dasie-chez-sothebys-paris/
Un important sceau impérial chinois invendu chez Sotheby’s Hong Kong, la bulle de l’art chinois: http://artwithoutskin.com/2011/04/08/un-important-sceau-imperial-chinois-invendu-chez-sothebys-hong-kong/
Sur L’Asian Art Week de mars 2012 :
Christie’s attend un prix fort pour un petit format de Rembrandt
5 mars 2012Christie’s annonce la présence d’un tableau de Rembrandt, clou de la collection de Pieter et Olga Dreesmann, au programme de sa vacation de peinture ancienne du 3 juillet à Londres. Ce petit portrait d’homme en buste, portant chapeau et hausse-col, est estimé 8/12 millions de livres. L’œuvre, mesurant seulement 39,8 x 29,4 cm, est datée de 1626-1627.
En décembre 2009, Christie’s avait vendu un portrait d’homme par Rembrandt pour 20,2 millions de livres avec les frais. Cette huile sur toile, datée de 1658, mesurait 107,4 x 87 cm. Bien que ce résultat constitue un record pour une œuvre de l’artiste payée en vente publique, le tableau avait été adjugé dans la fourchette basse de son estimation.
En 2000, un portrait de femme âgée de Rembrandt avait été payé 19,8 millions de livres dans une vacation de peinture ancienne du même l’opérateur. Ce tableau, daté de 1632 et d’un format de 73,7 x 55,8 cm, était estimé 4/6 millions de livres.
PM