Articles Tagués ‘Collections’

Une centaine d’articles pratiques publiée sur “Artwithoutskin”

25 mai 2012

Artwithoutskin.com est en train de s’enrichir d’une centaine d’articles pratiques – plus ou moins longs - dont la rédaction a été motivée par les sollicitations de particuliers désireux de connaître l’intérêt d’un patrimoine en objets anciens. Ces personnes se trouvaient souvent en situation de devoir débarrasser un  lieu rapidement. À l’heure où l’Internet propose gratuitement une impressionnante quantité d’informations sur le sujet, ce besoin peut étonner.

Quand on est pressé par le temps, la recherche sur l’Internet oblige souvent à suivre des pistes arborescentes aussi aléatoires qu’interminables, pour aboutir à des données en majorité incomplètes et transformées en généralités quand il s’agit de cas particuliers. Elles reproduisent parfois des erreurs “piochées” ailleurs, dans un contexte où la lecture d’informations semblables sur des sources différentes est considérée par beaucoup comme un moyen de vérification.

Quand l’information experte de qualité coûte très cher à produire, une particularité incompatible avec le modèle économique de l’Internet gratuit, ce type de données peut aussi être généré par des sources dont le but est d’acquérir le maximum de visibilité avec un minimum de moyens. Si les résultats des ventes consultables sur l’Internet constituent une source d’information, à condition de posséder des objets ou œuvres identiques, rien n’est dit les risques et la réalité des frais pour le vendeur. L’objet signalé comme vendu a pu aussi ne jamais être payé, et l’invendu finalement payé à un prix inconnu dans le cadre d’une transaction devenue privée.

Ces mêmes demandeurs d’informations, souvent pressés par le temps, voulant éviter la location d’un garde-meuble ou un déménagement, dont le coût pourrait dépasser la valeur des biens eux-mêmes, et cherchant des conseils objectifs avant de s’adresser à des professionnels du secteur, ne trouvaient pas d’ouvrages réunissant le maximum d’informations sur la valeur des objets, les tendances actuelles et les différents canaux de vente. J’ai moi-même fait le tour des librairies après la rédaction de cette série d’articles, et je n’ai rien trouvé de semblable. Du coup, j’ai démarché les maisons d’édition susceptibles d’être intéressé par un tel guide pratique. Niet.

Ces articles forment un inventaire dynamique, réaliste et surdimensionné des objets mobiliers que l’on trouve généralement chez les Français. Il aide à l’identification des valeurs intéressantes, tout en mettant l’accent sur les moins évidentes à repérer, et indique les critères permettant de replacer une transaction dans son contexte. Certains conseillent sur les différents canaux de vente, dans un environnement économique difficile, où beaucoup sont désireux de tirer le meilleur parti de leurs biens.

Cet ensemble présente également des introductions sur des thèmes spécifiques, comme l’art traditionnel chinois pour lequel les réponses à une très forte demande d’informations passent avant tout par l’évocation d’une culture encore largement méconnue des Occidentaux.

Avec la volonté d’apporter un maximum d’informations nouvelles et actualisées, ces articles sont empreints des bouleversements apportés par 10 années de développement exponentiel du commerce électronique pour de tels objets mobiliers. Si des exemples de prix sont donnés, la nécessité d’éviter de dresser systématiquement de telles listes s’impose dans le sens où la conduite des transactions à leur terme et au prix indiqué n’est jamais garantie.

Le casse-tête de l’estimation pour un particulier

Si l’information délivrée gratuitement par l’Internet a été attaquée, il est tenu compte de l’existence d’informations générées par des professionnels et connaisseurs, que l’on trouvera immédiatement sur l’Internet et qui ne nécessitent pas d’être répétées. Il s’agit, par exemple, des marques des faïenceries françaises ou des principaux poinçons d’or et d’argent.

Le choix de préférer les descriptions évocatrices aux illustrations est d’abord motivé par un souci d’économie. Ce parti pris trouve aussi sa justification dans le fait que l’iconographie, qui permettrait surtout d’aérer le texte, peut s’avérer contreproductive au sein de rapprochements hâtifs entre des objets reproduits et ceux que possède le lecteur.

Ces articles constituent une base solide avant d’affiner ses recherches, il n’ont pas vocation à se substituer à l’appréciation des experts spécialisés. Il s’agit d’aider à se forger un a priori plus ou moins favorable et d’éveiller des réflexes, avant d’entamer des démarches coûteuses en temps, en énergie et en argent.

L’information contenue dans ces articles, actualisée au plus près des tendances actuelles, est basée sur une somme de connaissances personnelles, fruits de 20 ans d’intérêt pour l’univers des antiquités et de la brocante et du marché de l’art, que cela soit à travers le secteur de la vente ou celui de l’information.

Pierrick Moritz

Marché et collections : le baseball

24 mai 2012

Comme les comics, les objets liés au baseball entrent dans la catégorie des collections d’origine étrangère pour lesquelles le marché est inexistant en France mais très actif dans le pays d’origine. Et dans la spécialité du baseball, le jeu peut en valoir la chandelle.

Certaines balles de jeu signées par des stars du baseball américain atteignent souvent plusieurs dizaines de milliers d’euros dans les salles des ventes américaines. En 2004, à New York, une batte utilisée par le célèbre joueur George Herman Ruth, dit Babe Ruth, lors de l’inauguration du Yankee Stadium en 1923, a été payée 1,26 million de dollars.

En 2008, chez Sotheby’s New York, 157.000 dollars ont été engagés sur une série complète de 176 images à l’effigie de joueurs de baseball datant de 1915. Destinées aux enfants, ces vignettes étaient proposées sous forme d’offre promotionnelle par la marque de pop corn Cracker Jack.

Ce jeu complet fut commandé à l’époque par un Canadien de 11 ans. Le garçon acheta également l’album vendu par la marque et dans lequel les images ont été conservées depuis l’origine. L’enchère très importante portée sur cet album s’explique par le fait que la série achetée complète arrivait en parfait état quand la majorité des images récupérées à l’unité dans les boîtes étaient souvent tâchées du caramel qui enrobait les friandises.

Plus abordable mais quand même très chère, la série d’images éditée par  Bowman Gum en 1953 peut se vendre pour l’équivalent de plusieurs milliers d’euros dans les ventes aux enchères américaines.

Comme pour les comics, il est impératif de passer par un opérateur spécialisé pour vendre ce type d’objets. Ici, il faut se renseigner auprès des grandes maisons de vente anglo-saxonnes.

Pierrick Moritz

Pierrick Moritz 2011-2012. Ce texte fait partie d’une somme déposée à la S.A.C.D sous les numéros 24503 et 254240.

Les valeurs de l’univers de la bande dessinée

24 mai 2012

Comme pour tout le domaine du livre de collection, la spécialité de la bande dessinée souffre de la surabondance et de la désorganisation de l’offre des plateformes de vente de l’Internet. Néanmoins, les raretés continuent à s’échanger contre des sommes très importantes et, parfois, spectaculaires.

Les comics

Ce sont les comics américains originaux (en langue anglaise), ces magazines bon marché qui offraient des bandes dessinées à épisodes, et principalement des années 1930 à 1960, qui atteignent les plus hauts prix. Leurs premiers numéros et ceux qui comportent l’apparition initiale de super-héros comme Superman ou Batman valent de véritables fortunes, et à partir de plusieurs milliers de dollars.

Les caractéristiques formelles de ces bandes dessinées sont annonciatrices du Pop Art – Roy Lichtenstein a directement exploité des vignettes extraites de Comics -  et peuvent aussi être rapprochées de celles des estampes japonaises. Vu sous cet angle, le manga constitue un retour aux sources pour l’univers de la bande dessinée.

Ces raretés américaines, principalement des années 1930 à 1960 pour la période la plus recherchée, où interviennent des super héros récurrents, s’appellent notamment Action comics, Detective comics, Master Comics, Marvel, Adventure comics.

En 2010, un exemplaire du numéro 1 d’Action Comics dans lequel se trouve la première aventure de Superman, a été payé 436.000 dollars sur le site américain spécialisé Comicconnect.com. Le précieux fascicule, acheté 10 cents en 1938, a été trouvé in extremis par une famille américaine dans la cave de la maison dont on allait l’expulser.

Quelques temps auparavant, sur le même site, deux autres exemplaires du même comics, en meilleur état, s’étaient respectivement vendus 1 et 1,5 millions de dollars.

Il n’existe pas de marché spécifique en Europe pour les comics américains. Pour les faire estimer et les vendre, il faut passer par des opérateurs américains. Mais le jeu peut vraiment en valoir la chandelle si l’on découvre de telles raretés.

L’indétrônable Tintin

En France et en Belgique, les prix les plus  élevés payés pour des bandes dessinées n’atteignent pas les records des comics américains. Ils oscillent généralement entre quelques centaines et quelques milliers d’euros, voire des montants avec un zéro de plus dans des cas très exceptionnels.

Pour les bandes dessinées les plus recherchées, on citera les albums de Tintin parus entre 1930 (Tintin chez les Soviet) et 1976 (Tintin chez les Picaros), le dernier titre intitulé Tintin et l’alph’art (1986) étant un album posthume. Certains des prix les plus élevés reviennent aux éditions les plus anciennes de l’album à couverture cartonnée, comme celle de Tintin chez les Soviet publié aux Éditions du Petit Vingtième en 1930 ou, chez le même éditeur, Tintin au Congo (1931) et Tintin en Amérique (1932).

Des prix records sont parfois enregistrés pour des albums sortis plus tardivement. En octobre 2010, dans une vente aux enchères française, un amateur a engagé 18.500 euros pour une édition originale belge de Tintin au Tibet, datée de 1960. Il s’agit de l’exemplaire numéroté d’un tirage de tête limité à 100 exemplaires et signé par Hergé.

Sur l’Internet, des sites experts sont consacrés au héros de Hergé. Ils dressent notamment la liste des facteurs influant sur la cote des albums, montrent  les variantes de couvertures ou les changements intervenus au fil des réimpressions, comme la mise en couleurs des titres les plus anciens ou  la modernisation de certains dialogues et dessins.

Les histoires du petit reporter imaginées par Hergé ont débuté en 1929 avec Tintin reporter du Petit Vingtième chez les Soviet dans Le Petit Vingtième, supplément hebdomadaire détachable pour la jeunesse du journal catholique belge Le Vingtième Siècle. Les fascicules des aventures de Tintin qui y ont été publiés tout au long des années 1930 sont aussi recherchés. Si leur valeur est relativement modeste à l’unité, les gains peuvent être très intéressants avec une ou plusieurs années complètes, et pour des exemplaires parfaitement conservés. Pour les recueils de bandes dessinées du Journal de Tintin (créé en 1946), les numéros des toutes premières années et en excellent état, et dans l’idéal pour des années complètes, sont les plus recherchés.

Tarzan, Pif Gadget

Pour d’autres phénomènes populaires de la bande dessinée en France, les Tarzan des années 1950 se négocient autour de 100/150 euros pour une reliure d’éditeur complète de quelques numéros. Les numéros de Pif Gadget des années 1970-1980 avec leur gadget d’origine se vendent autour de 15 euros pièce sur des sites comme eBay.

Produits dérivés

L’attrait pour les produits dérivés des bandes dessinées, anciens ou contemporains, est plus que jamais d’actualité. Certains amateurs sont prêts à débourser de petites fortunes pour acquérir les statuettes en éditions plus ou moins limitées de certains héros de bandes dessinées, comme celles éditées par Leblon-Delienne depuis 1987.

Planches et dessins originaux

Les planches et autres dessins originaux, y compris pour les grands créateurs de la nouvelle génération, n’ont  jamais été aussi chères dans les salles de ventes.

En mars 2007, chez Artcurial, 177.000 euros étaient engagés sur une œuvre en couleurs à l’acrylique d’Enki Bilal, un grand format sur vélin Une planche à l’encre de Chine d’Hugo Pratt pour l’album Les Celtiques des aventures de Corto Maltese, publié en 1975, était payée plus de 130.000 euros, en octobre 2008, chez Tajan.

La même année, chez Artcurial, une gouache originale d’Hergé réalisée en 1932 pour la couverture de Tintin en Amérique était facturée 780.000 euros.

Pierrick Moritz

Pierrick Moritz 2011-2012. Ce texte fait partie d’une somme déposée à la S.A.C.D sous les numéros 24503 et 254240.

Les valeurs des affiches de collection

22 mai 2012

Pour les exemplaires plus ou moins courants, la spécialité de l’affiche de collection n’a pas été épargnée par l’érosion des prix engendrée par le phénomène des ventes sur l’Internet. Si le genre est aussi moins couru que dans les années 1970-1980 en terme de décoration, il reste recherché de collectionneurs prêts à investir, le plus généralement, des sommes comprises entre quelques centaines et plusieurs milliers d’euros. Dans certains cas, l’affiche de collection est considérée comme  une œuvre d’art de la catégorie des multiples.

Affiches anciennes récupérées directement après l’impression

Certaines affiches de la fin du XIXe siècle et du tout début du XXe siècle sont arrivées jusqu’à nous dans des états de conservation exceptionnels car elles ont été récupérées directement après impression. C’est à cette époque qu’est né le goût des collectionneurs pour l’affiche, une vogue qui poussait certains à débourser des fortunes pour acquérir un  exemplaire réalisé par un grand nom.

Si, aujourd’hui, quelques milliers d’euros peuvent toujours être engagées sur une affiche de Jules Chéret (1836-1932), considéré comme le père de l’affiche moderne, ces sommes n’ont plus rien à voir avec celles, extravagantes, que les collectionneurs étaient prêts à débourser à l’époque pour les acquérir.

Avec Alphons Mucha le modern style triomphe dans toute sa laideur

Pour un artiste comme Alphons Mucha, dont les affiches sont aujourd’hui très recherchées, on notera qu’en 1959, époque où l’Art nouveau était passé de mode, un critique écrivait dans la revue Le Jardin des arts «Avec Alphons Mucha le modern style triomphe dans toute sa laideur. Pour lui, l’affiche est un vitrail de style byzantino-symboliste. Ses personnages ont des formes hiératiques qui s’harmonisent parfois avec le sujet quand il s’agit de Lorenzaccio, de La Dame aux camélias (interprétée par Sarah Bernhardt) ou de La Samaritaine, mais qui deviennent insupportables quand leur but est de rappeler l’existence du Vin des Incas ou des Bières de la Meuse.”

En mai 2000, un exemplaire de l’affiche du Vin des Incas a été payé quelque 10.000 livres chez Christie’s Londres quand, dans la même vente, un autre de Lorenzaccio était échangé contre la même somme.

Toulouse-Lautrec

Toulouse-Lautrec (1864-1901) demeure le maître incontestée de la spécialité, celui qui a porté l’affiche au rang d’œuvre d’art.  Les traits du génie artistique de Lautrec se retrouvent dans ses affiches comme dans ses peintures. Des enchères de plusieurs centaines de milliers de dollars ont été enregistrées ces dernières années pour ses affiches de spectacle originales. Lautrec aurait créé une trentaine d’affiches d’une grande qualité technique et artistique et dont peu d’exemplaires sont connus.

L’ancienneté n’est pas toujours un critère de valeur ; naufrage dans le pastiche

L’importance du tirage, le nombre d’exemplaires en circulation et celui susceptible d’apparaître sur le marché font a priori partie des critères déterminant la valeur d’une affiche. Plus les quantités sont susceptibles d’être importantes et moins la valeur le sera.

Toutefois, on peut légitimement penser qu’il reste proportionnellement peu d’exemplaires en parfait état de tirages importants de ces dernières décennies. Selon la notoriété du créateur ou du sujet, mais aussi les effets de mode pour l’esthétisme de certaines époques, ces affiches peuvent parfois se négocier autour de quelques centaines d’euros, c’est-à-dire aussi cher que d’autres du début du XXe siècle.

L’ancienneté n’est pas un critère de valeur tout comme de situer l’objet dans le goût de son époque ou d’un grand nom quand il s’agit en réalité d’un naufrage dans le pastiche.

398.000 livres une affiche originale de 1927 du film Metropolis de Fritz Lang

Avec Toulouse-Lautrec, les plus hauts prix enregistrés en salles des ventes pour des affiches concernent le thème du cinéma, et pour des pièces introuvables. En 2005, la London’s Reel Poster Gallery a vendu pour quelque 398.000 livres une affiche originale de 1927 du film Metropolis de Fritz Lang. Seul quatre exemplaires, dont celui-ci, sont connus. Il s’agit du record mondial pour une affiche de cinéma.

244.500 dollars ont été payés en avril 1999 chez Sotheby’s New York pour un exemplaire de l’affiche du film King Kong dans sa version originale de 1933. En 1997, chez le même opérateur, un collectionneur a déboursé 452.000 dollars pour exemplaire original de 1932 du film The Mummy de Karl Freund avec Boris Karloff.

Une affiche intéressante se vendra mieux en salle des ventes ou en galerie

Plus l’état de conservation d’une affiche de collection est proche de la perfection et plus sa valeur est grande. À moins d’une remise en mains propres et/ou de la garantie d’authenticité d’un vendeur professionnel,  une affiche intéressante se vendra mieux en salle des ventes ou en galerie, que sur l’Internet où de nombreux particuliers achèvent leurs annonces de ventes d’objets de collection par de rédhibitoires «Retours refusés» ou «Je suis pas responsable des dégâts faits par La Poste ». De nombreuses affiches ont fait l’objet de réédition qui, quand elles sont anciennes, peuvent être confondues avec des éditions originales par le vendeur et surtout par l’acheteur sur l’Internet. La date de réimpression, souvent située dans la marge, peut très bien manquer du fait des déchirures accidentelles relativement courantes dans cette zone.

État de conservation

Compte tenu de l’usage particulier de ce matériel promotionnel (encollage, exposition aux intempéries), une grande partie des affiches intéressantes arrivées jusqu’à nous en très bon état concerne des exemplaires exposés à l’abri, ou qui n’ont jamais été utilisés, comme celles récupérées aussitôt après l’impression pour être collectionnées. De manière générale, on retrouve les affiches pliées et de manière plus ou moins marquée. Si cette condition est généralement un facteur de dépréciation, un léger pliage en croix pour une affiche de très grandes dimensions est forcément moins disqualifiant. Celles déjà collectionnées sont souvent entoilées et peuvent avoir été restaurées (repeints, par exemple). Extraire des affiches anciennement roulées dans un tube est toujours une opération délicate.

Plusieurs milliers d’euros pour des affiches non illustrées

Les exigences sur l’état d’une affiche peuvent être modérées s’il s’agit d’une rareté. Ce qui est par exemple le cas pour les premières affiches d’expositions d’artistes devenus célèbres et souvent rattachés à des mouvements avant-gardistes (impressionnisme, fauvisme, cubisme, dadaïsme, surréalisme,…). Il s’agit souvent de pièces de petits formats, réalisées avec très peu de moyens, avec une impression de qualité médiocre, qui ne comportent que du texte mais d’une grande importance documentaire pour l’histoire de l’art et dont le tirage a été insignifiant. La valeur de certaines de ces affichettes peut atteindre plusieurs milliers d’euros.

Si, de manière générale, les affiches illustrées, très décoratives, ont été conservées en plus grand nombre que celles qui ne comportent que du texte, ces dernières ne doivent pas non plus être négligées quand il s’agit, par exemple, d’évènement sociaux et politiques, d’artistes débutants devenus célèbres (celles des premiers spectacles de Jacques Brel sont très recherchées).

Affiches de l’Après-Guerre

Les affiches publicitaires de l’Après-guerre, notamment certaines réalisées par des affichistes comme Raymond Savignac (Monsavon) ou Bernard Villemot dans les années 1960-1970 (Perrier, Orangina,…) s’échangent fréquemment contre quelques centaines d’euros. Certaines affiches d’exposition de peintres, comme celles de Pablo Picasso chez l’imprimeur Mourlot, sont principalement recherchées pour les impressions en lithographie à tirage limité. Pour un artiste très célèbre, la valeur de l’affiche est beaucoup plus importante si l’évènement concerne de nouvelles créations montrées dans un lieu plus ou moins confidentiel que s’il s’agit d’une rétrospective d’envergure avec une promotion à l’avenant.

Pierrick Moritz

Sources bibliographiques : Jardin des Arts, N°59, L’Affiche, miroir de la vie moderne, article d’Edmond Alvy, page 684, Mucha et Lautrec dans paragraphe 2 et 3. Lang film poster fetches record, article publié sur le site de BBC News le 15 novembre 2005.

Pierrick Moritz 2011-2012. Ce texte fait partie d’une somme déposée à la S.A.C.D sous les numéros 24503 et 254240.

Marché et collections : le Japon

19 avril 2012

Si, sur le marché de l’art occidental, certains objets et œuvres d’art japonais anciens peuvent atteindre des prix importants, ces derniers sont sans commune mesure comparables à ceux obtenus pour les plus beaux objets d’art chinois.

La principale raison est que la très grande majorité des objets japonais anciens que l’on trouve en Occident sont des produits d’exportation, réalisés pour satisfaire une clientèle étrangère assoiffée de clichés.

On estime que les plus beaux objets et œuvres d’art japonais anciens sont restés dans leur pays d’origine, dont certains peuvent aussi être localisés dans sa région géographique, comme en Chine. Contrairement à la Chine, le Japon n’a pas connu le pillage de son plus exceptionnel patrimoine traditionnel ancien par les Occidentaux.

Comme pour beaucoup des produits d’exportation extrême-orientaux fabriqués pour les Occidentaux, et depuis la fin du XVIe siècle avec les exportations chinoises, les adaptations concernent les décors, mais aussi les formes et les fonctions avec certains objets complètement étrangers à la culture et aux usages traditionnels des pays en question.

Les objets japonais d’exportation que l’on trouve le plus souvent sont de fabrication tardive, après le milieu du XIXe siècle. Les plus anciens vus généralement sur le marché occidental sont datés de la fin de la période Edo (1603-1868) et de la période Meiji (1868-1912).

Fabriqués en masse sous forme de vases, services à thé, statuettes et autres brûle-parfums, les porcelaines de Satsuma, sur lesquelles on retrouve souvent les couleurs rouge et or pour des décors surchargés, peuvent être perçus comme une caricature du phénomène d’exportation.

Dans cette catégorie, certaines très belles créations du XIXe siècle peuvent se vendre plusieurs milliers d’euros. Pour de petits objets très diffusés mais aux décors plus originaux que la moyenne, comme certains sur les thèmes des masques du théâtre nô et des samouraïs, ou certaines statuettes, les prix tournent généralement autour de quelques centaines d’euros et sont orientés à la hausse.

À partir du moment où le Japon, société refermée sur elle-même, s’ouvre au monde, au milieu du XIXe siècle, et sous l’impulsion des Expositions universelles de Londres en 1862 et de Paris en 1878 qui lanceront la mode du japonisme en Europe, de très importantes quantités d’objets d’art décoratif d’exportation, mais aussi réellement traditionnels, comme les armes et armures de samouraïs, sortiront du pays.

L’exportation de l’attirail guerrier des samouraïs est l’une des conséquences de l’abandon du régime féodal. Les tenues de samouraïs devenues inutiles furent revendues aux Occidentaux. Saufs pièces très exceptionnelles, ces objets sont trop nombreux sur le marché pour que les prix décollent vraiment.

Si l’art de la céramique est très ancien au Japon, notamment avec des grès à décor incisés sous couverte transparente très recherchés et rarissimes en Occident, la fabrication de la porcelaine n’est découverte dans le pays qu’au début du XVIe siècle.

Sous l’impulsion des Hollandais, qui exportaient des quantités impressionnantes de céramiques fabriquées en Chine vers l’Europe, le Japon fabriqua, à partir du milieu du XVIIe siècle, des objets en porcelaine dite Imari, à décor blanc, bleu, rouge et or, à destination des Européens. Pour ceux que l’on retrouvera le plus communément, du XIXe siècle, les prix sont généralement plutôt sages, mais ceux des plus belles pièces ont tendance à grimper.

L’art traditionnel japonais tient pour partie son inspiration et ses techniques de la Chine, ce qui amoindrit aussi son attrait et les prix pour certaines spécialités.

C’est le cas de la technique d’impression par xylographie (gravure sur bois), notamment pour la calligraphie et les estampes. Ces dernières ne deviennent polychromes qu’à partir du début du XIXe siècle. Elles ont été produites en très grand nombre dans le cadre de la vogue du japonisme. Si elles ont  influencé les artistes occidentaux novateurs de l’époque, la grande majorité des estampes d’exportation sont de qualité médiocre et se vendent très difficilement.

L’art du laque est également d’origine chinoise. Les Japonais ont toutefois développé une technique originale à base d’or, pour des reliefs souvent épais, dite maki-e et dont il existe des variantes, utilisant notamment l’argent. Ces objets, comportant parfois des incrustations, sont particulièrement recherchés. Certains peuvent se vendre plusieurs milliers, voire des dizaines de milliers d’euros.

Si, malgré la réalisation très soignée propre aux produits d’exportation japonais, les prix des petits objets en bronze à patine brune de l’époque Meiji sont souvent décevants, ceux des bronzes dorés peuvent être très élevés.

Les masques de théâtre nô, les tsubas (gardes de sabres, souvent de forme circulaire, présentant une fente centrale et parfois d’autres “trous”, pouvant être travaillés à jour ou présenter des incrustations de laiton), les éléments de tenues de samouraïs, les sabres, les inrôs, petites boîtes portatives à compartiments pour les médicaments que les Japonais portaient attachées en pendentif à leur ceinture, font partie des objets les plus recherchés des collectionneurs, mais pour des prix le plus souvent situés autour de quelques centaines d’euros.

Il s’agit également de netsukes, sculptures de petites dimensions – en bois, os, ivoire -  destinées à bloquer la cordelette à laquelle était notamment suspendue l’inrô, les okimonos, statuettes décoratives souvent en ivoire et exportées en grande quantité pendant la vogue du japonisme.

Décor de samouraï sur une porcelaine d’exportation de Satsuma

Pierrick Moritz

Source bibliographique pour certains éléments : catalogue de l’exposition «Visages du Japon ancien», musée d’Art moderne de la ville de Liège. 19 octobre-27 novembre 1983.

Pierrick Moritz 2011-2012. Ce texte fait partie d’une somme déposée à la S.A.C.D. sous les numéros 24503 et 254240.

Évolution des prix des antiquités, des objets et des œuvres d’art les plus courants (analyse)

19 avril 2012

Cet article est la version complète et actualisée de celle publiée en mai 2011 sur Artwithoutskin 

Avec les plateformes de vente de l’Internet, jamais dans l’histoire du commerce des objets de brocante, de collection et des objets et des œuvres d’art, de tels volumes de marchandises n’auront été échangés à l’échelle planétaire en une décennie. Si les prix des objets les plus courants se sont effondrés, on assiste à un assèchement de l’offre inédit pour ceux de belle qualité et d’un réel intérêt.

La facilité apportée par les plateformes de l’Internet permettant aux particuliers de vendre leurs objets anciens et de collection a fini par se retourner contre les vendeurs pour la marchandise la plus courante. Côté acheteurs, la raréfaction accélérée des objets intéressants produit une hausse des prix.

Vide-greniers et arrivée d’eBay en France

L’effondrement des prix des objets de collection, de brocante, des antiquités, des objets et des œuvres d’art plus ou moins courante tient principalement à la démocratisation de l’utilisation des plateformes de l’Internet spécialisées au début des années 2000, notamment avec l’arrivée d’eBay en France. La multiplication des vide-greniers de particuliers à partir du début des années 1990 (également époque du plein essor des dépôts-vente) avait amorcé cette dévalorisation. La conjugaison des deux phénomènes a modelé un marché qui n’est plus essentiellement contrôlé par les seuls professionnels, corporation très critiquée mais qui tirait les prix vers le haut.

Un marché non régulé, inondé dans l’anarchie la plus totale d’objets semblables dans le même temps

Avant ces bouleversements, les marchands de disques ou de bandes dessinées ne présentaient qu’un exemplaire d’un collector en vitrine, quand ils en avaient 25 similaires dans leur réserve. Ils attendaient que cet exemplaire soit vendu avant d’en afficher un autre.

Des centaines d’exemplaires de titres identiques ont été mis en vente simultanément sur les vide-greniers, puis des milliers sur l’Internet, contribuant à l’effondrement de cotes qui peuvent être descendues sous les 10 euros quand elles en valaient une centaine dix ans plus tôt.

Les prix ont littéralement plongé dans certaines spécialités du fait d’un marché non régulé, inondé dans l’anarchie la plus totale d’objets semblables dans le même temps.

La spirale de la chute des prix

Dans le cadre de l’explosion et l’éparpillement de l’offre sur l’Internet, la confusion née du fait que des objets identiques sont présentés à des prix extrêmement variables d’un vendeur à l’autre – et que des objets semblables peuvent inonder brutalement les sites de vente de l’Internet à tout moment, notamment quand il s’agit d’objets manufacturés dont des stocks oubliés et à l’état de neuf – est le facteur majeur de la baisse des prix, notamment pour les livres et les objets de collection.

L’acheteur potentiel se place en position attentiste et finit par jeter son dévolu sur la proposition de prix la plus basse possible pour un même objet. Le montant de cette bonne affaire – les informations restent visibles un certain temps sur l’Internet – servira de référence de prix maximum d’achat pour d’autres exemplaires de cet objet, contribuant encore à la baisse de la cote.

Dans ce contexte, les vendeurs ont été amenés à présenter des pièces de meilleure qualité pour se démarquer de la concurrence, contribuant ainsi à la chute des prix d’objets moins courants sans être pour autant des pièces uniques.

Aujourd’hui, la classe moyenne supérieure touchée par la crise économique étend le phénomène à la marchandise de meilleure qualité dont elle est vendeuse et avec une moindre représentation en tant qu’acheteuse.

La grande braderie

Des situations de nécessité ont conduit cette population à brader sur l’Internet des œuvres et objets d’art dont la valeur peut atteindre plusieurs milliers d’euros. Le phénomène s’est encore accru du fait du retour des objets refusés ou invendus dans les salles des ventes. Leur nombre a considérablement augmenté dans un contexte où beaucoup de lots ne trouvent pas preneur et où les opérateurs du monde des ventes aux enchères publiques sont devenus extrêmement sélectifs.

Des objets qui auraient été acceptés il y a quelques années dans des ventes aux enchères ne le sont plus aujourd’hui. On les retrouve dans un premier temps bradés sur l’Internet, où les sites spécialisés ont dépassé le stade de la saturation depuis un moment (le pourcentage d’invendus y est extrêmement important), puis, s’ils ne trouvent toujours pas preneur, sur les vide-greniers ou les stands des ventes de charité.

Désertion des boutiques et des salles des ventes par la classe moyenne supérieure

La désertion des boutiques d’antiquaires et des salles des ventes par cette classe moyenne supérieure qui s’intéressait à des objets dont les prix allaient de quelques centaines à quelques milliers d’euros s’est renforcée avec la crise de 2008.

Les premiers signes de désaffection de cette clientèle pour les professionnels sont apparus bien avant le “début officiel” de ces problèmes économiques, notamment du fait de la concurrence des plateformes de vente sur l’Internet où ces acheteurs avaient pris l’habitude de s’approvisionner auprès des vendeurs particuliers réputés moins chers, mais aussi parce que des problèmes de budget, de logement, d’emploi et de précarité se posaient déjà à elle.

Une classe sociale relativement privilégiée a commencé à renoncer à la petite folie à quelques centaines d’euros – voire quelques milliers pour une occasion exceptionnelle – qu’elle s’octroyait de temps en temps dans des ventes aux enchères ou des boutiques spécialisées en bibliophilie ou objets de vitrine. Dans le même temps, elle devenait vendeuse des objets dont elle était auparavant consommatrice, contribuant ainsi au phénomène de la chute des prix dans ses anciennes spécialités de prédilection.

Redressement des prix des objets anciens et de collection de bonne qualité par l’assèchement de l’offre 

Ce constat pessimiste est aujourd’hui nuancé par un  redressement des prix des objets anciens et de collection, au moins de bonne qualité et en parfait état, engendré par un assèchement de l’offre. Le phénomène de pénurie trouve une partie de son explication dans le fait que, avec le développement tous azimuts des plateformes de vente de l’Internet,  jamais dans l’histoire du commerce des objets de brocante, de collection et des  objets et des œuvres d’art, de tels volumes de marchandises n’auront été échangés à l’échelle planétaire en une décennie.

Exportation de masse hors de France

Les quantités de marchandises de ce type expédiées hors de France par l’intermédiaire de l’Internet ont été et sont extrêmement importantes. Le phénomène est d’autant plus inédit que, quand ce type d’exportation était autrefois, pour la grande majorité, l’apanage des professionnels, les particuliers y ont largement contribué. Bien entendu, des objets et des œuvres d’art sont aussi importés en France par l’intermédiaire de l’Internet, et notamment des plateformes de vente.

Frénésie de «chasses aux trésors»

Cette accélération de la circulation de la marchandise par l’intermédiaire de l’Internet, qui entraîne pour partie sa sortie du territoire français, est aujourd’hui soutenue par les problèmes économiques  de  beaucoup de Français et incitée par la communication importante des opérateurs de l’Internet. Ces deux phénomènes entraînent une frénésie de «chasses aux trésors», les objets étant sortis très rapidement d’endroits où, autrefois, ils pouvaient sommeiller pendant des générations.

Les plus beaux objets restent absents plus longtemps du marché

Dans le cadre d’un commerce dont la spécificité est de s’intéresser à une marchandise dont la production est arrêtée, un nombre bien plus important – proportionnel à la quantité inédite de transactions passées ces 10 dernières années par l’intermédiaire de l’Internet - de très beaux objets parfaitement identifiés est aujourd’hui conservé par leurs acquéreurs. Les pièces de qualité étant gardées plus facilement et plus longtemps que les autres, le phénomène de raréfaction s’en trouve renforcé.

Attentisme des vendeurs

La multitude d’exemples d’objets intéressants partis à vils prix ces dernières années sur l’Internet, souvent après des tentatives successives et infructueuses, a conduit une partie des vendeurs à mettre un terme à la spirale infernale dans l’attente de jours meilleurs. Pour d’autres encore, il s’agit désormais de conserver ce genre de patrimoine “rassurant” dans un environnement général incertain.

Pour toutes ces raisons, les très beaux objets sont désormais beaucoup plus difficiles à trouver à bon compte pour les professionnels comme pour les particuliers.

L’objet rare, quelle que soit la spécialité

Pour les améliorations les plus spectaculaires, on peut citer le regain d’intérêt pour les très beaux et/ou originaux objets de vitrine des XVIIIe et XIXe siècles, spécialité où certaines estimations sont désormais démultipliées. Quand il s’agit d’objets de vitrine de grande qualité, les prix  finalement payés dans les ventes aux enchères peuvent même atteindre des niveaux jamais vus. Une estimation de quelques centaines d’euros peut se transformer en enchère finale de plusieurs milliers d’euros.

Le phénomène se vérifie également dans certains domaines de collection très pointus : instruments du vin, moulins à café de comptoir du XIXe siècle, plioirs à dentelles en bois sculpté des XVIIIe et XIXe siècles ou antique fer à repasser “lingot” en laiton, ou pour des objets de charme comme ces petits mannequins de peintre en bois du XIXe siècle. La valeur de ces objets peut également atteindre plusieurs milliers d’euros.

Globalement, seule la cote de la pièce rare a survécu, et souvent progressé de façon impressionnante. Quelle que soit la spécialité, il faut posséder l’objet qui se démarque du commun par son originalité, sa qualité, par la curiosité qu’il est capable de susciter.

Le constat est identique pour les œuvres et objets d’art, domaines où l’écart de prix entre le beau et l’exceptionnel n’a jamais été aussi important et ne cesse de se creuser, et ceci d’autant plus que les pièces relevant de la première catégorie se vendent plus difficilement.

Pierrick Moritz

Pierrick Moritz 2011-2012. Texte enregistré à la SACD sous les numéros 24503 et 254240, faisant partie d’une somme sur le patrimoine “réaliste” des Français en objets de brocante, antiquités, objets et œuvres d’art. Ce texte est protégé par la législation sur le droit d’auteur. Sa reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation de l’auteur. La protection du travail de l’auteur concerne la reproduction directe du contenu et de sa structure, mais aussi  la contrefaçon, jugée sur les similitudes, mais aussi sur les différences destinées à les maquiller.

60.000 euros pour un ours en peluche

31 juillet 2010

Christie’s va disperser, en octobre prochain à Londres, une collection de plus de 1.300 jouets des années 1890 à 1970 de la mythique marque Steiff. Le clou de la vente est un Teddy Bear bicolore (rouge et bleu) dit Arlequin. Daté de 1925, le “nounours” est estimé 50.000/80.000 livres (60.000/96.000 euros).

Ce genre de vacations à  thème génère assez souvent des prix extraordinaires (vente des souvenirs du France en 2009 à Paris), qui engendrent eux-mêmes un afflux anarchique de pièces similaires sur le marché et, du même coup, conduisent à l’effondrement des prix. 

Pour ce qui concerne l’ours en question, il s’agit effectivement d’une rareté dont on ne risque pas de retrouver par la suite des dizaines d’exemplaires à vendre sur le Net. PM


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