Articles Tagués ‘Collections’

60.000 euros pour un ours en peluche

31 juillet 2010

Christie’s va disperser, en octobre prochain à Londres, une collection de plus de 1.300 jouets des années 1890 à 1970 de la mythique marque Steiff. Le clou de la vente est un Teddy Bear bicolore (rouge et bleu) dit Arlequin. Daté de 1925, le “nounours” est estimé 50.000/80.000 livres (60.000/96.000 euros).

Ce genre de vacations à  thème génère assez souvent des prix extraordinaires (vente des souvenirs du France en 2009 à Paris), qui engendrent eux-mêmes un afflux anarchique de pièces similaires sur le marché et, du même coup, conduisent à l’effondrement des prix. 

Pour ce qui concerne l’ours en question, il s’agit effectivement d’une rareté dont on ne risque pas de retrouver par la suite des dizaines d’exemplaires à vendre sur le Net. PM

Morceaux de guitare par Pete Townshend

29 avril 2010

Les  morceaux de la  guitare brisée par Pete Townshend à la fin d’une légendaire interprétation de My Generation par The Who dans The Smothers Brothers Show en 1967  seront vendus à Londres chez Christie’s le 24 juin prochain.

L’estimation de ces beaux débris est de £6,000-£8,000 (7.000/9.000 euros environ).

Ils font partie du très éclectique catalogue d’une vente consacrée aux cultures rock et pop couvrant la période des années 1950 à nos jours.

D’autres guitares, notamment utilisées par George Harrison, John Entwistle, Steve Jones et Eric Clapton, seront également mises en vente.

Les amateurs pourront aussi acquérir des peintures de Ian Dury ou Fatboy Slim, le premier enregistrement connu d’Oasis en concert, un collier Dolce & Gabbana porté par Kylie Minogue et des documents originaux du mariage de Marilyn Manson et Dita von Teese.

Un ensemble de 65 lots concernant The Who sera également proposé au cours de la vacation.

Ils seront présentés sans prix de réserve par le créateur du site whocollection.com, véritable musée en ligne dédié au  groupe légendaire.

Pierrick Moritz

Rétromobile 2010 : 260.000 euros pour la Bugatti sortie du Lac Majeur

24 janvier 2010

 

Crédit photographique : Lorenzo Del Veneziano, Pasqualino Trotta

Pour la troisième édition sa vente de véhicules de collection organisée dans le cadre du salon Rétromobile, la maison de ventes Bonhams a négocié hier pour 260.500 euros les vestiges d’une Bugatti unique au monde et demeurée  immergée 73 ans dans le lac Majeur à plus de 50 mètres de profondeur.

Le véhicule, qui a beaucoup fait  parler de lui ces dernières semaines, a été âprement disputé par six enchérisseurs pour,  finalement, revenir à un collectionneur européen pour le compte de la collection de Peter Mullin. Le Californien  l’exposera en l’état dans son futur musée près de Los Angeles.  Le sous-enchérisseur, américain lui aussi, souhaitait restaurer cette rare automobile.

Crédit photographique : Michel Zumbrunn

Cette Bugatti Brescia de 1925 fut gagnée au poker par un Français travaillant en Suisse. Afin d’éviter de payer les droits de douane, l’homme tenta de la cacher en 1936 dans le Lac Majeur en l’attachant au bout d’une chaîne. La chaîne finit par rompre et la voiture plongea à 53 mètres de profondeur. Elle s’enfonça petit à petit dans la vase à un endroit qui allait devenir un spot de plongée à la fin des années 1960.

Ce n’est qu’en 2009 que des membres des sociétés de sauvetage et de plongée d’Ascona décidèrent de sortir la fameuse Bugatti de l’eau. La délicate opération, qui a nécessité plus de 200 heures de plongée, avait pour finalité de vendre le véhicule aux enchères dans le but financer la Fondation Damiano Tamagni contre la violence juvénile.

Les équipes des plongeurs et de la Fondation Damiano Tamagni étaient présentes lors de la vente Bonhams, elles ont assisté à l’envolée des enchères pour une pièce estimée au départ 70.000/90.000 euros.  

Au début de cette aventure, personne ne connaissait  la valeur de l’automobile enfouie dans la vase. Ce n’est qu’en la dégageant au fur et à mesure, en découvrant son numéro et sa plaque, puis  en faisant des recherches avec l’historien de la marque Bugatti, Hans Matti, que l’histoire a pu être retracée.

Le collectionneur néerlandais qui a enchéri pour le compte de Peter Mullin a confié à la presse qu’il n’avait pas de limite de prix pour acquérir la voiture.

PM (avec communiqué)

eBay impose PayPal à tous ses vendeurs français

16 juillet 2009

Est-il bien nécessaire de devoir passer par une véritable usine à gaz pour vendre un clic-clac ou la potiche de sa grand-mère ?

eBay vient d’annoncer sur sa plateforme française que, à compter de l’automne prochain, tous ses vendeurs seront obligés de proposer PayPal entre autres moyens de paiement. La promotion de PayPal, propriété d’Ebay,  est assurée avec l’argument de la sécurité (le paiement de l’acheteur est versé au vendeur seulement une fois que l’objet constaté conforme a bien été réceptionné). 

L’utilisation de PayPal est payante uniquement par le vendeur sous la forme d’un petit forfait ainsi qu’un pourcentage prélevé sur le montant de la transaction, prix sur lequel le site prélève déjà une commission et des frais d’insertion.

Cette obligation faite aux vendeurs de proposer PayPal  a créé de nombreuses polémiques dans les pays- notamment anglo-saxons – où elle a déjà été mise en place, certains lui reprochant de relever de la “vente liée” et le fait que rien ne prouve que ce service offre plus de sécurité. Avec un tel système, on peut en effet imaginer le cas d’un vendeur spolié par la déclaration d’un acheteur malhonnête, ce dernier  prétendant que son colis est arrivé vide ou avec un objet d’une valeur moindre.

Depuis des transformations radicales dans son mode d’utilisation (les vendeurs ne peuvent plus évaluer négativement un acheteur malveillant*, PayPal déjà imposé pour les vendeurs ayant moins de 50 évaluations ou des évaluations négatives qui tombent forcément plus facilement …,), eBay souffre :

- d’un problème d’identité. Le site a perdu sa singularité en ne permettant plus l’échange par les évaluations mutuelles, l’aspect communautaire semble avoir du mal à être maintenu.

-  d’un problème d’image. Les vendeurs en manque de considération fuient un site où, comme partout, on vend moins et moins cher et où les frais d’insertion pour être visible sont de plus en plus élevés. 

- d’un problème de positionnement. On trouve de plus en plus d’objets vendus à prix fixe sur un site où un grand nombre d’acheteurs vient chercher la bonne affaire par le système des enchères. Avec le développement des offres à prix fixe, eBay ne se démarque plus d’une concurrence proposant depuis toujours ce modèle de vente.

eBay a également annoncé la création d’une nouvelle section d’annonces gratuites de proximité. Si la société californienne possède déjà un site de ce type pour la France (Kijiji.fr), elle entend probablement renforcer son positionnement sur ce créneau, un certain leboncoin.fr  prenant de plus en plus d’importance dans le cœur des internautes français.

En dehors de l’avantage de la gratuité, l’utilisation de cette dernière plateforme est extrêmement simple puisque vendeur et acheteur se contactent par mail ou téléphone. Une formule moins angoissante pour le particulier que de devoir passer par une véritable usine à gaz pour vendre un clic-clac ou la potiche de la grand-mère.

*Lire aussi : http://artwithoutskin.com/2008/02/08/ebay-les-evaluations-des-acheteurs-et-la-revolte-des-vendeurs/

Pierrick Moritz

Rétromobile 2009 : flambée des enchères pour les véhicules de collection

9 février 2009

Avec communiqué

11,8 millions d’euros générés par la vente organisée par Bonhams samedi à Paris

Samedi soir, Porte de Versailles à Paris, 75% des 83 automobiles proposées aux enchères par Bonhams dans le cadre du salon Rétromobile ont changé de mains.

Le produit de la vacation, exceptionnel, s’élève à 11,8 millions d’euros frais compris, enregistrant une progression de 18% par rapport à celui de l’an dernier.

Matthieu Lamoure, Directeur Général de Bonhams France, a commenté : «L’immense succès de cette vente que tout le monde attendait, confirme que malgré un contexte économique difficile et bien que nos collectionneurs soient tous plus ou moins concernés par la crise financière, l’automobile de collection reste une valeur refuge et un objet d’art et de plaisir. Les voitures rares et belles se sont très bien vendues et le succès de la vente vient aussi du fait que nous avons adapté les estimations aux prix du marché. Le succès de cette deuxième vacation organisée par Bonhams au sein du Salon Rétromobile renforce la position en France de la maison de ventes, leader sur le marché international des automobiles de collection. »

Une Bugatti Atalante Type 57S de 1937, qui sommeillait dans un garage depuis 50 ans, a été payée 3,48 millions d’euros. Ce chef-d’œuvre de la carrosserie française des années 30 ira compléter une grande collection européenne.

La mythique Bugatti Black Bess, construite en 1913 pour l’aviateur Roland Garros, a été cédée à un collectionneur européen pour 2,47 millions d’euros, soit largement au-dessus d’une estimation de 1,3/1,6 million d’euros. Cette Bugatti Type 18S de 5 litres, l’une des premières “vraies ”voitures de course, n’a connu qu’un nombre restreint de propriétaires. Après 95 ans d’existence, elle est restée dans un état de conservation exceptionnel. Le parcours de cette star de l’histoire automobile a fait l’objet de l’ouvrage Black Bess, Story of an Edwardian Bugatti par William Boddy (Aries Editions, 1993).

Présentée en octobre 1955 au 42ème salon d’automobile au Grand Palais, la DS va marquer une époque et symboliser la technologie avant-gardiste de la marque française. Après la traction et la 2 CV, la DS et la SM exprimeront pleinement le génie de la marque à chevrons. En 1956, après avoir signé les plus élégantes et luxueuses automobiles européennes, Henri Chapron deviendra le carrossier officiel de la Présidence de la République, signant les limousines des présidents Coty, de Gaulle, Pompidou et Giscard d’Estaing.

Une collection de 7 Citroën, dont 5 carrossées par Henri Chapron, a été vendue pour la somme record de 954.583 euros. Il a fallu débourser 68.405 euros pour une DS21 Prestige commandée par Philippe Bouvard en 1971 ; 176.910 euros pour une DS 21 Palm Beach cabriolet et près de 200.000 euros pour la SM berline Opéra. Mais la surprise est venue du cabriolet DS 23 ie qui a déclenché une bataille d’enchères jusqu’à hauteur de 300.000 euros (344.850 euros frais compris). Les trois derniers véhicules ont été carrossés par Henri Chapron.

Pour des véhicules provenant de la collection de l’expert-collectionneur Jean-Michel Cérède, une Mercedes-Benz 290 W18 cabriolet A de 1934 a été payée 193.704 euros, une Bugatti Type 57 Ventoux Coachde 1934 a été facturée 171.013 euros et 73.123 euros ont été engagés sur une Talbot Lago T14S de 1957.

7 voitures de la caravane du Tour de France ont généré 123.244 euros. Un Nain gourmand était vendu à 37.740 euros (sur la base d’une estimation revue nettement à la baisse) tandis qu’une voiture Butagaz atteignait 34.202 €. Une Citroën HY “produits laitiers” de 1960 a été préemptée pour 9.000 euros (sans les frais) par le Musée National du Sport.

La sirène des usines Renault, provenant du site historique de Boulogne-Billancort, a été acquise par la Mairie de la ville pour 12.973 euros (sous l’estimation basse de 20.000 euros).

Ebay devant le Tribunal de Commerce

25 septembre 2008

Une plainte contre eBay déposée par des associations de professionnels de la brocante est examinée aujourd’hui par le Tribunal de Commerce de Paris. Ces antiquaires et brocanteurs accusent la plate-forme de vente aux enchères de favoriser le paracommercialisme des particuliers.

Le problème de la concurrence entre professionnels des antiquités et de la brocante et les particuliers, s’ils a toujours existé, s’est condidérablement renforcé dès le milieu  des années 1990 avec la multiplication des vide-greniers. Le succès, venu dix ans plus tard, des plate-formes de ventes aux enchères comme eBay n’a fait qu’aggraver la situation. Le phénomène a aussi coïncidé avec l’inflation délirantes des prix de l’immobilier commercial et une progression constante du poids des charges sociales.  

Le pire aussi était mieux avant

Avant le développement massif des vide-greniers, les plaintes des professionnels s’adressaient à l’endroit des ”biffins” vendant leurs trouvailles à la sortie des marchés aux puces, des espaces surnommés “marché aux voleurs” par quelques bourgeois de gauche comme de droite en mal de sensations fortes et qui enfilaient gants et tenues de brousse pour venir y chiner à très bon prix, le plus souvent auprès de gens en difficultés qui écumaient décharges et encombrants. 

C’était aussi l’époque où les éboueurs et les chômeurs proposaient directement des objets dans les boutiques tandis que de vieilles dames très convenables dégotaient leur argenterie à Drouot au nez et à la barbe des antiquaires professionnels. Autrement dit, le bon temps par rapport au phénomène “rouleau-compresseur ” qu’est devenue la vente d’objets anciens par les particuliers sur des sites comme eBay. Rien qu’aujourd’hui, la plate-forme française du site propose 31.000 objets offerts par des particuliers dans la rubrique “Arts et Antiquités”.

Le terme professionnel de l’antiquité et de la brocante devenu une insulte    

C’est donc à cette époque encore bénie du développement des vide-greniers qu’a commencé la véritable guerre entre professionnels et particuliers travaillant au noir.

Dopé par la réputation de “voleurs qui échangent des meubles en formica contre des armoires rustiques à des centenaires analphabètes vivant sans eau ni électricité au fin fond des campagnes”,  le terme de “professionnel de l’antiquité et de la brocante” s’est alors mué en insulte dans la bouche de certains travailleurs au noir quand ils se retrouvaient en concurrence avec ceux-ci sur la même affaire.

Sur les brocantes ouvertes aux professionnels et aux particuliers, il n’était pas rare de voir ces derniers déboucher une bonne bouteille après une grosse journée de vente alors que les professionnels qui  payaient leurs emplacements dix fois plus chers tiraient la langue. Certains particuliers étaient carrément équipés de vitrines et acheminaient leur marchandise par camionnettes entières. Il aurait peut-être mieux valu être un peu plus discret. 

Le marasme Ebay

eBay a débarqué en France en 2001. Face à ce mastodonte, il aura fallu seulement quelques années pour désorganiser et attaquer sérieusement la majeure partie de la profession, celle travaillant jusqu’aux prix d’entrée dans le haut de gamme. Au début, et c’est probablement une de leurs erreurs, les professionnels n’ont pas cru à la viabilité de l’achat/vente d’objets de brocante et d’antiquités sur Internet. Comme beaucoup de monde, du reste.

Assez rapidement,  des objets de plus en plus chers se sont vendus sur le site. Les transactions à plusieurs milliers d’euros sont devenues si fréquentes qu’elles ont commencé à concurrencer le marché des commissaires-priseurs.

Les pièces les plus chères vues sur eBay ne se vendent quasiment plus en salle des ventes. Les prix se sont également effondrés dans certaines spécialités dans un marché non régulé, inondé dans l’anarchie la plus totale d’un tas d’objets semblables dans le même temps.

Le fait que les particuliers puissent ouvrir des boutiques sur eBay  n’a visiblement ému personne en France. Ce concept vient des Etats-Unis où, depuis longtemps,  les particuliers peuvent ouvrir de petits carrés dans les dépôts-ventes moyennant des commissions sur les ventes.

On sait ce que font les vendeurs, mais les acheteurs ?

Le problème qui semble le plus intéresser les autorités sont les vendeurs et leur commerce non déclaré. Mais qu’en est-il  au juste des particuliers qui achètent beaucoup sur le site ? Cette marchandise de collectionneurs repart-elle dans d’autres circuits de ventes ? 

Les ventes d’objets de particuliers par eBay constituent également une source d’approvisionnement pour les vendeurs professionnels qui restent en concurrence avec des acheteurs particuliers pouvant payer plus cher car non asujettis aux charges sociales.

Hausse de l’immobilier commercial et charges sociales

Pendant que se développait eBay, les professionnels de l’antiquité et de la brocante ont assisté à l’explosion de leurs loyers principalement dans les grandes villes. Certains, très en vue, réputés pour leur professionnalisme et réalisant de bons chiffres d’affaires, ont du quitter des boutiques dans lesquelles ils étaient installées depuis des années. À Paris,  beaucoup de ces fonds de commerces sont restés vides pendant des mois quand ils ne le sont pas encore.

Le fait que le montant des charges sociales soit devenu intenable pour les petites et moyennes entreprises n’est pas une simple vue de l’esprit ni une lubie du Medef. Et les commerces du secteur des antiquités et de la brocante entrent pour la majeure partie d’entre eux dans cette catégorie.

Pouvoir d’achat et chômage

Que certains particuliers aient trouvé dans la revente d’objets sur eBay un moyen d’arrondir leurs fins de mois semble assez logique dans le contexte plus que difficile du pouvoir d’achat et de l’emploi. Quand la société civile commence à trouver elle même ses solutions face aux insuffisances grandissantes d’un système, c’est au moins un vrai changement….qu’il ne reste plus qu’à cadrer.

 

Pierrick Moritz