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Hong Kong : prix record pour une œuvre attribuée à Shen Zhou

29 mai 2012

Après des chiffres d’affaires moins importants pour les vacations d’art moderne et contemporain asiatique de sa traditionnelle série de ventes aux enchères de printemps à Hong Kong, Christie’s fait mieux que l’opération équivalente de 2011 pour sa vente intitulée “Peintures classiques et calligraphies chinoises” du 28 mai.

Les enchères les plus spectaculaires donnent des factures de 4,8 millions de dollars, pour une œuvre attribuée à Shen Zhou (1427-1509) dont l’estimation basse était de quelque 78.000 dollars, et de 1,09 million pour une feuille d’album anonyme, datée des XIIe-XIIIe siècles, dont l’estimation basse était de 15.000 dollars.

Le prix le plus important, 7,48 millions de dollars, va à une série de poèmes calligraphiés de Dong Qichang (1555-1636), pour une estimation basse de 650.000 dollars.

La vente a généré 26,4 millions de dollars pour 139 lots vendus sur 163 présentés. Il s’agit, pour l’opérateur, d’un chiffre d’affaires très supérieur aux 17,34 millions  engrangés lors de son opération équivalente du printemps 2011. Mais cette dernière ne comportait que 80 lots (71 vendus).

La même vacation de l’automne 2011 – ces séries de ventes sont biannuelles – avait produit 23 millions de dollars pour 140 lots vendus sur 172 présentés.

Cette saison, quasiment la moitié du chiffre d’affaires est due aux deux enchères les plus élevées. Comme souvent dans les ventes aux enchères d’art traditionnel chinois, et pour des écarts colossaux entre estimations et enchères finales, les résultats les plus importants ne concernent pas forcément les lots les plus chers du catalogue.

Quelque 4,8 millions de dollars avec les frais, vont à une œuvre attribuée à Shen Zhou dessinée et calligraphiée à l’encre sur un rouleau de plus de 10 mètres de longueur.

Ce paysage, intitulé Adieux à Wu Kuan, portant le cachet du peintre, agrémenté de 15 colophons et de 90 cachets apposés au cours de son histoire, et notamment au gré des changements de propriétaires, était assorti d’une estimation basse 50 fois moins élevée (quelque 78.000 dollars sans les frais de 20 %, ramené à 12 % vu le niveau de l’enchère finale).

Pour un coefficient multiplicateur encore plus important, une feuille d’album (29,2 x 26,7 cm) anonyme, datée des XIIe-XIIIe siècles, œuvre à l’encre sur papier intitulée Poissons dans l’eau au printemps, notamment accompagnée d’un poème et de deux cachets attribués à ceux de Qianlong sur la page opposée, a été facturée 1,09 million de dollars avec les frais (12 %) pour une estimation de quelque 15.000/20.000 dollars.

La facture la plus élevée, 7,48 millions de dollars, concerne une série de poèmes calligraphiés de Dong Qichang, réalisée sur un rouleau de plus de 2 mètres de longueur, signée de deux cachets du lettré. L’œuvre est enrichie d’une vingtaine de cachets dont 6 de l’empereur Qianlong et un de l’empereur Jiaqing.

Ce prix final correspond à presque 10 fois l’estimation basse (quelque 650.000 dollars sans les frais de 20 % ; vu le niveau de prix dans lequel l’œuvre est entrée, ces frais sont ramenés à 12 %).  Le vendeur est un collectionneur chinois habitant en Amérique du Nord.

Sur les 4 œuvres du catalogue présentant les estimations les plus élevées, 2 ont été vendues.

Un poème calligraphié, signé et dédicacé par Wang Duo (1592-1652), encre sur satin en rouleau (233 cm), avec deux cachets de l’artiste et daté 1641, comportant également 3 cachets de collectionneurs apposés au cours de son histoire, a été facturé 934.720 dollars sur une estimation de 453.000/517.826 dollars. Son vendeur est un collectionneur japonais.

Du même auteur, un texte calligraphié en écriture cursive, daté de 1650, encre sur satin en rouleau (230 cm), est facturé 344.372 dollars avec les frais (20 %), sous son estimation basse de 338.370 dollars sans les frais (20%).  

Une œuvre à l’encre sur papier en rouleau (893 cm) de Zhu Yunming (1460-1526), provenant de la collection du marchand et collectionneur américain Robert H. Ellsworth, estimée autour du million de dollars, et un petit paysage de Wen Zhengming (1470-1559) à l’encre sur papier, dont quelque 622.000/750.000 dollars étaient attendus, n’ont pas trouvé preneur.

Pierrick Moritz

Sauf précisions, les résultats et les estimations sont donnés en dollars américains.

Petit chiffre d’affaires pour une vente de vins de Christie’s à Hong Kong

27 mai 2012

Depuis l’automne dernier, les chiffres d’affaires des prestigieuses ventes aux enchères publiques hongkongaises biannuelles de Sotheby’s et Christie’s, opérateurs de plus en plus dépendants de l’Asie, glissent des sommets atteints au printemps 2011.

La traditionnelle série de ventes de printemps de Christie’s à Hong Kong, proposant des milliers de lots dans les spécialités du vin, de l’art contemporain et traditionnel asiatique, des objets d’art asiatique, des montres et de la joaillerie, a débuté le 26 mai, avec le vin.

Malgré 100% des lots vendus à de bons prix, le chiffre d’affaires de 2,6 millions de dollars* est le plus faible depuis l’introduction de la spécialité dans les ventes de Christie’s à Hong Kong, en novembre 2008.

Les 623 lots ont été écoulés, avec les plus hauts prix engagés sur le Château Pétrus.  1 lot de 4 impériales Pétrus Collection (2005, 2006, 2007, 2008), estimé 64.728/90.620 dollars sans les frais (21 %) a été facturé 101.818 dollars avec ces frais (20%). Dans les mêmes conditions, il a fallu débourser 31.328 dollars pour une impériale de Château Pétrus du millésime 2000, estimée 25.891/31.070 dollars. Selon le communiqué de la maison de vente, les 10 enchères les plus élevées sont le fait de marchands et particuliers asiatiques.

La vacation de vins équivalente de l’année dernière chez Christie’s avait rapporté quelque 7 millions de dollars. Il s’agissait d’une opération très exceptionnelle consacrée à Château Latour. Un lot de 6 magnums du millésime 1961 avait notamment été payé 232.286 dollars, soit environ au double de l’estimation basse en incluant les frais (21 %).

Si, pour ces deux vacations de vins de Christie’s à Hong Kong, 100 % des lots ont été vendus, et pour des estimations respectées, voire dépassées, cela n’avait pas été le cas pour celle qu’elle proposait en novembre dernier sur la place asiatique. 23 % des 813 lots présentés n’avaient pas trouvé preneur, pour un chiffre d’affaires de 5,87 millions de dollars, inférieur de 27 % au minimum prévu.

Il est entendu que chacune de ces ventes de vins demeure unique, avec des catalogues présentant des différences significatives d’une saison sur l’autre, tant au niveau de l’estimation globale que de la qualité et des volumes mis en vente, selon des choix d’offres stratégiques face aux conjonctures du moment, mais aussi en considérant l’aspect aléatoire des affaires rapportées pour la vente. Ce qui est aussi le cas pour les catalogues de ventes aux enchères d’art. En la matière, il  faut donc faire preuve de prudence en présentant courbes évolutives et autres graphiques en camembert.

Il n’en demeure pas moins que ce chiffre d’affaires de 2,6 millions de dollars, nouvellement enregistré pour une vente de vins de Christie’s à Hong Kong, est son plus faible depuis l’automne 2008, moment où l’opérateur à introduit la spécialité dans ses séries de ventes sur la place asiatique.

Pour les vacations de 2010, le chiffre d’affaires était de 10,35 millions de dollars à l’automne et de 5,17 millions au printemps. En 2009, pour les mêmes périodes respectives, de 5,15 et 3,6 millions.

À l’automne 2008, il affichait 4 millions de dollars.

Pierrick Moritz

Les estimations et les résultats sont convertis en dollars américains.  

Marché et collections : le baseball

24 mai 2012

Comme les comics, les objets liés au baseball entrent dans la catégorie des collections d’origine étrangère pour lesquelles le marché est inexistant en France mais très actif dans le pays d’origine. Et dans la spécialité du baseball, le jeu peut en valoir la chandelle.

Certaines balles de jeu signées par des stars du baseball américain atteignent souvent plusieurs dizaines de milliers d’euros dans les salles des ventes américaines. En 2004, à New York, une batte utilisée par le célèbre joueur George Herman Ruth, dit Babe Ruth, lors de l’inauguration du Yankee Stadium en 1923, a été payée 1,26 million de dollars.

En 2008, chez Sotheby’s New York, 157.000 dollars ont été engagés sur une série complète de 176 images à l’effigie de joueurs de baseball datant de 1915. Destinées aux enfants, ces vignettes étaient proposées sous forme d’offre promotionnelle par la marque de pop corn Cracker Jack.

Ce jeu complet fut commandé à l’époque par un Canadien de 11 ans. Le garçon acheta également l’album vendu par la marque et dans lequel les images ont été conservées depuis l’origine. L’enchère très importante portée sur cet album s’explique par le fait que la série achetée complète arrivait en parfait état quand la majorité des images récupérées à l’unité dans les boîtes étaient souvent tâchées du caramel qui enrobait les friandises.

Plus abordable mais quand même très chère, la série d’images éditée par  Bowman Gum en 1953 peut se vendre pour l’équivalent de plusieurs milliers d’euros dans les ventes aux enchères américaines.

Comme pour les comics, il est impératif de passer par un opérateur spécialisé pour vendre ce type d’objets. Ici, il faut se renseigner auprès des grandes maisons de vente anglo-saxonnes.

Pierrick Moritz

Pierrick Moritz 2011-2012. Ce texte fait partie d’une somme déposée à la S.A.C.D sous les numéros 24503 et 254240.

Les valeurs de l’univers de la bande dessinée

24 mai 2012

Comme pour tout le domaine du livre de collection, la spécialité de la bande dessinée souffre de la surabondance et de la désorganisation de l’offre des plateformes de vente de l’Internet. Néanmoins, les raretés continuent à s’échanger contre des sommes très importantes et, parfois, spectaculaires.

Les comics

Ce sont les comics américains originaux (en langue anglaise), ces magazines bon marché qui offraient des bandes dessinées à épisodes, et principalement des années 1930 à 1960, qui atteignent les plus hauts prix. Leurs premiers numéros et ceux qui comportent l’apparition initiale de super-héros comme Superman ou Batman valent de véritables fortunes, et à partir de plusieurs milliers de dollars.

Les caractéristiques formelles de ces bandes dessinées sont annonciatrices du Pop Art – Roy Lichtenstein a directement exploité des vignettes extraites de Comics -  et peuvent aussi être rapprochées de celles des estampes japonaises. Vu sous cet angle, le manga constitue un retour aux sources pour l’univers de la bande dessinée.

Ces raretés américaines, principalement des années 1930 à 1960 pour la période la plus recherchée, où interviennent des super héros récurrents, s’appellent notamment Action comics, Detective comics, Master Comics, Marvel, Adventure comics.

En 2010, un exemplaire du numéro 1 d’Action Comics dans lequel se trouve la première aventure de Superman, a été payé 436.000 dollars sur le site américain spécialisé Comicconnect.com. Le précieux fascicule, acheté 10 cents en 1938, a été trouvé in extremis par une famille américaine dans la cave de la maison dont on allait l’expulser.

Quelques temps auparavant, sur le même site, deux autres exemplaires du même comics, en meilleur état, s’étaient respectivement vendus 1 et 1,5 millions de dollars.

Il n’existe pas de marché spécifique en Europe pour les comics américains. Pour les faire estimer et les vendre, il faut passer par des opérateurs américains. Mais le jeu peut vraiment en valoir la chandelle si l’on découvre de telles raretés.

L’indétrônable Tintin

En France et en Belgique, les prix les plus  élevés payés pour des bandes dessinées n’atteignent pas les records des comics américains. Ils oscillent généralement entre quelques centaines et quelques milliers d’euros, voire des montants avec un zéro de plus dans des cas très exceptionnels.

Pour les bandes dessinées les plus recherchées, on citera les albums de Tintin parus entre 1930 (Tintin chez les Soviet) et 1976 (Tintin chez les Picaros), le dernier titre intitulé Tintin et l’alph’art (1986) étant un album posthume. Certains des prix les plus élevés reviennent aux éditions les plus anciennes de l’album à couverture cartonnée, comme celle de Tintin chez les Soviet publié aux Éditions du Petit Vingtième en 1930 ou, chez le même éditeur, Tintin au Congo (1931) et Tintin en Amérique (1932).

Des prix records sont parfois enregistrés pour des albums sortis plus tardivement. En octobre 2010, dans une vente aux enchères française, un amateur a engagé 18.500 euros pour une édition originale belge de Tintin au Tibet, datée de 1960. Il s’agit de l’exemplaire numéroté d’un tirage de tête limité à 100 exemplaires et signé par Hergé.

Sur l’Internet, des sites experts sont consacrés au héros de Hergé. Ils dressent notamment la liste des facteurs influant sur la cote des albums, montrent  les variantes de couvertures ou les changements intervenus au fil des réimpressions, comme la mise en couleurs des titres les plus anciens ou  la modernisation de certains dialogues et dessins.

Les histoires du petit reporter imaginées par Hergé ont débuté en 1929 avec Tintin reporter du Petit Vingtième chez les Soviet dans Le Petit Vingtième, supplément hebdomadaire détachable pour la jeunesse du journal catholique belge Le Vingtième Siècle. Les fascicules des aventures de Tintin qui y ont été publiés tout au long des années 1930 sont aussi recherchés. Si leur valeur est relativement modeste à l’unité, les gains peuvent être très intéressants avec une ou plusieurs années complètes, et pour des exemplaires parfaitement conservés. Pour les recueils de bandes dessinées du Journal de Tintin (créé en 1946), les numéros des toutes premières années et en excellent état, et dans l’idéal pour des années complètes, sont les plus recherchés.

Tarzan, Pif Gadget

Pour d’autres phénomènes populaires de la bande dessinée en France, les Tarzan des années 1950 se négocient autour de 100/150 euros pour une reliure d’éditeur complète de quelques numéros. Les numéros de Pif Gadget des années 1970-1980 avec leur gadget d’origine se vendent autour de 15 euros pièce sur des sites comme eBay.

Produits dérivés

L’attrait pour les produits dérivés des bandes dessinées, anciens ou contemporains, est plus que jamais d’actualité. Certains amateurs sont prêts à débourser de petites fortunes pour acquérir les statuettes en éditions plus ou moins limitées de certains héros de bandes dessinées, comme celles éditées par Leblon-Delienne depuis 1987.

Planches et dessins originaux

Les planches et autres dessins originaux, y compris pour les grands créateurs de la nouvelle génération, n’ont  jamais été aussi chères dans les salles de ventes.

En mars 2007, chez Artcurial, 177.000 euros étaient engagés sur une œuvre en couleurs à l’acrylique d’Enki Bilal, un grand format sur vélin Une planche à l’encre de Chine d’Hugo Pratt pour l’album Les Celtiques des aventures de Corto Maltese, publié en 1975, était payée plus de 130.000 euros, en octobre 2008, chez Tajan.

La même année, chez Artcurial, une gouache originale d’Hergé réalisée en 1932 pour la couverture de Tintin en Amérique était facturée 780.000 euros.

Pierrick Moritz

Pierrick Moritz 2011-2012. Ce texte fait partie d’une somme déposée à la S.A.C.D sous les numéros 24503 et 254240.

Collections : les valeurs des jouets

23 mai 2012

La spécialité des jouets de collection, marquée par la nostalgie et l’affectif, a été bouleversée par la multiplication des canaux de vente internationaux de l’Internet. Le modèle de renouvellement des tendances, qui autrefois correspondait à la disparition progressive de la génération la plus ancienne et à l’arrivée à maturité de la suivante, s’est accéléré, notamment du fait de l’intérêt de collectionneurs plus jeunes, et avec un spectre de possibilités élargi.

Un vaisseau spatial de Star Wars par Lego ou une poupée 1900 à tête de porcelaine aux même niveau de prix

D’un côté, sauf pièces rares et exceptionnelles, les prix des jouets anciens ont beaucoup baissé, notamment du fait de ventes aux enchères publiques moins nombreuses au profit des ventes de particuliers sur les plateformes de l’Internet. De l’autre, ceux des jouets contemporains se sont envolés.

Aujourd’hui, une poupée à tête en porcelaine des années 1900, une Françoise en celluloïd de Modes et Travaux des années 1950, une figurine de Star Wars de 1977 par Meccano, un vaisseau spatial de la même série de films par Lego ou une navette de la série Ulysse 31 des années 1980 peuvent se vendre le même prix, autour de 800 euros. Mais l’état de conservation fera la différence : la figurine des années 1970 devra être à l’état neuf et dans son emballage d’origine tandis que la poupée 1900 pourra avoir perdu sa boîte et présenter quelques signes d’usures, notamment pour les cheveux ou la peinture du corps (à l’état de neuf, cette pièce ancienne se vendrait plus cher).

Les poupées

Les poupées et leur univers, pour toutes les époques, représentent encore une des fractions les plus actives du marché du jouet ancien. Des poupées de mode du XIXe siècle au corps en cuir et autres créations des maison Jumeau ou, plus rare Thuillier, avec des modèles exceptionnelles qui peuvent dépasser les 20.000 euros en vente publique, aux poupées Bella des années 1970-1980, en passant par les poupons en Celluloïd ou les premières Barbie, la gamme de prix est extrêmement large et pour des sommes toujours intéressantes pour le vendeur.

Dans la spécialité des poupées, et comme pour tous les jouets de collection, les pièces dans un état de neuf, idéalement contenues dans leur emballage et avec leurs accessoires d’origine seront toujours valorisées. Un fêle dans un visage de poupée en porcelaine de la fin du XIXe siècle, une coupe punk dans les cheveux d’une Barbie des années 1950 ou un enfoncement dans le corps d’un baigneur en Celluloïd, en affectera considérablement la valeur.

Tous les objets sur le thème de la poupée sont recherchés : dînettes en porcelaine et vêtements, maisons et magasins miniatures, mobilier et autres accessoires. Certains peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros, voire beaucoup plus pour des pièces très rares. Certains corps ou têtes isolés de poupées anciennes peuvent valoir au moins plusieurs centaines d’euros, tout comme un emballage d’origine.

Parfois, de petites fortunes pour Bing, Märklin ou Radiguet

Du côté des garçons, et toujours pour les jouets anciens, les fabuleuses créations – notamment des bateaux – de la fin du XIXe et du début du XXe siècle des marques allemandes Bing ou Märklin ou française Radiguet peuvent parfois valoir de petites fortunes.

De temps en temps, des enchères à 4 chiffres pour Dinky Toys

Les critères d’état, de rareté, de présence de l’emballage d’origine ou nom sont également primordiaux pour les voitures de collection. Si, pour l’essentiel, les prix des Dinky Toys restent modestes, certaines de ces voitures miniatures présentées dans leur boîte d’origine peuvent valoir plusieurs centaines d’euros. On relève de temps à autre des enchères à quatre chiffres dans les ventes aux enchères, mais pour des modèles extrêmement rares.

Trains électriques : les modèles les plus anciens ne sont pas forcément les plus recherchés

Dans le domaine des trains électriques, les modèles les plus anciens ne sont pas forcément les plus recherchés ni les plus chers. Des créations très sophistiquées comme certaines locomotives de fabrication contemporaine s’échangent facilement contre quelques centaines d’euros, voire plus pour certains modèles ou des ensembles avec wagons. Ces modèles, pensés pour des adultes, coûtent de petites fortunes lorsqu’ils sont achetés neufs.

Les catalogues de jouets, les modes d’emploi et notices et les emballages d’origine vides sont également recherchés par les collectionneurs, certains pouvant dépasser les 100 euros pièce sur les sites spécialisés.

Pierrick Moritz

Pierrick Moritz 2011-2012. Ce texte fait partie d’une somme déposée à la S.A.C.D sous les numéros 24503 et 254240.

Les valeurs des affiches de collection

22 mai 2012

Pour les exemplaires plus ou moins courants, la spécialité de l’affiche de collection n’a pas été épargnée par l’érosion des prix engendrée par le phénomène des ventes sur l’Internet. Si le genre est aussi moins couru que dans les années 1970-1980 en terme de décoration, il reste recherché de collectionneurs prêts à investir, le plus généralement, des sommes comprises entre quelques centaines et plusieurs milliers d’euros. Dans certains cas, l’affiche de collection est considérée comme  une œuvre d’art de la catégorie des multiples.

Affiches anciennes récupérées directement après l’impression

Certaines affiches de la fin du XIXe siècle et du tout début du XXe siècle sont arrivées jusqu’à nous dans des états de conservation exceptionnels car elles ont été récupérées directement après impression. C’est à cette époque qu’est né le goût des collectionneurs pour l’affiche, une vogue qui poussait certains à débourser des fortunes pour acquérir un  exemplaire réalisé par un grand nom.

Si, aujourd’hui, quelques milliers d’euros peuvent toujours être engagées sur une affiche de Jules Chéret (1836-1932), considéré comme le père de l’affiche moderne, ces sommes n’ont plus rien à voir avec celles, extravagantes, que les collectionneurs étaient prêts à débourser à l’époque pour les acquérir.

Avec Alphons Mucha le modern style triomphe dans toute sa laideur

Pour un artiste comme Alphons Mucha, dont les affiches sont aujourd’hui très recherchées, on notera qu’en 1959, époque où l’Art nouveau était passé de mode, un critique écrivait dans la revue Le Jardin des arts «Avec Alphons Mucha le modern style triomphe dans toute sa laideur. Pour lui, l’affiche est un vitrail de style byzantino-symboliste. Ses personnages ont des formes hiératiques qui s’harmonisent parfois avec le sujet quand il s’agit de Lorenzaccio, de La Dame aux camélias (interprétée par Sarah Bernhardt) ou de La Samaritaine, mais qui deviennent insupportables quand leur but est de rappeler l’existence du Vin des Incas ou des Bières de la Meuse.”

En mai 2000, un exemplaire de l’affiche du Vin des Incas a été payé quelque 10.000 livres chez Christie’s Londres quand, dans la même vente, un autre de Lorenzaccio était échangé contre la même somme.

Toulouse-Lautrec

Toulouse-Lautrec (1864-1901) demeure le maître incontestée de la spécialité, celui qui a porté l’affiche au rang d’œuvre d’art.  Les traits du génie artistique de Lautrec se retrouvent dans ses affiches comme dans ses peintures. Des enchères de plusieurs centaines de milliers de dollars ont été enregistrées ces dernières années pour ses affiches de spectacle originales. Lautrec aurait créé une trentaine d’affiches d’une grande qualité technique et artistique et dont peu d’exemplaires sont connus.

L’ancienneté n’est pas toujours un critère de valeur ; naufrage dans le pastiche

L’importance du tirage, le nombre d’exemplaires en circulation et celui susceptible d’apparaître sur le marché font a priori partie des critères déterminant la valeur d’une affiche. Plus les quantités sont susceptibles d’être importantes et moins la valeur le sera.

Toutefois, on peut légitimement penser qu’il reste proportionnellement peu d’exemplaires en parfait état de tirages importants de ces dernières décennies. Selon la notoriété du créateur ou du sujet, mais aussi les effets de mode pour l’esthétisme de certaines époques, ces affiches peuvent parfois se négocier autour de quelques centaines d’euros, c’est-à-dire aussi cher que d’autres du début du XXe siècle.

L’ancienneté n’est pas un critère de valeur tout comme de situer l’objet dans le goût de son époque ou d’un grand nom quand il s’agit en réalité d’un naufrage dans le pastiche.

398.000 livres une affiche originale de 1927 du film Metropolis de Fritz Lang

Avec Toulouse-Lautrec, les plus hauts prix enregistrés en salles des ventes pour des affiches concernent le thème du cinéma, et pour des pièces introuvables. En 2005, la London’s Reel Poster Gallery a vendu pour quelque 398.000 livres une affiche originale de 1927 du film Metropolis de Fritz Lang. Seul quatre exemplaires, dont celui-ci, sont connus. Il s’agit du record mondial pour une affiche de cinéma.

244.500 dollars ont été payés en avril 1999 chez Sotheby’s New York pour un exemplaire de l’affiche du film King Kong dans sa version originale de 1933. En 1997, chez le même opérateur, un collectionneur a déboursé 452.000 dollars pour exemplaire original de 1932 du film The Mummy de Karl Freund avec Boris Karloff.

Une affiche intéressante se vendra mieux en salle des ventes ou en galerie

Plus l’état de conservation d’une affiche de collection est proche de la perfection et plus sa valeur est grande. À moins d’une remise en mains propres et/ou de la garantie d’authenticité d’un vendeur professionnel,  une affiche intéressante se vendra mieux en salle des ventes ou en galerie, que sur l’Internet où de nombreux particuliers achèvent leurs annonces de ventes d’objets de collection par de rédhibitoires «Retours refusés» ou «Je suis pas responsable des dégâts faits par La Poste ». De nombreuses affiches ont fait l’objet de réédition qui, quand elles sont anciennes, peuvent être confondues avec des éditions originales par le vendeur et surtout par l’acheteur sur l’Internet. La date de réimpression, souvent située dans la marge, peut très bien manquer du fait des déchirures accidentelles relativement courantes dans cette zone.

État de conservation

Compte tenu de l’usage particulier de ce matériel promotionnel (encollage, exposition aux intempéries), une grande partie des affiches intéressantes arrivées jusqu’à nous en très bon état concerne des exemplaires exposés à l’abri, ou qui n’ont jamais été utilisés, comme celles récupérées aussitôt après l’impression pour être collectionnées. De manière générale, on retrouve les affiches pliées et de manière plus ou moins marquée. Si cette condition est généralement un facteur de dépréciation, un léger pliage en croix pour une affiche de très grandes dimensions est forcément moins disqualifiant. Celles déjà collectionnées sont souvent entoilées et peuvent avoir été restaurées (repeints, par exemple). Extraire des affiches anciennement roulées dans un tube est toujours une opération délicate.

Plusieurs milliers d’euros pour des affiches non illustrées

Les exigences sur l’état d’une affiche peuvent être modérées s’il s’agit d’une rareté. Ce qui est par exemple le cas pour les premières affiches d’expositions d’artistes devenus célèbres et souvent rattachés à des mouvements avant-gardistes (impressionnisme, fauvisme, cubisme, dadaïsme, surréalisme,…). Il s’agit souvent de pièces de petits formats, réalisées avec très peu de moyens, avec une impression de qualité médiocre, qui ne comportent que du texte mais d’une grande importance documentaire pour l’histoire de l’art et dont le tirage a été insignifiant. La valeur de certaines de ces affichettes peut atteindre plusieurs milliers d’euros.

Si, de manière générale, les affiches illustrées, très décoratives, ont été conservées en plus grand nombre que celles qui ne comportent que du texte, ces dernières ne doivent pas non plus être négligées quand il s’agit, par exemple, d’évènement sociaux et politiques, d’artistes débutants devenus célèbres (celles des premiers spectacles de Jacques Brel sont très recherchées).

Affiches de l’Après-Guerre

Les affiches publicitaires de l’Après-guerre, notamment certaines réalisées par des affichistes comme Raymond Savignac (Monsavon) ou Bernard Villemot dans les années 1960-1970 (Perrier, Orangina,…) s’échangent fréquemment contre quelques centaines d’euros. Certaines affiches d’exposition de peintres, comme celles de Pablo Picasso chez l’imprimeur Mourlot, sont principalement recherchées pour les impressions en lithographie à tirage limité. Pour un artiste très célèbre, la valeur de l’affiche est beaucoup plus importante si l’évènement concerne de nouvelles créations montrées dans un lieu plus ou moins confidentiel que s’il s’agit d’une rétrospective d’envergure avec une promotion à l’avenant.

Pierrick Moritz

Sources bibliographiques : Jardin des Arts, N°59, L’Affiche, miroir de la vie moderne, article d’Edmond Alvy, page 684, Mucha et Lautrec dans paragraphe 2 et 3. Lang film poster fetches record, article publié sur le site de BBC News le 15 novembre 2005.

Pierrick Moritz 2011-2012. Ce texte fait partie d’une somme déposée à la S.A.C.D sous les numéros 24503 et 254240.

Art traditionnel chinois : meilleur résultat chez Sotheby’s, taux d’invendus toujours élevé

17 mai 2012

Si, hier, à Londres, Sotheby’s a fait mieux que Christie’s, la veille, pour une vente concurrente de céramiques et d’objets d’art chinois, sa vacation présente deux caractéristiques désormais récurrentes pour la spécialité négociée aux enchères : un taux d’invendus élevé (33,4 % contre 50 % chez Christie’s) et des enchères finales très au-dessus des estimations pour certains lots, ici en plus forte proportion. Chez les deux opérateurs, plus de 90 % des lots ont été vendus sous le seuil des 100.000 livres.

Sotheby’s réalise un chiffre d’affaires de 12,86 millions de livres pour un catalogue de 338 lots, quand celui de Christie’s est de 11,84 millions pour 410 lots présentés. 50 % du chiffre d’affaires est généré par 16 des lots les plus chers contre, pour la même comparaison, 10, la veille, chez Christie’s.

Avec 27 lots  facturés  au moins 100.000 livres chez Sotheby’s contre 17 chez Christie’s,  ceux vendus sous ce seuil représentent quelque 92 % du nombre total présenté dans le catalogue du premier, contre quelque 95 % dans celui du second.

Selon le communiqué publié par Sotheby’s sur son site, 9 des 10 prix les plus élevés sont le fait du commerce asiatique. L’Occidental Eskenazi, installé à Londres sur Clifford Street, l’un des plus grands marchands d’art asiatique et chinois au monde, réputé pour le négoce de pièces exceptionnelles depuis des décennies,  s’est porté acquéreur, pour 505.250 livres, d’une assiette Jun à couverte à éclaboussures mauves sur fond lavande, dynasties Song-Yuan. L’objet d’art était estimé 5.000/7.000 livres.

Pour d’autres lots facturés très au-dessus des estimations, on trouve, notamment, un pot à pinceau en jade blanc et roussâtre à décor d’immortels dans un paysage, période Qianlong, à 1,55 million de livres (estimé 250.000/350.000), un autre, de la même période, en jade céladon sculpté d’un paysage, période Qianlong, à 553.250 livres (80.000/120.000), une petite sculpture de buffle en jade du XVIIIe siècle à 668.450 livres (150.000/250.000).

Et encore : un vase céladon de forme archaïque, période et marque Yongzheng, à 589.250 livres (estimé 200.000/300.000), une statue en bronze doré (H.44 cm) représentant le bouddha Amitayus, période Kangxi, à 541.250 livres (200.000/300.000),  un bol en porcelaine à fond rouge sous couverte d’un décor aux huit immortels en bleu cobalt, marque et période Kangxi, à 361.250 livres (estimé 30.000/50.000).

Les invendus les plus chers sont un bol à fruits en porcelaine blanc bleu dit “lingzhi”, marque et période Xuande, estimé 150.000/250.000 livres,  un  vase en bronze doré incrusté d’émail cloisonné, dynastie Qing, période Wanli, H. 58 cm, estimé 120.000/180.000 livres et une paire de pots couverts en porcelaine émaillée vert à décor de dragons, marque et période Qianlong, estimée 160.000/200.000 livres.

Pierrick Moritz

Les estimations sont données sans les frais à la charge de l’acheteur (25 % jusqu’à 25.000 livres, 20 % entre 25.000 et 500.000 livres, 12 % au-dessus). Ces frais sont inclus dans les résultats. Ces résultats sont valables dans la mesures où les lots seront effectivement payés.


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