Articles Tagués ‘enchères’

Une vente d’art japonais et coréen boudée chez Christie’s New York

22 mars 2012

Une importante vente d’art traditionnel japonais et coréen, présentant principalement des objets anciens, proposée hier soir chez Christie’s New York, affiche des résultats décevants pour les vendeurs. Quelque 37 % des lots n’ont pas trouvé preneur, dont les deux plus importants du catalogue.

Il s’agit d’ un pot de forme ovoïde originaire de Corée (H. 34,1 cm), en porcelaine bleu et blanc à décor principalement de dragons et de tigres confrontés, daté du XVIIIe siècle, le bas peint de quatre caractères de bonne augure (longévité, bonne fortune, bien-être et paix),  dont l’estimation  confidentielle était supérieure à 700.000/900.000 dollars et, dans cette fourchette de prix, d’une paire de panneaux japonais monumentaux (154 x 355 cm, chaque), datée du début de la période Edo (XVIIe siècle), utilisant encre, couleurs, or et feuille d’or sur papier pour des Scènes de la capitale et de ses environs.

Selon un article d’archives du New York Times, daté du 2 novembre 1996, Christie’s a vendu un pot coréen du XVIIe siècle (et présentant une fissure), à décor de dragons et d’une hauteur d’environ 48 cm, pour 8,6 millions de dollars en 1996. À l’époque, il s’agissait du plus haut prix payé en vente publique pour un objet d’art asiatique.

PM

Art chinois : deux petits pots font 3,5 millions de dollars à New York

21 mars 2012

Les estimations de nombreux lots d’une importante vacation d’objets d’art chinois, proposée hier par Sotheby’s à New York, ont été pulvérisées. Comme souvent dans cette spécialité très spéculative, où les enchères les plus élevées sont le fait d’enchérisseurs chinois, des lots importants n’ont pas trouvé preneur.

Deux pots à pinceaux en porcelaine émaillée, datés du XVIIIe siècle, ont été payés 1,98 et 1,53 millions de dollars. Portant le cachet de l’époque de l’empereur Qianlong, ces pièces délicates, d’une hauteur de 12,1 cm, étaient estimées 120.00/150.000 et 80.000/120.000 dollars.

L’écart de prix entre ces deux objets d’art décorés sur fond bleu ciel et constitués de trois éléments, pouvant former une paire car de facture très proche, s’explique par quelques variantes de couleur  et de décor.

Si, dans la partie inférieure, les deux montrent un cheval “aux écritures sacrées”, galopant au-dessus d’une  mer agitée d’où émergent des rochers, dont certains supportant des tortues au repos, et une branche de corail, le plus cher présente une paire de phénix qui ne figure pas sur l’autre.

Pour les deux, le décor est complété par des trigrammes dont la disposition permet de composer des hexagrammes ; il s’agit assurément d’objets à l’usage de lettrés.

Toujours du côté des plus fortes enchères, un pot à pinceaux en jade sculpté, daté de la période de Qianlong, a été payé 1,42 million de dollars sur une estimation de 200.000/300.000 dollars ; 1,25 million de dollars ont été engagés sur un double pot à nourriture rituel en bronze, une pièce archaïque du XIIe siècle en forme de deux hiboux adossés ; une théière du XVIIIe siècle en jade céladon très pâle, le matériau taillé de manière peu courante, a été payée 572.500 dollars quand 30.000 à 40.000 dollars en étaient attendus.

Selon la liste publiée sur le site internet de Sotheby’s, les acheteurs de ces lots sont des Asiatiques.

En tête des invendus les plus chers, on trouve un pot en bronze sur pieds de l’époque de Qianlong (estimé 500.000/700.000 dollars), une paire de fauteuils du XVIIe siècle en huanghuali (250.000/400.000 euros) et une grande jarre datée de la dynastie Yuan décorée en bleu et blanc (250.000/350.000 dollars).

92 lots sur les 317 présentés n’ont pas trouvé preneur ; l’estimation basse de 13 d’entre eux était au moins égale à 150.000 dollars.

Pierrick Moritz

Les estimations n’incluent pas les frais à la charge de l’acheteur qui sont intégrés aux résultats. Par rapport au “prix marteau”, ces frais supplémentaires sont de 25% jusqu’à 50.000 dollars, de 20% jusqu’à 1 million et de 12 % au-delà.

Christie’s attend un prix fort pour un petit format de Rembrandt

5 mars 2012

Christie’s annonce la présence d’un tableau de Rembrandt, clou de la collection de Pieter et Olga Dreesmann, au programme de sa vacation de peinture ancienne du 3 juillet à Londres. Ce petit portrait d’homme en buste, portant chapeau et hausse-col, est estimé 8/12 millions de livres. L’œuvre, mesurant seulement 39,8 x 29,4 cm, est datée de 1626-1627.

En décembre 2009, Christie’s avait vendu un portrait d’homme par Rembrandt pour 20,2 millions de livres avec les frais. Cette huile sur toile, datée de 1658, mesurait 107,4 x 87 cm. Bien que ce résultat constitue un record pour une œuvre de l’artiste payée en vente publique, le tableau avait été adjugé dans la fourchette basse de son estimation.

En 2000, un portrait de femme âgée de Rembrandt avait été payé 19,8 millions de livres dans une vacation de peinture ancienne du même l’opérateur. Ce tableau, daté de 1632  et d’un format de 73,7 x 55,8 cm, était estimé 4/6 millions de livres.

PM

Une “Sleeping Girl” de Roy Lichtenstein proposée à 30/40 millions de dollars chez Sotheby’s

24 février 2012

Sotheby’s annonce la mise en vente d’une Sleeping Girl de Roy Lichtenstein dans sa vacation d’art contemporain du 9 mai à New York.

Le tableau, inspiré d’une vignette de “comic books” agrandie à la taille de 91,5 x 91,5 cm, est estimé entre 30 et 40 millions de dollars.

Selon la maison de vente, l’œuvre n’a jamais été vue sur le marché de l’art depuis son acquisition en 1964.

Can See the Whole Room!…and There’s Nobody in It, une autre toile de l’artiste datée de 1961, a été payée 43,2 millions de dollars en novembre dernier chez Christie’s New York. Le vendeur l’avait achetée 2,09 millions de dollars en 1988 chez le même opérateur. Il s’agit de la somme la plus importante déboursée en vente publique pour une œuvre de Lichtenstein.

Toujours chez Christie’s, en  novembre 2010, 42,64 millions de dollars avait été engagés sur “Ohhh … Alright … du même Lichtenstein.

La plus grande partie de l’activité ”créatrice” de Roy Lichtenstein, qui n’a jamais prétendu être un artiste, a consisté à surdimensionner des dessins de comic books existants.

Les marchands et la spéculation sont passés par là, avec des discours vendeurs du genre la distraction et la consommation de masse portées au rang d’œuvres d’art car objets de vénération, ou celui faisant référence à Duchamp et selon lequel n’importe quelle chose peut devenir une œuvre d’art, il s’agit de choisir le contexte dans lequel elle sera présentée (en 100 ans, on a bien compris le message).

Le site internet de David Barsalou, Desconstructing Roy Lichtenstein, se livre à une édifiante démonstration du “travail” de Lichtenstein en mettant en regard  ses “créations” et les vignettes de comic books plagiées.

PM

Un exceptionnel autoportrait d’Antonin Artaud mis en vente à Paris

23 février 2012

Sotheby’s proposera un rare autoportrait d’Antonin Artaud lors de la dispersion de la collection Florence Loeb, le 5 avril à Paris. Le dessin, daté de 1946, est estimé 500.000/700.000 euros.

On trouvera également un portrait de Florence Loeb par Artaud (200.000/300.000 euros) au programme de cette vacation, réunissant livres et dessins d’Antonin Artaud, et de très belles pièces “d’art premier” héritées de son père, le marchand d’art Pierre Loeb.

Pour cette dernière spécialité, et concernant l’Afrique et les États-Unis d’Amérique, il s’agit notamment d’une tête miniature fang (estimée 20.000/30.000 euros) et d’une poupée kachina (30.000/50.000 euros).

Un portrait de Pierre Loeb par Alberto Giacometti (120.000/180.000 euros) figure aussi au catalogue.

Exposant les artistes surréalistes dès le milieu des années 1920, Pierre Loeb est connu pour avoir organisé avec Tristan Tzara et Charles Ratton, en 1930 à Paris, la première exposition majeure présentant des objets d’Afrique et d’Océanie en tant que phénomène esthétique. Il financa aussi des expéditions ethnographiques comme, en 1929, le voyage de Jacques Viot en Nouvelle-Guinée.

Sa fille, Florence, disparue en 2011, hérita de cette passion pour les civilisations différentes et les artistes visionnaires. Elle connut Artaud en 1946, alors qu’elle avait 16 ans. Cette rencontre aura une influence déterminante sur son existence.

Article en rapport avec Antonin Artaud :  http://artwithoutskin.com/2007/01/31/antonin-artaud-a-la-bnf-derniers-jours

Pour Edvard Munch, Sotheby’s attend un cri à 80 millions de dollars

22 février 2012

Sotheby’s a annoncé la présence d’une des quatre versions existantes du Cri d’Edvard Munch dans sa vente d’art moderne new-yorkaise du mois de mai.

L’opérateur pense que le tableau pourrait valoir autour de 80 millions de dollars, une estimation qui en fait une des œuvres d’art les plus chères présentées en vente publique.

Les deux records historiques concernent des toiles de Pablo Picasso et ont été établis à New York. Il s’agit des 106,5 millions de dollars payés pour Nu, feuilles vertes et buste (ou Nu au plateau de sculpteur) en mai 2010 chez Christie’s et des 104,16 millions engagés sur Garçon à la pipe en mai 2004 chez Sotheby’s.

La version du Cri proposée chez Sotheby’s date de 1895. Ce pastel sur panneau (79 x 59 cm) est plus tardif que le célèbre tempera et crayons sur carton (91 x 73,5 cm) détenu par le musée national d’Oslo et réalisé deux ans plus tôt.

Il s’agit d’une des quatre versions connues et la seule qui soit en mains privées. Elle appartient au transporteur maritime et milliardaire norvégien Petter Olsen. Son père, Thomas, était voisin et client de Munch à Hvitsten, où le peintre acheta une maison en 1911. Ce Cri est conservé dans la famille Olsen depuis plus de 70 ans.

Rarement exposée, cette version est présentée par Sotheby’s comme étant la plus colorée et la plus dynamique. La maison de vente indique que l’œuvre est restée dans son encadrement d’origine, peint à la main par l’artiste et incluant dans le tasseau du bas un poème en prose de Munch en décrivant la genèse.

Il s’agit de la seule version où l’un des deux promeneurs du fond est tourné vers l’extérieur de la composition, accoudé contre le garde-corps du pont.

Munch a commencé à travailler sur Le Cri au début des années 1890, à la suite d’un profond sentiment d’angoisse existentielle ressenti lors d’une promenade avec deux amis. Cette œuvre fait partie des peintures centrales de La Frise de la Vie, des créations sur les thèmes de l’amour, de l’angoisse et de la mort inspirées par le synthétisme et le symbolisme et destinées à être exposées les unes à côtés des autres.

Les deux autres versions du Cri sont au musée Munch d’Oslo. L’une, réalisée au pastel, date de 1893. L’autre, à la détrempe et à  l’huile sur carton, pourrait avoir été achevée vers 1910.

En novembre 2008,  à New York, Sotheby’s avait mis en vente une Vampire d’Edvard Munch, une version d’une œuvre faisant également partie de La Frise de la Vie. Cette huile sur toile (100 cm x 110 cm) datée de 1894 avait été payée 36,16 millions de dollars.

La vente s’était assez curieusement déroulée, l’œuvre ne suscitant pas l’intérêt attendu. Le Art Newspaper avait rapporté que l’investisseur anonyme qui avait placé une offre d’achat irrévocable sur la toile avant la vacation aurait finalement renoncé à sa proposition. Dans le même article, Sotheby’s démentait l’existence de cette offre et expliquait que le symbole qui l’indiquait à côté de l’œuvre dans le catalogue était une “erreur”. Pour ne rien arranger, des propos du marchand d’art new-yorkais Richard Feigen venaient préciser que le tableau de Munch était resté disponible à la vente sur le marché privé pendant des années.

En mai 2010, une Fertilité peinte à l’huile sur toile en 1899-1900 par Edvard Munch et estimée 25/35 millions de dollars n’avait pas trouvé preneur chez Christie’s New York.

Pierrick Moritz

Art : les plus gros bides des ventes publiques

17 février 2012

Reblogged from ArtWithoutSkin, l'art sans la peau:

Mise à jour du 03/05/2012. Les œuvres d’art ne sont pas des investissements infaillibles, comme en témoigne la liste des invendus les plus importants de ces cinq dernières années dans les vacations aux enchères publiques publiée ci-après.

Ce classement n’est pas représentatif des performances réalisées par les deux plus gros opérateurs occidentaux du marché de l’art cités. Ces derniers ont également vendu des œuvres d’art à des prix bien plus élevés que ceux référencés dans ce classement.

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