Articles Tagués ‘Etats Unis’

Un tableau d’un casse à 33 millions de dollars retrouvé

28 mai 2011

Selon une dépêche AP en anglais datée du 23 mai, un triptyque du XIVe siècle sur fond or  volé en Italie en 1971 a été retrouvé dans un musée du Kentucky.

La peinture attribuée à Jacopo del Casentino, achetée 38.000 dollars dans une galerie de New York en 1973, a été retournée aux autorités italiennes.

À titre de comparaison, Sotheby’s Londres a vendu un petit panneau du même artiste pour l’équivalent de 85.000 dollars en 2008.

L’élément central du triptyque représente une Vierge à L’Enfant entourée de saint Jean-Baptiste et sainte Catherine d’Alexandrie, et les deux panneaux extérieurs la Crucifixion de Jésus, l’Annonciation à la Vierge Marie et deux saints.

Ce tableau fait partie d’un ensemble de 14 œuvres d’art dérobé dans une villa italienne il y a 40 ans et est loin d’être le plus cher d’un casse évalué à 33 millions de dollars.

Le Pop Art de Wayne Thiebaud domine à nouveau une dispersion d’œuvres de la collection Allan Stone

10 mai 2011

Hier soir chez Sotheby’s New York, la dispersion d’œuvres d’art contemporain de la collection du galeriste new-yorkais Allan Stone, disparu en 2006, a généré 54,8 millions de dollars avec les frais, quand les estimations pré-vente tablaient sur quelque 29/48 millions de dollars sans ces frais. 39 des 41 lots présentés ont été vendus avec, comme en 2007 pour la première vacation consacrée à la collection du marchand new-yorkais chez Christie’s, une sélection d’œuvres de Willem de Kooning vendue plus difficilement que celle consacrée au travail de Wayne Thiebaud (presque toutes vendues au-dessus des estimations).

Les choix du marchand new-yorkais, personnalité flamboyante et insatiable, révèlent une sensibilité pour les grands chercheurs de l’art contemporain, notamment avec l’expressionnisme abstrait de Willem de Kooning, le Pop Art de la première heure de Wayne Thiebaud ou le génie inventif de Joseph Cornell, mais aussi pour les arts décoratifs d’avant-garde du XXe siècle, avec, entre autres, les meubles de Carlo Bugatti, non représentés dans cette dispersion.

La première vente consacrée à sa collection, en novembre 2007 chez Christie’s New York, avait rapporté 52,4 millions de dollars avec des prix particulièrement importants pour des œuvres de Wayne Thiebaud.

Seven Suckers, une huile sur toile de 1970 (48,3 cm x 58,4 cm), avait été payée 4,52 millions sur une estimation de 1,4/1,8 million et Tie Rack, une huile sur toile de 1969 (182,9 cm  x 91,4 cm), 3,4 millions de dollars sur la base d’une estimation de 1,4/1,8 million.

Wayne Thiebaud était, hier soir, l’artiste le plus représenté avec 17 œuvres inscrites au catalogue.

Pour ses œuvres  les mieux vendues, Four Pinball Machines (study), une petite huile sur toile (28,3 cm x 31,3 cm) de 1962, a été payée 3,44 millions de dollars sur une estimation de 700.000/900.000 dollars, Pies, une huile sur toile peinte par en 1961 (55,9 cm x 71,1 cm), a été payée 4,2 millions sur une estimation de 2,5/3,5 millions de dollars et 2,77 millions de dollars ont été engagés sur Candies, une huile sur panneau de petit format peinte en 1965-1966 (20,8 cm x 25,4 cm) et qui était estimée 500.000/700.000 dollars.

En 2007, lors de la première dispersion de Christie’s, les œuvres de Willem de Kooning de la collection Allan Stones s’étaient vendues avec quelques difficultés. Si Study For Marshes, une huile et charbon sur papier sur papier monté sur panneau (73,3 cmx 57,1 cm) créée en 1945-1946, avait été payée 4,29 millions de dollars sur une estimation de 4/6 millions, le tableau le plus cher du catalogue, un Sans titre peint à l’huile sur panneau en 1942 (115,3 cm x 120 cm), estimé 6/10 millions de dollars, avait été laissé sous son estimation basse, à 5,3 millions de dollars.

Figures in a Landscape #2, une huile sur papier marouflé sur toile, créée en 1976 sur un format de 76,5 cm x 88.9 cm, et assortie d’une estimation de 2,5 /3,5 millions de dollars n’avait pas trouvé preneur. Remise en vente hier soir, lœuvre a été payée 1,31 million de dollars sur la base d’une estimation ramenée à 1,2/1,8 million.

Un autre Sans titre de 1942, à l’huile et aux pastels sur papier marouflé sur toile, 54,6 cm x 49,5 cm, a été payé 578.500 dollars avec les frais sur une estimation de 600.000/800.000 dollars sans ces frais.

Comme en 2007, le tableau le plus cher du catalogue, cette fois un Willem de Kooning de 1947, Event in a barn (62,9 cm x 83,8 cm), a été payé 4,56 millions de dollars avec les frais sur une estimation  de 5/7 millions sans les frais. Forest of Zogbaum, une huile sur papier marouflé sur toile de 1956 (122,6 cm x 150,2 cm), a été payée 2,65 millions de dollars avec les frais sur une estimation de 2,5/3,5 millions sans ces frais.

Une boîte-vitrine d’objets trouvés de Joseph Cornell, un assemblage réalisé vers 1953, a été payée 1,42 million de dollars sur une estimation de 800.000/1,2 million. Une autre, créée vers 1955 et assortie d’une estimation de 300.000/400.000 dollars, n’a pas trouvé preneur.

Un mobile d’Alexander Calder, Little Cross (228 cm x 238,8 cm x 238,8 cm), réalisé en 1968, a été payé 3,33 millions de dollars sur une estimation de 2/3 millions de dollars.

Si l’enchère la plus importante  de la vacation revient à une compression de 1958 de John Chamberlain, un Nutcracker payé 4,78 millions de dollars sur une estimation de 1,2/1,8 million, la plus impressionnante va à un dessin d’Arshile Gorky, Study For image in Xhorkom. L’œuvre réalisée vers 1935 (48,6 cm x 62,9 cm)  a été payée 674.500 dollars quand elle était estimée 80.000/120.0000 dollars.

Pierrick Moritz

Sauf précisions, les estimations sont données sans les frais à la charge de l’acheteur. Sur la place de New York, ils sont de 25 % jusqu’à 50.000 dollars, 20 % au-dessus de cette dernière somme et jusqu’à 1 million de dollars, 12 % au-delà. Les résultats incluent ces frais.

Fauteuil “à la sirène” d’Eileen Gray invendu à New York

15 décembre 2010

Évènement majeur du marché de l’art décoratif de cette fin d’année, hier soir chez Christie’s New York, la dispersion de prestigieuses pièces Art déco issues de la collection du marchand Anthony DeLorenzo a enregistré des résultats décevants.

Le lot le plus important du catalogue, le premier fauteuil dit “à la sirène” d’Eileen Gray historiquement connu, créé entre 1913 et 1919 – les dates varient selon les sources -  n’a pas trouvé preneur avec une estimation de 2/3 millions de dollars.  Ce siège a longtemps été considérée comme une pièce unique depuis sa première présentation sur le marché de l’art en 1978.

Initialement propriété de Damia, dont Eileen Gray fut un temps la compagne, ce fauteuil au dossier sculpté à jour d’une sirène enlaçant un hippocampe, réalisé entre 1913 et 1919, avec un travail de laque à dominante noire par Sugawara, avait été repéré et acheté en 1978 à Versailles dans une vente d’art décoratif  où se trouvaient des objets provenant de la succession de la chanteuse.

Le siège fut considéré comme un prototype, une création unique, jusqu’à ce qu’un ensemble de six du même modèle, mais laqué de tons clairs, chacun avec des variantes qui en font une pièce unique, soit à peu près exhumé d’une grange française vingt ans plus tard.

Au terme d’un parcours rocambolesque, car vendue pour rien à un brocanteur suite à l’expertise défaillante d’un commissaire-priseur, rachetée pour une somme tout aussi ridicule par un amateur qui, ayant été informé de leur importance, tenta de les exporter illégalement, et finalement récupérée par la propriétaire initiale par voie de justice,  la suite de fauteuils sera dispersée à l’unité et pour quelque 9 millions d’euros à Drouot en 2005 par le cabinet Camard. L’un d’entre eux, donné à l’État français, est allé au musée des Arts décoratifs de Paris.

Le catalogue de la vente new-yorkaise d’hier soir proposait également un exemplaire du célèbre paravent aux lattes de bois articulées, et agencées comme des briques en rangées décalées, dans une version laquée blanc quand la noire est plus connue,  une création d’Eileen Gray présentée au Salon des Artistes Décorateurs en 1923. Estimé  700.000/1 million de dollars, ce paravent a été payé 842.500 dollars.

L’enchère la plus élevée, 2,09 millions de dollars, est allée à un fauteuil en bronze patiné par Armand-Albert Rateau, vers 1919-1920, l’assise et le dossier constituée de poissons enchaînés, le  principe repris avec des coquilles Saint-Jacques pour les accoudoirs. Il s’agit de l’un des huit exemplaires répertoriés, celui-ci faisant initialement partie d’un ensemble de six commandé au créateur par les collectionneurs Florence et George Blumenthal.

Le fauteuil  était estimé 1,5/2 millions de dollars sans les frais, quand il avait été payé 2 millions avec les frais en 2007 chez Christie’s New York. C’est-à-dire que le marchand a perdu de l’argent sur la vente (il faut principalement déduire les commissions à l’acheteur et au vendeur du prix final).   

Deux lampadaires de Rateau, du même modèle et vers 1922, en bronze et albâtre, estimés 700.000/1 million chacun, ont été payés 842.500 dollars et 1,14 million.

812.500 dollars sont allés à une longue table de lecture de 1951 par Charlotte Perriand et Jean Prouvé. Le meuble, provenant de la Maison de l’Étudiant à Paris, était estimé 700.000/900.000 dollars.

Sur les 48 lots que présentait le catalogue, 13 n’ont pas trouvé preneur.

Outre le fauteuil de Gray, un imposant vase-urne en cuivre par Frank Lloyd Wright vers 1903 (estimé 800.000/1,2 million de dollars), un bureau à caissons entièrement gainé de cuir et réalisé par Jean-Michel Frank pour Hermès vers 1930 (300.000/500.000 dollars, acheté par le marchand 276.300 dollars en 2003 chez Christie’s New York) et une table d’appoint d’Armand-Albert Rateau en bronze doré vers 1925-1926 (200.000/300.000 dollars) figurent parmi les invendus les plus importants.

La vacation a rapporté 7,91 millions de dollars avec les frais quand les estimations basses pré-vente tablaient sur  un chiffre d’affaires de quelque 9,5 millions sans les frais.

La dispersion de pièces issues de la collection du marchand new-yorkais se poursuivra cet après-midi, avec 80 lots dans la même séquence mais beaucoup moins important en valeur.   

Pierrick Moritz

Les estimations sont données sans les frais à la charge de l’acheteur. Sur la place de New York, ils sont de 25 % en dessous de 50.000 dollars, de 20% au-dessus de 50.001 dollars et jusqu’à 1 million, et de 12 % au-delà.

Pet in the City

4 octobre 2010

À New York, le chien est bien plus visible que le cupcake

 

Ventes des collections Lehman Brothers : une goutte d’art dans un océan de dettes

18 août 2010

Les administrateurs des ventes des collections Lehman Brothers, qui se tiendront en septembre à New York et à Londres, tablent sur un phénomène d’engouement passionnel pour des souvenirs rattachés à l’histoire d’une banque mythique, et quel que soit leur valeur intrinsèque, pour améliorer un produit dont l’estimation globale est plutôt mince en regard de dettes monstrueuses. À côté des objets d’art, des boîtes à cigares et jusqu’à la plaque inaugurale de la succursale londonienne de Canary Wharf seront également proposées aux amateurs.  

Sotheby’s et Christie’s vont disperser en septembre les collections d’œuvres d’art de Lehman Brothers, mise en faillite en 2008. Des ventes dont le produit destiné aux créanciers est estimé à 13 millions de dollars quand la dette s’élève à des centaines de milliards. 

Le 25, Sotheby’s dispersera à New York la collection d’œuvres d’art contemporain, soit 147 lots pour une estimation globale de 10 millions de dollars. L’œuvre la plus chère, une création de Damien Hirst de 1993  (une étagère sur laquelle reposent des pièces de vaisselle), est estimée 800.000/1,2 million de dollars.  

Le 29 à Londres, Christie’s présentera quelque 300 lots, dont des œuvres d’art contemporain comme une gravure de Lucian Freud (un portrait de Bruce Bernard estimé 15.000 /25.000 livres) ou une œuvre de Gary Hume (70.000/100.00 livres), des œuvres de peintres de marine du XIXe siècle, des céramiques chinoises, des porcelaines et des livres.  

Un très emblématique New York Mercantile Exchange, d’Andreas Gursky, tirage photographique de 1991, sera quant à lui présenté dans  la vacation d’art contemporain londonienne programmée le 24 octobre par la maison de ventes. Un exemplaire de ce multiple avait été payé 77.665 livres en 2002 à Londres, également chez Christie’s.

Si le produit pour l’ensemble des lots n’est évalué ici qu’à 2 millions de livres, les administrateurs tablent sur  un engouement passionnel pour les souvenirs de Lehmans Brothers, dans le sens de vouloir acquérir n’importe quelle relique d’un mythe disparu et quel que  soit son prix, pour doper le chiffre d’affaires, notamment grâce aux  enchères en ligne. Et ils expliquent avoir fait appel à Christie’s pour sa capacité à pouvoir traiter d’importants volumes d’enchères posés simultanément par Internet.

Immédiatement après la faillite de la banque,  mugs et autres stylos siglés Lehman Brothers s’étaient vendus pour des sommes rondelettes sur Internet.

De nombreux lots susceptibles d’attirer des enchères élevées sur le seul nom Lehman Brothers, et dont le niveau serait sans rapport avec leur valeur intrinsèque, allant de la boîte à cigares marquée au nom de l’entreprise jusqu’à la plaque inaugurale de la succursale londonienne de Canary Wharf, seront proposés aux acheteurs. 

Des conditions attractives, avec des estimations débutant à 250 livres et sans prix de réserve pour celles situées sous la barre des 1.000 livres, accompagnent cette stratégie.

Si la fièvre acheteuse pour les souvenirs de Lehman Brothers est retombée depuis un moment sur le Net, certains entendent bien profiter de l’évènement que constituent ces ventes et proposent déjà leur plus beau collector sur des sites comme eBay. On y trouve en ce moment une paire de serre-livres et un service à thé siglés Lehman Brothers respectivement mis à prix 295 et 150 dollars.

La perspective d’un label “acheté lors de la vente Lehman Brothers” pourrait conférer un attrait supplémentaire aux pièces proposées par Christie’s.

Pierrick Moritz 

Superman sauve la maison d’une famille américaine

17 août 2010

Expulsé de leur maison sur laquelle courait deux hypothèques dont il ne pouvait plus honorer les obligations, un couple américain préparait ses cartons quand Superman est apparu dans leur cave, et sous la forme d’un exemplaire du numéro 1 d’Action Comics où se trouve la première aventure du super-héros.

Acheté 10 cents en 1938, cet exemplaire en très bon état vaudrait aujourd’hui au moins plusieurs centaines de milliers de dollars en regard du record de 1,5 million obtenu en mars dernier sur Comicconnect.com pour un exemplaire dont l’état était proche de la perfection.

Un mois auparavant, un exemplaire dans un état de conservation légèrement  moins bon que le précédent y avait été payé 1 million de dollars.

La vente de l’exemplaire du couple sauvé de l’expulsion débutera  le 27 août sur le site de vente aux enchères spécialisé dans les comics américains.  

Pierrick Moritz


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