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Année du Mexique en France : un programme culturel intense, annulations, modifications, protestations , mise à jour le 23/04/2011

5 février 2011
Les évènements maintenus ne sont plus présentés dans le cadre de L’Année du Mexique qui est annulée.
23/04/2011  : l’ opéra tiré du film tiré du film IL Postino par le compositeur mexicain Daniel Catán sera présenté au Théâtre du Châtelet les 20,24, 27 et 30 juin.
23/04/2011 : à Nantes, les 27, 28 et 29 mai, Royal de Luxe présentera un conte mexicain dans la lignée de sa Saga des géants.
17/04/2011 :  le cycle consacré au mélodrame mexicain (années 1930-1960) à la Cinémathèque française jusqu’au 30 mai  a débuté le 13 avril.
17/04/ 2011 : l’exposition de 12 sculptures de Juan Soriano, visible jusqu’au 13 juillet, a commencé cette semaine à la Maison de l’Amérique Latine à Paris sans le label annulé de L’Année du Mexique.  
09/03/2011 : L’Année du Mexique est officiellement annulée. Selon les déclarations du porte-parole du Ministère des Affaires Étrangères et Européennes, les discussions engagées ces derniers jours entre des représentants des autorités mexicaines et françaises, afin d’examiner les conditions d’une reprise de l’Année du Mexique en France, n’ont pas abouti.  Lire :  http://artwithoutskin.com/2011/03/09/lannee-du-mexique-en-france-officiellement-annulee/
 
01/03/2011 : L’exposition Diego Riviera, de Mexico au Paris des cubistes initialement programmée à la Galerie des Beaux-Arts de Bordeaux du 10 mars au 5 juin est annulée. http://www.sudouest.fr/2011/03/01/expo-diego-rivera-annulee-329787-2780.php
  
 01/03/2011 : “Je demande que la France fasse machine arrière sur cette idée de lier L’Année du Mexique au cas de Florence Cassez”, François Hébel, directeur des Rencontres d’Arles. Dans Libération des 26/27 février.
  
 
25/02/2011. Programmation “mexicaine” du Festival Travelling de Rennes (22 février-1er mars) maintenue et en cours (et jusqu’au 1er mars).   http://www.clairobscur.info/Mexico-705-0-0-0.html
 
25/02/2011 : les organisateurs de manifestions culturelles liées à L’année du Mexique écrivent une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy pour réclamer le maintien des manifestations de L’Année du Mexique en France  :  http://presseslpj93.free.fr/mexiqueenfrance.html
 
25/ 02/ 2011 : le 18 février dernier, Jean-Marie Le Clezio, a dénoncé l’arrogance de Nicolas Sarkozy dans un mail adressé au journal Milenio :  http://www.milenio.com/node/649689&wptbhash=aHR0cDovL3d3dy5sZWdyYW5kam91cm5hbC5jb20ubXgvYWN0dS1mcmFuY2UvYWZmYWlyZS1jYXNzZXotcG91ci1sZS1jbGV6aW8tc2Fya296eS1lc3QtYXJyb2dhbnQ8d3B0Yj5BZmZhaXJlIENhc3NleiA6IFBvdXIgTGUgQ2zDqXppbywgU2Fya296eSBlc3QgJiM4MjIwO2Fycm9nYW50JiM4MjIxOzx3cHRiPmh0dHA6Ly93d3cubGVncmFuZGpvdXJuYWwuY29tLm14PHdwdGI%2BTGUgR3JhbmQgSm91cm5hbCBkdSBNZXhpcXV .
 
25/02/2011 :   Nuestros Silencios, l’exposition d’œuvres monumentales du sculpteur Rivelino sur une péniche amarrée sous le Pont Alexandre III est annulée. Elle devait débuter le 1er mars.  L’information a été révélée en France par http://forum.mexique-fr.com/annee-mexique-france-jorge-rivelino-debut-2011-t12713.html  le 19 février sur une interview de l’artiste paru sur  http://impreso.milenio.com/node/8912176 le 15 février. Rivelino se dit humilié par la situation.  Voir aussi : http://www.lemonde.fr/culture/infographe/2011/02/24/les-statues-de-rivelino-artistemexicain-restent-a-quai_1483316_3246.html#xtor=RSS-3208
 
Le 20/02/2011 : si aucune information officielle ne figure sur le site de la Pinacothèque de Paris au sujet du maintien de son exposition Les Masques de jade mayas qui devait débuter le 1er mars prochain d’importants sites de réservation en ligne, comme celui de Carrefour ou de France-billet.com, annoncent que l’évènement est annulé. 
 
http://bernomeks.blogspot.com
 
Le 20/02/2011 : au Musée de la Vallée de Barcelonnette,  l’exposition consacrée aux trésors de la photographie mexicaine des XIXe et XXe siècles présents dans ses collections, visible depuis le 10 février, est en cours.  
 
 Le 20/02/2011 : Geste serpentine et autres prophéties, l’exposition collective avec le jeune et prometteur Iñaki Bonillas présentée au Fonds Régional d’Art Contemporain de Lorraine de Metz depuis le 15 janvier (et jusqu’au 1er mai), est toujours en cours.

 Le 20/02/2001 : l’exposition Drôle d’estampes,…, proposée à Lille dans le cadre de L’Année du Mexique  et fermée à l’initiative de Martine Aubry le 11 février, a repris depuis quelques jours, avec le label Année du Mexique en moins

 Le 19/02/2011 : Saint-Romain-en-Gal, l’exposition Les Cultures Antiques de Veracruz  qui devait débuter hier a été annuléeIl s’agissait de la présentation d’un exceptionnel ensemble de 200 pièces des cultures Olmèque, Tononaque et Huastèque. À lire : http://forum.mexique-fr.com/2011-annee-mexique-veracruz-musee-gallo-romain-vienne-t12965.html

Le 19/02/2011 : à Toulouse, l’édition 2011 de Rio Loco abandonne le thème du Mexique. À lire : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110216.FAP5134/toulouse-se-retire-de-l-annee-du-mexique-en-france.html  

Le 18/02/2011 : compte tenu des tensions actuelles entre la France et le Mexique; le site officiel de L’Année du Mexique en France a été suspendu aujourd’hui.

Article du 05 février 2011 

Pour 2011, année du Mexique en France, et en dehors d’évènements sur des sujets économiques, scientifiques et sociaux, une centaine de manifestations permettant aux Français de découvrir la culture mexicaine est programmée dans tout le pays.

 

 

Petite sélection

Maintenue. Geste serpentine et autres prophéties, une exposition collective avec le jeune et prometteur Iñaki Bonillas, est présentée au Fonds Régional d’Art Contemporain de Lorraine de Metz depuis le 15 janvier et jusqu’au 1er mai.

Maintenue. Dès le 10 février, le Musée de la Vallée de Barcelonnette proposera une exposition consacrée aux trésors de la photographie mexicaine des XIXe et XXe siècles présents dans ses collections.

Annulée. À compter du 18 février, le Musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal présentera Mexique : les cultures antiques de Veracruz. Un ensemble de 200 pièces des cultures Olmèque, Tononaque et Huastèque a été réuni pour cette exposition. 

Maintenu. Le cinéma mexicain sera à l’honneur au Festival Travelling de Rennes (22 février-1er mars). Une centaine de longs et courts métrages de toutes les époques y seront présentés. Entre autres personnalités, la manifestation accueillera Juan Carlos Ruflo, Monica del Carmen et Michael Rowe.

Sur le site Maya de Palenque où, au début des années 1950, l’archéologue Alberto Ruz Lhuillier découvrit le tombeau du roi Pakal 1er avec son fabuleux masque de jade. 

Annulée. Le 1er mars, une exposition consacrée aux masques de jade mayas, avec des pièces sorties pour la première fois du Mexique, débutera à la Pinacothèque de Paris. Annoncée comme annulée par les billeteries de réservation en ligne.

Annulée. Le même jour, Nuestros Silencios, l’exposition d’œuvres monumentales du sculpteur Rivelino débutera sur une péniche amarrée sous le Pont Alexandre III. Annulée.

Annulée. Une exposition Diego Riviera, de Mexico au Paris des cubistes est programmée à la Galerie des Beaux-Arts de Bordeaux du 10 mars au 5 juin.  

Maintenu. Ce sera Focus sur le Mexique aux 23ème rencontres du cinéma d’Amérique latine de Toulouse du 18 au 27 mars.

Plusieurs expositions sont organisées tout au long de l’année à la Maison de l’Amérique latine de Paris.  Maintenue : L’une d’entre elles sera consacrée aux œuvres de Juan Soriano (8 avril-13 juillet) : maintenue, mais plus sous label annulé de l’Année du Mexique et une autre à celles d’Hermenegildo Bustos (12 mai-13 juillet).

Maintenu. Un cycle mexicain est programmé à la Cinémathèque française du 13 avril au 30 mai, avec une sélection de films du genre le plus populaire au Mexique entre les années 1930 et les années 1960 : le mélodrame.

Maintenu, À Nantes, les 27, 28 et 29 mai, Royal de Luxe présentera un conte mexicain dans la lignée de sa Saga des géants.

Le festival Rio Loco, à Toulouse du 15 au 19 juin, sera entièrement consacré au Mexique avec des artistes comme Los Lobos, Lila Downs ou Molotov.  Programmation sur le thème du Mexique annulée, le festival en proposera une autre.

Maintenu. Un opéra tiré du film tiré du film IL Postino par le compositeur mexicain Daniel Catán sera présenté au Théâtre du Châtelet les 20,24, 27 et 30 juin.

 Cet été, le jardin des Tuileries de Paris accueillera des alebrijes géants. Il s’agit de créatures hybrides en papier mâché ou en bois et très colorées.  

Le Mexique sera représenté au Festival du Film International de La Rochelle du 2 au 11 juillet.

À partir du 4 juillet, Les Rencontres d’Arles mettront à l’honneur la photographie mexicaine depuis ses origines.

À Paris, le Petit Palais proposera une rétrospective consacrée à Rufino Tamayo à compter du 29 septembre.

Le 5 octobre, une exposition sur le couple Frida Kahlo/Diego Riviera et sous-titrée Art en fusion débutera au Musée de l’Orangerie de Paris. 

Le même jour, l’exposition Sous le volcan – L’Art au Mexique de l’Indépendance aux Révolutions 1810-1920, ouvrira au Musée d’Orsay.

Mexique précolombien : l’éternité au féminin, une exposition rassemblant une centaine d’œuvres sur le thème de la femme dans les civilisations anciennes du pays, sera visible au Musée d’Aquitaine de Bordeaux à compter du 22 octobre.    

Une rétrospective consacrée à la photographe Graciela Iturbide débutera le 4 novembre à la Galerie Vu’ à Paris.    

Un stand sera consacré au Mexique au Salon du Chocolat de Paris (à partir du 15 octobre)

Le 8 décembre, la salle Pleyel accueillera le ténor Rolando Villazon pour le concert de clôture de l’Année du Mexique en France.

Le programme complet des manifestations est visible sur http://www.anneedumexique.com/site/

Pierrick Moritz

Otto Dix au Musée des Beaux-Arts de Montréal

11 octobre 2010

Visite sur place

Une superbe exposition, un crève-cœur

Cette réunion de 220 créations d’Otto Dix et de documents-clefs liés à  l’histoire du peintre livre une rétrospective exceptionnelle de l’Œuvre d’un des premiers artistes  à avoir été  mis à l’index par le Troisième Reich, avant que ce régime ne classe son Œuvre dans la catégorie “art dégénéré” et n’en détruise une grande partie.

Esthétique froide contre profondeur psychologique

Si, dit-on, Otto Dix était l’un des artistes les plus détestés par Adolf  Hitler, c’est bien évidemment parce que son Œuvre est l’exact contraire des images de propagande de l’idéologie nazie : la profondeur psychologique par l’expressionnisme de choses pas jolies à regarder, mais susceptibles de réveiller les consciences, opposée à une esthétique froide, peuplée de robots “métropolisiens”, héros éternellement jeunes, en “bonne santé mentale et physique”, dans un monde fantasmé où le blond et le bleu sont synonymes de pureté, et destinée à fabriquer des jouets serviles à la confiance inaltérable.

Une vision à abattre

Repoussoir pour le Troisième Reich que cet Otto Dix donc, un artiste qui explore les horreurs de l’humanité dans des représentations frontales : champs de bataille de la guerre de 1914-1918, meurtres sordides, prostitution dans des bordels où les filles pouvaient être bossues ou estropiées selon les désirs des clients, corps  maigres et disloqués, sauvagerie sexuelle. Un monde avec la décrépitude, la maladie et la mort pour tout accomplissement, un regard qui fait de l’homme un bien curieux héros, c’est-à-dire une vision à abattre pour les nazis.

Comme une vache

L’exposition nous montre également le Dix auteur de portraits de commande, sans concession pour ses modèles, le Dix peintre de paysages, forcé à l’inexpressivité par les nazis, un homme loin de lui-même qui dit se sentir comme une vache lorsqu’il réalise ces travaux-là, et le Dix de l’Après-guerre qui crée toujours.

Un gâchis

On peut ressentir une terrible impression de gâchis devant un Œuvre amputé de créations majeures, détruites ou bien perdues (après avoir été vendues) par le Troisième Reich. Il n’en subsiste que de rares photographies dont certaines sont montrées ici.

Pierrick Moritz

Rouge Cabaret, le monde effroyable et beau d’Otto Dix, Musée des Beaux-Arts de Montréal, pavillon Jean-Noël Demarais (niveau 3), 1380, rue Sherbrook Ouest,  Montréal.  Infos : http://www.mbam.qc.ca/ottodix/fr/index.html  

Croûtes de pub

1 août 2010

 

À voir sur  : http://jf.thecroute.com/

La collection d’art contemporain de Dennis Hopper mise en vente

27 juillet 2010

La collection d’art contemporain du mythique acteur et réalisateur Dennis Hopper, disparu en mai dernier à l’âge de 74 ans, sera dispersée au mois de novembre prochain par Christie’s à New York.

Le réalisateur et interprète d’Easy Reader s’est toujours intéressé (et très tôt dans sa vie) aux avant-gardes de  l’art contemporain, notamment au Pop Art, et il avait notamment acheté le premier Campbell Soup de Warhol (pour 75 dollars) lors de la première exposition de l’artiste à Los Angeles.

Les pièces les plus importantes de cette collection, présentée avec d’autres œuvres lors de deux vacations d’art contemporain, sont une création de Jean-Michel Basquiat estimée 5/7 millions de dollars et un portrait de Dennis Hopper par Warhol (800.000/1,2 million).

La collection Hopper, qui comprend également et entre autres des œuvres de Claes Oldenburg, Julian Schnabel et Richard Prince, est estimée autour de 10 millions de dollars.

En plus de sa carrière monumentale comme acteur et réalisateur, Dennis Hopper était également poète mais aussi un peintre, sculpteur et photographe de renom.

Une rétrospective présentant 200 de ses créations et intitulée Dennis Hopper Double Standard est actuellement programmée, et jusqu’au 26 septembre, au MOCA de Los Angeles.

Pierrick Moritz et d’après communiqué.

Exposition Kim Prisu à Lisbonne

29 mai 2010

Jusqu’au 12 juin, la Biblioteca Municipal Camões de Lisbonne expose des créations de Kim Prisu couvrant la période 2001/2010.

Issu du mouvement de la figuration libre des années 1980, Kim Prisu est notamment l’un des fondateurs de Nuklear-ART (art total).

Installé un temps à Paris, il participe à des expositions collectives avec Basquiat, Haring et Combas.

En 1990, il peint une partie des vestiges du mur de Berlin à l’invitation de l’East SideGallery- RDA.

19 ans plus tard, pour le vingtième anniversaire de la chute du mur, il œuvre à nouveau sur ce qui est devenu un mémorial pour les générations futures.

Exposition Kim Prisu à Lisbonne : jusqu’au 12 juin, Biblioteca Municipal Camões, Largo do Calhariz, N° 17, 2° esq/1200/086 

Le blog de l’artiste : http://kim-prisu.blogspot.com/

Pierrick Moritz

Nouveau Réalisme et Street Art en mai 2010 à Marseille

20 avril 2010

Un carton brûlé d’Yves Klein, jamais vu dans une vacation publique, sera livré aux enchères le 29 mai prochain  par la maison de ventes Leclere au cours d’une importante vente consacrée au mouvement du Nouveau Réalisme. Auparavant, le 22 mai, l’étude Marseillaise dispersera une large sélection d’œuvres de Street Art. Cette vacation sera  inaugurée en amont par une performance de Speedy graphito et un vernissage avec DJ Dee Nasty.  

La création d’Yves Klein, intitulée F100 (34 cm x 69 cm) et estimée 250.000/300.000 euros,  fera partie d’un catalogue regroupant quelque 200 œuvres d’artistes rattachés au Nouveaux Réalisme, un mouvement né à la fin des années 1950 sous l’impulsion du critique d’art Pierre Restany et des créateurs Yves Klein et Arman.

Tous les trois consacrent officiellement le courant artistique en octobre 1960 avec la Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme. Le manifeste est également signé par Martial Raysse, François Dufrêne, Raymond Hains, Daniel Spoerri, Jean Tinguely et Jacques Villeglé.

César, Gérard Deschamps, Mimmo Rotella et Niki de Saint-Phalle les rejoignent un an plus tard, avant Christo qui se rallie à eux en 1963.

La vacation marseillaise du 29 mai présentera tous les artistes de ce groupe avec, notamment pour les pièces les plus exceptionnelles, une création à moteur  de Jean Tinguely, un Apertures d’Arman, un fer soudé de César et une technique mixte de Martial Raysse.

Les estimations pour ces œuvres sont comprises entre 30.000 et 50.000 euros.  

Le 22 mai, la maison de ventes marseillaise mettra le Street Art à l’honneur avec une sélection représentative des différentes techniques adoptées par ce courant artistique : pochoirs, toiles post-graffiti, photos urbaines, Art-Toy, collages, prints.

On y trouvera, notamment et entre autres, des créations de Banksy, Speedy graphito, Jef Aérosol, Dize, Seize, Momies, Loomit, Hondo, Faile, Stéphane Moscato et Logan Hicks.   

La veille, à partir de 14 heures, une performance de Speedy graphito sera proposée au public. Le vernissage (à 18 heures) se déroulera en compagnie de DJ Dee Nasty.

Informations : www.leclere-mdv.com  

PM

Séraphine Louis et l’exposition “Les Maîtres populaires de la réalité” en 1937

7 avril 2010

Le catalogue donnait Séraphine Louis pour morte avec cinq ans d’avance

En 1937, douze œuvres de Séraphine Louis sont présentées à Paris au sein d’une exposition montée  rue Royale à Paris par le Musée de Grenoble sous le titre Les Maîtres populaires de la réalité. Il s’agit d’une réunion de 210 tableaux d’artistes que l’on qualifierait aujourd’hui de “naïfs”.

Ceux de Séraphine Louis sont les seuls réalisés par une âme féminine au milieu des compositions d’Henri Rousseau, Louis Vivin, Camille Bombois, André Bauchant, Maurice Utrillo, Dominique-Paul Peyronnet, Jean Eve, Adolf Dietrich et René Rimbert.

Alors qu’elle est internée à Clermont et qu’il lui reste quelque cinq années à vivre, Séraphine Louis est notamment présentée dans le catalogue de l’exposition comme “morte dans un asile de vieillards en 1934”.

À moins que  Wilhem Uhde (disparu en 1947), marchand d’art et découvreur de Séraphine Louis en 1912, n’ait pas eu connaissance de la publication de cette  information, celle-ci pourrait parler de l’évolution de la relation avec sa protégée, puisque sur les douze œuvres de Séraphine Louis  présentées dans l’exposition, sept lui appartiennent. Wilhem Uhde est aussi impliqué dans l’évènement par le prêt d’œuvres d’Henri Rousseau.

Pendant très longtemps, une autre artiste internée, Camille Claudel, a également été donnée pour morte bien avant l’heure dans certains ouvrages de référence.

Sur les œuvres de Séraphine Louis qu’il voit, un amateur a noté à l’époque sur une enveloppe retrouvée dans son exemplaire du catalogue de l’exposition (retranscrit tel que) : S. Louis peint comme un peintre qui peignait par petits points, obtenant des effets décoratifs des plus curieux, et hantait des sujets religieux ou mythologique qui d’après lui, étaient des songes. Les couleurs de S. Louis sont des couleurs pures, qui font penser à des peintures primitives indiennes, japonaises ou même des enluminures, peut-être avec moins d’ordre et plus mouvementées. Ces compositions pourraient servir à faire du tissu.

Pierrick Moritz