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Hong Kong : chiffres d’affaires en recul pour les premières ventes de peintures asiatiques de Christie’s

28 mai 2012

Les ventes aux enchères d’art contemporain et moderne asiatique proposées ces derniers jours par Christie’s dans le cadre de sa série de ventes de printemps à Hong Kong affichent des chiffres d’affaires* en recul plus ou moins sensibles par rapport aux opérations équivalentes des deux dernières saisons.

La plus importante, une vente en soirée intitulée “Art asiatique du XXe siècle et contemporain”, a généré un chiffre d’affaires de 46,6 millions de dollars et 41 lots vendus sur 45 présentés.

Deux hautes peintures de fleurs par Sanyu (1901-1966), réalisées à l’huile sur Masonite dans les années 1940, ont été  facturées quelque 6 et 5 millions de dollars. La plus chère, Chrysanthèmes bleues dans un vase en verre, provient d’une collection française et a directement été acquise auprès de l’artiste (qui travaillait à Paris) dans les années 1960. L’autre, Lotus roses, avait été payée 28 millions de dollars Hong Kong par le présent vendeur dans une vente d’art chinois contemporain proposée par Sotheby’s sur la même place en avril 2006.

Toujours pour les plus hauts prix, mais plus contemporain, deux peintures réalisées en 2000 par Zeng Fanzhi ont été facturées quelque 5 et 3 millions de dollars, soit très au-dessus des estimations. 2,6 millions de dollars ont été engagés sur une grande huile sur toile en hauteur du franco-chinois Zao Wou-Ki, réalisée en 1985, soit au-dessus de l’estimation haute. Du même artiste, une huile sur toile de 1962 a pulvérisé son estimation de quelque 650.000/1 million de dollars sans les frais (20 %), pour une facture finale de 1,89 million de dollars avec les frais.

La vente équivalente de l’année dernière avait rapporté 63 millions de dollars pour 42 lots présentés et tous vendus. Pour les plus chers, 5,85 millions de dollars étaient allés à une œuvre de Zeng Fanzhi (estimée 780.000/1 million de dollars) ; 5,28 et 4,99 millions à deux peintures de Zao Wou-Ki datées autour des années 1960 (respectivement estimées 1,3/1,9 et 1,6/2,1 millions). Celle de l’automne 2011 avait généré 51 millions de dollars, avec 42 lots vendus sur 57 présentés et deux plus hauts prix de 4,53 millions de dollars engagés sur des toiles du même Zao Wou-Ki.

Une vacation de 217 lots, sous l’intitulé “Art asiatique du XXe siècle” (vente en journée), a généré quelque 22 millions de dollars et quelque 15 % d’invendus. Le montant le plus élevé va à une grande huile sur toile de 1995 du franco-chinois Chu Teh-Chun, payée 1,25 million de dollars pour une estimation de quelque 450.000/700.000 dollars. Il est suivi par les 701.654 dollars avec les frais (20%) facturés pour une sculpture en fer  monumentale réalisée en 1999 par Ju Ming dans une édition de 8 (ici, le numéro 1). L’œuvre a été laissée sous son estimation de quelque 647.000/900.000 dollars sans les frais.

Le programme hongkongais de mai 2011 de Christie’s ne présentait pas de vente à l’intitulé équivalent. Celle de l’automne dernier avait rapporté quelque 25 millions de dollars.

En mai 2011, une vente d’art moderne et contemporain de Sud-Est asiatique supplémentaire avait généré 6,34 millions de dollars pour 87 lots vendus sur 114 présentés.

Cette saison, une troisième vente, sous le titre “Art contemporain asiatique” (vente en journée), a généré 12,5 millions de dollars, avec 82 lots restés sur le carreau pour 297 présentés. Il s’agit, notamment des deux plus chers du catalogue : un Format of Christ de Wang Guangyi, peint à l’huile sur toile en 1987 et dont quelque 518.000/780.000 dollars étaient attendus, ainsi qu’une nature morte de Liu Wei, huile, acrylique et papier sur toile, réalisée en 2004 et estimée quelque 583.000/650.000 dollars. En 2007, le présent vendeur avait déboursé quelque 3 millions de dollars Hong Kong (401.000 dollars américains au cours du change d’aujourd’hui) pour acquérir cette dernière œuvre sur la même place, lors d’une vente proposée par Sotheby’s.

La facture la plus élevée de cette nouvelle vacation, 655.000 dollars, va à un portrait masqué de Zeng Fanzhi, estimé quelque 323.600 /453.000 dollars.

La vente équivalente de l’année dernière avait rapporté 20,59 millions de dollars pour 234 lots vendus sur 303 présentés. Les deux prix les plus élevés allaient à des œuvres de Zeng Fanzhi vendues autour du million de dollars. Celle de l’automne dernier avait généré 14,6 millions de dollars, la plus haute enchère, 1,16 million de dollars, allant à une œuvre du même artiste.

La série de ventes aux enchères de printemps de Christie’s à Hong Kong se poursuit jusqu’au 30 mai avec des vacations consacrées à la peinture moderne, classique et calligraphique chinoise, aux objets d’art chinois, aux bijoux et aux montres.

Après un chiffre d’affaires historique de 515 millions de dollars réalisé au printemps 2011, la dernière série de ventes aux enchères de l’opérateur sur la place asiatique, à l’automne 2011, a généré 385 millions de dollars, contre 408 millions à l’automne 2010. Pour des opérations similaires réalisées avec la même fréquence à Hong Kong par Sotheby’s sur la période concernée, les chiffres d’affaires sont également en recul.

Article en rapport : http://artwithoutskin.com/2012/05/27/petit-chiffre-daffaires-pour-une-ventes-de-vins-de-christies-a-hong-kong/

Pierrick Moritz

Sauf précisions, les estimations et les résultats sont donnés en dollars américains.

De la représentation de l’histoire de l’art par le commerce de l’art

26 avril 2012

Le commerce de l’art restitue une vision partiellement tronquée de l’histoire de l’art. Il s’agit de l’amalgame entre une représentation “pour l’histoire” et désintéressée et un commerce d’une grande opacité employant des stratagèmes et un marketing d’une efficacité décuplée grâce à l’Internet.

Si  le fait que les marchands d’art ont contribué à l’émergence d’artistes de premiers plans est indéniable, la confusion entre commerce de l’art et histoire de l’art s’est très sensiblement accentuée avec la multiplication des images disponibles sur l’Internet dans le cadre d’une vulgarisation de masse.

Ce média accorde une plus grande représentativité au phénomène de mode (l’art contemporain, le résultat de la requête “art” sur la première page de Google Images est édifiant) et au sensationnel (les prix faramineux) et à travers des images souvent privées de contexte ou légendées par la communication des opérateurs de vente.

Les grandes manifestations marchandes d’art contemporain peuvent présenter dans le même lieu les œuvres d’artistes conceptuels contemporains, jeunes ou relativement jeunes, et celles de génies historiquement reconnus, le plus souvent disparus. Ce qui induit que le talent des premiers se situe sur le même plan et dans le prolongement historique de celui des seconds, et ceci d’autant plus que les prix des œuvres de ces jeunes artistes contemporains peuvent atteindre des niveaux stratosphériques. Cette impression est encore renforcée quand ces foires se déroulent dans des lieux propres à restituer une atmosphère muséale.

Certaines influences du commerce de l’art peuvent même finir par être confondues avec les intentions, voire l’œuvre, de l’artiste. Ainsi, certains tableaux de nymphéas de Claude Monet n’auraient pas trouvé preneur sur le marché de l’art ces dernières années parce que la clientèle préférerait la présence d’un certain bleu dans ces compositions particulières de l’artiste. Man Ray est surtout connu du grand public pour ses photographies surréalistes, alors qu’elles ne représentent qu’une partie de son œuvre photographique. Si la réputation de photographe essentiellement surréaliste de Man Ray est ancienne, on peut se demander si les nymphéas de Monet visibles sur l’Internet ne vont pas finir par être tous imprégnés d’un certain bleu commercial.

Pierrick Moritz

Pierrick Moritz 2011-2012. Ce texte fait partie d’une somme déposée à la S.A.C.D. sous les numéros 24503 et 254240.

Les valeurs de l’art chinois ancien (analyse)

23 avril 2012

Conséquence, parmi d’autres, du boom économique de la Chine et de l’enrichissement considérable d’une fraction de sa population, l’engouement pour les objets et œuvres d’art traditionnel chinois s’accompagne d’une spéculation en partie stimulée par la forte exposition médiatique d’une spécialité autrefois plus confidentielle. Devant un marché désormais beaucoup plus sélectif, les apprentis chercheurs occidentaux de “trésors” chinois anciens appréhendent souvent difficilement les critères culturels faisant l’intérêt de telles pièces.   

En Chine, il existe l’art de peindre le vide, de le rendre sensible et de composer de multiples variations sur ce thème singulier, Rudolf Otto dans Le Sacré, 1917.

Ces œuvres se rangent parmi les créations les plus profondes et les plus grandes que l’art humain ait jamais produites, Otto Fischer dans Das Kunstblatt, janvier 1920.

Les phrases les plus justes et les plus belles écrites par des Occidentaux sur l’art traditionnel chinois sont le plus souvent relativement anciennes, l’Occident semblant avoir perdu pendant des décennies la trace de cette immense culture.  

La Chine récupère son patrimoine, en partie pillé par les Occidentaux

Investisseurs et collectionneurs, principalement chinois, ont contribué à la montée vertigineuse des prix des objets et œuvres d’art chinois en spéculant sur une manne créée par la classe sociale la plus aisée qui a émergé du boom économique de la Chine. Cette élite financière semble aussi désireuse de s’entourer les témoignages d’un passé fastueux que de rapatrier nombre d’objets impériaux dispersés de par le monde à la suite des exactions étrangères de la seconde moitié du XIXème siècle.

Quand ils sont retrouvés en Europe, les objets chinois impériaux peuvent provenir de pillages militaires. On pense notamment au premier sac du palais d’été des empereurs à Pékin à l’automne 1860 par les armées française et anglaise, peu avant la fin de la troisième Guerre de l’opium.

La première phase de cet interminable conflit débuta en 1842 à la suite de l’interdiction par la Chine des importations d’opium par la Grande-Bretagne pour en protéger sa population. La mesure ne fut pas du tout du goût des Anglais qui entrèrent en conflit pour continuer à y acheminer leur opium indien. Le palais d’été de Pékin fut à nouveau pillé par l’Alliance des huit Nations en 1900.

Des enchères millionnaires pour des estimations millionnaires

En mars 2011, dans deux ventes aux enchères toulousaines, un rouleau impérial chinois long de 24 mètres ayant appartenu à l’empereur Qianlong (règne de 1736 à 1795) était payé 22,05 millions d’euros et 12,93 millions étaient engagés sur un sceau impérial en néphrite blanche du même empereur.

Un an plus tard, un lave-pinceau chinois en céramique Ru, lot vedette d’une série de ventes organisée par Sotheby’s à Hong Kong, était emporté pour l’équivalent de 20 millions d’euros.

Des prix incroyables pour des objets aux estimations modestes 

Si les prix records enregistrés dans les ventes publiques pour  de rarissimes objets et œuvres d’art traditionnel chinois – en opposition aux pièces d’exportation adaptées au goût des Occidentaux – concernent principalement des lots aux estimations déjà très importantes, d’autres (dont des pièces d’exportation), pour lesquels les attentes sont beaucoup plus modestes, décuplent régulièrement leur estimation.

En 2010, dans une vente milanaise de Sotheby’s, un amateur engageait 120.750 euros sur une petite sculpture en corail rouge de la première moitié du XXe siècle estimée 500/700 euros. En décembre 2011, dans une vente parisienne du même opérateur, l’estimation de 600/800 euros pour une bouteille en verre overlay vert et jaune, marque Qianlong, donnait une facture finale de 29.800 euros. Lors d’une vente aux enchères chez Tajan, à Paris, quelques mois auparavant, un vase bouteille chinois de la fin du XIX siècle – et dont il manquait quand même le fond – était payé 32.937 euros quand 300/400 euros en étaient attendus.

L’écart le plus incroyable entre estimation et prix finalement payé pour un objet d’art chinois négocié en vente publique concerne un vase à décor de la famille rose et or, présenté l’année dernière chez Sotheby’s, à New York. Estimée 800/1.200 dollars, cette porcelaine d’une quarantaine de centimètres de hauteur, marquée d’un cachet Qianlong (XVIIIe), mais vendue pour une création du début du XXe siècle à cause de doutes sur son ancienneté, était payée 18 millions de dollars.

Un raccourci aux références spectaculaires, des acheteurs plus sélectifs

Cette présentation sensationnelle du marché des objets d’art chinois ancien, un raccourci aux références spectaculaires, pourrait faire oublier que les objets vendus à de tels prix sont exceptionnels dans leur catégorie. Beaucoup d’autres ne trouvent pas preneur.

L’augmentation considérable des prix des objets d’art chinois ancien depuis une dizaine d’années, plus progressive qu’on pourrait le penser, a connu une accélération en fin de période, notamment due à une forte poussée spéculative. Des échelles de prix revues en très forte hausse dans le cadre d’une évolution exponentielle pourraient expliquer ce décalage entre estimation et enchère finale pour certaines pièces pour lesquelles on ne possède pas d’éléments de comparaison antérieurs à cette séquence.

Le seuil de résistance à la hausse testé par les opérateurs semble atteint. Les acheteurs les plus riches sont beaucoup plus sélectifs, ne s’intéressant, comme dans bien d’autres spécialités, qu’à l’extrême rareté. Ils tournent le dos aux estimations rendues extravagantes par des expériences inattendues de prix mirobolants.

Invendus, impayés et spéculation

Même si des prix faramineux sont toujours enregistrés en vente publique pour la spécialité, et pour les objets et œuvres d’art impériaux en particulier, certaines difficultés se font sentir depuis 2011, et que cela soit à Paris, New York ou Hong Kong.

De plus en plus d’objets d’art traditionnels chinois, dont de très importants, ne trouvent pas preneur. Beaucoup ne sont aussi jamais payés, des spéculateurs ayant espéré réaliser une plus-value dans le cadre d’une revente entre l’enchère finale et le règlement (l’enchérisseur s’arrange pour faire patienter la maison de vente, ce qui peut durer un certain temps). La manœuvre est rendue compliquée par le fait que les objets ne sont bien entendu jamais remis avant l’encaissement du règlement.

Ces impayés sur les objets d’art chinois les plus prestigieux ont pris une telle ampleur que les maisons de vente en sont arrivées à demander le versement de cautions préalables pour les pièces les plus importantes. Ces garanties peuvent atteindre plusieurs millions de dollars hong kongais. Les acheteurs potentiels désireux d’enchérir sur ces objets les plus chers doivent aussi s’enregistrer auprès de l’opérateur avant la vente, avec pour condition de fournir toute preuve de garantie financière demandée.

Outre le fait que l’injonction de prouver sa solvabilité puisse froisser les susceptibilités, et d’autant plus dans la culture chinoise, les vrais investisseurs et collectionneurs sont devenus extrêmement méfiants devant cette forme de spéculation. Les résultats de ces ventes aux enchères d’art chinois, immédiatement signalés par les opérateurs et répertoriés par les bases de données après les vacations, doivent être interprétés avec la plus grande prudence, certains concernant très probablement des objets et œuvres d’art qui n’ont jamais été payés.

Les ressources en objets d’art chinois ancien sont importantes

Certains prix exorbitants demandés pour des pièces d’art chinois ancien ne présentant pas de caractère exceptionnel sont d’autant moins crédibles qu’on peut légitimement estimer que les ressources en marchandise de ce type sont extrêmement importantes.

Si les amateurs de “chinoiseries” européens des XVIIIe et XIXe siècles faisaient partie d’une couche sociale privilégiée – et donc réduite – de la population, les quantités d’objets réunies dans leurs cabinets réservés à la spécialité pouvaient être impressionnantes.

Aux États-Unis, entre  la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle,  certaines pièces “exotiques” de luxueux appartements new-yorkais pouvaient être littéralement farcies d’objets d’art chinois, comme le montrent les photographies d’époque de Joseph Byron (New York Interiors at the Turn of the Century, Dover Publications, 1976).

On pense aussi aux cargaisons d’épaves de porcelaines chinoises anciennes d’exportation qui gisent au fond des océans et dont certaines sont remontées à destination du marché de l’art, y compris par le marché noir asiatique.

Rareté des objets fabriqués pour la cour impériale

Ces faits déplaisants ont moins de succès que les histoires très médiatisées d’objets chinois millionnaires découverts chez des particuliers qui en ignoraient la valeur, et notamment en France. Du coup, certains rêvent de dénicher de tels trésors dans leur cave ou sur les vide-greniers. Au risque de faire baisser encore d’un cran l’enthousiasme, il faut rappeler que les objets d’art chinois figurant parmi les plus recherchés, notamment ceux ayant appartenus à la cour impériale, sont rares.

S’ils donnent lieu à une flambée des prix sans précédent, les objets impériaux ont toujours été appréciés de collectionneurs qui déboursaient des sommes moins phénoménales mais déjà conséquentes pour les acquérir. Ce marché était simplement plus confidentiel. S’il peut tenter de surfer sur cette vague spéculative, le propriétaire d’un objet de ce type n’est pas toujours sûr d’obtenir des prix aussi satisfaisants que ceux dont la communication des maisons de vente, cherchant aussi à frapper les esprits pour recruter de nouveaux vendeurs, se fait l’écho.

La présence d’un cachet de règne n’est pas un gage assuré de grande valeur

Les Français  trouveront le plus souvent des objets d’exportation dont la valeur sera située entre quelques dizaines et quelques milliers d’euros.

Dans tous les cas, les marques de cachet, et notamment de règne, éventuellement présentes sur un objet ou une œuvre d’art chinois doivent être déchiffrées par des spécialistes. Pour les marques de règne, il pourra par exemple définir si celle-ci est apocryphe. Si la présence de ces marques de cachet n’est pas forcément un gage de très grande valeur, un objet d’art chinois qui en est dénué peut valoir très cher. Ainsi, dans la catégorie des porcelaines, certains pièces impériales et pour certaines périodes peuvent n’en présenter aucune.

Ces empreintes peuvent aussi être incisées sous des verreries comme les superbes monochromes opaques du XVIIIe siècle, en rouge ou en bleu, ou dites overlay de la même époque. Ces objets précieux peuvent comporter des calligraphies pour des dédicaces et/ou des poèmes. Des objets destinés à la cour peuvent être identifiés par une couleur qui, à une époque donnée, lui était réservée. Il existe un répertoire des formes spécifiques des céramiques chinoises.

Des panneaux chinois anciens sur des meubles de télévision

Si des panneaux anciens en laque chinois ont été employés et réemployés dans l’ébénisterie françaises à des époques antérieures, il faut savoir que, autour des années 1960, période où l’art chinois ancien bénéficie d’un effet de mode dans un certain milieu bourgeois, des ébénistes parisiens réalisaient des meubles agrémentés de véritables panneaux anciens en laque chinois en façade.

Il s’agit notamment de meubles “cache-télévision”, équipement jugé très laid à l’époque, se présentant sous forme de bahut à deux vantaux, mais aussi de coffres équipés d’un élévateur pour le téléviseur. Si la structure moderne du meuble n’a aucune valeur, ces panneaux anciens peuvent souvent se vendre au moins quelques centaines d’euros, parfois plus.

On connaît aussi des exemples de “meubles musicaux” de la même époque, également réalisés à partir de panneaux chinois anciens, comme des tables basses dont les panneaux chinois anciens amovibles dissimulent du matériel hi-fi.

Le jade : de l’or, spirituel

Certains prix importants payés pour des objets et œuvres d’art traditionnel chinois sont établis  à l’aune de critères philosophiques et religieux qui peuvent échapper aux Occidentaux. On pense, par exemple, aux sommes parfois très importantes payées par les jades sculptés, et même d’époque moderne.

Ici, la symbolique du matériau détermine la valeur de l’objet, comme les critères de sélection internationaux pour le matériau (poids en carat, rareté de la couleur) et esthétique par le talent du sculpteur. Selon le Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant (collection Bouquins, Robert Laffont/Jupiter) le jade, de même que l’or, est chargé de Yang et donc d’énergie cosmique. Symbole même du Yang, il est doué de qualités solaires, impériales, indestructibles. (…). La définition précise également qu’il est l’emblème de la perfection, de la fonction royale et que même la sonorité du matériau est chargé de symboles.

 Le souffle mythique de l’antique Tao, la respiration de l’Être intime

La peinture classique chinoise paysagiste (sur rouleau dont certains très longs, mais aussi sur des feuilles d’éventail), immuable depuis des siècles et que les Occidentaux appréhendent avec difficulté, d’autant plus quand certaines de ces œuvres figuratives dépouillées s’échangent contre des millions d’euros sur le marché de l’art, est avant tout emprunte de spiritualité.

Dans son ouvrage Le Sacré, Rudolf Otto fait référence à un article d’Otto Fischer sur ce sujet et publié dans le numéro de janvier 1920 de la revue d’art allemande Das Kunstblatt  : “Ces œuvres se rangent parmi les créations les plus profondes et les plus grandes que l’art humain ait jamais produites. Qui se plonge dans leur étude perçoit derrière ces eaux, ces nuages et ces montagnes le souffle mythique de l’antique Tao, la respiration de l’Être intime. Dans ces images résident de profonds mystères, tous ensemble voilés et révélés. Il y a en elles la connaissance du “néant” et du “vide”, la connaissance du Tao du ciel et de la terre, qui est aussi le Tao du cœur humain. Malgré leur éternel mouvement, on croit percevoir en elles une profondeur lointaine et silencieuses, et comme un souffle caché sous les flots.”

L’art de peindre le vide

Dans le même ouvrage, l’auteur nous parle de la particularité du vide dans la peinture chinoise classique : “En Chine, il existe l’art de peindre le vide, de le rendre sensible et de composer de multiples variations sur ce thème singulier. Il y a des tableaux sur lesquels il n’y a “presque rien”, un style qui consiste à produire le plus d’effet avec les traits les plus exigus et les moyens les plus réduits ; bien plus, à la vue de très nombreux tableaux, spécialement de ceux qui sont en rapport avec la tendance contemplative, on a l’impression que le vide est lui-même l’objet dépeint, qu’il est l’objet principal de la peinture.”

Pierrick Moritz

Sources bibliographiques : John Ayers : La Collection de porcelaines chinoises de Marie Vergottis. Traduction française de Frank Dunand. Fondation Georges et Marie Vergottis. Lausanne. La Bilbliothèque des Arts, 2004. Rudolf Otto : Le Sacré, l’élément non-rationnel dans l’idée du divin et de sa relation avec le rationnel, pp 105-106, 108. Petite Bibliothèque Payot. Édition de 1968.

Pierrick Moritz 2011-2012. Texte enregistré à la SACD sous les numéros 24503 et 254240, faisant partie d’une somme sur le patrimoine “réaliste” des Français en objets de brocante, antiquités, objets et œuvres d’art. Ce texte est protégé par la législation sur le droit d’auteur. Sa reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation de l’auteur. La protection du travail de l’auteur concerne la reproduction directe du contenu et de sa structure, mais aussi  la contrefaçon, jugée sur les similitudes, mais aussi sur les différences destinées à les maquiller.

Marché et collections : le Japon

19 avril 2012

Si, sur le marché de l’art occidental, certains objets et œuvres d’art japonais anciens peuvent atteindre des prix importants, ces derniers sont sans commune mesure comparables à ceux obtenus pour les plus beaux objets d’art chinois.

La principale raison est que la très grande majorité des objets japonais anciens que l’on trouve en Occident sont des produits d’exportation, réalisés pour satisfaire une clientèle étrangère assoiffée de clichés.

On estime que les plus beaux objets et œuvres d’art japonais anciens sont restés dans leur pays d’origine, dont certains peuvent aussi être localisés dans sa région géographique, comme en Chine. Contrairement à la Chine, le Japon n’a pas connu le pillage de son plus exceptionnel patrimoine traditionnel ancien par les Occidentaux.

Comme pour beaucoup des produits d’exportation extrême-orientaux fabriqués pour les Occidentaux, et depuis la fin du XVIe siècle avec les exportations chinoises, les adaptations concernent les décors, mais aussi les formes et les fonctions avec certains objets complètement étrangers à la culture et aux usages traditionnels des pays en question.

Les objets japonais d’exportation que l’on trouve le plus souvent sont de fabrication tardive, après le milieu du XIXe siècle. Les plus anciens vus généralement sur le marché occidental sont datés de la fin de la période Edo (1603-1868) et de la période Meiji (1868-1912).

Fabriqués en masse sous forme de vases, services à thé, statuettes et autres brûle-parfums, les porcelaines de Satsuma, sur lesquelles on retrouve souvent les couleurs rouge et or pour des décors surchargés, peuvent être perçus comme une caricature du phénomène d’exportation.

Dans cette catégorie, certaines très belles créations du XIXe siècle peuvent se vendre plusieurs milliers d’euros. Pour de petits objets très diffusés mais aux décors plus originaux que la moyenne, comme certains sur les thèmes des masques du théâtre nô et des samouraïs, ou certaines statuettes, les prix tournent généralement autour de quelques centaines d’euros et sont orientés à la hausse.

À partir du moment où le Japon, société refermée sur elle-même, s’ouvre au monde, au milieu du XIXe siècle, et sous l’impulsion des Expositions universelles de Londres en 1862 et de Paris en 1878 qui lanceront la mode du japonisme en Europe, de très importantes quantités d’objets d’art décoratif d’exportation, mais aussi réellement traditionnels, comme les armes et armures de samouraïs, sortiront du pays.

L’exportation de l’attirail guerrier des samouraïs est l’une des conséquences de l’abandon du régime féodal. Les tenues de samouraïs devenues inutiles furent revendues aux Occidentaux. Saufs pièces très exceptionnelles, ces objets sont trop nombreux sur le marché pour que les prix décollent vraiment.

Si l’art de la céramique est très ancien au Japon, notamment avec des grès à décor incisés sous couverte transparente très recherchés et rarissimes en Occident, la fabrication de la porcelaine n’est découverte dans le pays qu’au début du XVIe siècle.

Sous l’impulsion des Hollandais, qui exportaient des quantités impressionnantes de céramiques fabriquées en Chine vers l’Europe, le Japon fabriqua, à partir du milieu du XVIIe siècle, des objets en porcelaine dite Imari, à décor blanc, bleu, rouge et or, à destination des Européens. Pour ceux que l’on retrouvera le plus communément, du XIXe siècle, les prix sont généralement plutôt sages, mais ceux des plus belles pièces ont tendance à grimper.

L’art traditionnel japonais tient pour partie son inspiration et ses techniques de la Chine, ce qui amoindrit aussi son attrait et les prix pour certaines spécialités.

C’est le cas de la technique d’impression par xylographie (gravure sur bois), notamment pour la calligraphie et les estampes. Ces dernières ne deviennent polychromes qu’à partir du début du XIXe siècle. Elles ont été produites en très grand nombre dans le cadre de la vogue du japonisme. Si elles ont  influencé les artistes occidentaux novateurs de l’époque, la grande majorité des estampes d’exportation sont de qualité médiocre et se vendent très difficilement.

L’art du laque est également d’origine chinoise. Les Japonais ont toutefois développé une technique originale à base d’or, pour des reliefs souvent épais, dite maki-e et dont il existe des variantes, utilisant notamment l’argent. Ces objets, comportant parfois des incrustations, sont particulièrement recherchés. Certains peuvent se vendre plusieurs milliers, voire des dizaines de milliers d’euros.

Si, malgré la réalisation très soignée propre aux produits d’exportation japonais, les prix des petits objets en bronze à patine brune de l’époque Meiji sont souvent décevants, ceux des bronzes dorés peuvent être très élevés.

Les masques de théâtre nô, les tsubas (gardes de sabres, souvent de forme circulaire, présentant une fente centrale et parfois d’autres “trous”, pouvant être travaillés à jour ou présenter des incrustations de laiton), les éléments de tenues de samouraïs, les sabres, les inrôs, petites boîtes portatives à compartiments pour les médicaments que les Japonais portaient attachées en pendentif à leur ceinture, font partie des objets les plus recherchés des collectionneurs, mais pour des prix le plus souvent situés autour de quelques centaines d’euros.

Il s’agit également de netsukes, sculptures de petites dimensions – en bois, os, ivoire -  destinées à bloquer la cordelette à laquelle était notamment suspendue l’inrô, les okimonos, statuettes décoratives souvent en ivoire et exportées en grande quantité pendant la vogue du japonisme.

Décor de samouraï sur une porcelaine d’exportation de Satsuma

Pierrick Moritz

Source bibliographique pour certains éléments : catalogue de l’exposition «Visages du Japon ancien», musée d’Art moderne de la ville de Liège. 19 octobre-27 novembre 1983.

Pierrick Moritz 2011-2012. Ce texte fait partie d’une somme déposée à la S.A.C.D. sous les numéros 24503 et 254240.

Qui veut dépenser des millions pour un œuf surdimensionné de Jeff Koons ?

9 avril 2012

Un œuf de Pâques surdimensionné (199 x 195 x 163 cm) de Jeff Koons, en acier chromé bleu/turquoise, l’extérieur imitant un traditionnel emballage en papier métallique et coiffé d’un nœud de ruban, fera partie de la vente d’art contemporain proposée par Christie’s, le 27 juin à Londres.

Ce Baroque Egg with Bowe existe en 5 exemplaires réalisés entre 1994 et 2008. Tous présentent une association de couleurs œuf/nœud différente. Cette version est assortie d’une estimation équivalant à 4,7/5,5 millions de dollars (2,5/3,5 millions de livres).

L’exemplaire est le dernier disponible sur le marché, du moins jusqu’à ce que l’un des propriétaires des autres se décide à revendre le sien.

En novembre dernier, à New York, Christie’s vendait une version de ce Baroque Egg with Bow, variante orange/magenta, un peu plus grande (212,1 x 196,9 x 152,4 cm), pour 6,42 millions de dollars avec les frais (12%) pour une estimation de 5,5/6,5 millions.

En mai 2009, toujours à New York, Sotheby’s consentait à un rabais de 20 % pour écouler un troisième exemplaire, bleu/magenta, les dimensions identiques au précédent, alors estimé 6/8 millions de dollars sans les frais (12 %). L’œuf était finalement payé 5,48 millions avec les frais.

En juin 2008, un exemplaire de Balloon Flower (Magenta), sculpture en métal imitant une baudruche nouée en forme de fleur, était payé l’équivalent de 25,8 millions de dollars chez Christie’s Londres, devenant l’œuvre de Koons la plus chère de Koons en vente publique. Deux ans et demi plus tard, chez Christie’s, à New York, un autre exemplaire en version bleue, estimée 12/16 millions, était payé 16,88 millions. La seule différence de couleur explique difficilement cet écart, à moins que l’on ne soit plus dans le domaine de l’art, mais dans celui de la décoration.

En mai 2011, chez Sotheby’s, à New York, Pink Panther, une sculpture en porcelaine représentant une femme blonde torse nu, tenant dans ses bras une panthère rose en peluche sur le modèle de celle du film de Blake Edwards, assortie de l’estimation délirante de 20/30 millions de dollars sans les frais (12%), avait été laissée à 16,88 millions avec les frais. Cet exemplaire d’un multiple de 3 + 1 épreuve d’artiste faisait partie de l’encombrante exposition Jeff Koons proposée au château de Versailles en 2008.

L’année précédente, un mille-pattes gonflable encastré dans un escabeau, estimé 5,5/7,5 millions de dollars, n’avait pas trouvé preneur dans une autre vente aux enchères.

Même si la cote de Koons est globalement en baisse, avec une œuvre, comme celle de Damien Hirst, semblant témoigner d’une époque révolue (celle d’avant la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, en pleine crise des subprimes), et malgré un phénomène de rareté habilement géré pour ce genre de situation, certaines de ses œuvres continuent à se vendre à des prix bien plus élevés que dans les années 2000.

En mai 2008, chez Christie’s New York, un New Hoover Convertibles, New Shelton Wet/Drys 5-Gallon, Double Decker de Jeff Koons, une installation de 4 aspirateurs éclairée par des néons fluorescents, était payée 11,8 millions de dollars. En novembre 2009, même lieu, même opérateur, une œuvre du même type mais avec seulement 2 aspirateurs, était encore enlevée pour 3,1 millions. Cette dernière avait été payée 358.000 dollars en mai 2000 chez Christie’s, à New York.

En mai 2010, sur la même place, Sotheby’s avait vendu une pièce de la série Jim Bean (wagons ou locomotives de trains remplis de bourbon, sur le modèle des bouteilles à liqueur fantaisie), J.B. Turner Engine, numéro 3 d’une série de 3 plus 1 épreuve d’artiste, pour 2,32 millions de dollars. Trois ans plus tôt, pour cette série de 1986 et avec le même tirage et le même ordre de dimensions, un Cadoose (2/3) et un Observation Car (2/3) avaient été payés nettement moins cher : 1,6 million pièce. En 2000, ce genre de “babioles” se vendait autour de 56.000 livres chez Sotheby’s Londres.

En novembre 2009, chez Christie’s, à New York, un bouquet de fleurs en bois polychrome de l’artiste, payé l’équivalent de 994.961 dollars en 2000, lors d’une vente chez le même opérateur à Londres, était acheté pour 5,68 millions.

Une question demeure : quel est le profil des acheteurs qui peuvent engager aujourd’hui des sommes aussi importantes sur des œuvres de Koons ?

Pierrick Moritz

Christie’s localise une étude de Paul Cézanne et en attend le prix fort

28 mars 2012

Une étude préparatoire à l’aquarelle de Paul Cézanne pour la série Les Joueurs de Cartes, localisée par Christie’s au Texas, après avoir été  vue en public pour la dernière fois en 1953, figure au catalogue de la vente d’art moderne proposée par l’opérateur en mai à New York.

Représentant un joueur de cartes assis, cette création full-size (les dimensions ne sont pas précisées dans le communiqué), réalisée directement à l’aquarelle (sans sous-dessin au crayon), est estimée 15/20 millions de dollars.

Le prix le plus important payé en vente publique pour une aquarelle de Cézanne, 25,5 millions de dollars engagés sur une Nature morte au melon vert, a été enregistré en 2007 chez Sotheby’s, à New York.

Article en rapport : “Les Joueurs de cartes” de Cézanne, le tableau le plus cher du monde ? : http://artwithoutskin.com/2011/05/02/%e2%80%9cles-joueurs-de-cartes%e2%80%9d-de-cezanne-le-tableau-le-plus-cher-du-monde

Art chinois : deux petits pots font 3,5 millions de dollars à New York

21 mars 2012

Les estimations de nombreux lots d’une importante vacation d’objets d’art chinois, proposée hier par Sotheby’s à New York, ont été pulvérisées. Comme souvent dans cette spécialité très spéculative, où les enchères les plus élevées sont le fait d’enchérisseurs chinois, des lots importants n’ont pas trouvé preneur.

Deux pots à pinceaux en porcelaine émaillée, datés du XVIIIe siècle, ont été payés 1,98 et 1,53 millions de dollars. Portant le cachet de l’époque de l’empereur Qianlong, ces pièces délicates, d’une hauteur de 12,1 cm, étaient estimées 120.00/150.000 et 80.000/120.000 dollars.

L’écart de prix entre ces deux objets d’art décorés sur fond bleu ciel et constitués de trois éléments, pouvant former une paire car de facture très proche, s’explique par quelques variantes de couleur  et de décor.

Si, dans la partie inférieure, les deux montrent un cheval “aux écritures sacrées”, galopant au-dessus d’une  mer agitée d’où émergent des rochers, dont certains supportant des tortues au repos, et une branche de corail, le plus cher présente une paire de phénix qui ne figure pas sur l’autre.

Pour les deux, le décor est complété par des trigrammes dont la disposition permet de composer des hexagrammes ; il s’agit assurément d’objets à l’usage de lettrés.

Toujours du côté des plus fortes enchères, un pot à pinceaux en jade sculpté, daté de la période de Qianlong, a été payé 1,42 million de dollars sur une estimation de 200.000/300.000 dollars ; 1,25 million de dollars ont été engagés sur un double pot à nourriture rituel en bronze, une pièce archaïque du XIIe siècle en forme de deux hiboux adossés ; une théière du XVIIIe siècle en jade céladon très pâle, le matériau taillé de manière peu courante, a été payée 572.500 dollars quand 30.000 à 40.000 dollars en étaient attendus.

Selon la liste publiée sur le site internet de Sotheby’s, les acheteurs de ces lots sont des Asiatiques.

En tête des invendus les plus chers, on trouve un pot en bronze sur pieds de l’époque de Qianlong (estimé 500.000/700.000 dollars), une paire de fauteuils du XVIIe siècle en huanghuali (250.000/400.000 euros) et une grande jarre datée de la dynastie Yuan décorée en bleu et blanc (250.000/350.000 dollars).

92 lots sur les 317 présentés n’ont pas trouvé preneur ; l’estimation basse de 13 d’entre eux était au moins égale à 150.000 dollars.

Pierrick Moritz

Les estimations n’incluent pas les frais à la charge de l’acheteur qui sont intégrés aux résultats. Par rapport au “prix marteau”, ces frais supplémentaires sont de 25% jusqu’à 50.000 dollars, de 20% jusqu’à 1 million et de 12 % au-delà.


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