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Le commerce de l’art mexicain préhispanique à l’honneur en vente publique et en horreurs au Mexique

13 mars 2012

Depuis quelques années, les prix des plus beaux objets d’art préhispaniques mexicains s’envolent sur le marché de l’art ; mauvaise publicité pour le Mexique et la protection de ses ressources archéologiques dont le pillage sert notamment au financement d’une des criminalités les plus violentes du monde.

Alors que Sotheby’s annonce la présence d’objets d’art préhispanique mexicain parmi de l’art premiers africain et océanien dans une vente programmée au mois de  mai à New York, l’étude Binoche et Gicquelo propose une importante vacation d’art préhispanique le 21 mars à Paris. Ces derniers objets proviennent de plusieurs collections privées.

Outre des pièces originaires du Pérou, du Guatemala, du Costa Rica, du Chili et de Bolivie, celles du Mexique occupent une place prépondérante avec quelque 80 lots sur les 158 inscrits au catalogue, la majorité des plus chers figurant dans cette sélection mexicaine.

Un Chaman debout (H. 127,3 cm), culture Totonaque-Veracruz, 550-900 après J.- C., en céramique beige clair légèrement oxydée avec des traces de peinture rouge, est estimé 250.000/300.000 euros et un Acrobate (H. 39 cm) de la culture Tlatilco, Mexico, 1150-550 avant J.-C., 200.000/250.000 euros.

Un pectoral anthropomorphe olmèque (H. 22,5 cm), de la région de Veracruz, 1150-550 avant J.-C, en serpentine vert clair tachetée de noir à surface brillante finement polie, est assorti d’une estimation de 200.000/220.000 euros.

150.000/180.000 euros sont attendus d’une figurine assise olmèque de type “baby face” (H.31,5 cm), Mexique Central, 1150-550 avant J.- C., en céramique brun rosé à engobe blanc crème dont la surface est vernissée. Une hypothèse de spécialistes mexicains propose que ces représentations seraient celles d’enfants trisomiques, qui auraient pu être considérés comme des êtres sacrés chez les Olmèques.

En mars 2011, lors de la dispersion de la collection d’art préhispanique de l’industriel suisse Henri Law, la même étude parisienne avait vendu une grande sculpture maya en stuc polychrome sur noyau de pierre pour la somme record de quelque 3 millions d’euros. D’une hauteur de 156,5 cm, datée de la période classique (550 à 950 après J.-C.), l’œuvre est peut-être originaire d’une région située entre le Sud du Yucatan et le Nord du Belize et du Guatemala.

Cette enchère établissait un record pour un objet archéologique maya, loin devant les 1,57 million de dollars payés à New York en novembre 2004 pour une plaque de ceinture cérémonielle en jade gravé d’une scène d’intronisation, datée de 400-500 après J.-C.

Après la vente, l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire du Mexique (INAH) et le Ministère des Affaires étrangères mexicain avait publié un communiqué conjoint affirmant que la sculpture était un faux, et parmi d’autres objets du catalogue dont elle estimait que 67 sur les 215 présentés n’étaient pas authentiques. Le Mexique comptait également demander la restitution des pièces authentiques du catalogue et l’INAH faisait part d’une plainte déposée auprès des autorités compétentes de son pays dès le 21 janvier. Le ministère mexicain des Affaires étrangères, par l’intermédiaire de sa représentation diplomatique en France, indiquait avoir signalé la situation aux autorités françaises avant la vacation.

Parmi les enchères les plus élevées de cette vente – où 95 lots n’avaient pas trouvé preneur – une figure olmèque en serpentine avait été adjugée 720.000 euros, une urne-autel de la culture de Veracruz représentant un dieu fantastique 330.000 euros, un joug de jeu de pelote de la même origine 260.000 euros, et un grand masque funéraire Teotihuacan en serpentine 180.000 euros.

Le mois suivant, des analyses scientifiques menées par le MSMAP de Pessac soutenaient l’authenticité de la statue maya incriminée.

La consultation des catalogues en ligne d’objets préhispaniques des grandes ventes publiques internationales de ces dernières années, à Paris ou New York,  montre assez souvent, et quelle que soit la valeur des objets, que les plus anciennes références de provenance datées, quand elles existent, sont situées dans les années 1970.

Une loi adoptée par le Mexique en 1972 déclare que tous les objets préhispaniques sont la “propriété imprescriptible de la Nation” ; à compter de son entrée en vigueur, toute sortie de pièces archéologiques du pays non accompagnée d’une licence d’exportation du gouvernement entre dans le cadre de la criminalité.

Plus que d’évidentes suppositions, les faits montrent que des objets préhispaniques sont bien sortis illégalement du Mexique après 1972, et notamment par la frontière avec les États-Unis.

En 1974, le FBI a arrêté une bande de 5 Texans qui se livrait au trafic d’antiquités préhispaniques par livraisons régulières.

Les individus avaient été contactés à San Antonio par un informateur du FBI (rejoint plus tard par un agent du FBI) prétendant représenter une organisation internationale avec des connexions mafieuses qui cherchait à acheter aux États-Unis des objets préhispaniques volés pour la revente à l’étranger. Les trafiquants indiquèrent qu’ils disposaient bien de ce genre de “marchandises”, et même qu’ils étaient en attente d’une cargaison d’objets préhispaniques transportée par camion à travers le Mexique jusqu’à la ville-frontière de Calexico en Californie.

Un jour ou deux plus tard,  le faux acheteur était informé que l’expédition était retardée en raison d’une panne du camion au Mexique ; un véhicule de remplacement partait pour le Mexique afin de charger la livraison à destination de Calexico. En attendant le nouvel arrivage, l’agent du FBI négociait la vente des antiquités préhispaniques disponibles chez les trafiquants pour permettre de justifier leur arrestation.

Cette affaire a été rapportée par l’Ifar (International Foundation for Art Research).

Le Mexique revendique plusieurs lois antérieures à celle de 1972 qui protègent son patrimoine archéologique, les plus anciennes datant de 1827 et 1897. Si les pilleurs peuvent éventuellement jouer sur les ambigüités de ces lois plus anciennes pour alléger – modérément - les charges en cas de jugement dans les pays étrangers, ils risquent des peines de prison extrêmement lourdes au Mexique.

Si les objets issus de pillages de sites et illégalement sortis du territoire sont de fait inconnus du gouvernement mexicain, le pays demeure l’autorité naturelle pour reconnaître officiellement le territoire d’origine des objets préhispaniques mexicains présentés à l’étranger et, par là, leur authenticité. Il s’agit d’une épée de Damoclès suspendue au-dessus du marché de l’art. Comme pour la majorité du trafic d’œuvres d’art volées, il s’agit souvent de pièces de qualité moyenne, plus facile à trouver et aussi à écouler.

Sans remettre en question l’authenticité des objets des ventes publiques précédemment cités – ni le fait qu’ils aient été sortis légalement du pays d’origine - il faut bien dire que les faux pullulent sur le marché des objets d’art préhispaniques.

En 2008, en Bavière, le Mexique avait fait mettre sous scellés 252 objets préhispaniques à l’authenticité suspecte sur les 1.029 l’intéressant (dans la mesure où ils proviendraient supposément du territoire mexicain) de la collection Leonardo Patterson.

L’ensemble avait été saisi en Allemagne, après être resté 10 ans en Espagne, et en vertu d’une loi qui classe patrimoine national toute collection de ce type demeurant pendant ce délai sur son territoire et qui en interdit l’exportation sans licence.

Une demande de restitution, à laquelle s’était jointe le Pérou et le Guatemala, et portant sur les objets authentiques, avait été formulée.

En 2010, dans un communiqué de son ambassade en France, le gouvernement mexicain exprimait sa préoccupation concernant le pillage croissant de ses biens culturels. Et il rappelait qu’un pourcentage important des biens archéologiques provenant de l’actuel territoire mexicain sont des faux.

Une autre raison de la pression exercée par le Mexique sur le marché de l’art est que la publicité faite autour des prix très élevés payés pour certaines antiquités préhispaniques encourage tout un trafic local dont le produit peut servir à financer d’autres activités illégales dans un pays où la grande criminalité est l’une des plus violentes du monde.

Sur le site de Chichén Itzá, péninsule du Yucatán, Mexique. Photo PM

Pierrick Moritz

Résultats financiers Sotheby’s 2011 : chiffre d’affaires et bénéfices en hausse ; performances en repli au quatrième trimestre

1 mars 2012

Sotheby’s a annoncé un chiffre d’affaires consolidé pour 2011 de 5,8 milliards de dollars, en progression de 21 % par rapport à l’exercice précédent (4,8 milliards) et le plus important de son histoire après le record de 2007 (6,2 milliards).

Si son bénéfice net, 171,4 millions, est en augmentation de 7 %, un fléchissement sensible de la dynamique positive est relevé au 4ème trimestre, avec un bénéfice de 71,5 millions contre 96,2 millions pour la période équivalente de 2010.

Sur un chiffre d’affaires consolidé de 5,8 milliards de dollars, l’opérateur dégage  un chiffre d’affaires de 831,8 millions pour ses ventes privées et publiques, soit une hausse de 7 % par rapport à l’exercice précédent. Son bénéfice net augmente dans la même proportion et passe à 171,4 millions.

Ses ventes privées ont progressé de 65 %, générant 814,6 millions de dollars.

Pour un chiffre d’affaires de 274,9 millions de dollars au quatrième trimestre 2011, soit 11%, inférieur à celui de la période équivalente de 2010, le bénéfice passe de 96,2 millions à 71,5 millions. Cette baisse de 25,7 % est imputable aux moins bonnes performances des ventes aux enchères publiques.

Le chiffre d’affaires pour l’ensemble de ses ventes en Asie atteint 1 milliard de dollars.

En février, Christie’s, concurrent direct de Sotheby’s mais non coté en bourse (et non soumis à l’obligation de publier ses résultats), a annoncé un chiffre d’affaires consolidé de 5,7 milliards de dollars pour 2010, soit une augmentation de 14 % par rapport à 2010. Il s’agit également du plus important chiffre d’affaires consolidé de l’entreprise, après celui de 2007 où l’ensemble de ses activités avait généré 6,3 milliards.

Comme chez Sotheby’s, la proportion de ses ventes privées a fortement augmenté, progressant de 50 % pour atteindre 806 millions de dollars de chiffre d’affaires. Les bénéfices de Christie’s ne sont pas connus.

Pierrick Moritz

Art : les plus gros bides des ventes publiques

17 février 2012

Reblogged from ArtWithoutSkin, l'art sans la peau:

Mise à jour du 03/05/2012. Les œuvres d’art ne sont pas des investissements infaillibles, comme en témoigne la liste des invendus les plus importants de ces cinq dernières années dans les vacations aux enchères publiques publiée ci-après.

Ce classement n’est pas représentatif des performances réalisées par les deux plus gros opérateurs occidentaux du marché de l’art cités. Ces derniers ont également vendu des œuvres d’art à des prix bien plus élevés que ceux référencés dans ce classement.

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Une vente d’art contemporain sans surenchère chez Sotheby’s

16 février 2012

La vente d’art contemporain proposée hier soir chez Sotheby’s Londres marque un revirement dans le concours de chiffres d’affaires à date fixe avec sa concurrente Christie’s. Il ne s’agissait pas de proposer n’importe quel “blockbuster” à plus de 10 millions, mais de très bonnes œuvres qui trouvent assurément preneur.

Dans l’absolu, cette stratégie de bon sens permet de limiter les problèmes rencontrés en période de crise économique, c’est-à-dire les invendus, les estimations revues à la baisse et les défauts de paiement.

Le pari est réussi puisque le résultat de la vacation montre des taux d’œuvres vendues de 90.5% en nombre et, surtout, de 94,6% en valeur.

Il serait donc peu pertinent de comparer les 50,7 millions de livres de chiffre d’affaires de Sotheby’s aux 80,5 millions réalisés la veille par Christie’s pour sa vente dans la même spécialité.

Chez la concurrente directe, un Rothko de qualité moyenne, estimé autour de 10 millions de livres, a été retiré du programme et un chef-d’œuvre de Bacon, payé 21 millions avec les frais, a probablement engendré des sueurs froides en étant adjugé 6% au-dessus d’une estimation non révélée par la maison de vente mais donnée à 18 millions sans les frais par plusieurs sources concordantes.

Dans un contexte de grande incertitude économique, l’exigence accrue des acheteurs ne permet plus de proposer des œuvres dont les estimations délirantes sont adossées au prestige institutionnalisé de leur auteur plutôt qu’à leur excellence.

Les choix des acheteurs montrent une installation dans un vrai marché de collectionneurs ou d’investisseurs pertinemment conseillés. Cette clientèle est prête à payer le prix fort pour le meilleur, quitte à pulvériser l’estimation  “raisonnable” si une occasion se présente, mais elle ne cherche pas aveuglément à acquérir un grand nom.

L’estimation la plus élevée de la vente de Sotheby’s était de 3/4 millions de livres. Elle concernait deux œuvres, l’une de Gerhard Richter, l’autre de Jean-Michel Basquiat.

L’Abstraktes Bild de Richter, une huile sur toile  (200 x 160 cm) de 1992, a été payée 4,85 millions de livres ; l’Orange Sports Figure de Jean-Michel Basquiat, acrylique, oil stick et spray sur toile (152,4 x 121,9 cm), a été échangé  contre 4,07 millions.

Le catalogue proposait 6 œuvres de Gerhard Richter. Elles ont toutes trouvé preneur.

Une Abstraktes Bild (Rot), huile sur toile (200 x 140 cm) datée de 1991, estimée 2,5/3,5 millions de livres, a été payée 4,07 millions. Un paysage glaciaire, Eis, une huile sur toile (70 x 100 cm) de 1981 estimée 2/3 millions de livres, a été enlevée contre 4,27 millions. Pour la même estimation, un Kind, une huile sur toile ( 97 x 92 cm) de 1989, a été payé 3,06 million.

881.250 livres ont été engagés sur Grat (1), une huile sur toile (62 x 82,6 cm) de 1989 estimée 700.000/900.000 livres ; 481.250 livres sur un Spiegel, Blutrot  daté de 1991, verre de couleur enduit  (95 x 86 cm), estimé 350.000/450.000 livres.

De Jean-Michel Basquiat, Tuxedo, une grande  encre sérigraphique sur papier (259,7 x 152,4 cm) a pulvérisé son estimation de 250.000/350.000 livres en étant payée 724.750 livres.  Il s’agit d’un multiple d’une édition de 10 créée en 1983.

Deux huiles sur toile de Zao Wou-Ki des années 1990 ont également été payées très au-dessus des espérances. Estimées 500.000/700.000 et 600.000/800.000 livres, elles ont été respectivement acquises pour 1,83 et 1,6 millions.

Du côté de l’art contemporain italien, une combustion d’Alberto Burri de 1965 s’est très bien vendue. Estimée 800.000/1,2 million de livres, ce Nero Plastica, plastique brûlé sur toile (101,6 x 76,9 cm) a été payé 2,05 millions. D’Alighiero e Boetti, une Mappa, tapisserie brodée (113 x 168 cm) réalisée en 1983,  a été cédée  à 735.250 euros avec les frais (12%) sur une estimation de 700.000/900.000 livres sans ces frais.

Un Diamond Dust Shoe d’Andy Warhol, acrylique, encre sérigraphique et poussière de diamant sur toile (228,6 x 177,8 cm), une œuvre de 1980-1 estimée 700.000/1 million de livres et payée 735.250 livres, et un Figure with Monkey de Francis Bacon, une huile sur toile (66 x 56 cm) de 1951 estimée 1,8/2,5 millions de livres et enlevée à 1,83 million, ont également été adjugés sous leur estimation basse.

Un Portrait of a Man de Lucian Freud, huile sur toile (50,8 x 40,6 cm) de 1955,  estimée 1,5/2 millions de livres, n’a pas trouvé preneur.

Pierrick Moritz

Article en rapport : http://artwithoutskin.com/2012/02/15/enchere-millionnaire-pour-bacon-et-rothko-retire-de-la-vente-chez-christies-londres

L’estimation n’inclut pas les frais à la charge de l’acheteur. Ils sont de 25 % jusqu’à 25.000 livres ;   de 20 % à partir de 25.001 livres et jusqu’à 500.000 livres ; de 12 % au-dessus de 500.000 livres. Le résultat intègre ces frais.

Enchère millionnaire pour Bacon et Rothko retiré de la vente chez Christie’s Londres

15 février 2012

L’importante vente d’art contemporain proposée hier soir chez Christie’s Londres a rapporté 80,57 millions de livres avec les frais. Un quart du chiffre d’affaires a été généré par un Portrait d’Henrietta Moraes, peint à l’huile sur toile (165 x 142 cm) par Francis Bacon en 1963, et payé 21,32 millions avec les frais. L’estimation de ce lot phare du catalogue, non communiquée par la maison de vente, aurait été, selon plusieurs sources concordantes, de l’ordre de 18 millions sans les frais (12 %). Le marteau est tombé à 19 millions.

Avec 58 lots vendus sur les 66 présentés, l’aspect positif du résultat est tempéré par la décision de retirer le deuxième lot le plus important avant la vente. Il s’agit d’une huile sur toile de Mark Rothko peinte en 1955. L’estimation confidentielle de ce tableau devait tourner autour des 10 millions de livres. Si aucune explication n’a été donnée sur cette absence, on peut dire que l’œuvre ne présentait pas le caractère exceptionnel du Bacon.

Un autre tableau de Francis Bacon, Studies of Isabel Rawsthorne, une huile sur toile en diptyque peinte en 1983 et dont chaque partie mesure 35,5 x 30, 5 cm, a été payé 1,72 million de livres avec les frais (12%), soit sous son estimation de 1,8/2,5 millions sans ces frais. Le présent vendeur avait acheté cette œuvre pour 1,81 million de livres chez Sotheby’s Londres en octobre 2007.

3 des 4 œuvres de Gerhard Richter présentées dans la vacation ont été vendues, à commencer par une Abstraktes Bild (250,2 x 200 cm) peinte à l’huile sur toile en 1994. Estimé 5/7 millions de livres, le tableau a été payé 9,89 millions.

Une autre Abstraktes Bild de 1994, d’un format moins important (61 x 71 cm), a été enlevée à 993.250 livres sur une estimation de 400.000/600.000 livres. Un Grau, huile sur toile de 1970 en hauteur (199 x 100 cm), a été payé sous son estimation de 350.000/450.000 livres sans les frais (20%), et pour une facture finale de 385.250 livres avec les frais. Le présent vendeur l’avait payé 300.000 livres, en février 2008 chez Christie’s Londres.

Une œuvre sans titre du même Richter, une grande huile sur toile (200,6 x 151 cm) de 1979, estimée 600.000/800.000 livres, n’a pas trouvé preneur.

Un Agrigente de Nicolas de Staël, peint à l’huile sur toile (89,2 x 130 cm) en 1953, a été payé 5,3 millions de livres  sur une estimation de 3,5/5 millions de livres. Il s’agit du second prix le plus important enregistré en vente publique pour une œuvre de l’artiste, après les 7 millions d’euros engagés en décembre dernier, chez Artcurial à Paris, sur un Nu couché peint à l’huile sur toile (97 x 146 cm) en 1954.

Une œuvre non titrée de Christopher Wool réalisée en 1990, panneau d’aluminium émaillée avec l’inscription FOOL, 274,5 x 182,8 cm,  a été payée 4,91 millions de livres sur une estimation de 2,5/3,5 millions. Il s’agit du prix le plus important payé en vente publique pour une œuvre de cet artiste.

Du côté de l’art contemporain italien, et pour une estimation de 1,8/2,5 millions de livres chacun, deux Achrome de Piero Manzoni figuraient au catalogue. Le premier, réalisé au kaolin sur toile plissée (70 x 100 cm) en 1958-1959 a été payé 2,05 millions de livres. Le second, un kaolin sur toile quadrillée (100 x 80 cm) vers 1959, a été adjugé sous son estimation, avec un prix final de 1,72 million avec les frais.

Les 4 toiles de Lucio Fontana proposées ont été vendues, avec une plus forte enchère pour un Concetto spaziale, Attese de 1967, peinture à l’eau sur toile (92 x 73 cm). L’œuvre a été payée 2,05 millions de livres sur une estimation de 900.000/1,2 million. Un autre Concetto spaziale, Attese de la même année, une peinture à l’eau sur toile (50,2 x 61,3 cm), a été payé 769.250 livres quand 450.000/650.000 livres en étaient attendus. Un Concetto spaziale, Forma de 1958, aniline, collage de toiles, et verre coloré sur toile carrée (150 x 150 cm), a été payé 1,88 million sur une estimation de 1,5/2 millions. Un Concetto spaziale, Attese de 1962, peinture à l’eau sur toile. (100 x 73 cm), a été abandonné sous son estimation de 600.000/900.000 livres sans les frais (12 %), avec un prix payé de 601.250 livres

De Wols, un Feu peint à l’huile sur toile (65 x 81 cm) vers 1947-1949, a été payé 1,49 millions de livres sur une estimation de 800.000/1,2 million.

De 4 œuvres de Lucian Freud proposées, 3 ont été vendues. La plus importante, un nu féminin peint à l’huile sur une toile de petit format (22,5 x 33 cm) en 1983-1984, a été payée 1,6 millions de livres avec les frais (12 %), soit légèrement sous son estimation de 1,5/2 millions sans les frais. Annie, un autre petit format à l’huile sur toile (25,5 x 22,2 cm), une réalisation vers 1960 qui relève plus de l’étude que de l’œuvre aboutie, n’a pas trouvé preneur avec son estimation de 300.000/500.000 livres. Un Boat, Connemara, encre et tempera sur papier (44,4 x 55,8 cm), réalisé en 1948 et estimé 200.000/300.000 livres, a été payé 657.250 livres. Une tête de Bruce Bernard, exécutée au fusain sur papier en 1985, a été payée 157.250 livres sur une estimation de 120.000/180.000 livres.

Payée 1,18 million de dollars chez Christie’s New York en novembre 2003, une œuvre de Jean Dubuffet de 1947 intitulée Le Soleil les décolore, huile sur panneau entoilé (130 x 97,2 cm), a été facturée 541.250 livres sur une estimation de 400.000/600.000 livres.

Un marbre (59,6 x 106,6 x 101,6 cm) réalisé en 1969 par Louise Bourgeois, estimé 2/3 millions de livres, et un huile sur toile (130 x 97 cm) de Pierre Soulages datée 1960, dont 500.000/700.000 livres étaient attendus, n’ont pas trouvé preneur.

Pierrick Moritz

L’estimation n’inclut pas les frais à la charge de l’acheteur. Ils sont de 25 % jusqu’à 25.000 livres ;   de 20 % à partir de 25.001 livres et jusqu’à 500.000 livres ; de 12 % au-dessus de 500.000 livres. Le résultat intégre ces frais.

Articles en rapport :

http://artwithoutskin.com/2012/02/13/des-oeuvres-de-bacon-de-stael-freud-wols-joyaux-dune-vente-dart-contemporain-de-christies-londres/

http://artwithoutskin.com/2012/02/14/une-peinture-de-francis-bacon-paye-255-millions-deuros-a-londres/

Du “miracle” du marché de l’art et de l’Internet

19 janvier 2012

Actualisé le 20/01/2011 à 7h13

“On peut toujours nous rabattre les oreilles avec l’avenir que représente le transfert de l’activité physique des commerçants vers le numérique, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un déplacement vers une technologie du XXIe siècle qui consacre le modèle socio-économique du XIXe  : plus pyramidal, tu meurs et dévalorisation du travail. En prime, la marchandise y est considérablement dépréciée.”

Les performances du marché de l’art sont louées de façon très exagérée dans ce que l’on peut lire et entendre en ce moment. S’il est vrai que les milliardaires ne connaissent pas la crise, ce qui n’est pas vraiment une nouveauté, la réalité de cet univers très opaque, dont seules les informations et la communication émanant des opérateurs de ventes volontaires aux enchères publiques et en courtage parviennent jusqu’à nous, est beaucoup plus nuancée. Le marché de l’art intégre également une partie privée extrêmement importante et dont on ignore à peu près tout.

Progression des chiffres d’affaires, invendus et défaillances

La progression des chiffres d’affaires des maisons de ventes aux enchères publiques en 2011 repose en partie sur des transactions à des niveaux records plus nombreuses, baobabs qui cachent des déserts d’invendus depuis septembre 2008, encore plus nombreux depuis la rentrée 2011. Ces taux ont pu monter jusqu’à 70 % dans les grandes ventes internationales ces derniers mois. Ils concernent également des œuvres et objets d’art majeurs, de toiles de Picasso jusqu’à des objets d’art chinois rarissimes.

Pour cette dernière spécialité, extrêmement spéculative, le phénomène grandissant des  cautions réclamées par les maisons de ventes aux enchères à des enchérisseurs pré-inscrits révèle que les cas d’impayés sont plus nombreux. Les résultats des dernières séries de ventes à Hong Kong des grands opérateurs occidentaux indiquent un net repli, avec pléthore de lots majeurs restés sur le carreau.

Pour les mandats où les vendeurs assument tous les frais de mise en vente, comme c’est le cas dans les transactions avec les sociétés anglo-saxonnes, la rentabilité de ces opérateurs pourrait ne pas être trop impactée par ces déconvenues. Il n’empêche que ces forts taux d’invendus constituent une très mauvaise publicité et placent les vendeurs potentiels des biens les plus intéressants en position attentiste.

Au bord de la crise de panique

Dans l’édition du mois de novembre du Art Newspaper, vrai succès éditorial britannique dont on aimerait bien avoir un l’équivalent qualitatif en France, figure une analyse qui décrit le milieu des marchands anglo-saxons opérant dans le milieu de gamme comme étant au bord de la crise de panique face au désastre de la situation.

Pour constater ce genre de réalité en France, il faut visiter les galeries où règne majoritairement une grande morosité. Au Louvre des Antiquaires, à Paris, le nombre de boutiques inoccupées bat des records.

On peut toujours nous rabattre les oreilles avec “l’avenir” que représente le transfert de l’activité physique d’une partie de ces commerçants sur le numérique, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un déplacement vers une technologie du XXIe siècle qui importe le modèle socio-économique du XIXe  : plus pyramidale, tu meurs et sous-valorisation du travail. En prime, la marchandise y est considérablement dépréciée.

Artprice, eBay, l’art vendu sur l’Internet

Au sujet du l’art vendu sur l’Internet, l’évènement du mois de janvier en France a été le lancement du courtage aux enchères sur Artprice, une nouvelle activité qui va forcément augmenter le chiffre d’affaires de la société. Reste à savoir dans quelles proportions.

La menace d’assignation en référé par le Conseil des Ventes Volontaires au sujet de la communication initiale d’Artprice, concernant une confusion possible des activités de courtage du site avec celles des maisons de vente aux enchères, aura été profitable aux deux parties. L’entreprise a bénéficié d’une campagne de publicité à l’œil et l’autorité de régulation d’une clarification publique de la situation.

Une différence notable entre ces deux types de commerce concerne la responsabilité de l’opérateur en cas de problèmes découlant de la transaction. Elle est totale pour une maison de vente aux enchères, argument qui peut convaincre l’acheteur malgré une commission très élevée, quand elle ne concerne que le vendeur (et non l’intermédiaire) dans le cas du courtage. Néanmoins, on sait que la responsabilité d’eBay, seul exemple de société de courtage aux enchères en ligne à grande échelle connu, et le plus ancien, a été pointé du doigt dans certaines affaires juridiques. Il s’agit de la lutte conte la contrefaçon et du libre choix des distributeurs pour des marques de luxe.

Les courtiers d’art aux enchères de l’internet concurrencent bien les maisons de ventes aux enchères, mais jusqu’à un certain niveau de prix

Dans la rubrique “art/antiquités” d’eBay, une céramique chinoise est parfois enlevée à 15.000 euros ou un tableau à 20.000 euros. Dans un contexte de biens invendus conséquents, ces cas restent minoritaires et concernent principalement la marchandise de vendeurs professionnels. Ces derniers sont juridiquement obligés d’accepter le retour des objets et de les rembourser au cas où les acheteurs ne les jugeraient pas conformes, ce qui n’est pas le cas pour les vendeurs particuliers.

Si le modèle et la marchandise proposés par ce courtage aux enchères en ligne concurrencent directement les maisons de vente aux enchères publiques, le phénomène s’inscrit dans une certaine limite de prix. Depuis bientôt 11 ans qu’eBay a ouvert sa plateforme française, les maisons de vente aux enchères publiques ont progressivement revu leur stratégie en montant en gamme, mais aussi en proposant parfois des ventes à des prix bien plus attractifs que sur le site américain, notamment dans le domaine des objets de collection.

Courtage : prudence et risques de détournement de commission

On n’achète pas plus une œuvre d’art d’une certaine valeur sans la voir physiquement, qu’une voiture sans l’essayer ou un appartement sans le visiter. Et avant même d’engager ne serait-ce que plusieurs centaines d’euros pour acquérir un bien sur photographie, les acheteurs potentiels veulent la garantie d’un intermédiaire fiable, la possibilité d’une mise en relation avec le vendeur avant échéance et ils peuvent souhaiter voir l’œuvre en question avant le règlement.

C’est dans cette possibilité du contact direct entre vendeur et acheteur qu’on trouve la situation du détournement de commission, c’est-à-dire quand le vendeur qui a trouvé preneur grâce au courtier décide de se débrouiller pour ne pas rénumérer ce dernier. Il peut également proposer son bien auprès de plusieurs courtiers et donc annuler certaines mises en vente à tout moment.

Difficulté à trouver une marchandise de qualité

Nombreux sont ceux qui ont créé des sites sur l’Internet dans le but de capter les biens des particuliers et de manière plus ou moins frontale. Depuis 20 ans que je traîne dans ce milieu, je peux vous affirmer que la marchandise réellement intéressante est rare. Et les choses ne vont pas en s’arrangeant. Avant de trouver un tableau un tant soit peu valable, il faut en avoir vu des milliers. Si les catalogues des maisons de vente, les galeries et les boutiques d’antiquités les plus prestigieux donnent une impression de qualité généralisée, l’écrémage est de plus en plus rude pour arriver à pareille concentration.

Pour les maisons de ventes aux enchères les plus célèbres, la récupération de prestigieuses collections nécessite un important travail de suivi et de communication, des moyens financiers colossaux et de pouvoir s’offrir un personnel maniant les codes sociaux de milieux très privilégiés. Comme pour l’immobilier haut de gamme, il est recruté dans les mêmes univers sociaux-culturels que ceux auxquels appartient la clientèle potentielle. Cette éducation plutôt aristocratique implique d’être capable des mêmes égards envers les clients plus modestes.

Pierrick Moritz

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http://artwithoutskin.com/2011/01/28/chiffre-daffaires-record-pour-christies-les-vendeurs-occidentaux-paient-les-effets-de-la-crise

Artprice dément l’existence d’une action en référé du Conseil des Ventes Volontaires

11 janvier 2012

Dans un communiqué publié ce matin, Artprice dément l’existence d’un  référé du Conseil des Ventes Volontaires concernant une clarification des conditions de ses nouvelles enchères en ligne, celles-ci devant relever du cadre légal du courtage en ligne et non de celui des ventes aux enchères publiques. 

Le 6 janvier, l’autorité de régulation des ventes volontaires de meubles aux enchères publiques avait publié un communiqué rendant compte de cette action. 

Toujours visible sur son site, le document se termine par Le Conseil des ventes a donc adressé un courrier à la société Artprice pour lui demander de se mettre en conformité avec la loi et a décidé en parallèle de saisir le juge des référés en application de ces dispositions.

Voir le communiqué d’Artprice du 11/01/2012 : http://serveur.serveur.com/press_release/pressreleasefr.htm#a20120111

Voir le communiqué du Conseil des Ventes du 06/01/2012 : http://www.conseildesventes.fr/images/stories/actualite/communiquédepresse.pdf

Article en rapport : http://artwithoutskin.com/2012/01/06/23675/

PM


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